Travaux de linguistique
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8011-1323-9
186 pages

p. 163 à 179
doi: en cours

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« Adverbiaux et Topiques »

no47 2003/2

2003 Travaux de linguistique « Adverbiaux et Topiques »

Spécificité du dispositif créé par le marqueur wa en japonais comparaison avec le français

Dominique Klingler  [*]
Cette contribution est consacrée au fonctionnement syntaxique et sémantique de wa dans deux types de contextes : postposé à un nom ou à une expression nominalisée, GN wa, postposé à une autre postposition elle-même postposée à un nom, GN ni wa. On établit que, si dans ces deux cas les positions syntaxiques des constituants ou groupes de constituants sont les mêmes, leur statut et leur rôle sémantico-discursif sont différents. Ceci permet d’éclairer et de discuter les statuts de topique et d’adverbial cadratif tels qu’ils ont pu être appréhendés dans la perspective du fonctionnement du français. This paper is devoted to the syntax and semantics of wa in two contexts : post-posed to NP and to NP + postposed suffix. It is claimed that although in both cases, the constituents within the scope of wa have similar syntactic positions, they differ in terms of informationnal status and of semantic and discursive role. Thus this paper attempts to foster a better understanding of the notions of topic and of framing adverbial as used for the description of french.
 
Introduction [**]
 
 
Cet article traite de la particule japonaise wa et contribue à éclairer les statuts des constituants qui la précèdent, en terme de topique et de cadre, comme cela est fait pour le français dans l’ensemble des articles de ce volume. L’étiquette accolée à wa et dont témoigne l’ensemble de la littérature est celle de marqueur de topique ou de thème, trace d’une opération de topicalisation ou de thématisation. Ces termes apparaissent fréquemment revêtant différents sens. Notre intention ici n’est pas de les présenter et de les discuter (cela dépasserait le cadre de cette contribution) sachant qu’ils s’accordent en général avec l’angle d’analyse choisi par les auteurs qui les emploient. Nous partirons d’un cadre définitoire relativement général et suffisamment stable, que nous affinerons par la suite, nous permettant d’éclairer et de discuter le statut dont sont affectés les constituants suivis de wa.
Si topique / thème (et leurs corrélats topicalisation / thématisation) sont parfois synonymes, topique permet d’envisager une dimension discursive absente de thème, terme souvent réservé pour désigner le constituant pouvant être sujet ou non dans l’énoncé et sur lequel quelque chose va être dit. Le statut de topique peut être affecté localement à un constituant d’énoncé et en ce sens il est souvent synonyme de thème (Mikami, 1970, p. 57-58), l’application du prédicat est alors limitée à ce constituant. Ce dernier est cependant susceptible de devenir un topique de discours, c’est-à-dire ce sur quoi va porter l’ensemble ou une partie du discours (un paragraphe, un épisode etc.). Autrement dit, l’élément désigné par le terme de topique constitue un point de départ, ce dont il va être question (le starting point, cf. Halliday, 1967: 212), et ce dont il pourra ou non continuer d’être question jusqu’à ce que soit introduit un nouveau topique (Firbas J., 1964 : 267-80).
Nous emploierons le terme de topique, et nous partirons de la définition très globale que nous venons de donner, pour présenter et affiner le statut de wa. Nous chercherons à l’éclairer en l’observant dans deux types d’occurrence [1] :
  • directement postposé à un nom ou à une expression nominale (SN wa)
  • postposé à un syntagme cironstanciel c’est-à-dire à une autre particule elle-même postposée à un nom (par exemple, SN de [2] wa).
Dans les deux cas, wa détache les éléments auxquels il est postposé du reste de l’énoncé. Les termes suivis de wa présentent cependant des différences que nous voudrions dégager. Autrement dit, si wa permet d’établir une relation avec la suite de l’énoncé et le SV final (ce sur quoi nous revenons plus bas), les constituants revêtent-ils dans les deux cas le même statut ? Nous voudrions répondre en examinant la mise en relation de l’élément auquel est postposé wa avec le reste de l’énoncé compte tenu précisément de la compatibilité de wa avec d’autres particules et sa capacité à provoquer également le détachement de termes circonstanciels.
Nous situerons d’abord wa par rapport aux autres particules auxiliaires de la langue japonaise. Nous présenterons ensuite le dispositif d’intégration et de dépendance syntaxique instauré par wa, responsable du statut de topique dévolu au terme nominal auquel wa est postposé. Les cadres d’analyse auquel nous nous réfèrerons essentiellement permettent de montrer qu’un N suivi de wa est doté d’une valeur référentielle maximale et qu’il construit alors une origine pour le reste de l’énoncé, permettant ainsi d’établir une relation. Il nous reviendra alors d’essayer de caractériser / d’interpréter sémantiquement la relation construite par wa en l’observant derrière un N et derrière une autre particule postposée à un N.
 
