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Travaux de linguistique

2001/1-2 (no42-43)



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1 - Un parcours au premier niveau : les tables des matières

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Cet examen, sous l’angle des syntagmes prépositionnels prédicatifs, de quelques ouvrages de grammaire parus dans la décennie précédente, utilisés actuellement dans les universités françaises et les IUFM, a été motivé à l’origine par un objectif didactique : trouver/construire pour un enseignement de linguistique française en premier cycle de Lettres modernes, une modélisation pour l’analyse de la phrase et du groupe verbal qui soit compatible avec l’analyse d’énoncés et de textes, littéraires ou non. C’est pourquoi on ne s’intéressera pas ici de façon détaillée aux groupes prépositionnels (désormais G Prép. [1]  Le terme de groupe et l’abréviation G Prép. étant les... [1] ) compléments des syntagmes nominaux ou adjectivaux.

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Le parcours rapide des tables des matières de ces ouvrages permet de constater que ces grammaires, pour la plupart unifiées par une théorie linguistique ( [Touratier, 1998 : 73] ), ont communément abandonné la présentation traditionnelle, en parties du discours, pour orienter l’analyse de la phrase en constituants syntagmatiques, à l’exception de la grammaire de [Wagner et Pinchon (1991, 1re édition en 1962)] . Quelques-unes choisissent une solution intermédiaire : [Grevisse/Goose (1995, 3e édition)] consacrent une partie sur cinq aux « Parties du discours » et réunissent « prépositions » et « conjonctions » sous le titre « mots-outils » ; [R. Tomassone (1996)] traite des « Classes de mots », mais brièvement : le chapitre 26, consacré à « la préposition » ne comprend que deux pages, et c’est au sein du chapitre 15 consacré au « Groupe verbal » que sont abordées les questions de compléments indirects et de prépositions. Les présentations par ordre alphabétique des ouvrages de [Arrivé, Gadet, Galmiche (1986)] , [Denis et Sancier-Château (1994)] proposent un article où la « préposition » est envisagée selon les trois points de vue, morphologique, syntaxique et sémantique. Les grammaires plus spécialement destinées au premier cycle universitaire et aux IUFM ( [Gardes-Tamine, 1990]  ; [Vargas, 1995]  ; [Tomassone, 1996] ) traitent assez longuement des groupes prépositionnels au sein du groupe verbal, plus rarement du groupe nominal. Dans l’ouvrage de [Gardes-Tamine (1990)] , les prépositions et groupes prépositionnels ne sont abordés que dans le cadre des compléments du verbe. Les grammaires plus importantes (par leur nombre de pages), que l’on peut dire « de référence » en raison de leur exhaustivité, consacrent un chapitre, c’est le cas de [Riegel, Pellat, Rioul (1994, Chapitre IX : La préposition et le groupe prépositionnel)] ou plusieurs aux « Groupes prépositionnels », comme l’ouvrage de [Le Goffic (1993)] , exceptionnel à ce titre, car huit chapitres abordent la question. Dans l’ensemble, comme le montre le tableau en annexe 1, le terme même de « préposition » apparaît rarement, seul, au premier niveau dans ces tables, sauf dans la grammaire de Wagner et Pinchon, où les pages sur le sujet représentent presque un dixième du total (63/687).

2 - Compléments indirects de verbes et compléments circonstanciels : une frontière incertaine

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Les auteurs de ces grammaires, qui traitent donc longuement, pour la plupart, des fonctions du verbe, s’accordent sur une difficulté commune : trouver, proposer des critères formels pour distinguer les G Prép., compléments indirects du verbe, des G Prép., compléments circonstanciels. La grammaire de Le Goffic est émaillée de nombreuses remarques sur ce point : « Le problème des limites entre les compléments indirects essentiels et les compléments accessoires se pose vite. Une structure comme : « envoyer un paquet à Paul à Paris à grands frais » fait ressortir l’éloignement progressif des compléments par rapport au verbe et leur « baisse de statut » ( [Le Goffic, 1993 : 290] ). « La terminologie habituelle des fonctions est lacunaire et flottante en ce qui concerne les compléments indirects : cela reflète la diversité des compléments en question, et de leur interprétation » ( [Le Goffic, 1993 : 337] ). [Wilmet (1998 : 484-485)] ironise sur le thème en utilisant un vocabulaire de combat pour décrire les luttes entre grammairiens, voire entre compléments : « une armée de grammairiens », « la contre-attaque des circonstanciels », « ils regagnent du terrain sans pour autant négliger la difficulté de la question ». Il passe en revue grammaires, publications et dictionnaires pour constater finalement : « de gauche à droite de la liste, les doutes s’amplifient […] les remblayages successifs ne réussissent pas à assécher un marais d’entre deux où les meilleurs s’embourbent ». Comme l’a souligné Denis Paillard dans sa communication à ce même Colloque [2]  Contribution intitulée « Prépositions et rection v... [2] , « cette première discussion est étroitement liée à une seconde question : dans le cas où une préposition introduit un complément de verbe, y a-t-il ou non désémantisation de la préposition ? », car pour certains, « si le syntagme prépositionnel est complément essentiel de verbe, la préposition est un pur outil syntaxique qui ne présente guère d’intérêt sur le plan sémantique (…) cette préposition est généralement fixe et ne peut commuter avec une autre » ( [Gardes-Tamine, 1990 : 104] ).

