Travaux de linguistique
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8011-3685-9
278 pages

p. 7 à 8
doi: en cours

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I. Présentation

no42-43 2001/1-2

2001 Travaux de linguistique I. Présentation

La préposition française dans tous ses états

Lucien Kupferman
Ce double recueil a son origine dans les présentations et les débats qui ont réuni du 3 au 9 septembre 2000 à l’Université de Tel-Aviv (Israël) cinquante-cinq spécialistes de linguistique française venus de sept pays différents. Quarante-deux contributions balaient ici les divers aspects de la préposition, cette particule mystérieuse comme l’a rappelé devant le colloque le Doyen de la Faculté des Lettres de Tel-Aviv en citant Leibniz.
Parce que, instruments par excellence de la concaténation en phrases des morceaux d’énoncés, les prépositions feraient, selon certains, « partie de ces mots qui résistent le plus à l’analyse sémantique ». Elles seraient aussi des « mots grammaticaux » dont l’exsangue substance notionnelle pourrait n’être isolée qu’avec les plus grandes difficultés. Eléments par essence accessoires, ou encore ravalés au rang de mots-outils, déplorablement incolores, strumentales au bas mot, de toutes simples marques de la transitivité indirecte des prédicats, dont « le sens propre se rapproche de zéro », elles seraient même pour d’autres réduites à l’état de marques casuelles portées par des séquences nominales qui ne seraient plus leur régime. La recherche récente en sémantique a très fortement mis en cause ces jugements beaucoup trop péremptoires.
Des descriptions minutieuses veulent débusquer ici leur(s) sens, et repérer leur(s) « signifié(s) de puissance ». Il s’agit dans ces pages de faire le point sur ces analyses et d’accompagner ces items avec vigilance : Ah ! ne va-t-on pas « paires dans le champ de la préposition »  ?
Sur le versant syntaxique, les questions se multiplient, auxquelles on a voulu répondre. Pour ne signaler, pêle-mêle, que celles-ci : dans quelles conditions la transitivité indirecte se détache-t-elle de la circonstance ? Ces deux situations recouvrent-elles exactement celles des compléments essentiels et accessoires ? Ou peut-être ces deux couples ne sont-ils pas appariés, mais entretiennent un jeu subtil de chassé-croisé à quatre ? Dans le domaine nominal, la notion de génitif, demande-t-on, a-t-elle la valeur opératoire qu’on lui a prêtée, est-elle porteuse d’une compréhension significative ? Et la discussion menée il y a trente ans sur la nature catégorielle de la préposition à régime elliptique : est-elle toujours préposition ou bien s’est-elle transmutée en adverbe ? N’a-t-elle pas contribué à obscurcir les véritables enjeux, ceux des conditions précises de l’ellipse, de la nature du constituant elliptique et des réseaux dans lesquels s’inscrit ce dernier ?
Le regard sur l’évolution historique des systèmes prépositionnels a permis de désenchevêtrer certaines pistes, de mettre en place des distinctions nécessaires, d’établir des rapprochements indispensables, de mettre le doigt sur les modes de constitution des micro-systèmes actuels.
Le moment était venu de s’arrêter afin de présenter un état actuel des réponses proposées par les auteurs de ces recueils, aussi partielles soient-elles encore, de confronter leurs résultats, de dessiner pour les recherches de tous les perspectives qui semblent désormais les plus prometteuses. Pour le plus grand plaisir, espérons-nous, des spécialistes et des amateurs de la linguistique française.
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