Vingtième Siècle. Revue d'histoire
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629183
212 pages

p. 113 à 130
doi: en cours

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Les 25 ans de l'Espagne démocratique

no 74 2002/2

2002 Vingtième siècle Les 25 ans de l’Espagne démocratique

Les médias de la démocratie

Pablos Pérez López  [*]
Les médias espagnols ont été à la fois les acteurs et les premiers bénéficiaires de la crise du régime franquiste puis du rétablissement de la démocratie. L’offre médiatique a dès lors évolué en Espagne au regard d’une conjoncture nouvelle, dans laquelle les impératifs de la démocratisation et de la prise d’autonomie à l’égard du pouvoir politique ont bientôt laissé place à des enjeux économiques. Les enquêtes d’audience régulièrement menées depuis les années 1970 par les professionnels eux-mêmes montrent à quel point le paysage espagnol s’est ainsi normalisé et rapproché de ses homologues européens. Certes, la dénonciation du contrôle public de l’information télévisée fait parfois encore recette en Espagne. Mais les débats portent désormais davantage sur les questions de société que soulèvent certaines émissions populaires, et sur les risques liés à la mondialisation d’un secteur industriel où l’exigence de rentabilité immédiate l’emporte de plus en plus sur l’exigence de qualité. Spanish media were both the actors and the first beneficiaries of the Franquist regime crisis followed by the reestablishment of democracy. The media supply then changed in Spain with a new situation in which the demands of democratization and autonomy in relation to the political power soon yielded to economic stakes. TV ratings and opinion polls carried out regularly since the 1070s by professionals show just how “normal” and similar to its European counterparts the Spanish landscape has become. It is true that the denunciation of public control on television news still makes the news in Spain. But the issues are now more questions of society carried in prime time programs and on the problems of globalization of an industrial sector in which demands for immediate profitability take more and more precedence over those of quality.
La conquête des libertés politiques est d’abord passée par celle de la liberté d’expression. D’une Espagne en prise à la censure franquiste à une Espagne où les sociétés de presse écrite et audiovisuelle participent des mouvements actuels, Pablo Pérez López nous livre ici le récit d’une histoire dynamique et exceptionnelle d’intensité. On peut y lire à la fois une trajectoire espagnole où l’on verra la relation passionnée entre les médias et le pouvoir, l’intervention décisive des moyens de communication dans l’histoire politique et sociale du pays. Mais les mouvements capitalistiques qui, en moins de dix ans, ont redessiné le panorama des entreprises espagnoles de communication laissent entrevoir une autre histoire, européenne et mondiale : celle de la lutte pour les parts d’un marché en expansion exceptionnelle grâce aux innovations techniques.
On a coutume de dire qu’au cours des vingt-cinq dernières années, les moyens de communication en Espagne ont connu une transformation sans précédent. Nombreuses sont les raisons qui corroborent ce jugement. Il faut toutefois le relativiser puisqu’il correspond aussi à l’accélération des changements dans les dix dernières années [1]. Faire abstraction de l’impression d’une accélération linéaire des événements qui laisse l’historien dans le doute n’est pas chose facile. Les changements à repérer sont en effet nombreux et l’histoire ne peut se résumer aisément. Nous avons fait le choix d’une analyse en deux temps qui, nous l’espérons, apportera quelque éclaircissement sur le sujet. En premier lieu nous nous intéresserons à l’audience des médias de ces dernières années et à cette occasion, nous ferons une première présentation des plus importants d’entre eux dans chaque domaine. Nous retracerons ensuite l’histoire de ces médias, en l’axant sur le bouleversement des années passées : la liberté, conquise dans les années 1970, dont ils ont joui dans les années 1980 puis qu’ils ont utilisée dans les années 1990.
 