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C’est donc surtout, mais pas exclusivement, avec les prépositions autres que « de » et « à » que la frontière avec les compléments accessoires est le plus souvent reconnue comme incertaine (compter sur, s’emporter contre, lutter contre, prendre pour) car, dans ces cas, les procédures transformationnelles et les tests échouent, alors qu’à l’évidence, le complément est essentiel, voire objet indirect ( [Riegel, Pellat, Rioul, 1994 : 223] ).

2.1 - Une problématique issue des courants linguistiques

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Cette distinction et sa permanence doit être d’abord rapportée à une histoire et des nécessités didactiques : [Chervel (1977 : 171 et sv.)] explique que dans les années 1850, le circonstanciel « va fonder sa fortune sur son opposition avec le complément direct » qu’il faut apprendre à identifier pour des raisons d’accord. Aujourd’hui encore, les enseignements universitaires de DEUG ne peuvent faire fi des années d’enseignement grammatical diverses que leurs publics étudiants ont suivies (ou subies ?) depuis l’école primaire, où l’étude des fonctions conserve une importance considérable en raison des impératifs de l’orthographe grammaticale [3]  En outre, la distinction entre ces deux compléments... [3] . C’est pourquoi la plupart des grammaires reprennent, recadrent les fonctions de la grammaire scolaire, en les intégrant dans une perspective linguistique (analyse distributionnelle, procédures transformationnelles) et pour certaines, dans une modélisation renouvelée.

2.2 - Effacement, déplacement, détachement : distinction complément de verbe/complément de phrase

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Dans les années 70, dans la filiation et l’adaptation des grammaires génératives, les procédures transformationnelles d’analyse sont apparues – l’effacement, le déplacement, la répétition, la pronominalisation –, et ont permis de distinguer deux grands types de compléments : d’une part, les compléments dits « essentiels », indispensables au verbe, à la construction, ou compléments de verbe (CV) pronominalisables et ne pouvant être supprimés ou déplacés, d’autre part, les compléments non-essentiels, facultatifs, ou accessoires, ou compléments de phrase (CP), pouvant être effacés, déplacés et non pronominalisables. Cette distinction se trouve dans la grammaire de [Dubois, Lagane (1973 : 139-140)] et dans les livrets d’accompagnement de [Marchand, Leeman, Schutte, Fabre (1973 : 42-43)] , où, lors de l’analyse en constituants de la phrase (P), le G Prép. est dit groupe permutable (GP) :

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Nous retrouvons la distinction essentiel/accessoire dans l’ouvrage de [J. Gardes-Tamine (1990)] , La grammaire, 2/Syntaxe, au sein du chapitre 4 consacré au syntagme nominal et aux fonctions :

« Les compléments de verbe (CV) sont fortement liés au verbe et participent à la définition de la proposition minimale, c’est à dire réduite aux éléments indispensables à la cohérence syntaxique. Les compléments de phrase (CP), au contraire, ne sont pas indispensables au cadre propositionnel minimal : ils ne sont pas liés au verbe, mais portent sur l’ensemble de la proposition ».

(1990 : 101 et sv.)

2.3 - Classement fonctionnel des prépositions

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Gardes-Tamine tire de cette distinction des conséquences pour les prépositions :

« dans le cas où les CV sont des compléments indirects, cette préposition est généralement fixe et ne peut pas commuter avec une autre préposition, comme c’est le cas pour les CP ».

[1]
  1. Il pense au jardin. *Il pense du jardin. vs

[1]
  1. Il se promène (dans, vers, le long de etc.,) le jardin.

9

Pour les compléments d’objet indirects, la liste des prépositions se réduit à « de » (parler de), « à » (participer à) et « sur » (compter sur). Elle en conclut que, pour les CV, la préposition est un pur outil syntaxique (souligné par nous) qui ne présente guère d’intérêt sur le plan sémantique, à l’inverse de ce qui se passe avec les CP. Ce n’est que dans quelques rares cas, où l’on peut l’opposer à d’autres prépositions, que la préposition présente un sens précis : je pars à Paris vs je pars de Paris (exercice N° 27, p. 146). Soulignons qu’accorder à certaines prépositions le statut de simple « lien syntaxique », préposition « vide » ou « incolore » incite à analyser les G Prép. introduits par d’autres prépositions que à et de, comme des compléments circonstanciels, ayant une portée phrastique.

