2002
Travailler
Autre regard
Le trafiquant et ses caves
Hors-champ d’un film à succès
Gérard Rabinovitch
CNRS-CERSES
Le trafiquant mafieux semble devenir un acteur contemporain influent de la mondialisation. L’auteur observe que l’organisation d’un trafic est l’activité d’une posture : celle de l’affranchi. Dont le mépris du travail et l’héroïsation de la violence pourraient bien constituer la Weltanschauung. Il soulève alors la question éventuelle de la part que pourrait prendre, dans la culture, la silhouette invocatrice du trafiquant, dans la disqualification de la condition ouvrière et la déréliction de la reconnaissance du travail.
The Mafia trafficker is apparently becoming an influential contemporary actor of globalization. The author observes that a traffic network’s organization is the expression of an attitude: that of the untouchable outlaw, for whom the dislike for work and the heroisation of violence could likely be his Weltanschauung. The author then considers an eventual question: the part that, within culture, could be attributed to the trafficker’s summoning persona concerning both the disqualification of the working class’ condition and the rejection of labor recognition.
El traficante mafioso parece ser un actor contemporáneo influyente dentro de la mundialización. El autor observa que la organización de un tráfico constituye la manifestación de una posición: aquella del forajido emancipado, para quien el desprecio por el trabajo y la heroización de la violencia podrían constituir su weltanschauung. Posteriormente, el autor plantea la pregunta acerca del papel que ocuparía, dentro de la cultura, la representación evocadora del traficante con respecto a la descalificación de la condición obrera y al rechazo del reconocimiento del trabajo.
« Le gardien de chèvres était supérieur au gardien de brebis, parce que ce dernier gardait ses bêtes
dans la campagne et travaillait le lait
pour le transformer en fromage ; alors que
le gardien de chèvres avait ses chèvres en ville
et vendait le lait frais tous les matins, en circulant dans les rues
avec ses bêtes et en s’arrêtant là où on l’appelait. »
Confessions du repenti Antonino Calderone
[1]
« C’est leur modernité qui fait leur succès,
c’est leur archaïsme qui fait leur fascination. »
Hans Magnus Enzensberger
Wügregriff des Forstschritts. Un nouveau « Roi clandestin » pourrait bien poser son sceau sur les symptômes contemporains du Malaise dans la civilisation : le trafiquant mafieux.
Il s’annonce. Par l’incroyable énormité des flux de capitaux issus de l’« économie noire » des trafics criminels internationaux. Selon des évaluations du
Fmi
[2], entre 800 et 2 000 milliards de dollars blanchis chaque année, recyclés dans les circuits économiques et financiers ordinaires. Par la diversité des domaines et des produits dont le crime organisé fait ses profits. Du racket des commerces et entreprises à la mise sous tutelle des populations résidant dans ses bases territoriales. Du trafic d’alcool et de tabac à celui de la drogue et des armes de tous niveaux, en passant par les trafics d’objets d’art et d’animaux, ceux de travailleurs migrants, d’enfants pour l’adoption, de femmes vouées à la prostitution
[3], voire d’organes pour cliniques de luxe.
Il se prépositionne. Par la dérégulation des systèmes institués et la déstabilisation des appareils de réglages civils des sociétés modernes ; bancaires – « créances douteuses » –, administratifs – corruptions de personnels –, politiques – financement de campagnes électorales –, policiers – dispositions d’armes de guerre et d’instruments sophistiqués de communication auxquels les polices n’ont pas le droit d’accès. Par le discrédit des mouvements révolutionnaires ou nationalistes de par le monde, dont les proclamations idéologiques masquent mal, quand elles ne servent plus seulement que de prétextes, leur transformation en narco-guérillas – Farc, Uck, etc. – et narco-fondamentalistes.
Il s’impose. Par ce qui fait trait récurrent du personnage du trafiquant, son style social : celui du prédateur. Par ce qui s’en engendre et déploie dans la
Kultur ; cet « être psychique collectif », comme l’a suggéré le psychanalyste Jacques André
[4].