â—¦ Ceux qui parlent et ceux qui écoutent : l’audience des médias
 
 
Nous savons grossièrement comment sont utilisés les moyens de communication en Espagne grâce à l’Étude générale des médias (EGM), enquête qui fit son apparition dans les années 1970 en raison des intérêts commerciaux qu’éveillait le monde des télécommunications. Les médias devenaient de plus en plus affaire de business et de marché. Bien que le franquisme les ait considérés comme un service de l’État [2], le législateur dut se rendre à l’évidence : ils devenaient le gagne-pain d’un nombre croissant de personnes, car l’information acquérait chaque jour une plus grande valeur économique.
C’est pour mesurer les flux de communication qu’est née cette enquête, la plus importante de ce type élaborée en Espagne, financée par des agences de publicité, des annonceurs et des médias [3]. Ses résultats nous offrent un panorama complet sur la communication en Espagne dont on peut retrouver le résumé chronologique dans le premier graphique de cet article.
Graphique 1
Audience générale des moyens de communication (1997-2000) [3*3]
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Audience générale des moyens de communication (19...IMGIMF
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Nous prenons toujours comme référence les données de l’EGM et par conséquence l’audience mesurée chez les Espagnols qui remplissent les conditions de l’enquête : âgés de plus de 14 ans, résidant dans des foyers familiaux, sur le territoire de la péninsule, aux Baléares et aux Canaries. La fréquence prise en compte pour les médias écrits correspond à celle de leur tirage (journalière pour les quotidiens, d’une semaine pour les hebdomadaires, etc.) ; pour la radio et la télévision, elle est journalière ; pour le cinéma en salle on considère les 7 derniers jours et pour Internet le dernier mois. La source des graphiques est toujours AIMC/EGM sauf indication contraire.
Les grandes conclusions sont évidentes. Nous sommes devant une audience télévisée massive ; tout le monde regarde la télévision. La moitié des sondés écoute la radio ou lit des magazines, un tiers lit des quotidiens et un dixième est allé au cinéma la semaine précédant l’enquête ou s’est connecté à la Toile via Internet au cours du mois précédent ce même sondage. Cette description est valable pour toute la période considérée. L’unique nouveauté qui altère ce classement dans la consommation de médias – si l’on considère qu’il y a vraiment égalité entre le nombre d’auditeurs de radio et le nombre de lecteurs de magazines – est toute récente : en 2000, les utilisateurs d’Internet sont plus nombreux sur un mois que les personnes allant au cinéma dans l’espace d’une semaine.
Les grands traits du type de pénétration des médias nous mettent face à des réalités assez simples à deviner. La télévision, média le « plus facile » tant sur le plan culturel que sur le plan économique, a une pénétration massive. La radio et les magazines ont l’audience la plus importante alors que celle des quotidiens, d’Internet et du cinéma est la plus faible. Certaines des raisons de cet état de fait, de type culturel ou économique, sont faciles à deviner, d’autres demandent une étude plus approfondie, mais toutes en disent long sur la société espagnole.
Si l’on compare avec le reste des pays européens, l’Espagne présente des chiffres faibles pour ce qui est de la lecture des quotidiens (voir graphique 2). La situation s’est à peine améliorée au cours des dernières années, même si l’on a pu relever une tendance à la hausse du nombre d’exemplaires diffusés par millier d’habitants – chiffre qui était à 100 en 1990. Une autre différence notable avec les pays voisins est la quasi absence de journaux quotidiens à sensation en dépit des quelques tentatives, rapidement avortées, pour vendre ce « journalisme populaire » [4].
Graphique 2
Indice de diffusion de quotidiens dans l’UE en 1998 (exemplaires par millier d’habitants).
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Indice de diffusion de quotidiens dans l’UE en 19...IMGIMF
La presse écrite espagnole peut être divisée en cinq grandes catégories : 1° les grands quotidiens madrilènes, de diffusion nationale et ceux de Barcelone, également d’influence importante, mais dont la diffusion est limitée à la Catalogne ; 2° la presse régionale dont l’importance n’a cessé de croître ces dernières années ; 3° les quotidiens sportifs à forts tirages ; 4° la presse économique, absente du panorama franquiste et qui connaît un certain succès depuis l’essor de la démocratie ; 5° les magazines dont la gamme s’est diversifiée pendant la transition démocratique, information relative à la télévision, « potins mondains » et information générale constituant les trois sous-catégories les plus importantes.
Les différences entre régions sont importantes et n’ont guère changé. Schématiquement, le nord et les îles lisent les quotidiens et écoutent la radio davantage que le sud et, à l’inverse, on regarde et on consomme davantage la télévision au sud qu’au nord et dans les îles.

Audience générale des médias par communautés autonomes en 2000
IMGIMGHabitants (*)	Quotidien	Supplément	M...IMGIMF
Habitants (*) Quotidien Supplément Magazine Radio (**) Télévision (**) Cinéma (***) Internet (****) Total 34 733 36,3 32,1 53,6 52,9 89,2 11,0 12,6 Andalousie 6 218 27,4 21,3 48,7 50,3 91,2 9,9 10,1 Aragon 1 064 40,4 40,8 54,6 52,2 88,5 9,9 12,2 Asturies 965 51,5 48,3 61,1 62,1 88,0 8,4 10,7 Baléares 692 49,2 33,0 65,7 48,8 86,4 15,1 13,7 Canaries 1 500 39,2 16,2 52,8 51,3 86,0 11,5 11,7 Cantabrie 465 58,6 56,8 67,2 55,8 90,8 7,8 9,3 Castille et Léon 2 185 39,5 32,8 54,2 53,9 89,5 10,4 8,8 Castille-La Manche 1 435 19,6 14,3 44,9 43,7 91,0 8,4 8,3 Catalogne 5 387 39,5 36,1 60,7 54,9 89,8 13,6 18,6 Valence 3 553 32,4 29,8 57,2 49,4 89,9 11,1 12,5 Estrémadure 890 28,5 19,2 50,2 46,8 93,9 9,7 6,9 Galice 2 384 37,6 34,8 42,4 48,5 87,1 6,7 8,2 Madrid 4 510 32,3 34,2 51,4 56,9 86,9 13,2 16,3 Murcie 944 30,0 29,3 52,0 54,6 87,7 10,8 8,0 Navarre 459 60,2 46,9 54,1 57,4 91,2 9,2 13,8 Pays basque 1 846 58,4 60,2 59,1 61,1 87,5 12,0 14,0 La Rioja 236 40,5 48,4 55,1 59,7 92,9 10,5 17,3 (*) Plus de 14 ans, en milliers. (**) Audience accumulée journalière. (***) Au moins une fois au cours de la dernière semaine. (****) Utilisation au cours des 30 derniers jours.

Différences régionales dans la consommation des médias en Espagne (2000)
1
Consommation proportionnelle de quotidiens
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Consommation proportionnelle de quotidiens
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2
Consommation proportionnelle de radio (audience accumulée journalière).
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Consommation proportionnelle de radio (audience a...IMGIMF
3
Consommation proportionnelle de télévision (audience journalière accumulée)
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Consommation proportionnelle de télévision (audie...IMGIMF
Un autre indice permet de compléter cette vision générale de l’utilisation des médias. Il s’agit du temps qu’on leur consacre. Les résultats fournis par les enquêtes ne laissent pas de doute : il est important (près d’une heure par jour en moyenne), concerne l’audiovisuel avant l’écrit, mais notons que dans ce groupe prédominent les quotidiens en dépit de leur audience minoritaire.

Consommation des médias. Minutes par jour per capita (1997-2000)
IMGIMG1997	1998	1999	2000	Total	359,4	344,...IMGIMF
1997 1998 1999 2000 Total 359,4 344,4 344,2 349,1 Télévision 231,0 222,0 224,0 222,0 Radio 100,0 96,0 95,0 95,0 Quotidiens 15,0 14,7 14,2 15,2 Internet 5,5 Magazines 5,7 4,8 4,5 4,6 Suppléments 2,0 2,2 2,0 2,3 Source : Líne Abierta, bulletin d’information de l’AIMC, 26, janvier2001, p.3.

