2001
Vie Sociale et Traitements
Dossier
Réformer la psychiatrie
Le rapport Piel-Roelandt
VST
Le rapport Piel-Roelandt réalisé à l’initiative de Martine Aubry, fait le point de la situation de la psychiatrie publique en France au début du nouveau siècle et propose des réformes de son organisation et de ses buts. Comme d’autres rapports (Demay, Massé, etc.) il sera remis à un autre destinataire et risque de disparaître dans un tiroir ministériel avec d’autres gages de réforme, vite oublié par le calendrier des politiques car la psychiatrie peut toujours attendre. Pour les mêmes raisons, il risque d’être critiqué avant d’être lu et d’être refusé d’avance par tous ceux qui résistent à tout changement, voire à tout constat dérangeant.
VST a choisi – comme en son temps au rapport Demay – de lui accorder ce dossier spécial. La psychiatrie publique est en crise : crise de moyens, de buts et même de pensée spécifique. Ce sont les psychiatres qui le disent. Le diagnostic est impératif. Le rapport Piel-Roelandt offre ce constat difficile à contester dans son aspect quantitatif : diminution du nombre des psychiatres publics, inégalités extraordinaires de la répartition des moyens, crise des formations… Le lecteur jugera avec les larges extraits du rapport mis à sa disposition même s’il ne partage pas toutes les propositions recueillies ou formulées par les auteurs. Ils ont rencontré une large gamme d’acteurs du soin psychique et des comparaisons européennes – périmètre indispensable – ont été utilement faites.
L’état de la psychiatrie concerne directement un million de malades adultes et un demi million d’enfants et d’adolescents. Au-delà, Piel et Roelandt nous avertissent qu’un Français sur quatre sera concerné lors de sa vie par un soin psychiatrique. La psychiatrie doit s’insérer dans une politique et une pratique de santé mentale. VST et les Ceméa partagent cette idée avec les réformateurs de la psychiatrie depuis un demi siècle aux cotés de Bonnafé, Daumezon, Le Guillant… et beaucoup d’autres. L’axe du rapport contient ce défi essentiel.
La France a su inventer le travail de secteur dans la proximité, la continuité, l’accessibilité par tous. Peut-on en faire la base d’une politique effective de santé mentale associant les patients et leur famille comme tous les partenaires publics, associatifs et privés ? Le débat commence, il doit se faire avec tous.