2001
Vingtième siècle
Dossier : apprendre l’histoire de l’Europe
Une histoire à repenser
John Horne
[*]
Après l’épuisement du paradigme d’une « civilisation » européenne spécifique, faire une histoire de l’Europe suppose que soient prises en compte trois évidences du 20e siècle, que l’après-1989 nous rappelle avec insistance : la « brutalisation » qui a renié le Progrès et les Lumières depuis 1914 ; les dislocations et les recompositions d’un espace européen depuis la fin du communisme à l’Est ; l’immigration venue d’Afrique et d’Asie qui relance aujourd’hui l’Europe multiculturelle.
Now that the paradigm of a specific European “civilization” is worn out, making a history of Europe assumes that three 20th century truths are taken into account, emphasized by the post-1989 period : the “brutalization” that has repudiated Progress and Enlightenment since 1914 ; the dismantling and recompositions of a European space since the end of communism in the East ; African and Asian immigration that renews multicultural Europe today.
Après l’épuisement du paradigme d’une « civilisation » spécifique, l’histoire de l’Europe doit prendre en compte trois évidences du 20e siècle, que l’après-1989 rappelle avec tant d’insistance : la « brutalisation » qui a nié dès 1914 le Progrès et les Lumières, la porosité de l’espace depuis la fin du communisme à l’Est, l’immigration d’Afrique et d’Asie qui relance aujourd’hui l’Europe multi-culturelle.
Je parle ici à titre personnel mais aussi comme représentant d’un pays, l’Irlande, qui s’est engagé à fond dans le projet d’une Europe communautaire, tout en gardant le sentiment de ses propres particularités et du progrès encore nécessaire pour résoudre ses conflits identitaires. Chez nous, l’articulation du national et de l’européen est devenue un enjeu tangible, vivant, et de ce fait un ressort central de l’enseignement de l’histoire, dans le secondaire comme aux autres niveaux.
L’expérience irlandaise n’a pourtant rien d’exceptionnel ; elle est partagée pour diverses raisons par bien des pays du continent. Car tenir l’Europe pour une dimension de l’histoire nationale n’a rien de si original. Chaque pays a sa propre tradition pour tout ce qui touche à ses rapports avec le reste du continent européen et celle-ci prend souvent la forme de mythes fondateurs (ainsi, les invasions barbares ou les conversions au christianisme, ces titres rétrospectifs d’un statut national) ou d’une mémoire codifiée des alliances et des antagonismes qui ont servi à construire les passions identitaires
[1]. Cependant, dès qu’on rééquilibre la balance en s’appuyant sur l’Europe, la question se pose autrement, et si la pratique et l’enseignement de l’histoire européenne ne sont pas nouveaux non plus, force est de constater que l’intégration accélérée de l’espace européen relance la grande question si complexe : quelle histoire de quelle Europe faut-il produire et faire apprendre ? Si l’on veut être fidèle à trois impératifs, celui d’une vision de l’Europe qui soit intègre (sans pouvoir se prétendre intégrale), celui d’un apprentissage d’une histoire critique, seule digne d’une citoyenneté européenne future, celui enfin d’une redéfinition de l’européen par rapport au national qui rendrait au premier sa place sans nier au dernier son importance – tout en tenant compte de ce qui est possible au niveau des programmes scolaires –, la tâche n’est pas mince. Elle est pourtant incontournable.