L’augmentation de la diffusion des quotidiens enregistrée depuis quelques années est due principalement aux journaux sportifs. Face au pessimisme qu’affichent certains devant cette réalité, quelques journalistes travaillant justement pour ces médias rappellent avec insistance que ceux qui commencent par les quotidiens sportifs finissent par devenir lecteurs de quotidiens généralistes. Parmi les journaux sportifs, le leader en terme d’audience est devenu Marca ; le quotidien d’information générale dominant reste El País.
Graphique 3
Évolution des quatre quotidiens au plus fort tirage en 2000 (1987-2000) [*]
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Évolution des quatre quotidiens au plus fort tira...IMGIMF
*.
Marca appartient au groupe Recoletos. Les données de ABC ne figurent pas certaines années, le quotidien s’étant auto-exclu de l’EGM. ABC, fondé en 1903 et édité par Prensa Española qui est aujourd’hui un groupe multimédia et de tendance monarchique conservatrice, vient de s’intégrer dans le groupe Correo. El Mundo, fondé en 1989 est publié par le groupe multimédia Unidad Editorial et a pour actionnaire majoritaire le groupe Rizzoli-Corriere della Serra depuis 1991.
Pour ce qui est des magazines, les hebdomadaires ont perdu l’avantage (46,6 % de pénétration en 1987 contre 30,6 % en 2000) sur les mensuels (16,6 % et 38,4 % aux mêmes dates). Les hebdomadaires les plus diffusés sont Pronto, un magazine « populaire », suivi de quatre revues dites « du cœur », qui se font l’écho des « potins mondains » et qui comptent un public majoritairement féminin. Ces hebdomadaires méprisent le politiquement correct [5]. En sixième position seulement apparaît un journal d’information générale [6]. Parmi les hebdomadaires les plus diffusés, nombreux sont ceux qui informent sur la programmation télévisée ou qui utilisent la vie des personnes – plus ou moins – célèbres à titre de divertissement. L’offre des mensuels est plus variée et leur audience mieux répartie. En 2000, les plus lus d’entre ces derniers étaient des sous-produits de la télévision, les revues d’information de quelques chaînes télévisées à péage [7]. Derrière eux viennent deux produits « européens » dont la vente fait l’objet d’un marketing massif [8], puis une revue spécialisée de meubles et décoration, genre très en vogue ces derniers temps.
La radio a connu ses années de plus forte audience à la fin de la transition, au début des années 1980. La nuit de la tentative de coup d’État du 23 février 1981 est passée à la postérité comme la « nuit des transistors ». Les événements – et notamment la prise de contrôle de la télévision par les putschistes – avaient fait de ce média l’unique canal libre de communication. Depuis lors, cette tendance à faire de la radio un forum politique est demeurée, chose plus rare dans d’autres pays. La présence de stars qui attirent des centaines de milliers d’auditeurs et des publicités qui rapportent gros constitue un autre de ses signes distinctifs. Elle a la réputation d’être un média indépendant et jouit de la plus forte crédibilité auprès des citoyens [9]. Au plan technique, elle est passée d’une majorité des émissions sur onde moyenne à la généralisation de la modulation de fréquence. Depuis 1985, l’audience des stations FM est ainsi supérieure à celle des stations diffusées sur les ondes moyennes. Si l’on s’en tient au contenu, les radios généralistes ont perdu des auditeurs au profit des radios thématiques, presque toutes centrées sur la musique, à l’exception de la radio publique d’information permanente, Radio 5. L’an 2000 a été marqué par l’avènement de la technologie digitale, le gouvernement octroyant le 10 mars de cette même année, les dix premières licences pour l’émission de radio selon cette technologie. Les entreprises concessionnaires étaient toutes détentrices d’autres médias de presse, de radio ou de télévision.
Résumons à l’aide de graphiques le classement des audiences réalisées au cours de l’année 2000. On remarque tout de suite la position dominante des radios appartenant au groupe Prisa, éditeur de El País, propriétaire de la radio généraliste numéro un dans le classement ainsi que des première, deuxième et quatrième radios thématiques.
Graphique 4
Évolution de l’audience des quatre radios généralistes les plus écoutées en 2000 (1991-2000) [3*3]
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Évolution de l’audience des quatre radios général...IMGIMF
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SER appartient au groupe Prisa depuis 1984. COPE a pour actionnaire majoritaire la Conférence épiscopale espagnole. RNE-Radio 1 (Radio nationale d’Espagne-Radio 1) est l’émetteur public généraliste du groupe Radio Télévision Espagnole (RTVE). Onda Cero appartenait à la ONCE – une institution de bienfaisance qui rassemble des fonds pour les handicapés par le biais d’une loterie autorisée par l’État – qui la vendit en 1999 à Telefónica Media (aujourd’hui Admira), l’entreprise de communication du groupe Telefónic.
Graphique 5
Évolution de l’audience des cinq radios thématiques les plus écoutées (1991-2000) [3*3]
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Évolution de l’audience des cinq radios thématiqu...IMGIMF
C40 est la Chaîne 40, de Prisa, qui diffuse de la musique pop pour un public jeune. Dial, également du groupe Prisa, est la chaîne dédiée aux chansons espagnoles. C100 est la Chaîne 100, la radio FM de la COPE. M80 Radio diffuse des sélections rétrospectives de musique légère. RNE R5 est Radio 5 de RNE, d’information permanente.
L’évolution de la télévision est peut-être plus facile à décrire quant à ses caractéristiques externes : on est passé d’un monopole étatique [10] à une pluralité limitée et fortement dominée par le secteur public. La particularité de l’Espagne tient sans nul doute au développement parallèle de chaînes publiques et de chaînes liées aux régions autonomes, qui sont actuellement au nombre de onze [11].
Il existe par ailleurs trois chaînes privées nationales depuis 1990, deux en accès libre (Antena 3 Televisión et Telecinco) et une codée (Canal Plus) ; deux plates-formes de télévision digitale par satellite depuis 1997 (Canal Satélite Digital et Vía Digital) ; une télévision digitale terrestre à péage (Quiero TV) depuis 1999 ; et deux concessions supplémentaires de chaînes du même type mais en accès libre qui débuteront leurs programmes prochainement (Veo Televisión et Net TV). En résumé l’offre s’est considérablement diversifiée face à une croissance modérée de la consommation et de la répartition du taux d’audience (voir graphique 7).
Graphique 6
Participation des chaînes de télévision à l’audimat total (1987-2000)
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Participation des chaînes de télévision à l’audim...IMGIMF
*.
Chaînes régionales « Autonómicas ».
Graphique 7
Évolution des usagers d’Internet (ceux qui se sont connectés le dernier mois), 1996-2001 [3*3]
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Évolution des usagers d’Internet (ceux qui se son...IMGIMF
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Chaque année sont transmises les données des trois volets qui composent l’EGM : février-mars (1), avril-mai (2) et octobre-novembre (3).
Après avoir traversé une grave crise au cours des années 1980, les salles de cinéma ont opéré une reconversion. Malgré la concurrence directe du cinéma à la télévision et des vidéos, elles ont su se redresser. En matière de programmation, le cinéma nord-américain reste l’étoile incontestée. Le cinéma espagnol qui fait l’objet d’un autre article dans ce même numéro est capable de résultats spectaculaires : ainsi sa part de marché a-t-elle frôlé les 20 % en 2001. Le monde cinématographique espagnol vise un taux régulier de 15 %.
Reste enfin la grande nouveauté technologique et médiatique : Internet. Le nombre de ses usagers ne cesse de croître. Il est cependant encore trop tôt pour mesurer les effets de cette expansion impressionnante sur le monde des médias. C’est pour l’instant un média de plus dans lequel chacun veut avoir sa place, aucune entreprise de communication d’une certaine importance ne pouvant se permettre d’être absente de la toile.
 
