2001
Vie Sociale et Traitements
Praticable
Pot de taire contre pot de faire
Quand l’art devient matière du dire
F. Arguelles
psychologue clinicienne, formatrice en thérapies médiatisées, Toulouse.
J.-L. Sudres
maître de conférence en psychologie, docteur en psychopathologie,
psychologue, psychomotricien, Toulouse.
J. Andraud
psychologue clinicienne, thérapeute, formatrice en thérapie médiatisées,
Venerque.
La mise en place
d’un atelier à médiations multiples, accueillant trois adolescents
placés en IME est au cœur du sujet que nous souhaitons aborder.
L’idée repose sur le constat suivant : Alain 15 ans, Rodolphe
et Mathias 17 ans, présentent une psychose précoce. Ils étaient initialement
intégrés dans un groupe de parole. L’accès à la fonction symbolique
leur permet de s’exprimer verbalement au même titre que les autres
membres du groupe. Par contre lorsque c’est leur position de sujet
qui est interpellée, ils se ferment, se replient et deviennent incapables
de la moindre parole.
Nous invoquons qu’un changement de code langagier pourrait
permettre une régression nécessaire à la progression et peut-être, une future
réintégration dans le groupe de parole. Un atelier plurimédiatisé, ayant pour
particularité une durée d’existence courte (6 mois), est mis en place.
Les séances se déroulent au rythme d’une fois par semaine durant 1
h 30. Trois types de médiations leur sont proposées : la peinture, le collage
et l’argile. Ce choix multi-expressif a pour objectif de multiplier
les accès à l’expression de leur vie psychique.
Ainsi, l’œuvre peinte peut se placer comme substitut
de la position objectale du sujet, permettant le passage du réel à l’imaginaire
[1]. Pendant la production,
la vie intérieure se mêle à la réalité extérieure. De cet échange naît un
symbole réparateur
[2].
Le collage donne la possibilité de recoller à partir de fragments
d’objets préexistants que l’on choisit, déchire, coupe, colle,
et de reconstruire un tout avec des morceaux. Cette mise en forme d’images
avec des images d’autres conduit à réunifier des objets partiels en
un tout singulier
[3].
L’argile, quant à elle, se déchire, se déforme indéfiniment
sans jamais se détruire. Elle s’interpose entre la vie intérieure du
sujet et son rapport au monde, prenant alors fonction d’objet transitionnel
[4]. Mais cette indestructibilité
a un prix. Elle place l’individu devant une obligation de soins. Trop
humide, elle se ramollie, colle et s’affaisse ; trop sèche, elle se
craquelle, se brise et s’effrite. Son potentiel ne peut se révéler
que dans la recherche d’une homéostasie entre les éléments solides
et liquides, mettant ainsi le sujet en position d’acteur de sa création
dans son action sur la matière. La terre devient vivante en prenant la chaleur
et la moiteur des mains, faisant corps avec l’individu pendant la phase
créative. Le corps s’exprime dans son propre langage et met en veille
la pensée
[5].
Alain et le langage du corps
Nous nous proposons de vous présenter le cas d’Alain, benjamin
d’une fratrie de trois enfants. Sa naissance fait suite à une grossesse
extra-utérine survenue un an auparavant. Elle a été très mal vécue par ses
parents. Dès ses premiers jours, il s’avère calme et hypotonique.
Un retard psychomoteur associé à une dysharmonie déficitaire sans
troubles de la personnalité seront diagnostiqués dès l’âge de quatre
ans.
La même année, la famille s’installe en région toulousaine
pour se rapprocher des grands parents maternels. Elle vivra chez eux durant
plusieurs années. La grand-mère maternelle est omniprésente. La mère d’Alain
qui accepte très mal le retard de son fils fait une dépression.
À son entrée dans l’institution en 1995, le diagnostic psychiatrique
est réévalué et conclu à une dysharmonie évolutive de structure psychotique
avec angoisse dépressive et de séparation. Le bilan psychologique le décrit
comme refusant la rencontre. Il s’enferme dans son monde, luttant contre
des angoisses trop envahissantes. Actuellement, il s’engage du côté
d’un sujet actif et les pulsions destructrices s’amenuisent.