Pour en cerner l’ampleur, posons d’abord un constat paradoxal : les Européens ne se sont guère définis en tant que tels. Malgré l’ancienneté de la légende générique, celle du rapt de la vierge
[2], l’Europe en tant que source d’identité et de définition d’eux-mêmes pour les Européens est un acquis relativement moderne. Il apparaît au sein des élites au siècle des Lumières, quand la république internationale des lettres se double d’une sociabilité à l’échelle continentale (on pense au « grand tour » des jeunes aristocrates britanniques), où s’affirme le sentiment d’appartenance à un espace européen. C’est la « grande république partagée en plusieurs états …, tous ayant un même fond de religion …, tous ayant les mêmes principes de droit public » de Voltaire, à laquelle fait écho Gibbon quand il observe que « la division de l’Europe en un nombre d’états indépendants, qui sont pourtant liés par une ressemblance générale dans les domaines de la religion, des langues, et des mœurs, est productive des conséquences les plus bénéfiques pour la liberté humaine
[3] ». Avant cette date, certaines ambitions d’hégémonie religieuse ou politique s’identifiaient au continent européen et y faisaient parfois allusion directe, mais sans en tirer leur contenu essentiel, qui leur venait plutôt de la chrétienté ou de l’héritage romain
[4]. Après le 18
e siècle, le sentiment européen des Lumières est brouillé, sans jamais être effacé, par l’essor de l’Europe des nations – jusqu’aux cataclysmes du 20
e siècle. Ces derniers, par leur violence si destructrice des normes et des valeurs communes, suscitent de nouvelles idées et forgent les nouvelles propositions d’identité explicitement européennes, qui sont à l’origine de l’impulsion communautaire. Mais un tel sens d’appartenance européenne est récent et loin d’être acquis chez tous les Européens, si l’on en croit les sondages concordants publiés dans divers pays. Le contraire serait étonnant, d’ailleurs, tant la diversité est considérée comme la clé de l’Europe depuis au moins Montesquieu, et tant les tentatives d’empire universel ont rencontré de méfiances, voire de résistances
[5].
La cohérence de l’histoire européenne sera donc à chercher d’ailleurs que dans quelque « idée européenne ». Pendant longtemps, elle fut rapportée au terme de « civilisation ». Celui-ci, façonné à partir d’épisodes clefs et de valeurs communes (ou, plutôt, diversement partagées) – la Grèce classique, Rome, le christianisme, la Renaissance, les Lumières – a alimenté une puissante tradition historiographique. Le terme de « civilisation », né en son sens moderne du discours éclairé du 18
e siècle, a tourné autour de la notion de progrès, moral autant que matériel, et d’immanence de ce progrès dans l’histoire de l’Europe
[6]. D’où sa double tendance au particulier et à l’universel. L’Europe étant caractérisée par sa diversité, et ainsi associée à l’histoire des différents « peuples », la « civilisation européenne » rassemblait des traits communs qui donnaient au continent sa particularité unificatrice. Cette « civilisation » avait son revers, la barbarie, qui à l’origine fut la suite directe de l’antinomie primaire entre les Grecs et ceux, les
barbaroi, qui ne parlaient ni ne pensaient en grec. L’assimilation de l’héritage romain dans l’Europe des envahisseurs barbares, symbolisée par l’empire fugace de Charlemagne et par le bien plus consistant Saint-Empire romain germanique, qualifia la vraie période fondatrice pour beaucoup d’historiens – période remplie d’ambiguïté, pourtant, car l’attribut « barbare » peut désigner tous ceux, sur les marges et à l’intérieur de l’Europe, qui n’ont pas assimilé cette « civilisation »
[7]. L’opposition entre le christianisme et les autres religions (notamment l’islam) ne faisait que renforcer ce jeu d’appartenance par l’exclusion. En même temps, la vocation universelle du christianisme, tout comme celle de la pensée scientifique et philosophique issue des Lumières, ou des technologies nées de la révolution industrielle, tendaient à assimiler « civilisation européenne » à civilisation tout court.
À partir de la célèbre
Histoire de la civilisation en Europe de Guizot (1829-1830), la « civilisation » – entendue comme organisation sociale, dynamisme économique, valeurs et institutions politiques, et surtout comme quelque chose de plus intangible qui serait « l’élan de l’esprit humain », selon la formule de Guizot – sert donc de trame pour écrire l’histoire de l’Europe. Affichant le plus souvent une orientation libérale puis démocratique, et repoussant ainsi les déterminismes nationalistes et raciaux comme ceux du matérialisme économique, les historiens de cette tradition ont mis l’accent à la fois sur ce qui particularisait et ce qui généralisait les traits culturels de l’Europe, vus comme un contrepoids à la diversité politique du continent. Face aux conflits idéologiques des années 1930, par exemple, des historiens comme H.A.L. Fisher en Grande-Bretagne ou Henri Pirenne en Belgique se sont servis de l’argument de la « civilization » pour repousser des interprétations de type exclusionniste. Pour Fisher dans son
History of Europe (1936) le fait que les « races de l’Europe se sont toujours senties différentes les unes des autres » rend encore plus important le rôle unificateur de ce « type de civilisation que nous désignons comme spécifiquement européenne … basée non pas sur une fondation de race mais sur un héritage de pensées, de réalisations et d’aspirations religieuses
[8] ». Pirenne, quand il cherche à comprendre l’appartenance à l’Europe de peuples « non-aryens » comme les Magyars, explique leur incorporation par la conversion à la chrétienté
[9].