â—¦ Seigneurs et maîtres : du contrôle politique à la propriété financière des médias
 
 
Les années de la transition : la conquête de la liberté
En 1975 les hommes politiques et de façon générale l’État étaient les seigneurs du domaine public et donc, entre autres, des moyens de communication. Les médias privés n’existaient que dans la presse écrite. À la radio, l’information était monopole d’État et les rares émetteurs privés étaient forcés de se connecter deux fois par jour à la chaîne publique (Radio Nacional de España, RNE) pour en transmettre les bulletins d’information. Les deux seules chaînes de télévision existantes appartenaient au secteur public car ce média, d’abord considéré comme un monopole d’État, fonctionnait alors – et continuera ainsi de nombreuses années – comme un service public dont la gestion revenait légalement à l’État [12].
En outre, la loi de régulation des activités de presse de 1966 établissait une série de restrictions qui annulaient ses prétentions de concéder quelque liberté à ces médias. Les enquêtes administratives et les nombreuses sanctions qui les accompagnaient en vinrent même à provoquer la fermeture d’un quotidien, Madrid, en raison de la distance critique permanente qu’il adoptait à l’égard des positions politiques officielles [13]. Parmi les batailles livrées, celle pour la liberté d’expression fut l’une des premières et toute fondamentale pendant les années de transition. Les médias écrits, hebdomadaires plus que quotidiens, en furent les protagonistes obligés. Ce fut l’âge d’or des magazines. Certains comme Cuadernos para el Diálogo, Triunfo ou Cambio 16 devinrent les symboles du combat pour la démocratie et les porte-parole de l’opinion bâillonnée. Depuis la loi de 1966, dans l’attente plus ou moins résignée de la fin du régime, la presse, par son attitude, avait obtenu le surnom de « parlement de papier » et remplissait le rôle de cet organe alors absent de la vie politique. La forte politisation des médias écrits et leur force d’opinion hors du commun dans un système où la liberté d’expression n’existait pas, n’avaient donc rien d’étonnant. Cette caractéristique est restée propre à la presse espagnole bien après la conquête de la liberté.
La liberté de fait entra en vigueur avant la liberté de droit. À dater du premier gouvernement Suárez (juillet 1976), le processus dit « d’ouverture » se concrétisa immédiatement dans la presse qui put s’exprimer presque sans aucune entrave. On assista à une extraordinaire prolifération de titres, dont un bon nombre de revues pornographiques plus ou moins raffinées. C’était ce que l’on a appelé « el destape », un jeu de mot qui assimile la libéralisation au fait de dévêtir. Autre grande nouveauté, l’émergence de nouvelles publications au cours de ces mois, certaines appelées à une vie éphémère, d’autres au succès. Les deux dont l’écho fut le plus fort furent un quotidien, El País et un hebdomadaire, Interviú. Le premier, doté d’un projet moderne, préparé de longue date et d’une solide base d’entreprise, devint rapidement un grand succès journalistique, modèle pour la quasi totalité de la presse espagnole et guide idéologique de toute une génération. Il s’était d’emblée défini comme indépendant et s’était clairement prononcé pour la démocratie. Politiquement, El País penchait discrètement à gauche jusqu’à apporter, au début des années 1980, son soutien manifeste au Parti socialiste et à Felipe González. Après quelques vicissitudes, l’entreprise éditrice du journal, à laquelle avait participé José Ortega Spottorno, le fils du grand philosophe et homme de presse José Ortega y Gasset, finit dans les mains de Jesús de Polanco, un homme issu du monde de l’édition, qui est aujourd’hui l’une des plus grandes fortunes d’Espagne et propriétaire du groupe de presse Prisa [14].
L’hebdomadaire Interviú servit de façon significative d’assise à un autre grand groupe de presse : le groupe Zeta d’Antonio Asensio, décédé en 2001 [15]. Catalogué comme journal d’information générale, son style différait sensiblement de celui d’hebdomadaires comme l’Express. Son premier directeur le définissait ainsi : « Interviú est une revue à quatre facettes qui travaille avec 25 % de sexe, 25 % de sang, 25 % de politique et 25 % d’information sociale, ce que quelques personnes appellent un journal à sensation » [16]. Cette définition est encore d’actualité. Ses couvertures font cohabiter filles nues et titres à sensation, au point, de brouiller son image pour un observateur étranger.
Une des conséquences de cette nouvelle situation, que les manuels d’histoire contemporaine jugent souvent paradoxale – peut-être à tort –, est la disparition des médias qui avaient le plus servi la cause de la démocratie dans les dernières années du franquisme et à l’aube de la transition. Ils ont connu leur heure de gloire, laquelle devait avoir une fin. Il en fut ainsi pour des revues comme Cuadernos para el diálogo (Cahiers pour le dialogue) et Triunfo (Triomphe) et pour le quotidien du soir Informaciones. Expériences amères qui firent dire à certains dans un accès de nostalgie ironique : « Contre Franco nous vivions mieux ». Ces revues qui réunirent de très nombreux talents avaient en fait servi à préparer la transition, mais elles ne pouvaient survivre dans un contexte totalement nouveau tant du point de vue politique que de celui de la structure financière des groupes de presse. Par leur disparition, elles avaient cependant essaimé leurs collaborateurs dans tous les nouveaux organes.