« What a mess ! ». On pouvait, à plusieurs de ces titres, attendre beaucoup du dernier film, Traffic, du réalisateur Steven Soderbergh, inspiré d’une série télévisuelle de la Bbc. Quand bien même ce cinéaste a montré, par le passé, une inclination inexorable – cf. Sexe, mensonges et vidéo, Erin Brockovich – pour une narration toute tendue vers des oraisons sensément rédemptrices et pour la tentation d’aller puiser dans les archétypes les plus éculés ses icônes rhétoriques – le méchant « brun » et le gentil « blond », l’amour salvateur et la pluie purificatrice de la dernière séquence de Sexe, mensonges et vidéo, par exemple.
Inclination à laquelle il n’a pas résisté, cette fois-ci non plus, puisqu’il n’a pas su éviter, contre toute vraisemblance, pour conclure son récit, les platitudes consolatrices des chromos édifiants. Ainsi de ce policier mexicain obtenant des services américains, comme unique récompense à sa collaboration, le stade de base-ball équipé qu’il réclamait pour les gamins de sa ville Tijuana. Et ainsi de ce père, juge à la Cour suprême, éphémère patron de la lutte antidrogue, qui renonce aux ors et lambris de son poste pour enfin « communiquer » avec sa fille, réduite par la drogue à l’état de déchet, descendue de cannabis en crack et de crack en prostitution.
Ce film, applaudi comme hors du commun, a obtenu un gros succès unanime auprès de la presse, en France comme aux États-Unis. Hélas, sa charge contre le trafic de drogue, élevée par la critique au rang de « décryptage
[5] », n’aura pourtant pas dépassé les inquiétudes convenues du standard moral « interpellé » d’une classe moyenne progressiste et libérale.
Tissé de trois fils d’intrigue qui ne se croisent jamais, dont la lisibilité des parties est soutenue par un roboratif code couleur de stéréotypie triviale : la partie « Mexique », jaunasse comme la poussière du désert, la partie « côte est », bleutée comme l’herbe grasse, et la partie californienne « San Diego », tournée, elle, sans filtre couleur – la région hollywoodienne comme parangon de la réalité ?! – ; Traffic a pour objet déclaré de montrer, dans l’artéfact d’un style documentaire surligné des sautillements et brusqueries de la caméra portée à l’épaule, trois facettes du trafic de drogue. Les intrigues d’un conflit entre deux cartels mexicains et ses ramifications corruptrices, la notabilité de façade opulente d’un baron de la drogue, le drame intime d’une famille upper middle class. Ce sont ces performances que la critique a saluées. Soit qu’elle ait trop lu le « dossier de presse » fourni lors des projections, soit qu’elle se contente, signe des temps de la « raison instrumentale », des formalismes techniques.
Le film a aussi pour vocation, selon les propos mêmes de Soderbergh, de faire comprendre aux gens que « le problème de la drogue est multidimensionnel », que « les forces économiques en jeu sont incroyablement puissantes », mais encore que « l’on doit envisager la drogue comme un problème de santé et non un problème criminel
[6] » (sic !).
Au résultat, sorte d’album d’images d’un Paris Match passé au tamis éditorial de Bonne soirée, Traffic se retrouve très en deçà des grandes séries de la télévision américaine – Oz, Nypb, Ny District, Captain Furillo, Homicide. Tant par son écriture que par son incapacité de donner une épaisseur psychique à ses personnages.
Certes, au solde positif du film, il lui reste d’avoir, par la multiplicité des lieux de l’action et la multiplication de personnages évoluant dans des univers sociaux sans voisinage, uniquement reliés entre eux par le fil illicite du commerce de stupéfiants, rendu compte d’une transversale bien peu sereine de la mondialisation. Mais rivé à l’objet du délit, la drogue, dont rien ne nous fait signe de ce par quoi il accroche son consommateur, et englué dans la propension de son auteur aux standards convenus des homélies humanistes, il fait du trafic une notion abstraite et inconsistante.
C’est que Steven Soderbergh loupe l’acteur crucial du dispositif : le trafiquant.
Cabotins de violence et posture de loisir. Si l’on s’essaie à détourer et à identifier les schèmes structuraux de la subculture du trafiquant mafieux, on risque fort de se leurrer à réduire ses traits de brutalité, sa propension au commerce de produits illicites aux seuls effets d’une tentative de court-circuit dans l’accumulation primitive d’un capital. Pour laquelle la violence et les « niches » de l’illégalité vaudraient gain de temps.