D’autres grammaires soulignent, comme Gardes-Tamine, l’importance du degré de nécessité de l’emploi de telle préposition dans telle construction et de ce fait proposent une analyse fonctionnelle pour classer les prépositions. [Denis et Sancier-Château (1994)] présentent un classement qui les différencie en fonction du type de complément dont elles sont la tête, distinguant « les prépositions libres à pleine valeur de sens » des circonstanciels adjoints, « les prépositions libres » des compléments circonstanciels intégrés (voir ci-dessous), « les prépositions d’emploi figé » dont le choix est contraint par le verbe (complément d’objet).

Cependant, comme le montre [D. Leeman (1997 : 79)] , le choix de la préposition dans le complément de phrase n’est pas toujours libre. Dans les exemples ci-dessous :

[2]
  1. Nous avons cherché la solution (pendant deux jours).

[2]
  1. Nous avons trouvé la solution (en deux jours).

10

les G Prép. peuvent être dits compléments de phrase et pourtant ils ne sont pas interchangeables :

  • * Nous avons cherché la solution en deux jours

  • * Nous avons trouvé la solution pendant deux jours.

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Il y a une étroite relation entre le verbe et le choix de la préposition pour des raisons sémantiques et aspectuelles. Il apparaît donc difficile d’établir une corrélation systématique entre fonction et type de préposition.

3 - La création d’une « fonction » intermédiaire pour le G Prép.

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Gardes-Tamine termine le développement consacré à l’analyse des compléments en soulignant que, « dans le détail, la distinction des CP et des CV est parfois difficile à établir, ce n’est pourtant pas une raison pour l’abandonner. Comme souvent en linguistique, il faut poser l’existence de deux pôles distincts, entre lesquels se situent toute une série de fonctionnements intermédiaires ». Elle ne propose pas de modélisation pour ces fonctionnements intermédiaires, sans doute en raison de la nature et du projet de l’ouvrage.

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Nous allons voir qu’un certain nombre de grammairiens ont choisi, pour proposer une cohérence théorique et échapper à l’alternative binaire COI/CC, soit d’introduire une nouvelle fonction pour caractériser ces compléments prépositionnels post-verbaux, soit encore de superposer aux fonctions traditionnelles le niveau prédicatif, permettant d’opposer intra et extra-prédicatif.

  • La Grammaire du français, de [Denis et Sancier-Château (1994)] présente dans la partie « Syntaxe » de l’article « préposition » les fonctions possibles pour le G Prép. dans le cadre d’une distinction fonctions essentielles vs accessoires :

[3]
  1. complément d’objet indirect : Il pense à ses enfants

[3]
  1. complément d’objet second (COS) : Il a emprunté des livres à ma fille

[3]
  1. complément circonstanciel intégré (CC intégré) : Il va à Paris. *Il va

[3]
  1. complément circonstanciel adjoint (CC adjoint) : (Après le déjeuner), il part (…) faire sa promenade quotidienne (…)

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À la différence du complément circonstanciel adjoint (CC adjoint), mobile dans la phrase et qui dépend de la phrase tout entière, certains compléments circonstanciels, qu’on appellera intégrés, entrent dans le GV dont ils sont des compléments nécessaires. Les exemples proposés sont cohérents avec le classement fonctionnel des prépositions dont nous avons parlé précédemment.

  • La Grammaire pour enseigner de [Vargas (1995)] destinée aux professeurs des écoles et collèges s’efforce de redéfinir les rapports de la phrase-type (exemples de grammaire) aux phrases qui fonctionnent effectivement dans les textes. Concernant la rection verbale, Vargas se réfère à la théorie de la valence, empruntée à Tesnière (1959) qu’il complète par une distinction entre la valence en langue et la valence réelle dans un texte. Dans le chapitre 3 (Tome 2) consacré à l’étude des compléments, on distingue d’une part, les compléments de verbe (CV) qui font partie de la valence du verbe et constituent la rection du verbe (compléments d’objet, directs ou indirects), et, d’autre part, ceux qui ont pour équivalents des adverbes pronominaux (y, en) et dont la présence est obligatoire après le verbe (saturation obligatoire de la valence verbale) : ce sont des compléments circonstanciels de verbe (CCV), qui font partie du noyau de la phrase, alors que les compléments de phrase (CP) sont des « expansions du noyau ». Vargas propose également un complément du groupe verbal (CGV) qui complète non pas le verbe seul, mais le groupe verbal :

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La phrase ambiguë Caroline fait rouler la balle sous la table est analysée selon les deux perspectives. Le G Prép. « sous la table » est soit un G Prép. complément du groupe verbal (CGV) et correspond à la destination de la balle, soit un G Prép. complément de phrase (CP), l’action se déroule dans ce cas sous la table :