1re
et 2e séance : question autour
de la rencontre
Nous décidons d’un commun accord d’utiliser un matériau
maîtrisé par l’ensemble du groupe, à savoir, le collage. D’emblée,
nous proposons de faire une production collective afin de tenter la mise en
place d’un effet de groupe et de se rendre compte d’éventuels
liens qui préexistent entre ces jeunes.
Alain s’assoit et s’isole dès son arrivée. Lorsque nous
disposons les catalogues sur la table, il cherche directement la page de présentation
de consoles vidéo. Puis il se replie, hermétique à toutes stimulations externes
et se balance de manière stéréotypée. Nous tentons une première approche en
lui demandant s’il possède l’une de ces consoles. Malgré nos
sollicitations, il reste clos sur lui-même.
Rodolphe nous apprend que l’éducateur vient de lui confisquer
son jeu vidéo. Nous tentons une nouvelle approche en lui proposant de découper
l’image de sa console mais il reste mutique. Puis il se lève et sort
de la pièce. Nous le rejoignons pour lui signifier qu’il peut réintégrer
sa place à n’importe quel moment s’il le désire. Quelques minutes
plus tard, il revient et nous l’en félicitons. Il reste à observer
les autres jusqu’à la fin de la séance. Ce premier contact nous montre
les difficultés à établir un climat de confiance nécessaire à la rencontre.
Alain nous fait penser à un adolescent « encapsulé », pour reprendre un terme
de F. Tustin. Quand l’angoisse se fait trop forte, il se crée une enveloppe
faite de sensations dans laquelle il s’emmaillote et qui le sécurise.
À la deuxième séance, il refuse toujours de participer de manière
active. Toutefois, il ne cherche pas à sortir de la salle, signant probablement
son désir de prendre place même si elle reste encore difficile à occuper.
Il semble dans l’incapacité d’entrer en contact avec nous. Plus
on le sollicite, plus il fuit. Nous comprenons que pour qu’une rencontre
puisse être possible, il nous faut nous adresser à lui indirectement.
3e
séance : rencontre avec l’objet de ces obsessions
Le moment fort de cette séance, nous le devons à Alain avec qui la
rencontre a enfin été permise. Ayant repéré l’importance de la console
de jeu pour lui, nous émettons l’hypothèse qu’en remplaçant
cet objet à la fois solide (par son boîtier) et mou (par ses boutons), par
un autre présentant les mêmes caractéristiques, nous pourrions lui restituer
la partie de lui-même qui lui a été arrachée. En effet, pour le sujet psychotique,
enlever l’objet c’est entamer le réel, c’est arracher
une partie du moi qui lui reste collé. Or, dans les moments qui ont précédé
la première séance, un éducateur lui a confisqué sa console. Nous supposons
qu’il est entré pour la première fois dans l’atelier avec cette
partie manquante et que cet état s’est cristallisé. En reconstruisant
l’objet, nous espérons lui restituer la partie arrachée et rendre la
relation possible.
Nous amenons un magnétophone et lui proposons la responsabilité de
la gestion de l’ambiance musicale. Il accepte de suite et s’empresse
d’investir ses nouvelles fonctions. Puis, il nous rejoint autour de
la table et feuillette un catalogue de matériel audio. Pour la première fois,
il ne s’isole pas, même s’il ne dialogue toujours pas.
En milieu de séance, il prend des crayons de couleur et les taille
un à un. Nous évitons de lui adresser la parole, ne perdant pas de vu la violence
avec laquelle il vit le contact direct.
En fin de séance, il prend un dessin de dauphin qu’il tente
de décalquer. Très vite, il montre des signes d’impatience devant ses
difficultés à maintenir la feuille sur le modèle. Sans mot dire, nous l’aidons
à maintenir le papier et il termine son dessin. À ce moment seulement, nous
le félicitons et l’encourageons.
4e
séance : découverte de l’argile comme matière régressive
L’argile est introduite pour la première fois.
Il passe un long moment à observer les autres puis prend un morceau
de terre et le pétrit durant la première moitié de la séance. Il constitue
ensuite une boule qu’il aplatit. Le travail de la terre alterne avec
des moments d’arrêt durant lesquels il se balance sur sa chaise. Il
lisse l’argile jusqu’à ce que la surface soit parfaitement plane.
Puis, il la reconstitue en boule et recommence ce rituel.