La guerre froide n’a fait que prolonger cette tradition, quitte à faire de la « civilisation » européenne une « civilisation occi-dentale », afin de prendre en compte la question épineuse du rapport du communisme avec les traditions européennes. La thèse de la « Révolution atlantique », c’est-à-dire des révolutions « démocratiques » en Amérique du Nord et en France à la fin du 18
e siècle, se situe aussi dans ce contexte
[10]. Cette vision de l’héritage européen a atteint son sommet aux États-Unis, où les cours de
Western Civilization deviennent pendant la guerre froide le fondement de l’enseignement universitaire des humanités
[11]. Cependant, la tradition s’incarnera à nouveau en Europe, par exemple dans les chapitres clefs d’une
Grammaire des civilisations de Fernand Braudel, rédigée d’ailleurs pour répondre à une demande de réforme de l’enseignement secondaire de l’histoire en France. Malgré sa sophistication « annaliste », cet ouvrage semble étrangement traditionnel par certains côtés, ne serait-ce que par ces « unités brillantes : l’art et l’esprit », qui « donnent à la civilisation européenne sur le plan le plus élevé de la culture … une allure fraternelle, presque uniforme
[12] ».
â—¦ Trois raisons pour repenser
Cette tradition vaut d’être relue avec esprit critique. Élément de l’histoire européenne elle-même, elle met en valeur quantité d’arguments qui ne pourraient pas ne pas figurer dans les futurs programmes d’enseignement. Ce qui gêne, pourtant, c’est non seulement son surinvestissement normatif dans une vision du continent qui associe si étroitement celui-ci aux destinées de toute l’humanité, mais aussi son jeu d’exclusion qui fait, de manière souvent trop nette, la part de ce qui est et de ce qui n’est pas véritablement européen : bref, sa propension à voir la « civilisation » comme un bloc qui définit l’essence, ou l’essentiel, de l’Europe. Relire les pages de Fischer sur les juifs d’Europe est, à cet égard, une révélation des pressions auxquelles fut soumise l’historiographie libérale des années 1930
[13]. Sans parler des transformations survenues dans plusieurs sous-disciplines historiques depuis trente ans (histoire sociale, histoire culturelle), la conjoncture de notre début du 21
e siècle conduit à repenser ce qu’est, ou ce que pourrait être une histoire européenne. Et cela pour au moins trois raisons.
D’abord, les nouvelles perspectives consécutives à la chute du communisme concourent à donner enfin une certaine vision d’ensemble à l’histoire du 20
e siècle européen. Bien sûr, il s’agit d’un vaste chantier sur lequel travaillent diversement des historiens qui sont préoccupés, entre autres choses, par les rapports et les comparaisons entre le fascisme et le communisme, par les sources profondes de cette « brutalisation » de la conduite politique et militaire qui relie les deux guerres mondiales et qui mène au génocide nazi des juifs de l’Europe, et par les traumatismes de la décolonisation. Tout cela ne permet pas pour le moment de tirer des conclusions sur un « court 20
e siècle », sur les « totalitarismes », ou sur les « guerres totales
[14] ». Néanmoins, au vu de leurs travaux, il est difficile de ne pas reconnaître la force du jugement lapidaire porté par Paul Valéry quand il déclara, après la première guerre mondiale, que « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles
[15] ». Autrement dit, il est impossible de raisonner comme si les convictions optimistes du 19
e siècle sur le progrès tenaient toujours – et cela malgré l’évidence des fortes améliorations matérielles des conditions de vie pour la majorité des habitants du continent pendant ce même 20
e siècle. D’où l’importance d’une réflexion sur les forces et les conditions historiques qui ont fait de l’Europe du 20
e siècle un creuset de violences extrêmes, un laboratoire de réformes sociales et une source de visions millénaristes qui ont ensorcelé le monde. Cette réflexion-là dépasse de loin l’histoire d’un seul pays. Elle ne peut se faire qu’au niveau du continent européen qui seul s’y reconnaîtra pleinement.