À faire comme s’il ne s’agissait que d’un prolongement contemporain des pratiques du capitalisme sauvage, d’une percussion dyschronique des régulations plus ou moins établies d’un droit économique international par de nouveaux compétiteurs « déloyaux », exterritorialisés, on négligerait de creuser les dynamiques subjectives qui les fondent et on passerait à côté des impacts potentiels des traits de cette subculture dans la culture contemporaine.
Comme il arrive souvent, les écrivains expérimentés attrapent les traits essentiels et construisent plus vite les phénoménologies subjectives d’un comportement – pour les restituer sous la forme saisissante de profils, d’allégories ou de métaphores – que les chercheurs en sciences sociales et économiques, freinés par des « pressions positivistes » ou les rigueurs méthodologiques de l’objectivation.
Ainsi, par exemple, Bob Leuci, ancien du Fbi, reconverti dans l’écriture de romans policiers, observe dans Odessa Beach, à propos d’un de ses personnages de mafieux : « Comme la plupart des criminels de sa génération qui avaient des relations, Matty n’avait pas connu une seule journée de dur labeur en trente ans. » Ou, pour sa part, Varlam Chalamov, dans ses Essais sur le monde du crime, fragments séparés de ses récits de la Kolyma : « Un truand est tenu de ne pas travailler sur son lieu de détention, ce sont les caves qui doivent trimer pour lui. »
Les voluptés de la paresse, la suavité du repos, qui hantent les fables esthétiques de l’horizon social des utopies socialistes depuis au moins Paul Lafargue – en passant, entre autres, par Kazimir Malevitch ou Clément Pansaers
[7] –, ne sont pas les motifs du mépris du travail par la pègre.
C’est Thortstein Veblen qui nous les souffle, à travers sa
Théorie de la classe de loisir
[8] : « Dans la mentalité rapace, travailler c’est être faible et assujetti à un maître. Par conséquent, on tient le travail pour indigne d’un homme accompli. »
En clinicien, Veblen dressait là le tableau implacable des mÅ“urs et des manières des milieux du capitaliste spéculatif ; celui de l’Amérique Wasp des années 1880-1900. Il débusquait, par une sémiotique de son agressivité pérenne, la violence à peine amortie de ce qu’il appela par un acte de nomination génial, aux résonances aujourd’hui prémonitoires : la classe de loisir. Une violence incluse dans la production de sa socialité et conservée jusque dans ses biens culturels. Une violence latente, déguisée ou raffinée, dont il entendait l’écho jusque dans l’ostentation de ses activités ludiques et de ses manières de consommation.
Observant, au passage, que « la seule classe qui pourrait vraiment disputer à la classe oisive héréditaire l’honneur d’entretenir un état d’esprit belliqueux, c’est celle des délinquants de bas étage
[9] », Veblen constatait que la « classe de loisir ne vit pas dans mais plutôt de la société industrielle » et qu’elle s’entendait à « conserver les caractères, les habitudes et les idéaux qui appartiennent au premier âge barbare, à l’âge de la prouesse et de la vie rapace ». Il livrait, par-delà son objet, l’intuition précieuse et stimulante d’une matrice originelle vers laquelle porter toute l’attention requise : l’oisiveté guerrière du barbare. Pas seulement comme un mode d’existence, mais comme une manière d’« être au monde ».
Par là, Veblen fut le premier à formuler implicitement une corrélation entre mépris du travail et ce qui pourrait se définir comme une héroïsation de la violence. En même temps, il rétablit une distinction non accessoire, ajoutée à celle du maître et de l’esclave : celle de l’homme de travail et de l’homme de proie. Il nous a ainsi transmis un legs, plus proche en cela de ce que Freud commentera sur les bénéfices subjectifs du travail
[10] que du Marx du livre III du
Capital : le rappel que le travail n’est pas seulement le fruit de la nécessité – mais un lieu possible de la subjectivation. Et l’indication que la liberté ne commence pas avec le loisir – temps habitable aussi par l’aliénation et la destruction.
Et si sa description de la classe de loisir ne saurait suffire comme cadre sémantique d’explicitation des comportements mafieux bien moins abrasés, beaucoup plus brutaux et plus structurellement morbides, on peut comprendre quand même déjà mieux, à partir de celle-ci, la propension mafieuse au trafic comme activité structurelle.
L’organisation d’un trafic est l’activité d’une posture : celle de l’affranchi. Le mépris du travail et l’héroïsation de la violence constituent les piliers de sa weltanschauung. Même le hold-up est, pour le mafieux, trop une occasion de se couvrir les mains de cambouis.