Nous pressentons toute la symbolique que revêt cette matière. Elle
semble, dans sa dialectique du dur et du mou, représenter les objets qu’il
a investit (console de jeu, magnétophone…). Ses paradoxes le séduisent.
Il crée une boule à l’image de sa réalité psychique. Quand il tente
de l’aplatir, l’angoisse devient insupportable. Il retourne
alors dans une position initiale moins anxiogène. Toutefois, dans la répétition
de ces gestes (aplatir, remettre en boule), il vérifie dans un acte en rétroaction
que la carapace psychique qu’il s’est construite ne s’effondre
pas. Ainsi, il peut recommencer sans se mettre en danger.
6e
séance : face à l’angoisse
Il constitue une boule qu’il essaie de trouer avec son pouce.
Nous devons le soutenir car il panique à l’idée de la transpercer.
Lorsqu’il constate qu’elle ne s’est pas brisée, il paraît
soulagé. Il travaille alors les parois du pot. Peu à peu le lissage prend
une tournure compulsive. Les parois s’affinent de plus en plus –
sans qu’il ne puisse interrompre son geste – et s’affaissent.
L’anxiété est tellement forte qu’il détruit tout. Nous offrons
de l’accompagner dans ses nouvelles tentatives. Avec beaucoup d’aide,
il parvient à s’arrêter. Il stoppe net, comme s’il avait dû
faire un gros effort pour s’arracher à la matière, se décoller de l’objet.
Pour Alain, trouer la boule c’est créer un vide. Dans son rapport à
la terre, il nous montre l’angoisse que génère ce manque. En trouant
le réel, il expérimente un véritable manque originaire. L’alternance
des processus d’édification et de destruction exprime un désir de construction
psychique mais aussi l’angoisse d’un possible anéantissement
du « moi carapace » qui le maintient vivant. Trouer le psychisme ne risque-t-il
pas de le faire éclater ?
8e
séance : le pot comme réceptacle des angoisses
Il prend un gros morceau de terre qu’il modèle en forme de
pot. Très vite, les parois s’affinent et s’affaissent. Contrairement
aux séances précédentes, il essaie de les consolider sans chercher à les détruire
mais ce travail de soin rend trop difficile le façonnage. Nous lui suggérons
de recommencer avec le même morceau. Il le remet en boule et le troue à nouveau
sans que nous ayons à le soutenir. Très attentif au fait qu’il n’y
ait aucune fente, il s’assure de sa solidité. En fin de création, il
arrête de lui-même le lissage. Il est maintenant capable de mesurer le temps
nécessaire à chaque étape du travail, l’épaisseur de l’objet,
sa consistance.
Puis, il pose son pot sur l’étagère qui lui est réservée, et
regarde ses anciennes productions. Nous évoquons à nouveau ses progrès avec
lui.
Alain prend confiance en lui mais surtout en la matière. Il est maintenant
capable d’affronter et de surmonter certaines angoisses. Lorsqu’il
se retrouve en difficulté, il ne détruit plus. Quand il recommence la production,
c’est parce qu’il le décide.
La terre est une matière qui efface la dichotomie entre le monde intérieur
et extérieur
[6]. L’argile
est une matière vivante. Elle est corps et extension du corps. Il y a donc
absence de limites entre le dedans et le dehors pendant la création
[7].
Ainsi, le modelage met en forme l’angoisse interne, c’est-à-dire
l’angoisse du trou, du vide, du manque qui permettrait un mouvement
des émotions, des sensations figées. Le modelage terminé, la production restaure
les limites entre le monde extérieur et intérieur, laissant dans le réel,
des traces d’un moment où l’argile n’était qu’une
prolongation des mains d’Alain.
10e
séance : début d’individuation
Dès son entrée, Rodolphe s’approprie le magnétophone. Nous
lui rappelons que la gestion de l’ambiance sonore est sous la responsabilité
d’Alain et qu’il ne peut occuper cette place sans son autorisation.
Notre intervention n’ayant aucun effet, nous tentons d’induire
une élaboration de la situation en évoquant le fait qu’il cherche à
prendre la place des autres probablement parce qu’il pense ne pas avoir
la sienne. Nos paroles semblent faire sens et il accepte de demander « l’autorisation
».
