VST - Vie sociale et traitements
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I.S.B.N.en cours
56 pages

p. 6 à 7
doi: en cours

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Bloc-notes

no 72 2001/4

 
Droits de l’Homme - Droits de l’Enfant - Violence
 
 
Les publications du mouvement ne seront sans doute pas avares sur ce thème. Mais puis-je tenir ce bloc-notes sans dire mon impression ? Il y a comme cela des grands moments dans la vie d’un mouvement. J’ai eu l’impression de vivre un grand moment. Et d’autres avec moi ont eu cette impression. C’est donc bien qu’un souffle est passé. Dans ce premier congrès du siècle nouveau, nous avons travaillé à une plate-forme nouvelle. Je ne parlerai pas de refondation car ce serait abusif, mais je dirai bien simplement que nous avons revisité nos certitudes. Et nous l’avons fait avec attention. Rien à voir peut-être avec ces moments d’exaltation que nous avons connu en d’autres circonstances, mais un travail appliqué dans l’écoute des uns comme des autres, entre générations, entre régions, entre nations même. Prendre son temps pour redéfinir, pour rendre compte, pour trouver les axes de rencontre sans gommer les différences. Dans le groupe qui était le mien, aucune acrimonie, aucune crispation. Des constats, des désirs, des propositions. Une construction laborieuse en contact étroit avec la réalité, mais avec le souci de ne plus accepter que ces réalités puissent être dominantes. Il y avait comme un refus de la domination économique, comme un désir d’affranchissement du poids des affairistes, producteurs de services pour en tirer profit.
Du coup, nos querelles internes étaient ramenées à leurs justes dimensions, et nous pouvions écrire, dans une lucidité chargée d’espoir, ce que serait notre projet nouveau. Merci aux camarades bretons dont l’accueil nous a rendu disponibles. Merci aux organisateurs qui nous ont aidé à nous diriger sans vouloir nous diriger eux-mêmes. Merci à tous ceux qui étaient présents d’avoir su se situer dans cette recherche collective.
 
“Territoires”. Exposition à l’École des beaux-arts à Paris
 
 
Ce mot résonne dans nos oreilles. Plus l’espace devient accessible, plus les distances s’amenuisent, et plus l’idée de territoire qui circonscrit des habitudes de vie, une manière d’être… ou de produire, voire même de soigner, s’impose dans les esprits comme si l’on avait besoin de ces limites naturelles ou artificielles pour nous protéger de la fuite en avant, de l’errance et du vide. En ce sens, cette exposition nous ramène au sol, à la glèbe, à l’architecture urbaine, à tout ce qui pourrait constituer un ensemble homogène sur une surface hétérogène. Mais, pourquoi ces territoires sont-ils les uns et les autres si disparates ?
 
De la psychiatrie à la santé mentale
 
 
Dans leur rapport, Éric Piel et J.-Luc Roelandt font l’inventaire de ces territoires administratifs qui découpent sans se recouper et constituent des puzzles à travers lesquels la circulation est éminemment difficile : circonscriptions académiques, circonscriptions sociales, circonscriptions judiciaires, circonscriptions électorales… et tout cela se superpose à certains endroits, se décompose en d’autres, tout comme ces lignes d’erre que Deligny traçait sur ses murs pour comprendre les dynamiques individuelles et la dynamique collective, sauf que chez lui, on pouvait trouver des chevêtres, des points de croisement obligés, alors que sur ces circonscriptions on a beau chercher, on ne perçoit pas leur logique. L’administration serait-elle plus mystérieuse que l’autisme ?
Et pourtant, c’est bien sur un même territoire qu’exprimant leurs inquiétudes et leurs besoins, les populations peuvent fonder leurs espérances, et mesurer les réponses qu’elles obtiennent et les actions qu’elles peuvent conduire.
 
Grygny, samedi 13 octobre
 
 
Ce qui s’est passé à Grigny le samedi 13 octobre, colloque qui a réuni près de 120 personnes, élus, professionnels, militants associatifs, services techniques de la municipalité, membres de la population, a été le signe d’une attente réelle d’une population qui réagit à son destin, qui veut redorer son blason, et prouver sa capacité à être solidaire. Est-ce qu’un jour le projet d’Alliaud sur la Grande-Borne pourra trouver le moyen de se concrétiser vraiment, après avoir été bousculé par tant d’incertitudes ? Il faut du temps pour qu’un territoire trouve son âme !
Et pendant ce temps, les vagabonds sont sur les routes, cherchant à s’implanter, cherchant parfois sans savoir ce qu’ils cherchent et assurés par conséquent de ne pouvoir le trouver. Tandis que dans certains départements, suite à la loi Besson, des nomades se sédentarisent à moitié dans des habitats adaptés où la caravane jouxte la maison, d’autres continuent à déambuler sur « une autre route ».
 
« Une autre route »
 
 
Ce film, réalisé par mes amis des Ceméa, projette sur cette quête, sur ce désir, parfois abouti, parfois avorté, de cesser cette errance, une lumière d’intelligence et de compréhension qui devrait contribuer à faire reculer les attitudes d’exclusion et de rejet.
La loi a eu de très bons effets, partout où des services, des élus, des organismes, des associations l’ont prise en considération. C’est le constat que nous venons de faire, à quatre mains, en écrivant ce livre qui sortira dans quelques semaines. Lais là où le silence et l’immobilisme ont prévalu, les gains sont minimes. Une loi, cela donne des possibilités, cela ne conduit pas forcément à un résultat global. Territoires, décentralisation, proximité… Plus on parle de mondialisation, plus les progrès ne sont mesurables que sur un espace réduit.
 
Agen, 27 et 28 septembre. Placement familial
 
 
L’Association nationale des services de Placement familial avait convié les opérateurs de ce secteur à des journées d’études où devaient se débattre les rôles et les places des différents acteurs : rôle et place des assistantes maternelles, de leurs conjoints, de leur famille ; rôle et place des services éducatifs et sociaux qui recrutent, placent, organisent les relations : rôle et place des familles d’origine, rapports-relations avec les enfants, avec les services, avec les familles de suppléance.
C’est que finalement ce placement familial n’est pas une solution facile. Il faut aimer sans effacer, recevoir sans condamner. Les médiations s’exercent à plusieurs niveaux, ce qui suppose des formations et des informations, sans étouffer la spontanéité des réactions qui fait la force de ces formules d’accueil.
Nombreuses étaient les assistantes maternelles dans ce rassemblement de 600 personnes. Et leurs revendications de formation étaient au moins aussi importantes que celles d’une communication dans un langage simple auquel elles pussent accéder, sans avoir l’impression de se trouver devant une langue étrangère.
J’ai toujours eu du mal à comprendre comment des psychologues pouvaient s’adresser à des gens sans avoir la volonté d’être compris : étalage de savoirs, confiscation du pouvoir ou indifférence totale quant à l’auditoire ? Mais les clowns eurent les derniers mots. Dans une voyance (à moins que ce fût une prospective), ils décrivirent le colloque dans dix années, avec les assistantes maternelles à la tribune et les psy dans la salle, renversant ainsi les hiérarchies du savoir dont nous avions fait l’expérience.
Ce fut également un des thèmes que le forum « Pour une politique citoyenne de Santé mentale » aborda à travers la revendication des usagers à participer activement à leur prise en charge. Puisqu’un malade peut avoir accès à son dossier, pourquoi les malades (si malades il y a) se seraient-ils pas associés à leur prise en charge ? La réussite n’est-elle pas au bout d’un croisement des savoirs ?
 
NOTES
 
[*]Jacques Ladsous est Vice-président du Conseil supérieur du travail social
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