VST - Vie sociale et traitements
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I.S.B.N.2749202973
112 pages

p. 1 à 2
doi: en cours

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no 81 2004/1

 
La dignité de Minot
 
 
Ceux qui ont de la chance ont vu à la télévision un documentaire sur la vie de Minot Knokaert, 45 ans, infirme moteur cérébrale, avec son mari Rémy. C’était le samedi 7 février sur France 3, grâce au réalisateur Manu Bonmariage. Minot a écrit un livre autobiographique, aidé par une jeune journaliste, sur son Combat pour la dignité (éd. Plon). Minot voudrait avoir le droit de mourir, le droit d’être euthanasiée. Elle le dit, l’écrit. Elle le gueule même au visage des hommes politiques et plus bas aux oreilles de son mari. À quoi bon vivre en totale dépendance pour le moindre besoin, avec ce corps disgracié et infirme, parasité de mouvements incontrôlables, condamné à être porté, du lit au fauteuil roulant et de la voiture au lit ?
Pourtant ce que l’on voit est un modèle de vie. Le mari détourne avec un humour pudique ses provocations, refuse ses offres de mélanger ses cendres avec les siennes : « Je ne me mélange pas avec n’importe qui ! » Il ne se prend pas pour un infirmier à domicile même s’il doit lui faire la toilette, la nourrir et la vêtir dès qu’il revient de son travail. « Quand il me lave, il en profite pour regarder le foot à la télé, s’exclame-t-elle – faussement vexée mais vraiment séductrice – pourtant parfois mes seins l’intéressent ! Minot parle librement, extravertie, de leur vie commune, de sa sexualité, de leur rencontre à 29 ans, à l’âge où elle pensait finir sa vie.
On peut tirer beaucoup de leçons de cette vie malgré les douleurs, les plaintes et les handicaps.
Leçon de couple : un homme « normal » peut vivre avec une femme « handicapée » sans que le lien soit fondé sur la pitié ou la compassion. On l’oublie, dit-il. « Elle m’apporte ! » On le croit à les voir aux prises avec les chamailleries, les malentendus et les complicités de n’importe quel couple. On sent l’érotique du lien malgré les limites du corps.
Un corps handicapé a certes un schéma corporel modifié mais Minot nous montre une image du corps intègre et saine. Distinction utile que nous ont appris Françoise Dolto et Gisela Pankow. Minot dit justement : « Quand je rêve, je rêve que je cours… » Son image du corps ne manque de rien.
Il reste les problèmes : la tolérance de l’environnement, les problèmes économiques qui permettent ou pas d’avoir un ascenseur ou un fauteuil électrique, la place potentielle de l’enfant, la reconnaissance sociale qui permettrait à cette femme intelligente et sensible d’avoir une activité – sinon un métier (on lui a refusé l’accès à l’Éducation nationale) – qui soit socialement utile. En attendant, bien loin de cette revendication à l’euthanasie, Minot nous enseigne le droit et la possibilité de vivre dans la dignité malgré les disgrâces du destin.
 
Le Vinatier enregistre les Hauts navires à Musique
 
 
Le mercredi 14 janvier, de 18 h 30 à 20 h, nous vous invitons à une écoute du cd Les Hauts Navires à Musique à l’Amphithéâtre de l’Opéra National de Lyon.
À l’initiative de la Ferme du Vinatier, coordonnée par Carinne Dalanoë, chef de projet, les Hauts Navires à Musique est le fruit d’une rencontre artistique entre des enfants en soins, des intervenants en musique, des enseignants et des soignants.
L’aboutissement de ce projet mené sur trois années est la réalisation d’un cd éponyme, trace de cette aventure passionnante basée sur l’art vocal et l’improvisation.
De l’apprentissage de comptines à l’improvisation, cette aventure a permis aux enfants d’exprimer au mieux leur créativité. Dans les derniers mois, ils ont été associés au travail de montage de leurs improvisations.
Seize pièces originales, improvisées par les enfants et arrangées par Alain Goudard et Sébastien Eglème, sont ainsi présentées dans ce cd. Il sera remis lors de cette soirée aux parents et aux différents partenaires de ce projet.
Ce cd a été réalisé avec l’aide de : la Ferme du Vinatier, les Chœurs et solistes de Lyon-Bernard Tétu, le Centre de formation des musiciens intervenants-Université Lumière Lyon 2, l’Inspection académique du Rhône-Éducation nationale, l’École nationale de musique de Villeurbanne, Résonance Contemporaine et Clavichords.
Avec le soutien de : Centre hospitalier Le Vinatier, Département du Rhône, Région Rhône-Alpes, ministère de la Culture-Drac Rhône-Alpes, Agence régionale de l’hospitalisation Rhône-Alpes, Fondation France Télécom.
Structures associées :
  • Intersecteur 69I01. Docteur Pierre Coulet
  • Intersecteur 69I02. Professeur Régis De Villard
  • Intersecteur 69I03. Docteur Yves Boudart
  • Intersecteur 69I04. Professeur Nicolas Georgieff
  • Intersecteur 69I05. Docteur William Slama
Musiciens intervenants : Christian Boldrini, Sylvie Cointet, Alexandre Gilodi, Violaine Mercati, Laure Michel, Muriel Roger, Olivier Strauch
Chanteurs et formateurs des Chœurs et solistes de Lyon-Bernard Tétu : Françoise Biscara, Philippe Bergère, Isabelle Eschenbrenner, Anne-Christine Heer-Thion, Florence Villevière, Guy Lathuraz
Direction artistique : Alain Goudard et Bernard Tétu.
Contact La Ferme du Vinatier Lyon-Bron Tél. 04 37 91 51 11
« Le sourire au pied de l’échelle » de Henry Miller
par le « Théâtre de la Pierre à Feu » (Paris)
Conte poétique adapté pour la scène et interprété par Danielle Marty
Qu’a bien pu voir le clown Auguste pour qu’un sourire d’extase se grave ainsi sur son visage, en dépit de ses manques et de ses limites ? Et peut-il transmettre cette joie autrement qu’en faisant rire ? D’errances en mésaventures, il découvrira peut-être enfin le secret du bonheur : s’accepter tel que l’on est, simplement. Mais à quel prix ?
Dans un décor d’ombre et de lumière, une parabole poétique sur l’humaine condition, servie par une comédienne inspirée.
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En tournée actuellement :
  • Saint Céré (Lot) le 19 février
  • Évry (Essonne) le 3 mars
  • Bellenaves (Allier) le 8 mai
  • Montréal les Sources (Drôme) le 22 mai.
Formée à l’Ecole Internationale de théâtre Jacques Lecoq, Danielle Marty fonde en 1978 la compagnie « Théâtre de la Pierre à Feu ». Elle a également écrit plusieurs pièces pour d’autres compagnies et anime des stages de formation au théâtre et à l’écriture dans toute la France.
La Presse : « Danielle Marty nous restitue les tribulations d’Auguste avec une belle délicatesse » (L’Express). « Danielle Marty interprète cette fable avec maestria » (Télérama). « Dans une chorégraphie inspirée du Kyogen (partie comique du Nô japonais)… elle recrée comme une grâce du texte » (L’Humanité). « Elle vit le texte de Henry Miller et nous en communique, intense et lumineuse, la candeur et le pathétisme » (L’Avant-Scène)
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Contact D. Marty : spectacle, d’ateliers d’écriture après le spectacle, de stages de mise en scène ou de direction d’ateliers d’écriture pour des éducateurs ou des formateurs. S’informer auprès de vst.
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