« Un ciel… gris de chez gris… » : de la construction X de chez X à Adj de chez Adj : du locatif à l’intensif
Catherine Schnedecker
Réputée représentative du « parler jeune » et du français oral, la construction Adj de chez adj (gris de chez gris) est d’autant plus intéressante d’un point de vue strictement linguistique qu’elle est pour le moins inattendue, compte tenu des contraintes syntaxiques du français. Pour en comprendre l’émergence, il est nécessaire de s’interroger sur son histoire de manière à repérer ce qui, à partir d’une construction à fonction de localisation, fortement contrainte au niveau du verbe-recteur et de la nature du complément, a «permis» syntaxiquement l’apparition de l’adjectif et sémantiquement l’expression de l’intensité.
Considered representative of “young people” and of Spoken French, the structure adj de chez adj (gris de chez gris) (similar to the English expression : adj as in adj (bad as in bad)) is all the more interesting from a strictly linguistic point of view that it is, at the very least, unexpected taking into account the syntactic constraints of French. To understand its emergence, it is necessary to look at its evolution and to understand how this construction, which initially expressed spatial localization and was strongly constrained by its governing verb and the semantics of its complement, came to allow an adjective to appear after the preposition and a semantics of intensity.
• Introduction
• Les paradoxes de la construction X de chez X
— Les catégories régies par les prépositions
— (De) chez et ses contraintes
— X de chez X: une préférence marquée pour l’adjectif…
— …et des adjectifs sans compléments
• Rapide historique des constructions en de chez
— Premiers emplois : des constructions exclusivement locatives
— Extension des emplois
• De SNI de chez Npr à Adj de chez Adj
— Les contraintes pesant sur SNI de chez Npr
— Des qualités « fabriquées » ?
— « Méfions-nous des contrefaçons »
• Pour éviter « une conclusion de chez conclusion »
• BIBLIOGRAPHIE