Dis, tu entends... ?
Genèse d’une « reconnaissance narrative
[1]»
Texte recueilli par
Pierre Coupiat
Ce texte est le fruit de rencontres auprès de « jeunes en errance » de l’année 1997 à 2004, il s’inscrit dans une relation forgée au quotidien entre un éducateur de rue et des individus qui avaient en grande majorité entre 18 et 25 ans.
Des éclaboussures dans les squats aux tags et autres inscriptions murales telles que « die or die », « no future », « hoy vive les rats », la parole s’ébroue.
J’ai repris des mots éclatés sur les murs, des morceaux de mots, des lettres isolées et, je les ai restitués aux jeunes. « Dis tu débloques..., nous on veut pas dire ça... » « Vous voulez dire quoi, alors ? »
« Tiens, hier au soir, à l’église... »
Les soirées à peser les mots furent nombreuses, ces cris nous les avons décollés des immondices squattées, des carcasses murales et, jetés sur le papier.
Dis tu entends est donc une sorte de cadavre exquis de paroles enfouies.