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Le complément de groupe verbal peut être un groupe prépositionnel, un adverbe ou un complément phrastique. Il n’est pas morpho-syntaxiquement obligatoire, même s’il l’est sémantiquement, mais sa place à droite est obligatoire. Dans l’exemple suivant, le déplacement ou le détachement introduiraient également un changement de sens : J’ai fait ce travail selon vos instructions. Vargas souligne que l’existence de ces CGV constitue une raison supplémentaire pour ne pas utiliser le critère du déplacement comme critère du complément de phrase. L’intérêt de ces phrases ambiguës [4]  Précisons que les phrases ambiguës se trouvaient déjà... [4] , couramment utilisées par les grammairiens est, selon nous, essentiellement didactique. Elles permettent de montrer d’une part, que le déplacement du complément, et sa position en tête de phrase, induisent un changement de sens et une insertion dans un contexte textuel ou scénique (Riegel, Le Goffic), d’autre part que le G Prép. tire sa fonction de la relation qu’il entretient dans la phrase avec un autre constituant et confirme la relation hiérarchique établie par les prépositions.

En conclusion, la modélisation de C. Vargas introduit deux fonctions nouvelles intéressant les groupes prépositionnels prédicatifs : celle de complément circonstanciel de verbe (CCV), utilisée pour les verbes de mouvement et celle de complément de groupe verbal (CGV) utilisé pour les compléments post-verbaux qui ne sont pas grammaticalement essentiels mais dont la place à droite est sémantiquement obligatoire.

  • Le Goffic dans son imposante Grammaire de la phrase française (1993, 591 pages) consacre six chapitres au verbe et ses compléments essentiels (6-11) et cinq aux compléments accessoires (12-16) et s’efforce de considérer la phrase comme inscrite dans une énonciation et de faire jouer les critères syntaxiques, sémantiques et lexicaux. Le chapitre 14 (p. 38-40) présente les diverses fonctions que « Le Groupe prépositionnel, constituant syntaxique capital » peut occuper :

[4]
  1. – complément essentiel derrière certains verbes : être en vacances, renoncer à un projet.

[4]
  1. – complément accessoire, circonstant de prédicat : Marie travaille pour un patron.

[4]
  1. – compl. accessoire, circonstant de phrase : Aucun compromis n’est envisageable avec le régime de…

[4]
  1. – interne à un groupe (fonction secondaire) : le train pour Paris, les enfants de ma sœur

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Le chapitre 15 différencie les portées des circonstants :

  • portée interne au prédicat : circonstant de prédicat ou intra-prédicatif (§ 314 )

  • portée externe au prédicat : circonstant de phrase (§ 315)

18

Les circonstants de prédicat sont rattachés au verbe, ils font partie du prédicat qu’ils spécifient sous un ou plusieurs rapports.

[5]

Paul travaille à Billancourt. Paul travaille à mi-temps. Paul travaille sérieusement.

19

Ces spécifications, plus ou moins prévisibles et attendues selon le verbe peuvent poser des problèmes de délimitation avec les compléments essentiels.

[6]

Paul travaille à la réalisation d’un grand projet.

« Facultatif et accessoire du point de vue syntaxique, le circonstant de prédicat joue un rôle sémantique de premier plan. Rhématique (souligné par Le Goffic), il a vocation de porter l’information primordiale » :

[7]

Marie travaille à l’université, avec ardeur, avec des femmes, pour un patron, pour gagner sa vie, le matin, la nuit, à mi-temps.

20

Cette caractéristique entraîne que le circonstant de prédicat est inclus dans la portée de la négation ou de l’interrogation. C’est même normalement, du fait de son rôle rhématique, l’élément focalisé par la négation ou l’interrogation.

[8]
  1. Paul ne travaille pas dans la restauration.

21

Le circonstant de prédicat peut être pris dans le clivage en « c’est que… »

[8]
  1. Ce n’est pas dans la restauration que Paul travaille… mais dans les assurances.

22

Ces propriétés sont utilisées comme tests du caractère intra-prédicatif du circonstant. Sa place est relativement fixe, c’est la position post-verbale, avec construction liée et dans le même groupe intonatif que le verbe (position d’intégration maximale du complément accessoire).

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Le paragraphe 331 traite également des « ambiguïtés du circonstant final de phrase », en donnant pour exemples des énoncés humoristiques :

[9]
  1. Il a menacé de tuer son propriétaire par téléphone.

[9]
  1. Je vous écrirai demain sans faute.

et souligne que dans la plupart des cas l’ambiguïté passe inaperçue lorsqu’il n’y a pas d’enjeu interprétatif. Il précise que la place du circonstant n’est pas indifférente et détaille le fonctionnement des divers types d’énoncés (post-verbal, initial, final) selon la nature du circonstant (prépositionnel, adverbial).

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La précision des analyses peut nous inciter à interpréter la modélisation proposée comme une graduation de gauche à droite de compléments, de moins en moins liés au verbe, ou comme le propose Wilmet, d’intégration plus ou moins forte au noyau.

