VST - Vie sociale et traitements 2005/1
VST - Vie sociale et traitements
2005/1 (no 85)
152 pages
Editeur
I.S.B.N. 2749204461
DOI 10.3917/vst.085.0112
A propos de cette revue Site Web
Acheter en ligne

Ce numéro ou un abonnement.

Ajouter au panier Ajouter au panier - VST - Vie sociale et traitements
VST - Vie sociale et traitements 2005/1 (no 85) 15 €

Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.

Abonnement 4 numéros à partir du n°2013/1 52 €
Abonnement 4 numéros à partir du n°2012/4 52 €
Abonnement 4 numéros à partir du n°2012/3 52 €

Tous les numéros en ligne sont immédiatement accessibles.

ATTENTION : cette offre d'abonnement est exclusivement réservée
aux particuliers. Pour un abonnement institutionnel, veuillez
vous adresser à l'éditeur de la revue ou à votre agence d'abonnements.

Cairn.info respecte votre vie privée
Alertes e-mail

Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.

S'inscrire Alertes e-mail - VST - Vie sociale et traitements

Être averti par courriel à chaque nouvelle parution :
d'un numéro de cette revue
d'une publication de Jacques Frot
d'une citation de cet article

Votre adresse e-mail

Gérer vos alertes sur Cairn.info

Cairn.info respecte votre vie privée
Praticable

Vous consultezÉducation populaire et jeu dramatique

AuteurJacques Frot du même auteur

formateur ceméa, membre du groupe Jeux et theater

La pratique artistique est une nécessité pour tout individu : elle l’aide à comprendre le monde qui l’entoure ; elle l’aide à se comprendre. Elle permet à chacun d’interroger la part d’incompréhensible qui existe en lui et la part d’inconnu qui existe dans le monde dans lequel il vit.

2 Cette possibilité de questionnement à travers une pratique d’activité nous aide à vivre. Même si le jeu dramatique a une part d’initiation au théâtre, il n’est pas un apprentissage. Même si le jeu dramatique aide à vivre, ce n’est pas une thérapie.

3 Cette activité fait appel à l’imaginaire des participants, mais elle demande aussi une capacité d’écoute pour rentrer dans l’imaginaire des autres. C’est une activité collective qui nécessite un engagement individuel.

4 C’est dans une discussion préalable par petits groupes que les participants vont établir un projet de jeu où chacun va négocier sa place. C’est dans une discussion après le jeu que chacun des joueurs communiquera ses impressions aux autres joueurs et recevra leur vécu de cette expérience commune.

5 Le jeu dramatique comporte quatre temps :

  • un temps où l’animateur donne les consignes, le thème et où les groupes de jeu se constituent ;
  • un temps de négociation par groupe où les joueurs bâtissent un projet de jeu ;
  • un temps de jeu où chaque groupe fait un essai de jeu devant les autres ;
  • un temps de parole, après le jeu, où les joueurs échangent sur leur expérience et émettent des hypothèses pour un « re-jeu ».

Quand un atelier de jeu dramatique se met en place dans une institution, nous cherchons d’abord à mettre en confiance les participants à travers une préparation physique. Mais c’est aussi le cadre que propose l’animateur pour la séance qui doit permettre à chacun de s’engager dans le jeu avec les autres.

6 C’est à travers le parcours qui se fera séance après séance que les participants vont petit à petit se construire des projets personnels pour chaque tentative, au niveau du choix des partenaires, des personnages et des situations de jeu.

7 Ainsi on retrouve dans cette activité des valeurs de l’éducation populaire : se construire à travers la pratique d’activités avec d’autres ; découvrir que cela nécessite une écoute des autres ; prendre des initiatives et des responsabilités dans un projet collectif.

8 Dans les stages que nous menons, notamment dans le secteur de la santé mentale sur la région de Lille, nous formons des infirmiers psychiatriques, des éducateurs, des médecins, des animateurs et développons leurs capacités à mettre en place et animer ces ateliers de jeu dramatique dans leurs institutions.

9 Nous cherchons à leur donner ce regard qui favorise les participants à s’investir dans le jeu ; ce regard qui va aider chaque individu à se construire grâce à cette activité. Nous attirons leur attention sur la parole de l’animateur : elle ne doit pas émettre de jugement de valeur, mais aider les participants : à évaluer ce qu’ils ont joué chacun par rapport à ce qu’ils voulaient jouer ; à évaluer ce qu’ils ont expérimenté collectivement par rapport à leur projet de jeu ; à évaluer le plaisir qu’ils ont eu dans cet essai ; à formuler des propositions à partir de celui-ci en vue d’une éventuelle possibilité de « re-jeu ».

10 Chaque essai doit être un enseignement pour soi-même, mais on ne demande jamais aux personnes de se justifier dans leurs choix. Chaque essai est un enseignement sur le fonctionnement d’une situation de jeu et doit permettre à chaque membre du groupe de comprendre ce qu’il est nécessaire et indispensable de définir dans un projet de jeu.

11 L’animateur, dans cette activité, ne se place pas en maître tout-puissant ; il n’est pas un metteur en scène, ni un spectateur privilégié, il essaie simplement de faire partager son regard dit de « joueur potentiel ».

12 Dans le jeu dramatique, il n’y a pas de projet de représentation devant un public extérieur. Les joueurs ont comme seul objectif d’expérimenter des situations de jeu, des personnages qui leur tiennent à cœur, et ils en font eux-mêmes l’évaluation individuelle et collective.

13 Il y a pour chacun satisfaction et reconnaissance dans la prise en compte de ses propositions et intentions par chaque membre du groupe.

14 Il y a pour chacun prise de risque, dans le choix de personnages nouveaux, plus ou moins éloignés de soi, dans le choix des thèmes plus ou moins familiers selon son expérience personnelle.

15 Il y a pour chacun possibilité d’initiative dans les capacités de réagir ou de faire évoluer une situation à travers le personnage que l’on a choisi de jouer.

16 Ce n’est pas dans un faux espoir d’accession sociale que les participants trouvent une motivation de plus en plus grande dans cette activité, mais sans doute dans cette possibilité, renouvelée séance après séance, de découvrir ses capacités de construire collectivement un projet, faisant appel dans sa réalisation à la coopération et à l’initiative de chacun.

17 La pratique artistique est un atout certain pour la santé, si elle n’est pas liée à une quelconque idée de rentabilité.

Bibliographie

Bibliographie

Dossier : Vers l’éducation nouvelle, no 4, « Accompagner l’expression ».

Éduquer par le jeu dramatique, par Christiane Page, esf éditeur.

 

Résumé

La mise en place d’ateliers de jeu dramatique dans les institutions d’éducation et de soins est une véritable démarche d’éducation populaire.



POUR CITER CET ARTICLE

Jacques Frot « Éducation populaire et jeu dramatique », VST - Vie sociale et traitements 1/2005 (no 85), p. 112-113.
URL :
www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2005-1-page-112.htm.
DOI : 10.3917/vst.085.0112.