2001
Vie Sociale et Traitements
Dossier
Traumatismes
Dossier coordonné par
Jacques Ladsous
Annie-France Le Pape
Daniel Terral
Victimes des guerres, des accidents de la route ou d’avions, d’attentats et catastrophes naturelles, de prises d’otages, traumatisés de la vie et en tout genre font la nouvelle actualité de ces dernières années.
Si ce n’est que récemment que la victimologie se nomme, c’est pourtant une vieille histoire que celle du choc et de la souffrance, de la blessure inguérissable, de l’expérience de la mort vivante.
Les détresses qui suivent le choc initial, le traumatisme psychique dû à ces violences extrêmes, marquent de façon particulière celui qui les subit.
On les sait de toutes natures, comme le sont les réactions qu’elles provoquent.
Les figures du tragique ont abandonné notre siècle tumultueux, a-t-on trop facilement cru ? Voici que nous revient de plein fouet une réalité hurlante et immédiate où « l’effroi des hommes » est sans bord. Et le silence qui fait écho à l’exil intérieur de ces victimes a pour pendant l’autre nécessité du récit de l’horreur. L’un comme l’autre ne sont pas toujours socialement acceptables, qui renforcent la révolte ou la culpabilité face à cette « soudaine intimité de la mort ».
Peut-on raconter son viol, ses semaines ou mois de cachot, la torture ou la déflagration d’une bombe, l’effondrement d’un immeuble ou ce braquage ordinaire ?
Peut-on rencontrer ceux qui, à pourtant être là, n’en sont pas revenus ?
À considérer la « banalité du mal », pourra-t-on jamais le qualifier de familier ?
Le trauma comme « corps étranger interne », rend-il intelligible ces processus multiples qui permettent à l’humain de se constituer, et de se reconstruire sur souche de cette inhumanité d’un malheur fondamental ?
Une compréhension plus essentielle de l’homme peut-elle émerger de cette terrible confrontation à sa « finitude ».