1. Situation et propriétés de wa dans la langue japonaise
 
 
1.1. Quelques repères
Wa entre en concurrence avec d’autres particules auxiliaires postposées à des termes nominaux qu’elles intègrent dans la phrase, lesquelles fonctionnent comme des relateurs casuels (kakujoshi). Ainsi, il est d’usage de considérer que ga est l’indice du nominatif (ou du sujet), wo celui de l’accusatif (ou du complément d’objet direct), ni celui du locatif ou du datif (complément circonstanciel, d’attribution) etc. Or Wa n’appartient pas à cette catégorie et fonctionne comme une particule relationnelle (kakarijoshi) bien qu’elle insère aussi des termes nominaux dans la structure phrastique, ce que nous préciserons plus bas.
Les études philologiques japonaises attestent du caractère récent de ga et de wo. L’introduction d’ouvrages de langue européenne (à partir de Meiji, 1866-1912) au Japon aurait régularisé leurs emplois analysés comme sujet et complément d’objet direct. En revanche, wa est présent dans les textes anciens (dans les waka, poèmes de 31 syllabes, dans les monogatari, œuvres narratives de la période de Heian, 794-1192). A l’heure actuelle wa est utilisé à l’écrit comme à l’oral où il est frappé d’une accentuation prosodique (Abe, 1998). Quant à ga et wo, toujours utilisés à l’écrit, ils peuvent être omis à l’oral ce qui n’est jamais le cas pour wa (Tamba, Terada, 1991 : 36-40).
1.2. Wa particule relationnelle de liaison corrélative [3]
Le fonctionnement de wa diffère de ga (indice du sujet ou du nominatif) et de wo (indice du complément d’objet direct ou de l’accusatif) qui marquent des relations intra-syntagmatiques de rattachement des SN (+ ga ou wo) à des SV :
Exemples :

[1]Sakura ga saite iru.Cerisier(s) (ga) en fleursLes cerisiers sont en fleurs. [2]O sake wo nonda.sake (wo) boire (perfectif)J’ai bu du sake.
[3]Sakura wa saite iru.Cerisier(s) wa sont en fleurs.Les cerisiers, ils sont en fleurs (4)
Wa postposé à un SN (exemple 3/4) l’intègre à une phrase formée de deux membres. Autrement dit, wa est postposé à un SN intégré dans une phrase qui s’analyse en deux éléments constitutifs (Mikami, 1970). Ce SN est détaché [4] et n’a donc pas de valeur à proprement parler dans le SV avec lequel il est couplé. La particule provoque un découpage suspensif qui appelle une clôture. Ce phénomène est décrit par les grammairiens japonais de langue ancienne en terme de kakarimusubi (liaison corrélative) ou de portée large. Une relation s’établit entre wa postposé au SN et la fin de l’énoncé. Le SN + wa, est détaché et séparé mais en même temps corrélé au SV conclusif. Il peut en être éloigné par des propositions (incidentes ou enchâssées) dont il ne fait pas forcément partie sémantiquement (cf. le schéma ci-dessus en [4] et l’exemple [5] ci-dessous). Les linguistes japonais utilisent le terme de shudai (thème principal, topique, sujet, motif) pour désigner l’élément nominal suivi de wa. En français, le détachement se manifeste par une extraposition (cf. ci-dessus [3] et [4]) et ci-dessous [5]) avec la reprise par un clitique (ou un démonstratif anaphorique) signalant la fonction qu’aurait eu le SN dans la construction dont il a été détaché (les cerisiers, ils…). L’exemple qui suit (transcrit de l’oral) permet d’observer l’emploi de wa à deux reprises :
[5]

Teburu wa1 / watashitachi wa2 binbo gakusei deskara ne/ kaenai no de / ko hakko wo

Table (wa) nous (wa) pauvres étudiants (à cause) pas pouvoir acheter comme boîtes (wo)

tsumikasanete/ teburu ni shite tsukatte iru n des kedo ne […]

empiler table (ni) faire mais

La table, nous, comme nous ne pouvons pas en acheter parce que nous sommes des étudiants fauchés, nous avons empilé des boîtes et nous nous servons de ça comme table…

Le nom teburu suivi de wa est détaché mais reste en relation avec l’ensemble de l’énoncé jusqu’à la clôture. Il en est de même pour watashitachi [5] (nous) suivi de wa qui constitue le deuxième topique concerné par les prédicats verbaux (kau, acheter, tsumikasaneru, empiler, tsukau, utiliser) devant lesquels ne figure aucun pronom.
1.3. Compatibilité de wa avec d’autres particules
Wa est incompatible avec ga et wo qui déterminent des relations directes (fonctions grammaticales majeures de sujet et d’objet) en intégrant des SN à une configuration syntagmatique. On l’a vu, ce sont des particules ressemblant à des relateurs casuels dont le rôle est essentiellement intégrateur. Elles n’ont pas d’équivalent traductionnel en français.
En revanche wa est compatible avec des particules circonstancielles, locatives, de moyen, de manière, indiquant une relation de sens plus fonctionnelle qu’intégrative. Il s’agit entre autres de :
Ni (dans (à l’intérieur), en, sur), de (dans, en, dans le cadre de, au moyen de, par (agent)), kara (de, depuis (origine)), made (jusqu’à), toshite (en tant que) etc. Ces particules ont des équivalents traductionnels en français (ce qui n’est pas le cas pour ga et wo). Elles peuvent être suivies de wa :

[6.a]

Kyoshitsu ni compyuta ga aru.

