VST - Vie sociale et traitements
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I.S.B.N.274920299X
144 pages

p. 6 à 7
doi: en cours

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no 83 2004/3

 
Roland Topor à Strasbourg
 
 
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Le grand dessinateur est enfin honoré par une première rétrospective française au Musée d’art moderne et comtemporain de Strasbourg jusqu’à mi septembre 2004. Les lecteurs de vst qui l’ignoraient se consoleront avec un beau catalogue dirigé par Christian Derouet (éd. Hazan, 45 euros). Les lecteurs de vst des années 1970-1980 ont pu bénéficier de sa contribution à notre revue avec celles de Cardon, Folon, André François, Cieslewick, et beaucoup d’autres de grand talent. Le talent de Roland Topor était d’unir un graphisme presque classique, maîtrisé par sa formation de graveur, souvent crayonné avec des hachures douces permettant des clairs obscurs, plus tard illuminés par de la couleur, à des créations fantastiques et cruelles. Fils d’immigrés polonais (pensez à son contemporain, le dramaturge Kantor) il était né à Paris en 1938 et enfant, avait dû survivre caché pendant l’occupation allemande. Il disparut précocement d’une hémorragie cérébrale en 1997. Je n’oublierai pas les premiers dessins parus dans la revue Bizarre chez Pauvert, ceux de Hara-Kiri, et des centaines d’une fécondité renouvelée, jusqu’aux derniers de la talentueuse revue Le Fou parle. Fondateur avec Arrabal et Jodorowski du mouvement Panique, Topor fut aussi auteur de récits, de beaux dessins animés.
Sa vision subversive et sans illusion de la sauvagerie pulsionnelle latente chez l’humain n’effrayera pas celui qui côtoie le délire ou l’hallucination. Il y verra au contraire le prix d’un art capable de s’approcher sans faiblesses formelles et sans complaisance des dimensions de notre vie inconsciente. Pourquoi faut-il que des artistes de ce talent (pensons aussi à notre ami André François, à Tomi Ungerer, etc.) restent si éloignés des institutions culturelles et de la reconnaissance publique ? Est-il péché de dessiner pour des journaux et des revues et d’y prendre place pour témoigner en images du mensonge des apparences.
SERGE VALLON
 
Avoir : Toujours plus !
 
 
Le lamentable feuilleton affectant en coulisse le beau documentaire de Nicholas Philibert continue. Le film « Être et avoir » loué dans nos colonnes (vst n° 75) pour son intégrité et son ambition de mise en scène de la communauté scolaire et villageoise, est apprécié par un public toujours plus large et le dvd a pris le relais du grand écran. Désormais un groupe de parents – mais pas tous heureusement – réclament en justice pour leurs rejetons, « acteurs » spontanés et bénévoles, un pourcentage aux bénéfices imprévus du film, dans la brèche ouverte par la revendication analogue de l’instituteur. Le fonctionnaire retraité, qui incarnait une Éducation « nationale », a été heureusement débouté (cf. notre commentaire dans vst n° 80). Les parents réclament pourtant une dotation individuelle contraire à tout esprit de réalisation d’un film documentaire. Un parent, en désaccord avec cette démarche, a fait remarquer que les producteurs avaient pourtant, comme convenu, accordé une confortable dotation collective destinée à l’usage d’un bien commun : les équipements du village profitables aux enfants. Lui-même remarquait que le film construit avec une patiente confiance (plus d’un an de tournage) avait fédéré les énergies villageoises hors de tout esprit marchand.
On le voit la privatisation de la cupidité ne demande qu’à être encouragée. Tout autant que le peu d’honneur accordé à la parole donnée. La France est boutiquière disait Balzac, conscient de la corruption du Bien commun. Sans compter que toute analogie avec une prostitution pédophilique serait déplacée, car incestueuse.
Les « acteurs » captés par les camescopes familiaux vont-ils plus tard réclamer leurs pourcentages pulsionnels ? « Ils ne nous le pardonneraient pas plus tard, si on réclamait pas une part au bénéfice » disait crûment un parent vendeur. Chiche que devenus adultes ils le fassent ! Hélas sous forme de symptômes, parfois longuement cicatrisés sur des divans.
La télévision avec ses pseudo-réalités truquées et ses vidéos terroristes devrait s’interroger sur sa part de responsabilité. On nous annonce déjà un tour de France de porno-réalité dont chacun, dit sa publicité, pourrait être l’acteur et le spectateur. Hardi les hardeurs. Les militants situationnistes avec Debord et Vanhegeim parlaient naguère d’une société spectaculaire marchande. On y voyait du pessimisme !
Au-delà du film de Philibert et de la notion de reportage ainsi mise en échec, quand la vérité du témoignage disparaît, que reste-t-il des critères de vérité et de morale ?
SERGE VALLON
 
Danse au Vinatier
 
 
à Lyon-Bron
Du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2004 : Découverte de la danse avec la Compagnie Christiane Blaise.
Depuis de nombreuses années, Christiane Blaise accompagne son travail de création artistique d’une démarche de sensibilisation des publics à la danse contemporaine. Forte d’un savoir-faire pédagogique, Christiane Blaise et les interprètes de la compagnie proposent donc à la Ferme un programme de sensibilisation à l’art chorégraphique : formations pour les personnels hospitaliers et ateliers destinés aux patients et personnels accompagnants.
Lieu : La Ferme du Vinatier, Hôpital de Lyon-Bron.
Renseignements : http://ferme.prod.esprit-public.fr
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