L’épisode du magnétophone nous montre qu’Alain acquiert
une place reconnue dans le groupe. Il devient un rival potentiel.
De son côté, Alain lisse inlassablement une boule de terre. Il semble
traquer la moindre bulle d’air qui la ferait éclater au séchage. Rapidement,
nous pressentons des difficultés à passer à l’étape suivante et lui
expliquons que le séchage à l’air libre demande moins de rigueur que
la cuisson. Rassuré, il modèle une deuxième boule et constitue un bonhomme
de neige, passant ainsi du pot contenant (objet) au bonhomme contenant (sujet).
Cette séance est marquée par l’abandon définitif du magnétophone. Ayant
acquis une place à part entière, ce soutien n’est plus nécessaire.
Il délègue ses pouvoirs à Rodolphe.
12e
séance : dépassement de l’angoisse
Il modèle un pot, comme à son habitude. Il est maintenant complètement
autonome. Il n’appréhende plus de trouer la boule, gère la bonne épaisseur
des parois et humidifie la matière en bonne quantité. Ses productions sont
aussi plus grosses. Lorsque Rodolphe suggère la création d’une assiette,
il demande à en faire autant. Étaler la terre au rouleau est très anxiogène.
Nous lui proposons de modeler l’argile sur une autre assiette. Plaquer
la terre sur un objet préexistant le sécurise puisqu’il ne nécessite
aucune prise de distance. Il finira seul, ne demandant que des aides techniques
et non pas relationnelles.
Son attitude a beaucoup changé. Il est capable d’échanges verbaux
et même de plaisanteries. Pour lui, trouer la boule de terre, c’est
introduire le manque (symbolique de la fonction paternelle). La mobilisation
des énergies psychiques et des émotions est alors permise. Il produit une
multitude de pots qui deviennent une métonymie de la fonction maternelle et
les trous celle de la fonction paternelle. Ainsi, il peut rejouer sa propre
histoire en se la réappropriant. Le pot a donc à faire avec la demande. Sa
fonction de médiation lui confère une dimension signifiante qui se démontre
dans la répétition et devient un élément de discours.
La création de l’assiette nécessite un parcours différent.
En effet, son travail ne demande pas d’introduire un vide en trouant,
mais de délimiter un espace autour d’un vide. Autrement dit, créer
un contenant sans contenu. Actuellement, la seule possibilité qui s’offre
à lui c’est le placage de la terre sur une enveloppe préexistante.
16e
séance : corps et symbolisme
Pour la dernière séance, nous proposons aux participants de dessiner
leur silhouette sur un grand morceau de papier peint.
Seuls Mathias et Rodolphe se prêtent au jeu. Constatant qu’Alain
fuit, nous lui proposons de faire de la terre. Il acquiesce avec un large
sourire et met en place son matériel.
Jusqu’à présent, il créait des pots stéréotypés, ne cherchant
aucune variation esthétique. Aujourd’hui pour la première fois, il
modèle six pots, tous différents les uns des autres. Il fait preuve d’une
certaine créativité. L’objet prend une valeur symbolique, au-delà de
sa fonction contenante. Nous pouvons penser que le manque, le trou qu’il
a introduit dans l’objet pot, a permis un décollement, une prise de
distance. La fonction paternelle prend sens et lui donne la possibilité de
s’ouvrir un peu plus sur le monde extérieur.
Son comportement a beaucoup changé. Il est maintenant capable d’interactions
avec les autres et de demander de l’aide. De notre côté, nous pouvons
également nous adresser directement à lui, sans qu’il ne se replie
sur lui. L’atelier a pris une grande importance. Il est d’ailleurs
le seul à vouloir laisser ses œuvres dans le placard comme pour laisser
son empreinte dans ce qui aura été l’éphémère de l’atelier.
Alain : d’une pensée monolithique à la création
Notre travail avec Alain s’est inspiré des travaux de F. Tustin
dans lesquels elle décrit une forme d’autisme secondaire de type Kanner
qu’elle qualifie d’autisme « encapsulé ». Pour ces personnes,
il n’y aurait pas indistinction du moi et du non-moi, mais au contraire,
surévaluation de cette différence.