Un quatrième effet digne d’être relevé fut la remise en question de la chaîne de presse d’État créée sous le franquisme sous le nom de « presse du Mouvement ». La bonne trentaine de quotidiens qui la composaient essayèrent d’assainir leur situation – presque tous étaient en déficit – et l’on dessina un plan pour les privatiser : garder une telle institution dans l’Espagne démocratique n’avait pas de sens. Commencée sous le gouvernement Suárez, leur privatisation fut achevée par le Parti socialiste en 1984.
En 1977, la liberté d’émission de bulletins d’informations ouvrit à la radio un nouveau champ d’action. Ce média, jusqu’alors cantonné aux programmes de divertissements, traversait en effet une crise sans précédent depuis l’essor de la télévision. Son audience se mit à croître jusqu’au milieu des années 1980. L’État se réserva cependant le droit de concéder les licences d’émission, dans le but officiel d’ordonner l’espace radiophonique et, sait-on jamais, peut-être avec l’intention non avouée de rester maître de l’accès à ce moyen de diffusion [17].
La télévision connut des changements juridiques [18] avec l’accord passé en 1978 entre le gouvernement et l’opposition, principalement les socialistes, sur un Statut de la radio et de la télévision, dont l’ambition était de garantir une certaine indépendance de l’entité publique devenue autonome. Cette dernière continua en réalité à travailler sous l’étroite surveillance des gouvernements. On peut cependant estimer que ce contrôle fut nettement moins marqué lorsque l’UCD (Union du centre démocratique) occupa le pouvoir qu’avec les gouvernements socialistes [19]. La dénonciation du contrôle des chaînes étatiques par le pouvoir reste aujourd’hui d’actualité. S’appuyant sur les temps d’antenne consacrés aux différents leaders et partis politiques, l’opposition socialiste fait remarquer qu’elle ne dispose que d’un tiers de ce temps par rapport à celui consacré au gouvernement et au Parti populaire. Il est vrai qu’il n’existe pas d’institution comparable au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Alors que la télévision apportait l’audience la plus forte de tous les médias, elle restait le dernier monopole en matière de communication.
La vie en liberté : les années 1980
Avec l’adoption de la Constitution, tout Espagnol obtenait le droit de « communiquer ou de recevoir librement une information véridique au travers de n’importe quel moyen de diffusion » [20]. La liberté était définitivement conquise. L’État n’était plus maître de l’information et les journalistes n’étaient plus ses vassaux. Il s’agissait maintenant de vivre cette liberté et de la faire vivre.
Les médias étrennèrent la décennie 1980 dans une ambiance d’effervescence politique [21]. Les prises de position de ceux d’entre eux qui pouvaient choisir – c’est-à-dire les médias écrits et les radios privées – étaient chaque fois plus claires. Dans l’ensemble se dessinaient une hostilité croissante envers l’UCD et son président Adolfo Suárez et une véritable idylle avec Felipe González et le PSOE. L’enthousiasme manifesté par les médias à l’égard de ce dernier anticipait celui que les citoyens exprimèrent par les urnes en octobre 1982, lorsque le PSOE remporta haut la main la victoire, obtenant la majorité absolue des suffrages.
La nouvelle situation politique apporta davantage de tranquillité et marqua le début d’une nouvelle étape au sein du monde de la communication. Le bouillonnement provoqué par la transition s’achevait. Il était temps de dresser le bilan y compris sur le plan comptable. Pour certains vint l’heure de la consolidation, pour d’autres… celle de la fermeture [22]. Première leçon des temps nouveaux : la liberté rimait avec les affaires. De nouveaux groupes de presse espagnols [23] firent ainsi leur apparition. Les entreprises de communication démontrèrent, au départ de façon hésitante puis, à partir de 1988, avec fermeté, que si la presse n’était plus un parlement de papier, elle représentait néanmoins un bon investissement.
L’une des nouveautés les plus importantes de la décennie concerna la radio. Le nombre de stations augmenta de façon disproportionnée entre radios publiques – les plus nombreuses – et radios privées, mais ces dernières avaient plus de succès. Au cours de ces années fut créée Antena 3 Radio, qui devint leader en terme d’audience et la COPE, la radio catholique dont l’épiscopat contrôle 25 % du capital, opéra une restructuration.
Pour ce qui est de la télévision, la polémique porta sur l’autorisation ou non des chaînes privées. L’UCD avait élaboré divers projets qui n’aboutirent pas. Quant au PSOE, il ne mit aucun empressement à résoudre le problème. En 1984, Felipe González donna enfin le feu vert à leur autorisation. La loi entérinant cette mesure fut approuvée quatre ans plus tard et c’est en 1990 que ces chaînes purent commencer à émettre de façon régulière. On retrouva parmi les premiers candidats – et bénéficiaires – l’incontournable Silvio Berlusconi qui, peu avant, avait aussi débarqué en France.