Classe (dans) ordinateur (ga) il y a.

Il y a un / de(s) ordinateur(s) dans la classe.

[6.b]

Kyoshitsu ni wa, computa ga aru.

Classe (dans) wa ordinateur(s) (ga) il y a.

Dans la classe, il y a des ordinateurs.

[7.a]

Furansu de minna nomu no ga daisuki.

France (en) tous le fait de boire (ga) aiment.

En France on aime boire.

[7.b]

Furansu de wa, minna nomu no ga daisuki.

France (en) wa tous le fait de boire (ga) aiment.

En France, on aime boire.

Dans ces exemples wa postposé à une autre particule opère un détachement du complément circonstanciel (en [1.b] et [2.b]) qui bien qu’en position frontale en 1 et 2, apparaît plus intégré, plus lié syntaxi-quement à ce qui suit. En [1.b] et en [2.b] d’autres propositions pourraient se trouver dans la portée de kyoshitsu ni wa et de Furansu de wa du fait de la portée dégagée par wa et du détachement qu’il opère (ce que nous avons mentionné en 1.2.).
 
2. Le rôle de wa marqueur du shudai (topique)
 
 
2.1. Sujet superficiel vs sujet logique
Les grammairiens japonais (Mikami, 1970) insistent sur la différence entre shukaku (nominatif, cas sujet) et shudai (sujet, thème, topic, motif). Le constituant auquel est postposé wa est le shudai, le sujet (Kuroda, 1973), le motif, dont il va être question. Wa fait qu’on interprète que l’élément qui le précède est promu, mis en avant pour délimiter (scope setting) ce sur quoi va porter la prédication (Iwasaki, 1987 : 128-129). C’est ainsi que wa apparaît dans des phrases de jugement et le terme placé devant la particule fait l’objet d’une insistance (Nagano, 1972, Yamazaki, 1965).
À l’instar de Kuroda (1990 : 5) on peut distinguer le sujet superficiel (le scheinbar en allemand) du sujet logique [6]. Le premier est marqué par ga indicateur de jugement thétique, le deuxième l’est par wa indicateur de jugement catégorique. Le jugement thétique ne fait qu’exprimer la reconnaissance ou le rejet de la matière du jugement. A l’inverse le jugement catégorique est fait de deux actes. Le premier consiste à fixer / reconnaître ce qui sera le sujet (shudai), le deuxième à affirmer ou nier ce qui est exprimé par le prédicat.
En ce sens, wa met en relief le sujet logique par opposition à d’autres sujets qui sont ou ne sont pas présents dans le contexte. Il opère une limitation, une restriction de l’élément circonscrit pour la suite à venir. C’est ce qu’illustrent les exemples suivants [7] :

[8]

Inu ga hoete iru. (Topique Ø)

Chien (ga) aboyer (mode progressif)

Un chien est en train d’aboyer.

[9]

Inu wa hoete iru. (Topique)

Chien (wa) aboyer (mode progressif)

Le chien est en train d’aboyer.

[10]

Inu wa hoeru. (Topique)

Chien (wa) aboyer (forme atemporelle)

Le(s) chien(s) aboie(nt) / un chien, ça aboie / les chiens, ça aboient.

En [8] inu ga ne peut être considéré comme sujet logique car inu (chien) est intégré à une unité événementielle comme participant à l’état de chose évoquée. Le nom est indéfini et spécifique. Ce qui est posé dans la phrase c’est l’événement ( ou le koto, le fait, cf. infra 2.2) « aboiement » déterminé par « chien ».
En [9] le sujet logique est marqué par wa considéré comme pouvant être mis en opposition avec d’autres idées. Wa opère donc une limitation pour la suite. Le caractère défini du nom est lié à la combinaison de wa et du mode progressif du verbe (hoete iru : est en train d’aboyer).
En [10] le sujet logique est défini en général et a une valeur générique : c’est le mode atemporel du verbe (hoeru) qui confirme cette interprétation de généricité / universalité (on attribue l’activité d’aboiement comme étant une propriété permanente du chien).
Le point de vue de Kuroda est précieux en ce sens qu’il permet d’envisager les liens unissant les emplois de ga et de wa avec la détermination du nom et les modes verbaux (progressif vs non progressif). Ceci n’est pas éloigné de ce que nous présentons ci-dessous, et qui permet de considérer le nom suivi de wa comme ayant une valeur référentielle maximale.
2.2. La structure en koto (fait, état global) et en mono (individu, objet distinct de référence)
En japonais un SN suivi de wa s’articule à un objet de référence bien distinct, à ce que les Japonais appellent mono (chose, être individué). Ainsi, il est toujours possible de gloser un énoncé où apparaît un SN wa en le mettant en rapport avec mono (Tamba & Terada, 1991).