Delitto eccellente. Le hasard étant, selon un joli proverbe arabe, « l’ombre portée de Dieu », on pourra prendre pour un signe que la veille de la sortie en salle de
Traffic, Le Monde consacrait une pleine page au refoulement de la question ouvrière dans l’opinion
[11]. Les interve- nants soulignaient « l’ampleur du discrédit de la condition ouvrière », une « disqualification de la condition ouvrière », « la perte de visibilité collective et de sa puissance collective » du monde ouvrier et observaient « la dégradation des solidarités ouvrières ».
Le prolétaire fut, durant près d’un siècle, l’insigne social de l’héroïsme, l’emblème de la virilité bâtisseuse, le « serviteur souffrant » de l’exploitation, le mythique porteur des promesses de la réconciliation humaine. Il n’est peut-être pas sans effet de signal – ni peut-être sans impact sur « les dynamiques de reconnaissance » du travail, dont Christophe Dejours a décrypté les paralysies contemporaines
[12] – que son décrochage de la galerie de portraits des princes du social se produise tandis que le trafiquant, à l’horizon, découpe sa silhouette de la multitude des anonymes interchangeables des démocraties de masse.
Porté par l’économie des imitations identifiantes de la « psychologie collective
[13] » ; dans la prolongation de l’attrait fasciné qu’exerce, dans l’enfance, sur les autres, les petites frappes de cours de récréation ; hissé, parfois par la publicité, au rang d’expert de la qualité de produits mesurés à l’étalon de ses prouesses, il profile ses postures de plus en plus cernées. Côtoyé au bas des cages d’escalier des immeubles des banlieues des grandes cités ou au surplomb des ruelles des favelas
[14] ; croisé aux coins des rues dont il bat le pavé, dans les fêtes de la jet-set et les cocktails du show-biz ou les antichambres de la décision des maîtres ; imaginarisé à travers les productions cinématographiques de masse (cf.
Le parrain, Aniki mon frère) et des séries télévisuelles
[15], le trafiquant – petit dealer délinquant, moyen caïd gangster ou grand boss narco-capitaliste –, habillé des attributs d’un charisme de violence, tend à incarner aujourd’hui ce criminel qui sait « tenir éloigné de lui tout ce qui amoindrit le moi », évoqué par Freud dans son essai sur le narcissisme
[16].
Émergeant du brouillard infantile de la
Culture du narcissisme
[17] se subroge au héros messianique de la révolution sociale un criminel, assez visible et suffisamment clandestin pour pouvoir être magnifié, crédité d’un « supposé savoir » de facture nouvelle. Ni le « supposé savoir » de la sagesse des valeurs du sacrifice ou du renoncement ni le « supposé savoir » qui fonde le transfert dans l’intimité des cabinets d’analyse, mais leur inverse : le « supposé savoir » frapper, séduire, intimider, duper, terroriser et manipuler les failles de vulnérabilité des autres partenaires du lien social. À commencer par leurs très variées et morbides jouissances addictées.
Porosités. Tandis que dans les chambres de compensation inter-nationales s’opère une partie du recyclage de l’« argent sale », les opérateurs des marchés financiers, les golden boys de la finance, se défoncent à la cocaïne. Passent au crack à Londres selon le Times. Ou jouent à New York sur leur console, selon Le Monde, au « Dope Wars ». Un jeu vidéo qui propose l’enrichissement virtuel, en simulant le dealer au coin de Central Park.
Tandis que les conseils d’administration des grandes entreprises défendent allègrement le share holder value, la presse économique montre soudain des pudeurs de demoiselle lorsqu’elle évoque des activités économiques manifestement criminelles. « Créances douteuses » et « activités informelles », nouveaux euphémismes d’une tolérance complice ?
Tandis que l’on vante les joies promises du temps libre consumé-riste et que
Libération
[18], sous le titre « Les marchands de détente » illus-tré d’une photo de table de casino, annonce en dossier qu’avec l’effet « 35 heures », l’industrie des loisirs explose, les études et enquêtes internationales –
Gafi, Interpol,
Onu – observent que le réinvestissement du capital mafieux se fait prioritairement dans les jeux, les médias – cinéma, télévision –, les sports – football, courses automobiles –, le show-business – production de disques et de concerts –, la mode, le tourisme ou l’immobilier de luxe. Ce qui est congruent avec les prédispositions de la
Weltanschuung du trafiquant. L’inaptitude à faire de l’accumulation mafieuse du capital, un capital authentiquement industriel, bâtisseur, explorateur, en est une conséquence logique.