Si tout contrôle avait disparu sur la presse écrite, ou presque sur la radio, il n’en allait pas de même pour la télévision et d’ailleurs de moins en moins… On était en effet passé d’une à plusieurs télévisions publiques. Les télévisions autonomes avaient commencé à émettre, d’abord en défiant Madrid, puis avec la garantie légale et l’autorisation du gouvernement, chacune dépendant du gouvernement de sa province d’attache, sur le modèle de la télévision publique nationale qui dépendait du gouvernement central [24]. La démarche fut partout la même, quelle que fût la couleur politique des gouvernements qui mirent en place des chaînes [25]. Il y aurait beaucoup à dire sur les télévisions publiques autonomes, guère rentables au plan économique. Au cours de leurs dix premières années de vie, les administrations leur consacrèrent en subventions près de 2,6 milliards d’euros, venus tout droit de la poche des contribuables [26]. Ce fait ne semble pourtant pas être le plus important de l’histoire des médias des années 1980. Il n’est en tout cas pas le plus spectaculaire.
Dans les moments difficiles la tentation est grande de rechercher la sécurité et Felipe González connut son moment le plus délicat en 1986 lorsqu’il eut à affronter son changement de position au sujet de l’appartenance de l’Espagne à l’OTAN et dut convoquer le référendum promis. L’épineuse question posait un problème interne au PSOE et González dut déployer toute son habileté pour atteindre son but. En plusieurs occasions, les pressions exercées sur les médias portèrent leurs fruits. Parfois elles échouèrent, certains médias passant ainsi de l’idylle à l’affrontement. La réaction de González, à la fois forte et passionnée, ouvrit une nouvelle étape dans les relations entre les médias et le pouvoir [27].
Le conflit se durcit lors des pourparlers relatifs à la loi sur la télévision privée. Le gouvernement obtint l’approbation en 1988 d’un texte qui qualifiait ce média de service public, fixait au nombre de trois les concessions et établissait d’autres restrictions que beaucoup considéraient comme le produit d’une volonté excessive de fiscaliser. Les candidats se plaignirent en vain de tant de limitations. La façon dont furent octroyées les concessions leur donnèrent raison : aucun opposant au gouvernement n’obtint quoi que ce soit. L’une fut pour le groupe Godó (Antena 3 Televisión), une autre pour la ONCE (Organisation nationale des aveugles d’Espagne) alliée à Berlusconi (Tele 5) et la dernière pour Prisa et Canal Plus France (Canal Plus) [28]. Grâce à ces concessions, les grands groupes financiers faisaient leur entrée dans la vie des médias et y demeurent depuis, compagnons de route indispensables.
La radio connaissait parallèlement un phénomène semblable. Les nouvelles concessions de 1989 consacrèrent un système où le secteur public était largement privilégié, obligeant les émetteurs privés qui désiraient s’étendre à chercher des subterfuges pour augmenter leur couverture. L’heure n’était décidément pas à la confiance à l’initiative privée, même si légalement tous les droits lui étaient reconnus. La liberté des contenus avait été gagnée dans le monde de la communication, mais les obstacles semblaient se déplacer vers celui de la liberté d’entreprise. Ce fait fut l’un des éléments qui déclencha l’ouverture d’une nouvelle étape.
Les fruits de la liberté : les années 1990
Les médias espagnols avaient enfin vécu les années 1980 avec la liberté d’expression qu’ils avaient si longtemps désirée. Le moment était venu de prendre la mesure de ce qu’ils récoltaient de cette décennie, de prendre conscience des limites qu’offrait le système et d’agir en conséquence. Un panorama très dynamique en était le résultat avec, dans ce tableau, trois protagonistes fondamentaux : les entreprises de communication suivies de leurs journalistes et gestionnaires, les politiques et les groupes financiers. Et en arrière-plan le public.
Devant une telle expansion, les entreprises s’agrandirent, devinrent fort heureusement plus transparentes mais aussi plus complexes : comprendre seulement sans essayer de retenir le jeu des relations et des participations n’est pas chose aisée [29]. Ce sont des entreprises de communications qui s’élèvent chaque fois davantage au rang de multinationales. Et il est frappant de constater la tendance à l’expansion vers les pays américains dont la langue offre des possibilités que l’on cherche de plus en plus à exploiter. Au sein des entreprises, les journalistes ont dans de nombreux cas acquis des parts du capital, d’où l’image courante de rédacteurs transformés en gestionnaires. La profession s’est peu à peu spécialisée et a mieux cerné le champ de ses compétences mais il lui reste sans doute à acquérir un meilleur sens de ses responsabilités professionnelles. Une grande partie de cet apprentissage des responsabilités sociales s’est faite, peut-être de façon excessive, autour des relations avec le pouvoir politique. En cela, les années 1990 furent un temps de luttes parfois féroces, sans que se mît en place, cette fois, d’idylle entre la presse et quelque homme politique ou parti que ce fût.
En 1992, la radio de plus forte audience, Antena 3 qui n’était en rien docile avec le gouvernement, fut achetée dans des conditions de légalité douteuse par Prisa, le propriétaire de la SER – sa concurrente directe et protectrice des intérêts des socialistes au sein du monde médiatique – pour être fermée peu après [30]. Les journalistes vedettes de Antena 3 cherchèrent refuge à la COPE qu’ils considéraient comme le dernier bastion indépendant. On parlait alors de la voracité des socialistes et de leur incapacité à assumer les critiques ou, dans les milieux proches du gouvernement, de conspirations menées par les réactionnaires et les communistes dans le but de le discréditer.