[11]

Gaka wa e wo kaku.

Peintre(s) (wa) tableaux (wo) peignent.

Les peintres, ils peignent des tableaux.

[12]

Gaka to iu mono wa e wo kaku..

Peintre(s) appelés individus (wa) peintures (wo) peignent.

Les individus dits peintres peignent des tableaux.

[13]

Ou : Gaka wa, e wo kaku mono de aru.

Peintre(s) (wa) tableaux peignent individus sont.

Les peintres sont des individus (gens) qui peignent des tableaux.

Avec wa, le N est saisi comme renvoyant à un référent accessible dans le champ discursif des deux interlocuteurs. Dans le dernier cas la proposition e wo kaku est intégrée et détermine mono. En français on aura une relative (qui etc.).
En revanche, et comme on l’a vu plus haut, ga joue davantage un rôle d’intégrateur de SN et il en résulte une unité phrastique qui propose une saisie globale (phrase sans topique), ce qui rejoint l’idée d’un jugement thétique [8]. Dans gaka ga e wo kaku (kaite iru) (des peintres / un peintre peignent / peint), ce qui est posé c’est « l’événement peinture », le fait de peindre déterminé par peintres, plus que l’existence de peintres (cf. supra 2.1). En japonais ceci est illustré par la possibilité de présenter le contenu d’une telle phrase comme déterminant le terme nominal koto (fait) qui remplit le rôle de nominalisateur au même titre que le fait que P en français. En reprenant un exemple qui précède :

[14]

Inu ga hoete iru koto…Le fait qu’un /des chien(s) soit en train d’aboyer…

chien (ga) aboyer (mode progressif) fait

L’individu, l’objet nommé suivi de ga n’est posé que comme faisant partie d’un état de choses évoqué dans un site événementiel déterminé (Mikami 70, Tamba et Terada, 91 : 41), ce dont rend compte la structure soudée à koto. Rien n’empêche de faire de tout cet ensemble un topique : inu ga hoete iru koto wa etc., le fait qu’un chien aboie etc..
Structurellement et référentiellement autonome, le constituant suivi de wa ne peut être intégré dans une construction en koto (le fait que P). Il devient le support du prédicat. Dans l’exemple donné plus haut le SN wa (gaka wa) réalise l’ancrage référentiel de e wo kaku ( peignent des tableaux). Sur le plan cognitif et en terme d’opération de topicalisation, il s’agit d’un élément qui a été sélectionné à l’intérieur d’un paradigme ouvert ou fermé, suffisamment déterminé, préalablement donné (en tout cas présent à l’esprit des interlocuteurs) dans la situation d’énonciation pour qu’il puisse devenir ce dont il sera question (le topique) dans l’énoncé.
 
3. Topicalisation et mise en relation
 
 
La topicalisation [9] peut être définie comme l’opération minimale consistant à choisir un topique servant de point de départ c’est-à-dire de repère pour la construction d’un énoncé. Selon Culioli (1992 : 2-8), la notion de repérage, fondamentalement, produit une relation de telle manière qu’un terme […] soit repéré et un terme soit repère. Autrement dit, le repérage débouche sur la mise en relation d’un terme avec son prédicat. On a affaire à une origine construite à l’intérieur de la situation décrite et à un intervalle ouvert à droite (Culioli, 92 : 9), ce qui signifie que cognitivement la construction d’un point de repère permet la mise en relation.
Dans ce qui suit nous nous intéresserons à l’opération de topicalisation et à la constitution du point de départ (le topique) mais aussi à la nature de la mise en relation dans les deux cas que nous avons retenus : wa directement postposé à un N ou derrière un N auquel est déjà postposée une particule en nous appuyant sur des exemples extraits de corpus oraux et écrits.
3.1. Topicalisation d’un SN
Un SN suivi de wa peut être introduit pour la première fois et dès le début d’un texte, reprendre un SN déjà introduit (phénomène d’anaphore), introduire un nouveau SN.
Topicaliser revient pour un locuteur à sélectionner une entité sur laquelle va porter la prédication. L’élément nominal auquel sera postposé wa peut être nouveau et ne pas constituer une reprise de ce qui a déjà été donné dans le discours. Il devra être suffisamment accessible pour l’allocutaire pour que soit satisfaite la visée communicative du locuteur.

[15]

Sensei wa furansu ni itte omoshiroi shosetsu wo kakimashita.

Professeur (wa) France aller et intéressant roman (wo) a écrit

Le professeur, (il) est allé en France et a écrit un roman intéressant.