La terre l’a immédiatement séduit. Alain vit la matière comme
une extension de ses mains. Lors de son malaxage, nous avons observé ses difficultés
à lâcher prise. Le décollement d’avec l’objet se faisait parfois
dans un effort pénible et violent. En lâchant l’argile il donnait l’impression
d’arracher une partie de lui. Or, si la terre devenait une prolongation
de son propre corps, il a appris à l’assouplir et ce n’est que
par cet acte qu’il a pu enfin produire. Nous pouvons penser que le
travail de l’argile lui a offert la possibilité d’allier des
sensations extrêmes telles que le dur et le mou. Il a ainsi expérimenté un
assouplissement de son « moi-carapace » en vérifiant que rien n’implosait.
En découvrant la terre, il a découvert une voie de communication avec le monde
extérieur. Progressivement, le magnétophone au travers duquel il expérimentait
des sensations à pu être désinvesti au profit d’une matière qui les
lie. En faisant lien, l’argile lui a permis de risquer une ouverture
sur le monde extérieur en introduisant la troisième dimension manquante.
Par sa faculté à se déformer indéfiniment sans jamais se détruire,
il expérimente avec la terre, à la fois la malléabilité (le mou) et l’indestructibilité
(le dur). La matière trouée n’éclate pas et devient contenante, rendant
ainsi possible la circulation des émotions. Peu à peu, ce trou qui était à
l’état de signifiant non lié devient timidement le point où l’objet
est lieu d’autres signifiants, affecté d’une dimension réelle
d’être, en fondant la signifiance. Ce trou prend place de signifiant
primordial, et le pot, promu à la fonction de signifiant, devient un dire
[8].
Nous avons observé l’acquisition d’une progressive autonomie
dans la production des pots. Ces pots, objets métonymiques, identiques, reproduit
dans l’assurance d’une certaine constance, ont permis l’avènement
d’une certaine créativité par leur fonction thérapeutique. Ainsi, lors
de la dernière séance, ils se différencient pour la première fois dans leur
taille mais également dans des critères esthétiques.
Pour conclure…
Être homme, c’est avoir la capacité de symboliser. Mais cette
supériorité sur les autres êtres vivants nous fait trop souvent oublier que
si tout est langage, tout n’est pas verbal. Cet adolescent nous l’a
bien rappelé. Son corps parle, l’art interprète et traduit. Pour l’être
humain, le langage est avant tout corporel. Ce n’est qu’à partir
de ces expériences archaïques que peut naître le psychisme. Chez ce type d’adolescent,
de graves ruptures dans les expériences ont cristallisé ce développement.
Il paraît alors faussement évident qu’en régressant dans un langage
pré-verbal, nous puissions agir sur la parole. En émettant des hypothèses,
en prêtant notre psychisme et notre propre parole, l’atelier a pu prendre
une dimension thérapeutique.
·
Bayro-Corrochano F., (1999), « De l’art
du toucher à la symbolisation du corps », Art
et Thérapie, 66/67, 46.
·
Chemama-Steiner B., (1994), « L’art-thérapie,
pour décliner l’ineffable », Art et Thérapie,
50/61, 83-88.
·
Donaz M., (1997), « Une rencontre créatrice autour
du modelage de l’argile », Journal d’ergothérapie,
19, 42-53.
·
Lefort R., (1980), La
naissance de l’Autre, Seuil, Paris, p. 66.
·
Meyer J.-C., (1993), « La trace et les empreintes
de l’atelier vivant », La revue de la
céramique du verre, p. 93, 71, 76, 77.
·
Milner M., (1979), « Le rôle de l’illusion
dans la formation du symbole », in
Donaz M. (1997), « Une rencontre créatrice autour du modelage de l’argile
», Journal d’ergothérapie,
n° 19, Paris, Masson, p. 42-53.
·
Tustin F., (1994), Conversation
psychanalytique, Saint-André de Cruzières, audit.
·
Viaux J.-L., (1986), « Le collage. Art brut ou
non-art », Art et Thérapie, 18/19,
13-15.
[1]
B. Chemama-Steiner, 1994.
[2]
M. Milner, 1979.
[3]
J.-L. Viaux, 1986.
[4]
M. Donaz, 1997.
[5]
F. Bayro-Corrochano, 1999.
[6]
J.-C. Meyer, 1993.
[7]
F. Bayro-Corrochano, 1999.
[8]
R. Lefort, 1980.