Presque en même temps, Mario Conde, symbole du banquier qui avait réussi – et intellectuel distingué puisque l’université Complutense de Madrid l’avait fait docteur honoris causa - se porta acquéreur par le biais de la branche industrielle de sa banque Banesto d’une partie du capital de Antena 3 Televisión dont le groupe Zeta de Asensio possédait aussi des parts [31]. Alors, les journaux télévisés, jusque-là critiques à l’égard du gouvernement, durent changer leur ligne éditoriale afin d’éviter tout affrontement avec le pouvoir. Certains journalistes évoquèrent le « silence des agneaux ».
Ce ne fut pas tout. La décennie 1990 débuta dans un climat de crispation autour des scandales liés à la corruption au sein du parti socialiste et du gouvernement et relayés par la presse. Le quotidien El Mundo se distingua par son agressivité : son directeur, Pedro J. Ramirez mettait en effet un point d’honneur à faire toute la lumière sur ces affaires, notamment sur les responsabilités gouvernementales dans la « sale guerre » contre l’ETA. Tout cela n’était en réalité que le retour de balancier de deux faits importants pour Ramírez : l’affaire du Watergate qu’il avait suivie aux États-Unis et son éloignement puis son affrontement avec Felipe González qui l’avait particulièrement marqué. El Mundo ne fut rien d’autre que la réponse de Ramírez et d’autres de ses collègues à la pression socialiste exercée sur le journal dans lequel ils écrivaient – Diario 16 – pour que cessent les investigations et la divulgation d’informations sur ces questions. Les dirigeants du Groupe 16 licencièrent Ramírez, lequel réussit à fonder El Mundo en 1989 pour en faire en quelques années le deuxième ou troisième quotidien en terme d’audience [32].
La bataille médias-gouvernement reprit de plus belle après la difficile victoire du PSOE en 1993. Les télévisions par câble, considérées comme la voie du futur, devinrent le nouveau théâtre des opérations. En 1995, au vu de tous les sondages qui laissaient entrevoir la défaite électorale des socialistes, le gouvernement fit approuver une loi sur le câble, tandis que Telefónica, entreprise de droit public, annonçait son alliance avec le groupe Prisa pour le développement de la télévision câblée. Le Parti populaire contre-attaqua en avertissant qu’il promouvrait la concession de licences municipales pour ce type de télévisions dans les mairies où il était au pouvoir. La « guerre » était déclarée.
En 1996, le Parti populaire obtint une victoire électorale assez large pour pouvoir former un gouvernement avec l’appui d’autres formations politiques. Cette situation fut le détonateur d’une nouvelle « guerre » médiatique à propos de la télévision digitale par satellite. La question se compliqua avec l’affaire des droits de retransmission du football, spectacle télévisé par excellence que les différentes chaînes de télévision se disputaient, persuadées que là se trouvait leur avenir… et leur financement [33]. Fin 1996, Prisa annonça la conclusion d’un accord avec Antena 3 d’Asensio en vue de l’acquisition des droits du football, au moment même où la diffusion de sa chaîne digitale, Canal Satélite, était en période de test : cela revenait à proclamer haut et fort que le futur lui appartenait. Le gouvernement reçut cela comme une provocation et réagit en soutenant la création d’une autre plate-forme digitale par Telefónica, qui devint par ailleurs actionnaire principal de Antena 3 Televisión. La plus grande entreprise espagnole en passe d’être privatisée venait de faire une entrée magistrale dans le monde des médias et dans la bataille sur les droits de retransmission des matchs de football.
Les Espagnols semblaient prêts à se déchirer pour ces fameux droits de retransmission qui étaient devenus le symbole de la garantie et de la condition de survie des médias les plus puissants et, par voie de conséquence du pouvoir. Tout cela était le fruit de la liberté, mais un fruit gâté. Avec le temps, la tension baissa. Les deux plates-formes concurrentes tentèrent d’arriver à un accord – aux dires des experts, seule l’une des deux pouvait se maintenir durablement –, ce qui ne fut possible que pour les droits sur le football. Pour le reste, la bataille continue [34]. Les nouveautés technologiques ont élargi l’horizon des médias, mais en permettant le développement de l’offre, elles semblent avoir également favorisé l’éloignement entre eux. Les télévisions par câble fonctionnent maintenant normalement en alliance avec les opérateurs téléphoniques et dans la diversité, ce grâce à la libéralisation des télécommunications réalisée fin 1998. À cette même date le gouvernement approuva un plan technique en faveur de la télévision digitale terrestre pour laquelle deux licences ont été concédées jusqu’à maintenant. Après une victoire haut la main du Parti Populaire aux élections de 2000, le gouvernement renouvela les licences concédées aux télévisions privées en 1990 par son homologue socialiste. Mais par ailleurs, il fut procédé à des changements au sein de la direction de Telefónica dont le directeur général avait pris ses distances avec le gouvernement. La concession de nouvelles licences pour la radio en 1998 permit à de nouveaux groupes de se placer dans ce média (Antena 3 Televisión, Unedisa, Recoletos, Zeta, Prensa Española, Telefónica). En 2000 furent concédées dix licences pour l’émission de radios digitales, lesquelles sont encore aujourd’hui en période de test. En définitive, un vent de pluralité commerciale semblait atténuer les forts contrastes caractéristiques des liens politico-médiatiques à l’œuvre au cours des années 1990.
 
