2001
Vie Sociale et Traitements
Livres et revues
Livres et revues
Santé mentale et travail, « L’émergence de la psychopathologie du travail », Isabelle Billiard, La Dispute
Dans la période de l’entre-deux guerres apparaissent les fondements d’une psychologie appliquée au travail. Elle puise ses sources dans la psychotechnique et la psychophysiologie. La rationalisation du travail exigeant un homme adapté à la machine, il s’agit de sélectionner au mieux, les aptitudes du travailleur. C’est le modèle scientifique du travail qui domine.
De la libération aux années 1960 les difficultés du travailleur sont occultées par le souci d’accroître la productivité du côté des entreprises, et les revendications collectives – statuts, salaires – du côté des syndicats. Avant tout enjeu de santé publique, la question de la santé au travail ne prend pas en compte les souffrances individuelles.
La psychologie sociale ne parvient pas à intégrer à sa problématique la dynamique subjective en jeu dans le monde du travail ; la psychologie du travail, soucieuse de rester fidèle à la démarche expérimentale doit ignorer les dimensions « affectives » existant dans l’univers professionnel. Quant à la psychologie clinique, cloisonnée dans le projet d’une unité de la psychologie, elle ne parvient pas à « inventer » une clinique du travail et du travailleur.
C’est dans le champ de la sociologie, rénovée par la démarche d’enquête, que sera appréhendé l’homme au travail. Mais les pistes offertes ne seront pas exploitées, faute de relation entre les disciplines.
C’est, étrangement, du côté de la psychiatrie, telle que la conçoivent quelques psychiatres portés par une volonté de désaliénation, que vont s’opérer des avancées quant à la prise en compte des « pathologies du travail ».
Ces psychiatres, partisans des thérapeutiques actives – sociothérapie, ergothérapie – militent aussi pour une spécialité qui engloberait la prévention, la cure et la postcure. L’enjeu est de prévenir les troubles psychiques au sein des milieux de vie. La psychiatrie sociale va ainsi participer, aux cotés des diverses institutions – sécurité sociale, médecine du travail – à la mise en place d’une psychiatrie du travail destinée à identifier les troubles inhérents au travail. Mais l’hétérogénéité des positions idéologiques et des modèles théoriques (on est à l’époque d’une psychiatrie « éclatée » entre organodynamisme, sociogenèse et psychogenèse) font que l’on peut parler d’une psychopathologie du travail unitaire. Ces psychiatres abordent les pathologies du travail à partir de leurs pratiques de psychiatrie sociale et des thérapeutiques actives.
Pour Sivadon et Veil la psychopathologie s’appuie sur une clinique du sujet ; pour eux le caractère pathogène du travail tient au fait qu’il réduit le seuil de tolérance de l’individu ou qu’il révèle la vulnérabilité de certains sujets.
Pour Le Guillant en revanche, on est dans le cadre d’une psychopathologie des conditions sociales et il met l’accent sur l’histoire objective et les conditions de vie ; la sociogenèse l’emporte sur la psychogenèse.
Concernant l’appel à la psychanalyse pour la constitution d’une psychopathologie du travail dans les années 1960 et les résultats décevants qu’elle apporte, ce n’est pas tant la théorie freudienne qui est en cause que l’utilisation qui en est faite. En effet, les discours quant au travail sont analysés à la lumière des concepts freudiens dans ce qui ressemble à un travail de « psychanalyse appliquée » ; ces concepts ne sont pas mis à l’épreuve des discours sur le travail. C’est donc dans une nouvelle impasse que se trouve la recherche visant à mettre sur pied une psychopathologie du travail à la veille de 1968.
PHILIPPE CLÉMENT
Voyage en protection de l’enfance, Une comparaison européenne, Alain Grevot, Éd. Vaucresson, CNFE-PSS
Aimez-vous les voyages ? Pas seulement pour voir, mais aussi pour comprendre ? Si oui, ce guide vous sera précieux. Devenir Européen ne procède pas seulement d’une volonté politique ; cela se fait progressivement par une imprégnation des modes de vie, des règles de société, des circuits dans lesquels les habitants des pays divers qui constituent l’Europe sont entraînés, et auxquels ils sont soumis. Rien de tel que le voyage un peu approfondi, pour sentir les ressemblances, les différences, et réfléchir sur leur signification. Cela commence par trois histoires : Raren du Royaume-Uni, Paul en France, Claudia l’Allemande. Tous trois sont parents, tous trois sont confrontés à des problèmes de nature identique, tous trois évoluent avec le système auquel ils se confrontent. Et l’on comprend le poids des institutions sur les hommes.
Nous partons alors à la découverte de six pays d’Europe : la France, le Royaume-Uni (Angleterre et Écosse), la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie. Deux années d’études et de rencontres entrecoupées de séminaires, qui donnent lieu à des regards croisés, où la protection judiciaire et les droits des parents sont analysés, interrogés et pesés. Je dis analyser plus que comparaison, bien qu’on ne puisse vraiment y échapper.
