2001
Travailler
Hommage à Claude Veil
Hommage à Claude Veil (1920-1999)
Adolfo Fernandez-Zoïla
L’ami Veil nous a quittés voici déjà un an.
Il a beaucoup travaillé, beaucoup fait pour la psychiatrie, pour la psychiatrie sociale, la psychopathologie du travail, la psychologie, les sciences humaines. C’était un humaniste, pur, généreux, prodigue du temps qu’il partageait avec les autres. Il a occupé de multiples fonctions, très bien. Comme directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, il a développé cette anthropologie à vocation sociale de manière à la fois pédagogique, théorique et concrète. Il a consacré à la pratique psychiatrique concernant les travailleurs et les situations de travail le meilleur de ses activités.
J’ai connu Claude Veil au cours de l’été 1956, au ctrs de Villejuif dirigé par Louis Le Guillant. Il s’intéressait à la vie des patients dans l’institution aussi bien qu’au reclassement des malades mentaux et au suivi des formations professionnelles individuelles qu’il savait suggérer, proposer, voire défendre et imposer aux diverses administrations.
Isabelle Billiard fait revivre dans ce dossier des aspects importants de la biographie de Veil, de son travail, de ses recherches. Par ailleurs, une bibliographie qu’Isabelle Billiard et Pascale Molinier ont su actualiser ravive encore sa mémoire. Un article de Claude Wacjman complète ces reviviscences autour du livre Handicap et société (1968).
Pour clore ce dossier, j’ai tenté d’introduire quelques anticipations à partir de l’article de Veil lui-même « Phénoménologie du travail », paru en 1957 et republié par nous en mars 1999. Il m’a semblé que le meilleur hommage que je pouvais lui rendre était, après avoir rappelé l’historicité, d’empiéter sur une historialité de l’intrasubjectivité, versant inapparent du « vécu du sujet », thème que je l’ai toujours entendu défendre et maintenir vivant.