4 - Gradation du noyau à la périphérie

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La Grammaire critique du français (1998) de M. Wilmet propose dans le cadre de la phrase, une terminologie « rafraîchie » des fonctions ainsi qu’une analyse de la prédication et des compléments de la prédication. Elle passe en revue les différentes catégories traditionnelles de compléments du verbe (chapitre 9), discutant d’abord la transitivité, puis les compléments d’objet, premier, second, pour en arriver à un problème de délimitation : où passe exactement la frontière des compléments d’objet second et des compléments de circonstance ? (1998 : 484-485).

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Les grammaires énumèrent les prépositions les plus aptes à construire un objet second : à ; puis de, à quelque distance ; un peu en retrait, en, dans, sur, contre ; épisodiquement, avec, chez, par, pour… De gauche à droite de la liste, les doutes s’amplifient au fur et à mesure que les circonstanciels offrent leur vaste échantillonnage de temps, de lieu, d’accompagnement, de destination.[…] La contre-attaque des circonstanciels revendique de droite à gauche jusqu’aux prépositions les plus propices à l’objet second.

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Pour les circonstanciels, on en revient à Tesnière, responsable de la distinction actant/circonstant, à Grevisse qui en distinguait 29 espèces différentes dans l’édition de 1980, à Wagner et Pinchon, qualifiés de « pionniers » de cette dichotomie (§ 68 : compléments essentiels vs accessoires). Wilmet propose finalement une synthèse (1998 : 488 et sv.) pour « clarifier la donne » :

  • il faut tenter de tailler un bloc de compléments du noyau verbal ou compléments nucléaires,

  • ventiler les compléments nucléaires en objets ou circonstanciels,

  • graduer les circonstanciels au fur et à mesure qu’ils s’éloignent du noyau verbal vers la périphérie, en fonction d’une plus ou grande solidarité.

Wilmet admet cependant que si « le premier but est accessible, le deuxième prête toujours le flanc aux discussions et le troisième titille les chercheurs ». Cependant, en considérant la solidarité du syntagme prépositionnel avec le noyau verbal, il apparaît possible de proposer une graduation, « d’un plus à un moins de solidarité », du centre (complément nucléaire) à la périphérie, graduation que l’on établira en fonction des possibilités de pronominalisation :

  • objets premiers : Pierre lit un livre, nage la brasse, Pierre court 100 m.

  • objets seconds pronominalisables en lui/leur : Pierre lui/leur téléphone.

  • objets seconds pronominalisables en y/en : Pierre a été blessé à la jambe. Il y pense, en parle.

  • objets seconds présupposant un objet premier : Pierre commande X à Y, joint l’utile à l’agréable.

  • circonstanciels obligatoires : Pierre séjourne, va, vit à Paris (vs circonstanciels facultatifs : Pierre travaille à Paris). Ce plat va au four (vs Cette robe va à Marie, elle lui va, objet second).

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On élimine du noyau les circonstanciels facultatifs, les attributs et les appositions. Cependant, remarque Wilmet, « cette perspective ne permet toujours pas de distinguer les objets seconds des circonstanciels obligatoires, sauf à adopter une position maximaliste, où l’on ne conserve que des objets seconds : habiter chez ses parents, aller/séjourner/vivre à Paris ». L’issue théorique proposée est la suivante : les compléments d’objet ont une incidence au verbe, alors que les compléments circonstanciels ont leur incidence à une relation incluant avec le verbe d’autres éléments. « Le circonstanciel nucléaire serait alors le complément obligatoire d’une relation intraverbale ». C’est la conclusion du § 606. Il reste ensuite à détailler les circonstanciels facultatifs de la prédication (§ 645), tantôt fixes, tantôt mobiles : intraprédicatifs, extraprédicatifs et transprédicatifs. Wilmet, pour terminer, analyse plusieurs phrases ambiguës dont cet exemple emprunté à [Riegel et al. (1994)] pour lequel trois interprétations sont possibles, la phrase ambiguë permettant encore une fois la clarification :

[10]

Les militaires rebelles se sont rendus en Argentine.

  1. - Ils ont trouvé refuge en Argentine : circonstanciel nucléaire

  2. - Ils ont déposé les armes, cela se passait en Argentine : circonstanciel intraprédicatif

  3. - En Argentine (lieu de la reddition), ils se sont rendus : circonstanciel extraprédicatif.

5 - De la grammaire au lexique

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  • La position maximaliste évoquée par Wilmet correspond, semble-t-il, au point de vue adopté par [Riegel, Pellat, Rioul (1994 : 223)] qui ne limitent pas la liste des COI aux syntagmes régis par les prépositions qualifiées de « simples liens syntaxiques » mais l’étendent à diverses prépositions régissant des compléments obligatoires : jouer avec le feu, courir après les honneurs, s’enrouler autour du cou, s’écraser contre un arbre, voter pour le candidat, lutter contre, se tourner vers, etc. Pour distinguer les COI des circonstanciels, ces auteurs proposent d’appliquer à l’envers les critères qui permettent d’identifier les circonstanciels, constituants périphériques de la phrase. Cependant, l’existence d’un double rapport de dépendance, à la fois syntaxique et sémantique avec le verbe, doit se révéler décisif. Si le G Prép. est un actant « appelé » par le sens du verbe, il est intégré dans le schéma actanciel du verbe.