Un retour en France en fin de parcours souligne alors nos particularités les plus flagrantes, en même temps qu’il dessine les évolutions possibles, et propose des solutions… discutables au sens où elles sont à discuter sans a priori, sans passion, avec lucidité.
« Pour revenir à la conversation qui nous incitera à démarrer nos travaux, écrit l’auteur, nous avons tendance à penser que, si le commissaire Maigret hume patiemment l’atmosphère de la ville où il enquête, si le détective anglais Sherlok Holmes stimule artificiellement ses facultés intellectuelles pour reconstituer les faits précis, si le privé américain Philip Marlowe s’acharne à se mettre dans la gueule du loup, c’est peut-être que la question centrale de leur enquête n’est pas forcément identique, car elle est liée au contexte dans lequel ils opèrent. Le Français se demande « pourquoi ? », l’Anglais « qui ? », l’Américain « quoi ? ».
JACQUES LADSOUS
Plaidoyer pour un métier peu ordinaire, Franck Fabien, Publibook
Arrivé au terme de sa carrière d’infirmier psychiatrique, l’auteur, tout en retraçant son histoire professionnelle, qu’il illustre abondamment d’exemples tirés de sa pratique, nous livre sa conception du métier. Toujours avec retenue, il expose ses questionnements, ses doutes, ses satisfactions et ses déceptions. Avec le souci de rester concret, il nous fait part de ses réflexions sur un métier effectivement « peu ordinaire » ainsi que sur l’univers singulier de la psychiatrie qui a bien du mal à s’ouvrir vers l’extérieur. Il s’interroge sur l’avenir de la profession et plus largement sur le devenir de la psychiatrie publique ; et il y a lieu de s’interroger ! Il regrette, avec raison, que les infirmiers n’aient pas davantage le goût de l’écrit, ce qui les aiderait à se construire une identité et à formaliser le savoir qui est le leur. On peut remercier cet « ancien » de la profession infirmière en psychiatrie qui, sans jamais « donner de leçon », nous offre avec cet ouvrage agréable à lire, à la fois un regard intéressant sur l’histoire et des pistes de réflexion pour l’avenir.
PHILIPPE CLÉMENT
L’éducateur spécialisé en question(s), La professionnalisation de l’activité socio-éducative, Jean Brichaux, Érès
Je suis vraiment très agacé par ces psychologues qui n’arrêtent pas de gloser sur l’identité des éducateurs, sur ce malaise que nous éprouverions, ce doute sur nous-mêmes et sur notre travail. Il y a des éducateurs qui doutent comme il y a des psychologues qui doutent. Mais il y a des éducateurs, qui sans être totalement sûr d’eux-mêmes, savant que ce qu’ils font, avec ceux qui leur sont confiés, leur est utile, sinon aujourd’hui, demain ou plus tard. Car tout ce que l’on partage avec l’autre et ce que l’autre partage avec nous, construit les trajectoires de vie que tout un chacun sent en lui, même si ces trajectoires sont tourmentées, violentes, contradictoires, s’éloignant de la ligne droite que d’autres ont choisi.
Les éducateurs assument leurs contradictions, pour que ceux qu’ils accompagnent assument les leurs. Mais dans ce métier, la professionnalisation n’est pas une affaire de fonction de ban. Elle est formation continue, continuée sur les divers chemins où les conduit la vie, le besoin et le désir de travail. Elle est conquête d’une maturité progressive qui, sans renier les émotions, sait peu à peu les maîtriser pour ne pas se laisser envahir par elles, et continuer son vivre avec, sous les quolibets de certains spectateurs dont le rire n’est que la traduction de leur gêne.
Et là dans ce livre, il y a de la matière à prendre, à assimiler, car ce psychologue a su observer, remarquer, comprendre les significations, percevoir les tentations, sonder les questions qui se posent, et nous avons besoin de cela pour y voir chaque jour plus clair, prendre de la hauteur sans cesser d’être avec, et vivre cette dualité que Fernand Deligny décrivait déjà dans Graine de crapule : « Un œil sur eux, un œil au ciel. Au début cela te fera un peu mal à la tête. » Et ne manquez surtout pas le dernier chapitre qui vous permettra de vieillir bien et sans usure sous le harnais de l’éducation.
JACQUES LADSOUS
Usagers de la psychiatrie : de la disqualification à la dignité, Martine Dutoit-Sola, Claude Deutch, Érès
L’usager ! On en parle partout. Il est dans toutes les têtes, sur toutes les bouches. L’usager citoyen ! C’est le leitmotiv du social. Plus personne ne s’y oppose !