En [15] sensei (professeur) est suivi de wa. Le référent peut être accessible, autrement dit le professeur dont il est question peut se trouver présent au moment où le locuteur en fait ce dont il va parler. Si ce n’est pas le cas il sera supposé connu, faisant partie du monde partagé par les deux locuteurs ou bien il en aura été question précédemment. Il sera plus ou moins persistant dans le champ discursif des interlocuteurs. Dans l’exemple qui suit le choix du topique n’est pas le même :
[16]

/ Kono hon wa, furansu ni taizai shita aida ni Nagano sensei ga kaita omoshiroi shogetsu desu.

ce livre (wa) France en a séjourné pendant Nagano professeur (ga) a écrit intéressant roman est.

Ce livre, c’est un roman intéressant que le professeur Nagano a écrit pendant qu’il séjournait en France.

En [16] c’est hon (livre) qui est mis en avant et sur lequel porte la prédication. Dans cet exemple le topique est séparé de la copule conclusive (desu, c’est) par une proposition déterminante (ad-nominale ou enchâssée) shosetsu (roman) dans laquelle l’agent du verbe kaita (a écrit) est Nagano sensei (professeur Nagano) auquel est postposé ga (particule dite de sujet ou nominative). Par la suite, Nagano sensei pourrait devenir le topique :
[17]

Nagano sensei wa gaikoku no bunka ni kyomi wo motte iru no desu [10].

Nagano professeur (wa) pays étrangers culture pour (ni) intérêt possède c’est que.

C’est que le professeur Nagano s’intéresse à la culture des pays étrangers.

Le locuteur pourrait aussi choisir de continuer de parler du livre et faire de shosetsu (roman) le topique qui persisterait jusqu’à ce qu’il décide d’en changer.
Les observations menées sur des textes oraux ou écrits, à dominante narrative et descriptive [11], mettent en évidence la dimension cohésive de wa comme marqueur de topique local ou global dont la portée s’étend sur des empans de texte plus ou moins larges, en tant qu’introducteur de premier topique, deuxième topique etc., et son rôle dans le maintien référentiel. Wa est doté d’une staging function (Senko Maynard, 1980) dans les textes narratifs. Il fonctionne comme un indicateur de début de paragraphe où est identifié le terme que le locuteur a choisi de topicaliser. Autrement dit, wa permet de mettre en relief et de repérer la ou les figure(s) centrale(s) (highlighted) du récit. Chaque topique introduit est plus ou moins persistant (local ou global) selon le point de vue choisi par le locuteur et si le même topique est maintenu il tendra à ne plus apparaître (à demeurer implicite). Wa joue donc un rôle dans la progression, le maintien, le changement du ou des référents participants à l’action ou l’état de choses évoqués. C’est ce que montre l’exemple qui suit :

[18]

Mukashi / aru tokoro ni / Jun to iu shitateya ga imashita./ Sono shitateya no ie no mae

Autrefois quelque part jun dit tailleur (ga) était ce tailleur (relateur) maison devant

ni /++/ nandakenandayo / e / Koruburunu to iu / e / shishu wo suru onna no hito ga

quoi je ne sais pas euh Colbrune dit broderie faire femme (ga)

sunde imashita /./ Sono onna no hito wa jun no koto suki datta node /+/ e/ aru hi / e /

habitait cette femme (wa) Jun (relateur) aimait comme un jour

Jun ni kekkon shite hoshii to tanomi ni ikimashita /./ Suruto / Jun wa / e / moshimo …

Jun à se marier envie (relateur) demander est allé Alors Jun (wa) euh si


Traduction :Autrefois, quelque part, il y avait un tailleur appelé Jeune. Une femme nommée Colbrune qui faisait de la broderie, habitait devant la maison de ce tailleur. Comme elle aimait Jeune, un jour cette femme décida d’aller lui dire qu’elle voulait l’épouser [12].

Il s’agit d’un début de récit oral dans lequel, après avoir effectué un ancrage spatio-temporel indéfini [13] (jadis, quelque part), le locuteur introduit un premier protagoniste (Jun to iu shitateya ga…) puis un deuxième (onna no hito ga…) qui deviendront par la suite des topiques (sono onna no hito wa et Jun wa) pendant toute la durée du récit.
3.2. Topicalisation et cadrage
Nous avons vu que la localisation spatiale, temporelle, est signalée par des particules de complément circonstanciel dont le rôle comparé à celui des autres particules est moins intégratif (le complément circonstanciel est éloigné du verbe par rapport au complément d’objet direct signalé par wo).
Ainsi en 1/ extrait du texte qui précède (cf. 3.1.) :

[19]

Sono shitateya no ie no mae ni […]

(devant la maison de ce tailleur […])

