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Exemple : la tutelle, aussi bien celle concernant les prestations sociales à l’enfant et à la famille que celle concernant les majeurs protégés. Être à l’écoute de la personne : bien sûr, disent ceux et celles qui ont en charge ce travail, mais comment les rencontrer lorsqu’on à la charge de 90 à 95 dossiers ? Comment faire autre chose que de gérer leurs biens et leurs intérêts matériels ? Si l’on veut pouvoir aller plus loin, et il le faudrait, le nombre de dossiers attribués à chacun doit laisser de l’espace pour la rencontre, la relation, le choix des priorités, etc. C’est le but des réunions qui ont eu lieu dans ce secteur en novembre. « Nous voulons bien être de vrais acteurs sociaux, disent les intéressés, mais il faut que nos services puissent se gérer différemment. » |
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Exemple : la communication des dossiers aux intéressés. Bien sûr, disent les professionnels de l’action sociale, avec les magistrats et les médecins, réunis à Moulin, début décembre, mais si l’on veut éviter les incompréhensions, les inquiétudes, les violations du secret, il faut pouvoir prendre le temps. Peut-être dissocier le dossier de la personne, des notes confidentielles qui peuvent être remises pour une meilleure élaboration du diagnostic. Peut-être apprendre à écrire autrement pour éviter les jargons ténébreux qui donnent l’impression de messages codés inaccessibles à ceux qui seraient les premiers intéressés. Surtout, éviter que cette distinction soit à l’origine de nombreux imbroglios judiciaires qui deviendraient porteurs de malentendus et de suspicions « illégitimes » entre les intéressés et ceux qui ont pour fonction de les aider. Dire la vérité, oui ! Encore faut-il savoir comment la dire. |
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Exemple : la prévention spécialisée. Comment concilier la nécessaire discrétion qui permet le contact, et l’établissement d’une relation de confiance, avec les injonctions des lois en préparation sur la nécessité de partager les informations avec les services de police et de sécurité ? C’est la question qui se débat en plusieurs endroits, et qui faisait l’objet par exemple de la discussion autour du 25e anniversaire de l’association « À travers la ville », à Aubervilliers. À moins de considérer qu’il y a des jeunes non amendables (et à ce moment-là, que prévenir ?), à l’image de certaines idées du début du siècle dernier avec « le criminel-né » (Lombroso). Il faut lutter contre des collaborations qui deviendraient des complicités et des trahisons, au profit de rapports qui peuvent être corrects et respectueux des rôles des uns et des autres. Non, les travailleurs sociaux ne font pas du contrôle social. Ils sont là pour aider ceux que les circonstances ont conduits à la marge, à travers une place dans une société, à laquelle ils appartiennent. Au ministère de l’Intérieur, un certain travail (et il est sans doute nécessaire), au ministère de la Solidarité, la relation d’aide et le travail éducatif. |