Et pourtant où trouve-t-on réellement sa parole ? Comment change-t-on les habitudes de prise en charge ? Prendre en charge. On sait physiquement que plus le corps est inerte, moins il se raidit, plus il est facile à porter.
Et si l’on prenait en compte au lieu de prendre en charge. Si l’on créait les espaces où la parole des uns et des autres (même lorsqu’elle est muette) puisse se dire et s’entendre. Si au lieu de parler à la place des usagers, nous savions laisser libre leur parole et la soutenir partout où elle pourrait avoir droit de cité, être une expression citoyenne.
À travers des réflexions et des exemples les auteurs nous entraînent dans cette perspective en rupture avec la tradition « raisonnable » mais retrouvant parfois des préceptes anciens, voire même primitifs. C’est la mémoire d’advucay.
Le terme advucay (mot anglais) désigne un mode d’aide à l’expression de personnes qui s’estiment victimes d’un préjudice, qui se sentent mal écoutées et insuffisamment respectées par leurs interlocuteurs institutionnels. Il s’agit d’une pratique qu’introduit un tiers, amplifiant la demande de l’usager, sans parler à sa place, et qui permet ainsi aux différents points de vue de trouver un ajustement dans un dialogue respectueux.
C’est une attitude que prônent tous les centres de formation de travailleurs sociaux. Pourquoi faut-il tant insister pour que cela devienne réalité ? À travers les exemples choisis, vous verrez que votre bonne volonté se termine souvent par une telle volonté de protection que l’autre n’a plus qu’à se soumettre, attendre et dépendre.
JACQUES LADSOUS
Le travail social avec des groupes, Hélène Massa, Éditions Dunod, coll. Action Sociale
Qui ne connaît la créatrice de l’Association nationale pour le développement du travail social avec les groupes ? Elle se dépense sans compter depuis des années pour que ce mode de travail soit mieux connu, reconnu et utilisé dans les pratiques sociales. Aujourd’hui elle sort un livre qui est à la fois une profession de foi, une initiation à la pratique, et une invitation à se former pour en faire profiter les citoyens d’aujourd’hui, si souvent réduits même par le travail social à des individualités purement singulières.
Certes, il y eut bien cette légère brise de 1959 avec la tenue du séminaire de Sèvres organisé par le programme des Nations Unies pour le développement qui introduit en France la méthode du « social group work » et va proposer à travers la formation, des instruments, des programmes, et des méthodes de supervision. Mais plusieurs facteurs en ont limité la portée dont le manque de stages, et la primauté de l’enseignement de la méthode d’aide psychosociale individualiste qui conduit les organismes de service social à résister à des méthodes qui transforment les rapports avec les usagers.
Par ailleurs, les pratiques des travailleurs sociaux ont été longtemps influencées par le modèle médical, proposé par les hygiénistes.
« Selon cette conception le travailleur social sujet, agit, à distance, sur un client objet, pour le comprendre, le changer, utilisant des règles tirées de son propre domaine d’expertise. Il s’agissait de nouvelles attitudes à l’égard des personnes en situation de besoin, de relation entre l’usager et le travailleur social reflétait tout à la fois le contexte historique, rationnel, prescriptif, individualiste et objectif. L’historicisme conduisait à étudier les faits, leurs causes et leurs effets en les expliquant par l’histoire, entraînant un déterminisme rigide. Le rationalisme valorisait la connaissance et la logique, préférant la connaissance à l’action, le non-logique et l’intuitif devinant les éléments d’un ordre non scientifique. La prescription aidait à penser les problèmes humains de manière plus spécifique, mais elle entra rapidement en conflit avec le principe de la détermination de soi. L’accent mis sur les différences individuelles servait à centrer l’attention sur l’étude du comportement humain. L’objectivité, qui rapprochait le travailleur social de la science et de la recherche, créait un tel détachement que le client souffrait de la distance imposé entre lui et l’intervenant. On en arriva même à définir le professionnalisme comme la capacité, pour le travailleur social, de se tenir à distance du client ».
Cet extrait du premier chapitre résume bien les raisons qui n’ont pas permis à une autre méthode de travail de s’imposer. Mais aujourd’hui la donne a changé. Même si le culte de l’individuel est plus que jamais présent dans la société, l’absence de lien suscite de tels malaises dans les rapports entre les hommes qu’on nous sonne pour les rétablir, quand on ne nous somme pas de les rétablir. Et les rapports du Conseil supérieur du travail social s’attardent sur cette notion du lien social, tant à travers ses études, qu’à travers ses préconisations. Les souffrances psychiques qui accompagnent les difficultés des uns et des autres ne peuvent se résoudre seulement avec des calmants (qu’ils soient sous forme d’aides ou de médicaments). On a besoin de la solidarité des autres.