Ni est une particule locative qui ici n’est pas suivi de wa. Elle permet de construire la relation de localisation / position du terme qui suit (Koruburunu…ga sunde imashita, habitait Colbrune) dans l’espace, suivant l’ordre repère-repéré. C’est dans la construction de cette relation que Korubrunu ga (Colbrune) est pris en compte.
Par contre dans l’exemple qui suit, le premier élément qui sert de repère est suivi d’une particule circonstancielle elle-même suivie de wa qui permet de construire une relation (repère-repéré) beaucoup plus large et englobante du fait du détachement et de la portée provoqués par wa :

[20]

Ribingu ruumu ni wa / isu ga hitotsu arimasu /ne / chiisai isu desu kedo / teburu ga

Salon dans (wa) chaise (ga) une il y a petite chaise c’est mais table aussi

atte / sore wa Furansu kara kita dja nai ka to omou n des kedo / yuka wa / anoo / nan

il y a cela (wa) France de ne vient pas ? je crois mais le plancher(wa) euh

to iu ka / sore wa Philippines kara motte kita kapeto des kedo /++/ chotto yogore

comment dire / Philippines de j’ai rapporté tapis (ga) il y a tapis mais

yasui desne […]

ça se salit facilement


Traduction :Dans le salon, il y a une chaise, c’est une petite chaise, il y a une table, elle vient de France je crois. Le plancher, comment dire, ça c’est un tapis que j’ai rapporté des Philippines, il est salissant […] (corpus Iwasaki, 1980).

Le locuteur fait visiter son appartement et le décrit en même temps. Les objets, la chaise et la table appartiennent à l’espace « living room » qui est topicalisé. Une localisation est construite pour ces deux entités. Néanmoins, et cela est lié à l’oralité, yuka wa (le plancher) est une nouvelle entité, suffisamment déterminée dans le contexte énonciatif (car faisant partie du living) pour constituer un topique, nouveau repère pour la suite de l’énoncé. Sore wa est également un topique : le locuteur désigne un objet qu’il identifie et caractérise ensuite (ça c’est un tapis etc.), également accessible. Le locuteur a glissé vers un nouveau référent qui devient topique et dont on peut interpréter qu’il est en rapport avec yuka (le plancher), autrement dit que le tapis est sur le plancher.
Nous avons vu que wa postposé à un SN permet dans un récit de repérer les figures centrales (maintien, changements des référents contrôleurs) fonctionnant aussi comme indicateur de paragraphe. Dans le texte dont nous venons de donner un extrait, le même phénomène peut être observé avec la topicalisation du circonstant. En effet, le locuteur décrit ensuite la cuisine (daitokoro ni wa…) et les chambres (heya ni wa…) dans la suite du texte. Chaque circonstant topicalisé ouvre un intervalle à droite dans lequel le locuteur fait rentrer des éléments. Il construit chaque fois une nouvelle référence spatiale cependant incluse dans celle principale de l’appartement (espace principal divisé en sous-espaces).
Si l’on revient maintenant à l’exemple [18] (dont la version complète est donnée en 3.1.), le locuteur aurait pu topicaliser le circonstant et dire :

[19]

Sono shitateya no ie no mae ni wa Koruburunu to iu shishu wo suru onna no hita

Ce tailleur (relateur) maison devant (wa) Colbrune s’appelle broderie (c.o.d) fait femme

ga sunde imashita.

(ga) habitait


Traduction :Devant la maison de ce tailleur, habitait une femme nommée Colbrune qui faisait de la broderie.

Le circonstant topicalisé aurait pu alors ouvrir un intervalle beaucoup plus large à droite, plusieurs propositions se seraient trouvées sous sa portée.
Si le locuteur avait procédé ainsi, on aurait attendu – en se plaçant du point de vue de l’interprétation dynamique d’unités arrivantes et avec la possibilité d’anticiper mentalement sur celles qui vont arriver – d’autres constructions de relations de position par rapport à la maison, pour d’autres entités. Autrement dit, on aurait attendu d’autres candidats à la topicalisation, comme dans l’exemple ci-dessous (de notre fabrication) :

[20]

Sono shitateya no ie no mae ni wa Koruburunu to iu onna no hito ga sunde ite,

Ce tailleur (relateur) maison devant (wa) Colbrune s’appelle broderie (c.o.d) fait femme

(ga)habitait

zutto tonari ni wa ijiwaruna obasan ga sunde imashita.

juste à côté (wa) méchante femme (ga) habitait


Traduction :Devant la maison de ce tailleur, habitait une femme nommée Colbrune qui faisait de la broderie, et juste à côté, habitait une méchante femme.

