Incivilités et violences dans les transports en commun. Comment ne pas sous-estimer l’impact de l’organisation du travail sur la santé des conducteurs
Annie Loubet-Deveaux
Lors de consultations de médecine du travail concernant des conducteurs d’autobus, l’écoute compréhensive révèle des situations de salariés isolés confrontés aux incivilités et à la violence. Les différentes observations montrent en quoi l’organisation du travail met parfois en échec les stratégies individuelles et/ou collectives mises en place pour effectuer un travail de qualité, ainsi que les conséquences en termes de santé pour ces conducteurs. Ces derniers considèrent qu’incivilités et violences sont inhérentes à leur profession, ce pourquoi aucun d’entre eux ne revendique une prise en charge comme victime de violence. La médicalisation ne doit pas remplacer les débats sur l’organisation du travail.Mots-clés :
violences, transports en commun, organisation du travail, médecine du travail, victimologie.
During bus drivers’ occupational health controls, comprehensive listening reveals a situation of workers confronted with non-civic behaviours and violence. Different observations show how the organization of work threatens individual and/or collective strategies aimed at offering a good quality of work/service, as well as the health-related consequences for these drivers. The latter consider that uncivil behaviour and violence are inherent to their profession, thus none of them claims the right to be treated as a victim of violence. Medicalisation must not replace debates concerning the organization of work conditions.Keywords :
violence, public transport, work organization, occupational health, victimology.
Durante las consultas de medicina del trabajo de conductores de autobús, la escucha comprensiva revela una situación de asalariados aislados, confrontados a comportamientos poco cívicos y a violencias. Las distintas observaciones muestran la medida en la que la organización del trabajo puede poner en peligro, algunas veces, las estrategias individuales y/o colectivas puestas en marcha para realizar un trabajo de calidad, así como las consecuencias, en términos de salud, sobre dichos conductores. Estos últimos consideran que las incivilitudes y las violencias son inherentes a su profesión, por lo que ninguno de ellos reivindica el derecho a ser considerados como víctimas de la violencia. La medicalización no debe reemplazar los debates sobre la organización del trabajo.Palabras claves :
violencias, transporte en común, organización del trabajo, medicina del trabajo, victimología.
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