2005
Vie sociale et traitements
À l’affiche
À l’affiche
Antonio Seguí au Centre Georges Pompidou, Œuvres sur papier 1950/2005, 15 juin - 10 octobre 2005
Le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne présente pour la première fois en France, à la Galerie d’art graphique, une rétrospective des œuvres sur papier de Antonio Seguí.
Antonio Seguí est né en 1934 à Córdoba en Argentine. Le paysage des petites collines rondes, une végétation riche, le magasin de son père, l’oncle Juanito, le théâtre… tous ces éléments tiendront un grand rôle dans l’œuvre de l’artiste puisque, d’après ses propres dires, la source principale de son inspiration se situe dans son enfance. Au début des années 1950, il étudie la peinture à l’Académie San Fernando de Madrid grâce à une bourse, puis suit quelques cours à l’école des beaux-arts de Paris.
Antonio Seguí © Photo : Eduardo Grossman
En 1962, de retour en Argentine et ne parvenant pas vraiment à gagner sa vie, Seguí décide, un peu par hasard, de partir pour Paris qu’il ne quittera plus sinon pour retourner régulièrement (à l’exception des années de dictature) à Córdoba. Il se fait très vite connaître, dès l’année suivante, en exposant, à la Biennale de Paris, une série de vieilles photos rehaussées de peinture (Promeneurs, 1963), puis à la galerie Claude Bernard, des peintures qui mélangent burlesque et tragique. Désormais les expositions se succèdent un peu partout dans le monde.
Il est évidemment difficile de faire de l’œuvre dessinée de Antonio Seguí une catégorie à part puisque tout son travail est fondé sur le dessin. C’est un dessin qui n’est jamais préparatoire puiqu’il dessine directement sur la toile quelle que soit la complexité souvent très grande de la composition, certaines peintures atteignant plus de quatre mètres de long ; on pourrait dire que le dessin s’exprime d’abord comme construction. Il n’est jamais non plus une œuvre en soi. Ce serait plutôt un dessin d’humeur qui va du simple croquis, passe-temps ou exercice, à un dessin beaucoup plus élaboré. Il est aussi par son automatisme semi-conscient un entraîneur d’image, un vecteur d’énergie. Selon les sujets, tous les moyens sont utilisés : plume, fusain, pastel, marqueur… avec la même virtuosité. La ligne tranchante, violemment cernée, brutale parfois, ou bien élégante et concise, toujours vivante et expressive. Les intentions, les tons sont variés allant du cruel au dérisoire, à la tendresse, ou à la verve joueuse et l’accrochage est volontairement libre dans l’espace bien qu’il respecte la chronologie.
Antonio Seguí collabore régulièrement à VST depuis preque dix ans. Il est l’auteur de la couverture du numéro 85.