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De même que le verbe obéir implique un second actant auquel le premier conforme sa conduite, le procès dénoté par le verbe de mouvement parvenir suppose un point d’aboutissement : il est parvenu au/jusqu’au sommet.

31

Dans ce cas, le rapport est également syntaxique puisque le verbe contrôle la préposition ou limite la construction à un paradigme restreint. C’est pourquoi, dans le chapitre consacré aux prépositions, ces auteurs peuvent écrire que « les valeurs sémantiques des prépositions relèvent essentiellement du dictionnaire ». Cependant, ajoutent-ils, « les prépositions, qui ont un sens fondamentalement relationnel, ont une charge sémantique propre qui se combine avec le sémantisme des constituants qu’elles mettent en relation » (1994 : 369-373). Ainsi la préposition avec peut indiquer :

  • l’instrument : Il mange avec des baguettes ;

  • l’accompagnement : Il est avec Paul ;

  • la participation : Il l’a traduit avec un collèguev ;

  • la manière : Il l’a fait avec empressement ;

  • la matière : Il l’a préparé avec de la farine et du sucre ;

  • différents types de possession : Le grand blond avec une chaussure noire, une jeune fille avec une belle dot, etc.

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Les auteurs soulignent qu’il est souvent possible de trouver, dans cette diversité des emplois, un sens de base commun : dans le cas d’avec, la concomitance, rapport dont la négation est dénotée par sans. Cela n’est pas aussi net pour les prépositions qui marquent un simple rapport de dépendance entre deux constituants, à, de, en. Cependant les emplois simultanés de ces prépositions dans des constructions identiques révèlent des oppositions stables, repérées, mais non analysées d’ailleurs, par la plupart des grammairiens. Ces auteurs concluent cette présentation des COI par un renvoi à d’autres chapitres où l’on montrera avec plus de détails que « les prépositions sont une caractéristique lexicale déterminante des verbes autorisant des constructions indirectes (VII, 1.4.3 et 1.4.5) ainsi que des adjectifs à compléments (VIII : 5.3).

33

Nous avons pu constater que [Arrivé, Gadet, Galmiche (1986 : 561)] proposent une conclusion identique sur la question sémantique :

« (…) la plupart des prépositions sont fondamentalement attachées à l’opérateur phrastique le plus important, à savoir le verbe (elles constituent l’élément pertinent des constructions dites indirectes) ; dès lors, leur présence ou leur absence, comme leur alternance devient décisive au niveau lexical dans le classement sémantique de nombreux verbes ».

  • L’importance du plan lexical est reconnue par R. Tomassone qui consacre plusieurs paragraphes à l’analyse des contraintes lexicales dans les relations verbe-compléments, directs ou indirects (1996 : 2.5.2). Les constructions des verbes « conduire » d’une part et « savoir et connaître » d’autre part sont présentées à titre d’exemple et d’entraînement et de pistes de réflexion (1996 : 203-205).

  • Le Goffic dans le chapitre 6 « Le verbe et ses compléments essentiels » consacre cinq paragraphes au « verbe dans le lexique » (1993 : § 121 à 126 ; p. 180-192), étudie les verbes « écrire ; apprendre ; changer ; sembler », propose un plan d’étude des constructions verbales (§ 126). Il analyse dans les chapitres suivants : « Les constructions du verbe être » (chap. 7) ; « Les constructions transitives à un complément (chap. 8), à plusieurs compléments » (chap. 9), à compléments clitiques » (chap.10), puis « Les constructions intransitives [5]  Le Goffic différencie complément direct et objet direct... [5] à complément indirect » (chap. 11). Dans ce dernier chapitre, il détaille les compléments essentiels en fonction des prépositions têtes : à, de et autres. Chaque paragraphe est assorti d’analyses et remarques sur le statut et le sémantisme de la préposition, nous en donnons quelques exemples :

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Le complément indirect est en à : « la prép. marque une mise en relation, avec ou sans mouvement, sans contact (…). L’apport sémantique est plus ou moins manifeste selon les cas ; il est parfois indiscernable, la prép. faisant corps avec le verbe ».

35

Le complément indirect est en à N : 1. Localisation dynamique, destination. 2. Visée psychologique : « la prép. fait souvent corps avec le verbe : on est aux limites d’une « transitivité indirecte ».

36

Le complément indirect est de : 1. Marquant l’origine. 2. Marquant le point de vue « au sujet de ».