C’est dire que le livre d’Hélène Massa arrive peut-être à l’heure propice où ceux qui rament sur le terrain vont en avoir besoin. Aussi s’applique-t-elle à nous indiquer avec précision références, méthodes, et pratiques, pour que chacun se sente armé pour intervenir différemment. Méthodologie, stratégie, modalités, dynamiques, compétences requises. Tout y est. Je n’entrerai pas dans le détail de ce qu’elle nous apporte, je me contenterai de vous dire « lisez », ce n’est jamais ennuyeux ni rébarbatif. Les exemples émaillent l’ouvrage qui permettent de comprendre plus aisément la portée de la démarche. Merci à Hélène Massa d’avoir su porter si opportunément témoignage. Je vous en prie, ne remettez pas l’ouvrage dans votre bibliothèque, gardez-le ouvert devant vous pour qu’il vous guide dans le parcours d’obstacles que la société propose à votre compétence. J’ai dit « guider », car le guide n’est pas un modèle, il est une orientation, et vous pouvez lui trouver des modes d’actions où votre initiative pourra s’exprimer sans rigidité ni ennui.
JACQUES LADSOUS
Risques et pratiques éducatives, Joël Plantet, Dunod 2001
Dans ce siècle qui commence, il est bon de se confronter à des évidences. Quoi que nous faisons, nous ne pourrons éliminer de nos vies la notion de risque. Le principe de précaution est un réflexe frileux qui voudrait éliminer de la vie sociale tous les dangers qu’elle comporte. Mais il n’y aurait jamais eu de progrès si des hommes n’avaient pas pris le risque de le faire surgir de leurs expérimentations. L’homme est lui-même le produit, nous dit Albert Jacquard
[1], d’un accident génétique, qui a bouleversé la monotonie de la reproduction. Toute progression comporte des aléas, donc des risques, et si les siècles se suivent sans se ressembler vraiment, c’est parce que la dimension de création implique dans tout homme une réserve d’audace.
D’autres l’ont dit déjà, en d’autres périodes et sous d’autres cieux, l’éducation est un risque, parce qu’elle est pour tout homme une aventure dont la violence est un élément fondateur (Michel Maffesoli,
La Violence fondatrice
[2]).
Joël Plantet a la particularité d’être à la fois un acteur et un témoin ; acteur, parce que éducateur de profession, témoin parce que journaliste. Il est bien placé pour parler à la fois de la nécessité du risque, et de la peur qui nous paralyse à certains moments devant ses conséquences. Son ouvrage est tonique. Il nous rappelle que notre profession ne s’inscrit pas dans la tranquillité, et qu’il faut, sous peine de la mal faire, intégrer le risque dans nos perspectives, et notre vie quotidienne. Car le risque essentiel serait bien qu’il ne se passe plus rien. C’est un cri que Bernard Defrance
[3] lançait il y a quelques années, lorsque des accidents de vacances défrayaient la chronique. Si les professionnels ne peuvent assumer cette responsabilité du risque, alors qu’ils se tournent vers d’autres professions qui manipulent les choses plus qu’ils ne côtoient les hommes.
Je ne critiquerai qu’une chose dans ce livre, c’est son sous-titre : « enjeux et réponses ». Certes les enjeux sont bien pensés. Mais y a-t-il des réponses ? Quel est le sens de ce mot « réponse » ? J’ai dit aux animateurs de l’association « Sophie » qu’aucune garantie ne pourrait jamais être donnée à quiconque que le danger n’existe pas. Quand les professionnels militaires ou policiers n’assument pas pleinement leur rôle, ce sont les civils qui payent. Quand les tiers que nous sommes sont dans la peur de l’autre, ceux dont ils ont la charge se déchirent. Il n’y a de réponse, et Joël le dit bien, que dans le débat permanent. L’éducation est dialectique. C’est pourquoi le Conseil supérieur du travail social a souhaité que soit constitué une instance supérieure, non pour énoncer des certitudes, mais pour permettre le débat, l’échange, la libre discussion, la confrontation. J’ai préconisé quant à moi
[4] d’ajouter à l’éthique de conviction et de responsabilité, l’éthique de discussion, un lieu où l’on puisse dire, raconter, retrouver des forces et des arguments. Ce lieu est indispensable pour substituer à la politique du « bouc émissaire » celle d’une solidarité nationale. Car la conclusion de Joël Plantet nous concerne tous : « Le travail social n’est pas soluble dans ses craintes : au contraire il porte haut son énergie, sa détermination et souvent son audace. »
JACQUES LADSOUS
[1]
Albert Jacquard,
Éloge de la science.
[2]
Michel Maffesoli,
La Violence fondatrice, éd. Champ urbain.
[3]
Bernard Defrance, Confédération syndicale du cadre de vie,
Flash, AVVES.
[4]
Accompagner les personnes en difficultés, Dunod, J.-J. Shaller, (chap. 3).