Deuxièmement, la géographie de l’Europe change aussi rapidement que ses orientations idéologiques. Chaque variant de la « civilisation européenne », chaque nation aussi, a projeté sa propre géographie identitaire du continent, avec son centre et ses marges. De Paris à Londres, de Vienne à Berlin, de Saint-Pétersbourg à Moscou, la vision n’était pas la même. Ce n’est qu’en 1730 qu’un officier suédois au service de l’Empire russe a proposé de déplacer la frontière géographique de l’Europe du Don jusqu’à l’Oural, incorporant ainsi la Russie occidentaliste de Pierre le Grand et créant cette vision d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », qui fut reprise deux cents ans plus tard par le général de Gaulle
[16]. En réalité, les vastes zones frontalières entre l’Europe et l’Asie restent pleines d’ambiguïté, et donc riches d’invention pour les identités européennes – que celles-ci soient pensées en termes de religion, de race, de civilisation, ou d’idéologie. Est tout aussi partie prenante de l’histoire de l’Europe l’ambiguïté géographique de l’autre frontière, en apparence plus nette, qu’est l’Atlantique. Les sociétés maritimes qui y sont nées ont suivi le chemin pluriséculaire de la colonisation et de l’émigration outre-mer qui ont eu pour conséquence non seulement la subordination d’une bonne partie du monde à l’Europe pendant une certaine période mais aussi l’implantation de petites Europes aux Amériques, en Afrique australe ou en Océanie, qui ont perduré tout en devenant autres et en retransmettant leurs différences à l’Europe elle-même.
Cette variabilité et cette porosité de la géographie européenne sont particulièrement claires aujourd’hui, quand l’effondrement de la Russie communiste a dégelé une vaste région qui va des Pays baltes jusqu’à l’Arménie et qu’il lui a permis de repenser ou d’imaginer ses appartenances européennes ; quand cet affaissement de la Russie laisse la domination mondiale à une Amérique du Nord qui reconnaît toujours (et non sans contestation interne) sa filiation européenne. La géographie devient ainsi non plus une donnée mais un moyen d’interroger l’histoire européenne. Importants, dans cette perspective, sont les rapports historiques avec l’Europe de ces régions qui de nos jours se réclament d’une appartenance européenne mais qui naguère furent considérées, par ceux qui se croyaient au centre, comme marginales, hostiles, voire comme un « autre » barbare dont l’exclusion garantissait la survie du continent. On pense d’abord à la place des pays balkaniques ou du courant islamiste (de l’Est et de l’Ouest) comme partie intégrante de l’histoire européenne. L’idée même de « centre » pourrait être tout aussi bien interrogée elle aussi. Apprendre l’histoire de l’Europe sans celle de Rome est certes impensable. Mais il y eut trois Rome : la deuxième, celle de Constantinople, et celle aussi qui prit le relai à Moscou sous Ivan III à partir de 1492, fournissent autant de points de réflexion sur la pluralité des centres du continent. Les diasporas européennes, quant à elles, témoignent puissamment de l’excentricité d’importantes expériences et influences européennes. Marges, centres, extérieurs, donnent ainsi une grille essentielle pour repenser la géographie historique de l’Europe de façon pluraliste et inclusive.
Troisièmement, l’Europe est aujourd’hui un continent démographiquement en mouvement. Non seulement la fin de la division Est-Ouest a provoqué des courants de migration vers l’Ouest qui seront renforcés du moins dans un premier temps par l’adhésion de la première tranche d’ancien pays communistes à l’Union Euro-péenne, mais l’afflux des immigrants de l’Afrique et de l’Asie, déjà fort pendant le second après-guerre au temps de la décolonisation et des « Trente Glorieuses », se renouvelle. Une Europe multi-culturelle est en train de se construire – à des rythmes et selon des modèles différents dans chaque pays, bien sûr – mais incontestablement. Le processus, pourtant, n’est pas nouveau. Bien avant le 20
e siècle et sans même remonter à l’effondrement de l’Empire romain devant les invasions « barbares », les immigrés et les minorités ont joué un rôle souvent d’importance primordiale dans les différents pays et dans les relations entre eux. Il suffit de penser aux juifs sépharades expulsés d’Espagne, à la diaspora des Huguenots français éparpillés de Dublin à Berlin ou à ces mineurs polonais dont dépendait le développement des charbonnages de la Ruhr et du Nord de la France, pour ne citer que quelques cas. Parfois marginalisée par des histoires soucieuses de souligner la cohésion et l’uniformité de la nation, la multiplicité des peuples européens – c’est-à-dire, des groupes humains qui se sont trouvés pour diverses raisons historiques en Europe – apparaît clairement au niveau continental et parle directement à l’expérience contemporaine
[17].