Tandis que l’on distribue, dans les lycées, des brochures de prévention contre l’usage des stupéfiants, l’essaimage lexical du vocabulaire lié au trafic de drogue affiche ses nouveaux référents. Sur les murs du métro parisien, par exemple, juin 2000 : « Cet été continuez à vous doper au savoir, passez aux sciences dures. »
Tandis que le standard package de l’utopie sociale demeure encore de se dégager du temps de travail plutôt que de dégager le travail de la domination, flotte dans l’air – nouveau chat du Cheshire – le regard ironique et la moue dédaigneuse du mépris mafieux du travail.
« Le poison de la pègre est effroyable, il corrompt tout ce qu’il y a d’humain dans l’homme » alertait Varlam Chalamov. La pègre trafiquante a de beaux jours devant elle.
Panta rei. « À l’implosion dépressive répond l’explosion addictive » analysait Alain Ehrenberg dans
La fatigue d’être soi
[19]. Mais peut-être pourrait-on aussi, sans le démentir, simultanément en inverser les fac-teurs : à l’explosion addictive répond l’implosion dépressive. Tant il semble notable qu’avec l’explosion addictive émerge, par toutes les voies et circuits labyrinthiques de l’influence, ce nouveau capitaine pirate : le trafiquant mafieux. Un capitaine que le névrosé ordinaire ne saurait facilement imiter, pris qu’il est dans les rets de la culpabilité et de la dette d’où se fonde le dur travail de civilisation. Mais dont il subit l’emprise mortifère en ce qu’un doute lui vient. Le pacte de travail, auquel il consent, ne serait-il, pour finir, que niaiseries de caves ?
[1]
Arlacchi P., 1992,
Les Hommes du déshonneur, Paris, Albin Michel.
[2]
Maillard J. de, 2001,
Le marché fait sa loi, Paris, Mille et une nuits.
[3]
Arlacchi P., 1999,
Schiavi, il nuovo traffico di esseri umani, Milan, Rizzoni.
[4]
Dans sa préface au
Malaise dans la culture (Paris, PUF, 1995).
[5]
Le Monde, 8 mars 2001.
[6]
Entretien dans
Libération, 7 mars 2001. Par ailleurs, Soderbergh néglige ou ignore le dopage de vedettes du base-ball américain, ou encore que la CIA s’est servie à grande échelle de la drogue pour financer ses actions clandestines (cf.
La politique de l’héroïne d’Alfred W. McCoy). Ce qui ne rend que plus dérisoires ses chromos terminaux.
[7]
Lafargue P.,
Éloge de la paresse ; Malevitch K.,
La Paresse comme vérité effective de l’homme ; Pansaers C.,
L’Apologie de la paresse.
[8]
Veblen T., 1970,
Théorie de la classe de loisir, Paris, Gallimard.
[9]
Ibid., cf. chap.
x, « Survivances modernes de la prouesse ».
[10]
Freud S., 1995,
Malaise dans la culture, Paris,
Puf.
[11]
Le Monde, 6 mars 2001 : entretiens avec les sociologues Olivier Schwartz, Stéphane Beaud, Michel Pialoux.
[12]
Dejours C., 2000,
Travail, usure mentale, nouvelle éd. augmentée, Paris, Bayard.
[13]
Freud S., 1977, « Psychologie collective et analyse du moi » in
Essais de psychanalyse, Payot.
[14]
Cf. Carreteiro T. C., « Les modes d’existence face au trafic de drogue à Rio de Janeiro »,
Cahiers du Laboratoire du changement social, 5, Université de Paris
vii.
[15]
Au Venezuela a commencé depuis quelques mois la diffusion d’un nouveau
soap. Le héros principal et positif est un jeune mafieux.
[16]
Freud S.,
Pour introduire le narcissisme, Paris.
[17]
Lasch C., 2000,
La Culture du narcissisme, Castelnau-le-Lez, Climats.
[18]
Libération, 23 octobre 2000.
[19]
Ehrenberg A., 2000,
La Fatigue d’être soi, Paris, Odile Jacob.