Autrement dit, le fait de topicaliser mae ni (devant) en aurait fait un élément important (détaché, mis en relief et dans le foyer attentionnel de l’interlocuteur), déterminant pour la suite, cette position spatiale étant délimitée et opposable conceptuellement à d’autres positions mentionnées ou non.
Par ailleurs, il s’avère que dans le texte d’origine, la position qu’occupe la maison de l’héroïne par rapport à celle du tailleur est déterminante pour la suite des événements car elle lui permet d’observer les faits et gestes du tailleur. Ceci justifierait que mae ni soit topicalisé, or la locutrice ne raconte pas que l’héroïne observe le tailleur et ne considère donc pas comme importante la disposition des maisons l’une par rapport à l’autre.
Dans l’exemple qui suit (extrait d’un texte écrit), la topicalisation fait qu’une opposition peut être re-construite par le lecteur. C’est en effet un élément parmi d’autres (le Japon) appartenant à une classe (les pays), qui a été choisi, pour construire le cadre circonstanciel de la suite de l’énoncé :

[21]

Nihon de wa mai nichi, katakori kaisho suru samazamana hari kusuri ya kigu ga

Japon au (wa) tous jours katakori supprimer toutes sortes aiguilles remèdes et instruments

tobu yo ni urete imasu. Konnani katakori wo naosu no ni isshokenmeini natte iru

pullulent comme être vendu ce katakori (wo) soigne bien que fasse tout

Nihon no katakori ga hette iru ka to iu to, so de wa arimasen.

Japon (relateur) katakori (ga) diminue est-ce que ainsi n’est pas

Genzai de wa, chukonen ni mo kagirazu, wakai hito no aida de mo katakori ga

Actuellement (TOP) âge moyen à aussi limiter (nég.) jeunes (relat.) parmi aussi katakori (ga)

fuete imasu..

augmente


Traduction :Au Japon, tous les jours des remèdes pour supprimer les douleurs aux épaules, aiguilles et instruments divers, pullulent et sont mis en vente. Bien qu’on fasse tout pour soigner ces douleurs, on ne peut pas dire qu’elles diminuent. Actuellement, elles ne concernent pas seulement les personnes d’âge moyen, les douleurs dans les épaules augmentent aussi parmi les jeunes. (Revue de Naturopathie, 1991)

La particule de (lieu, cadre spatial / temporel) est suivie de wa :
[22]

Nihon de wa : au Japon

[23]

Genzai de wa, mot à mot au temps présent : actuellement, maintenant.

Avec [22] ce qui est donné comme information sur les douleurs scapulaires n’est validable que dans le cadre du Japon et non dans celui d’autres pays. La portée de ce cadre ouvert au début du texte va s’exercer vers l’avant et jusqu’à la fin de l’énoncé mais son influence demeure active au-delà : ce qui est dit sur les personnes d’âge moyen et les jeunes est limité au cadre du Japon ainsi qu’une bonne partie du chapitre que nous ne donnons pas ici.
La même remarque peut être faite pour [23]. Le caractère évolutif des douleurs scapulaires et leur accroissement est mis en avant dans son aspect actuel (genzai de wa, actuellement) par rapport à autrefois, même si le locuteur ne construit pas explicitement cette opposition.
3.3. Caractérisation / interprétation de la relation construite par wa
Dans le premier cas des exemples que nous venons de présenter, topicaliser revient à construire une relation entre un élément repère renvoyant à un référent accessible et la suite de l’énoncé. La relation construite entre SN wa (le topique) et la suite pourrait être glosée (en japonais et en français) par : ce qui est relatif à x, pour ce qui est de x, ce qui caractérise x, ce qu’on appelle x.
Dans le deuxième cas, une relation de localisation (spatiale, temporelle etc.) est construite entre un élément qui sert de repère et un repéré. La topicalisation de l’ensemble en fait un cadre de validation (dans le cadre de x, dans le domaine de x, etc.) pour la suite sans que l’on ait comme dans le premier cas une relation d’aboutness, paraphrasable par pour ce qui est de x, ce qui est relatif à x, ce qu’on appelle x etc.
Du point de vue terminologique, si l’on entend par topique l’élément sur lequel porte la prédication dans une mise en relation d’aboutness, on ne parlera de topique que pour le premier cas, un SNwa étant en plus susceptible de devenir un topique de discours (c’est le cas de protagonistes dans un récit). On réservera au second cas le terme de cadre, dès lors que wa intervient après une particule de complément circonstanciel. On n’a pas dans ce cas de relation d’aboutness et de tels éléments ne sont pas susceptibles de devenir des topique de discours comme dans le cas de SN wa. A ce titre, si l’on se réfère à l’exemple du katakori (cf. 3.2.) : le cadre de validité nihon de wa persiste en tant que cadre (cadre global, sans qu’il soit re-mentionné) mais le topique de discours en puissance est katakori, et il sera par la suite suivi de wa (dans la partie du texte que nous n’avons pas donné).
Les propriétés de wa permettent dans les deux cas d’opérer un détachement, une mise en relief et une limitation (conceptualisation d’oppositions) tout en dégageant de la portée par l’ouverture à droite d’un intervalle qui peut s’avérer plus ou moins grand (accueil d’une ou de plusieurs propositions), sur un continuum allant du plus référentiel (SN wa) au moins référentiel (ne nommant pas forcément de référent) et plus circonstanciel (plus cadratif SN + particule +wa).
 