37

Complément indirect introduit par une autre préposition : avec, après, en, par, parmi, pour, sur… À côté de ces emplois d’une préposition spécifique à un verbe, il faut préciser que certains verbes peuvent être suivis d’une gamme plus ou moins étendue de prépositions : tomber dans, sur, en ; aller vers, en, sur, pour, etc.

Conclusion

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Il ressort de cet inventaire que l’analyse traditionnelle des fonctions bloque l’analyse fine des syntagmes prépositionnels, prédicatifs et extra-prédicatifs, et que d’autres perspectives s’avèrent nécessaires pour expliciter la place et l’importance des G Prép. et des prépositions. Nous avons vu qu’un G Prép., qui apparaît facultatif du point de vue syntaxique, peut porter l’information principale s’il est en position de rhème, qu’il apparaît nécessaire d’introduire dans les grammaires les apports de la linguistique énonciative ou de la grammaire de texte. Ces conclusions sont également celles de l’équipe Rhêma, à l’issue des travaux « Autour du circonstant » (Rémi-Giraud, S., Roman, A., 1998).

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Cependant, cette ouverture à d’autres linguistiques, ne devrait pas aboutir à un abandon de la syntaxe, comme le souligne [D. Leeman (1997 : 79)] , dans cet article à vocation didactique, mais « à faire de la syntaxe autrement (…), en revenant aux mots et aux contraintes qui atteignent leurs combinaisons, donc en intégrant la réflexion lexicale, peu honorée par les temps qui courent ». On peut s’intéresser à une préposition également par sa distribution, c’est-à-dire non seulement aux verbes recteurs mais également à la sélection des noms qu’elle est susceptible d’introduire. Cela présente l’avantage d’un point de vue didactique de rompre avec les coutumes et de « faire prendre vie aux structures », on se rend compte alors que les manipulations habituelles ne renseignent en rien sur la grammaticalité d’une phrase et l’appropriation au contexte. On rejoint par là les préoccupations de la didactique du français langue étrangère, dont les ouvrages de grammaire ne manquent pas, eux, de s’intéresser aux prépositions, et nécessairement à leurs contraintes lexicales d’emploi.


Annexe


Références

  • Les grammaires (ordre chronologique de parution)

    • []Wagner L., Pinchon J., 1962, Grammaire du français classique et moderne, Paris, Hachette supérieur, nouvelle édition 1991 (grammaire de référence).
    • []Dubois J., Lagane R., 1973, La nouvelle grammaire du français, Paris, Larousse.
    • []Marchand F., Leeman D., Schutte, A., Fabre C., 1973, Comment apprendre la grammaire, livrets niveau 1, 2, 3, Paris, Larousse, collection « apprendre le français » dirigée par J. Dubois et R. Lagane.
    • []Arrivé, M., Gadet, F., Galmiche M., 1986, La grammaire d’aujourd’hui, guide alphabétique de linguistique française, Paris, Flammarion, (public universitaire, grammaire de référence).
    • []Gardes-Tamine J., 1990, La grammaire, 2/Syntaxe, Paris, Armand Colin, (initiation à la linguistique, DEUG Lettres).
    • Maingueneau D., 1991, Précis de grammaire pour examens et concours, Paris, Bordas.
    • []Le Goffic 1993, Grammaire de la phrase française, Paris, Hachette supérieur, (public universitaire, grammaire de référence).
    • []Denis D., Sancier-Château, A., 1994, Grammaire du français, Le livre de poche, librairie générale française.
    • []Riegel M., Pellat J.C., Rioul R., 1994, Grammaire méthodique du français, Paris, PUF, 2e édition mise à jour, 1998, collection « Linguistique nouvelle » (public universitaire, grammaire de référence).
    • []Vargas C., 1995, Grammaire pour enseigner/2, La phrase verbale, les fonctions et les catégories, Paris, Armand Colin, (Formation des enseignants, professeurs des écoles et collèges).
    • []Grevisse M., Goosse A., 1995, Nouvelle grammaire française, Louvain-la-Neuve, De Boeck et Duculot, 3e édition.
    • []Tomassone R., 1996, Pour enseigner la grammaire, Paris, Delagrave Pédagogie, (Formation des enseignants, professeurs des écoles et collèges).
    • []Wilmet M., 1998, Grammaire critique du français, Paris/Louvain-la-Neuve, Hachette supérieur, Duculot, 2e édition De Boeck et Larcier (public universitaire, grammaire de référence).
  • Autres références

    • []Chervel A., 1977, Et il fallut apprendre à écrire à tous les petits Français… Histoire de la grammaire scolaire, Paris, Payot.
    • []Genouvrier E., Peytard J., 1970, Linguistique et enseignement du français, Paris, Larousse.
    • []Leeman D., 1997, « Travailler sur les prépositions au collège : l’exemple de pendant », Recherches, 26, p. 75-92.
    • Remi-Giraud S., Roman A., 1998, Autour du circonstant, Presses Universitaires de Lyon.
    • Tesniere L., 1959, Eléments de syntaxe structurale, Paris, Klincksieck.
    • []Touratier C., 1998, « Les grammaires universitaires du français de ces dix dernières années », Le français moderne, 1998, 66, p. 73-102.