Toutes ces réorientations de perspectives s’inscrivent dans celle, plus ponctuelle, de l’élargissement de l’Union européenne et des débats intensifs qui l’accompagnent au sujet des formes politiques appropriées à cette expérience sans précédent. Précisément parce que les questions de légitimité politique et d’identité culturelle se trouvent au cœur de l’articulation du national et du continental, et au centre du rapport entre l’Europe communautaire et l’Europe des nations, une histoire de l’Europe susceptible d’éclaircir ce processus dans un esprit critique et interrogatif serait, me semble-t-il, tout à fait bienvenue.
â–¡
[1]
Michael Jeismann,
Das Vaterland der Feinde. Studien zum nationalen Feindbegriff und Selbst-verständnis in Deutschland und Frankreich (1792-1918), Stuttgart, 1992.
[2]
Par les Grecs selon Hérodote (
Les Histoires, livre 1), par Jupiter selon Ovide (
Les Métamorphoses, livres 2 et 3).
[3]
Voltaire,
Le Siècle de Louis XIV (1751), chap. 2 ; Edward Gibbon,
The Decline and Fall of the Roman Empire (1776-1788), chap. 3.
[4]
Denys Hay,
Europe. The Emergence of an Idea, Edimbourg, 1957, chap. 4 et 5.
[5]
Montesquieu,
De l’esprit des lois (1748), livre 18, chap. 6.
[6]
Philippe Bénéton,
Histoire de mots. Culture et civilisation, Paris, 1975.
[7]
J.M. Wallace-Hadrill,
The Barbarian West 400-1000, Londres, 1957.
[8]
H.A.L. Fisher,
A History of Europe, Londres, 1936, p. 6.
[9]
Henri Pirenne,
A History of Europe from the Invasions to the XVIth Century, traduction anglaise, Londres, 1938, p. 479.
[10]
Jacques Godechot,
Les Révolutions (1770-1799), Paris, 1963 ; Robert R. Palmer,
Age of Democratic Revolution : Political History of Europe and America, 1760-1800, Princeton, Princeton University Press, 1959, 1964, 2 vol.
[11]
L’origine de ces cours remonte à l’enseignement donné aux officiers américains à Columbia University en 1917-1918, lors de l’entrée militaire des États-Unis sur la scène mondiale (Peter Novick,
That Noble Dream. The « Objectivity Question » and the American Historical Profession, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, pp. 311-14). Pour un bon exemple du genre lors de la guerre froide, cf. Carlton Hayes,
History of Western Civilization, New York, 1949.
[12]
Fernand Braudel,
Grammaire des civilisations, Paris, Flammarion, 1963, nouvelle édition 1993, p. 438.
[13]
H.A.L. Fisher,
History of Europe, op. cit., p. 5-6.
[14]
Cf., entre autres, Eric Hobsbawn,
Age of Extremes. The Short Twentieth Century, 1914-1991, Londres, 1994 ; Omer Bartov,
Murder in our Midst. The Holocaust, Industrial Killing, and Representation, Oxford, Oxford University Press, 1996 ; la controverse qui a entouré le livre édité par Stéphane Courtois,
Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, Paris, Laffont, 1997 ; Henri Rousso (dir.),
Stalinisme et nazisme, Bruxelles, Complexe, 1999 ; Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker,
14-18. Retrouver la guerre, Paris, Gallimard, 2000.
[15]
Paul Valéry, « La crise de l’esprit » (1919),
Œuvres, vol. 1, Paris, 1957, p. 988.
[16]
Norman Davies,
Europe. A History, Oxford, Oxford University Press, 1996, p. 9.
[17]
Pour une vive critique de la tendance d’une historiographie nationale à refouler l’importance de la question de l’immigration et de sa contribution à la société, cf. Gérard Noiriel,
Le Creuset français. Histoire de l’immigration (xix
e-xx
e siècles), Paris, Le Seuil, 1988, ch. 8.
[*]
John Horne
enseigne l’histoire contemporaine à Trinity College de l’université de Dublin. Il est spécialiste d’histoire sociale et d’histoire comparée de la Grande Guerre.