Conclusion
 
 
Après avoir donné quelques informations sur le fonctionnement des particules casuelles en japonais, nous avons tenté, à l’aide d’exemples, de préciser le fonctionnement de wa dans deux types d’occurrences. Si syntaxiquement ce fonctionnement est le même, étant donnée la propriété de wa provoquant le détachement de l’élément auquel il est postposé du reste de l’énoncé, la relation sémantique construite n’est pas de même nature. Lorsque wa intervient derrière un syntagme circonstanciel [14], il contribue à délimiter un cadre de validation pour la suite, et le constituant qu’il affecte revêt le statut de circonstant cadratif [15]. Autrement dit ce qui va être dit tiendra dans les limites de ce cadre dont la portée peut cependant s’exercer sur plusieurs propositions.
En français toutes les constructions en wa trouvent leur équivalent dans l’extraposition et l’utilisation d’un pronom tonique (atachi wa tokyo de umareta, moi, je suis né à Tokyo). Dans ces deux langues cependant, l’affectation du statut de topic à un constituant dépend beaucoup du contexte à venir. Les circonstants cadratifs (circonstants détachés par wa en japonais et extraposés en français) ne constituent pas en général le topique (en terme d’aboutness) de l’énoncé en tête duquel ils se trouvent de même qu’ils ne deviennent pas en général le topique du discours, c’est-à-dire ce sur quoi va porter l’ensemble du discours, ce que nous avons pu voir (cf. supra 3.1.) pour le récit. Il n’empêche qu’ils peuvent persister en tant que cadre pour tout un paragraphe et même l’intégralité d’un texte (sans qu’ils soient repris), et nous venons de l’évoquer plus haut en nous appuyant sur un exemple extrait d’un article sur le katakori. Une typologie des cadres pourrait être dressée pour le japonais à travers leur fonctionnement dans des textes comme cela a pu être fait pour le français par Charolles et dont témoignent les articles regroupés dans ce volume. Il faudrait alors élargir nos investigations à d’autres types d’occurrences de wa, prenant en compte les éléments auxquels il est postposé (les syntagmes adverbiaux, prépositionnels etc.), leur fonctionnement dans des textes, pour pouvoir mener une véritable analyse contrastive entre les deux langues.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[*]Université de Paris III 19 rue des Bernardins, 75005 Paris – tél : 01 44 32 05 70 – fax : 01 44 32 05 73 dominique. klingler@ tiscali. fr.
[**]Nous remercions Maud Yates qui a bien voulu relire cet article.
[1]Nous n’examinerons pas les emplois de wa dans les phrases négatives telles que : Dekakete wa ikenai, il ne faut pas sortir / ne sors pas, Hon de wa arimasen, ce n’est pas un livre, Paati de osake wa nomanakkata, je n’ai pas bu d’alcool à la soirée, etc.)
[2]de est une particule locative, ablative (de moyen).
[3]Nous adoptons cette expression, traduction du terme japonais kakarimusubi due à Tamba et Terada (1991 : 43).
[4]Le fait qu’il y ait ou non une virgule après wa est indifférent au détachement provoqué.
[5]Watashitachi, traduit par nous en français est un mot nominal pouvant être suivi d’une particule. En japonais les formes verbales ne fournissent pas d’indication de personne (il n’y pas de pronom clitique). C’est l’énonciateur qui est pris par défaut comme topic implicite dans une situation d’énonciation. Ici il s’inclut dans un groupe et le mentionne (watashitachi).
[6]Il ne s’agit pas ici du sujet logique au sens d’agent dans une phrase passive. Kuroda s’inspire des logiciens de la fin du XIXe siècle (Brentano et Marty).
[7]Ces exemples sont de Kuroda.
[8]À ce titre l’étiquette de particule de focus, marqueur de focus a pu être attribuée à ga (cf. Lambrecht, 94, Yates, 01).
[9]Nous adoptons le terme de topicalisation comme nous avons adopté celui de topique.
[10]No desu est un marqueur d’assertion (abrégé à l’oral par n da ou no) qui permet au locuteur de présenter le contenu d’une information comme définitivement acquise pour lui. C’est l’équivalent de c’est que, en français.
[11]Cf. Les travaux de Senko Maynard (1980), Iwasaki (1980), Klingler (2001) menés sur des récits oraux.
[12]Extrait du corpus oral récolté par Klingler (2001 : 373). Il s’agit d’un conte que le locuteur a lu et raconte par la suite.
[13]Ceci correspond à l’ancrage du monde fictif du conte et à « il était une fois » en français,
[14]Ou derrière un syntagme adverbial, ce dont nous n’avons pas donné d’exemples ici.
[15]Terme repris de Michel Charolles.
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Cf. Les travaux de Senko Maynard (1980), Iwasaki (1980), Kl...
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