Notes

[1]

Le terme de groupe et l’abréviation G Prép. étant les plus courants dans les grammaires, c’est ceux que nous utiliserons désormais.

[2]

Contribution intitulée « Prépositions et rection verbale ».

[3]

En outre, la distinction entre ces deux compléments étant sans importance en regard de l’orthographe grammaticale, on n’avait, du point de vue de la grammaire scolaire, peu ou pas de raisons de s’intéresser à ces compléments. Soulignons cependant qu’à l’école primaire, la distinction compléments de verbe et compléments de phrase est la plus couramment enseignée, comme le montre notre étude « Les présentations de la phrase complexe à l’école primaire », communication à la journée d’études consacrée à « La phrase complexe dans l’enseignement » organisée à l’IUFM d’Arras 8 mars 1998, par Nelly Flaux et Guy Legrand.

[4]

Précisons que les phrases ambiguës se trouvaient déjà exploitées dans les premières présentations des grammaires génératives par N. Ruwet (1968) : Les Marines jugent les Vietcongs sans pitié, phrase citée par [Genouvrier, Peytard (1970 : 126)] , car elles permettent de montrer les divergences entre structures de surface et structures profondes.

[5]

Le Goffic différencie complément direct et objet direct (Paul rencontre Marie), objet direct/complément direct non objet (Ce vin sent le bouchon (proche de l’attribut), Paul doit partir). Sa terminologie ne propose pas d’objet indirect, mais des compléments indirects de verbe, essentiels.

[*]

Équipe d’accueil 1996, Langue, textes, images, Université Lyon 2 et INRP-Lyon – Tel./fax personnel : (33) 4 71 61 18 43 – Tél. professionnel : (33) 4 72 89 83 16 – Adresse électronique: ccortier@ inrp. fr/ ccortier@ free. fr– Adresse postale : La Rivallière, 43 620 Saint-Romain Lachalm

Résumé

Français

Un parcours des principaux ouvrages de grammaire utilisés actuellement dans les universités françaises, sous l’angle des syntagmes prépositionnels prédicatifs ( [Gardes-Tamine, 1990]  ; [Le Goffic, 1993]  ; [Riegel, Pellat, Rioul, 1994]  ; [Vargas, 1995]  ; [Denis, Sancier-Château, 1994]  ; [Tomassone, 1996]  ; [Wilmet, 1998] ) montre que l’analyse fonctionnelle de la phrase et la distinction « compléments d’objet indirects » vs « complément circonstanciels » sont des préoccupations communes à tous ces ouvrages. Les nouvelles configurations proposées pour échapper à cette bi-polarité de la grammaire scolaire traditionnelle et la terminologie créée témoignent d’une prise en compte des dimensions thématiques et énonciatives mais aussi des contraintes combinatoires et des schémas lexicaux des verbes. Ces perspectives devraient permettre de renouveler l’analyse sémantique des prépositions ainsi que l’orientation didactique de leur présentation.

English

A survey of the main grammar books currently in use in French universities – with respect to prepositions and prepositional phrases – ( [Gardes-Tamine, 1990]  ; [Le Goffic, 1993]  ; [Riegel, Pellat, Rioul, 1994]  ; [Vargas, 1995]  ; [Denis, Sancier-Château, 1994]  ; [Tomassone, 1996]  ; [Wilmet, 1998] ) shows that the functional analysis of the sentence and the distinction between indirect objects and adverbials are common to all such manuals. The new approaches – in order to avoid the bipolarity of traditional school grammars – as well as the terminology proposed, reflect the fact that not only thematic and enunciative dimensions have been taken into account but also that a few authors have sized up combinatorial constraints and lexical verb patterns. Such perspectives should allow a renewal in the semantic analysis of prepositions and a teaching-oriented presentation.

Plan de l'article

  1. Un parcours au premier niveau : les tables des matières
  2. Compléments indirects de verbes et compléments circonstanciels : une frontière incertaine
    1. Une problématique issue des courants linguistiques
    2. Effacement, déplacement, détachement : distinction complément de verbe/complément de phrase
    3. Classement fonctionnel des prépositions
  3. La création d’une « fonction » intermédiaire pour le G Prép.
  4. Gradation du noyau à la périphérie
  5. De la grammaire au lexique
  6. Conclusion

Pour citer cet article

Cortier Claude, « Les syntagmes prépositionnels prédicatifs dans les grammaires universitaires : un observatoire de la place accordée aux prépositions », Travaux de linguistique 1/ 2001 (no42-43), p. 121-140
URL : www.cairn.info/revue-travaux-de-linguistique-2001-1-page-121.htm.
DOI : 10.3917/tl.042.121


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