â—¦ L’histoire d’un dynamisme
 
 
« Dynamisme », ce terme reflète bien la vie des médias sous la démocratie espagnole. Survivre dans ce milieu implique une capacité d’évolution rapide. L’édition quotidienne des journaux n’est plus suffisante. Ces derniers offrent, en outre, une actualisation permanente de leurs pages sur Internet ; quant aux images télévisées, dix secondes sans changement sont synonymes de paralysie. Il n’est pas étonnant que l’accélération du changement apparaisse comme le fait majeur de la période, au point de pouvoir être l’objet même de cette histoire des médias. D’ailleurs, pour quiconque les examine de près, les images télévisées de 1975, les enregistrements de radio ou les publications d’il y a vingt-cinq ans paraissent des antiquités au même titre que celles de… 1990. Le changement est intrinsèquement lié au monde de la communication.
Dans d’autres domaines, les transformations bien qu’importantes, n’ont pas provoqué autant d’agitation. Les médias sont contrôlés par une technostructure. Ce terme, emprunté aux sociologues, renvoie à l’articulation entre les pouvoirs politique, économique et médiatique qui sont au sommet du triangle du pouvoir social. Telle est bien la situation actuelle où les liens entre ces trois types de pouvoir sont chaque fois plus forts et plus complexes quant à leur nature. Durant ces années, le pouvoir politique s’est démocratisé, le pouvoir économique s’est renforcé – le développement de la richesse a fait grandir les entreprises – et le pouvoir médiatique en se diversifiant a gagné en influence. On pourrait même affirmer qu’après avoir été les otages d’une information administrée par l’État, les Espagnols sont devenus les consommateurs d’une information élaborée par de grandes entreprises en perpétuelle compétition. Il faut en effet gagner les faveurs du public pour accroître ses gains et donc ses chances de survie dans un univers largement décloisonné où les alliances internationales marqueront, selon toute vraisemblance, l’avenir.
Mais, au final, l’auditeur, le téléspectateur ou le lecteur disposent-ils vraiment de la liberté de consommer ? Les médias, dispensateurs de l’offre, ont acquis une dimension sans commune mesure avec celle du citoyen. Cette inégalité fondamentale entre l’offrant et le demandeur mérite considération et appellerait à être rapprochée de réflexions plus générales sur la globalisation économique mondiale. Une uniformisation des comportements, à travers des standards internationaux, n’est-elle pas en marche ? Et cependant, les techniques, le marché et les modes de vie développés à partir de cet état de fait ont également donné naissance à Internet qui, sans aucun doute, offre plus de solutions à la mesure des personnes, davantage de possibilités de s’informer à la carte et devient aussi un espace de liberté. Une liberté telle que les législateurs sont confrontés à la difficulté d’un espace virtuel où les frontières ne comptent pas. Comment en éliminer alors des délits qui, traqués par les lois sur la presse, se réfugient dans la toile ?
Dernier élément : un examen plus approfondi des contenus des médias nous permettra peut-être de compléter notre analyse. Ce qui d’ordinaire triomphe massivement, en termes d’audience, c’est le divertissement. Le football en est le parfait exemple. Il est la base du succès des médias écrits, de la radio et de la télévision gratuite ou payante. On pourrait en déduire que les médias deviennent chaque fois plus des moyens d’évasion. À ceux qui critiquent la mauvaise qualité des contenus, les professionnels répondent en excipant les succès. Ainsi, la diffusion en Espagne de l’émission Gran Hermano, un an avant Loft Story en France, a-t-elle obtenu des records d’audience. Elle a suscité des débats incendiaires, à l’image de ce qui se passa en France pendant l’été 2001. Plus fascinant encore est de constater que la télévision, grâce à ce type de programme, génère sa propre programmation et son actualité. Il ne suffit plus de proposer un groupe de jeunes aux caméras indiscrètes. On analyse ce qui se passe. On commente ces analyses. On reprend les commentaires de ces analyses et ainsi de suite. Certains soulignent qu’on a là le résultat d’une certaine manière de procéder : « Penser à l’audience c’est penser à la conséquence, jamais à la cause. » [35] Et l’auteur de cette phrase de poursuivre : « La cause doit s’utiliser au service de la conséquence. » Exprimant ainsi une utopie, Alfonso Nieto Tamargo laisse entrevoir une autre évolution possible pour les médias. Les dernières années ont été celles de l’épanouissement tous azimuts de la liberté d’expression, relayée par la liberté d’entreprendre, tout cela au service d’une apparente liberté d’évasion.
Dans un essai de synthèse historique, il faut conclure que ces années ont marqué une étape dans conquête des libertés démocratiques et que les médias espagnols ont contribué à cette acculturation de la société. Aujourd’hui, la voie est ouverte à une nouvelle étape qui porterait plus sur ce qu’il nous reste à conquérir quant au contenu que nous livrent les médias. Peut-être ne sommes-nous finalement qu’au début d’un nouveau cycle de transformations spectaculaires dans l’histoire de nos moyens de communication.
â–¡
 
NOTES
 
[1] Cf. « 1991-2001. La década de mayor cambio en los medios españoles », Noticias de la comunicación, 202, avril 2001, p. 1.
[2] Cf. art.1 de la loi sur la Presse du 22 avril 1938, en vigueur jusqu’en 1966.
[3] Actuellement, l’EGM (Étude générale des médias) est élaborée par l’AIMC, Association pour l’investigation des moyens de communication dont faisaient partie, en mars 2001, 44 agences de publicité, annonceurs, conseils-consultants et centrales de médias ainsi que 113 entreprises de communication titulaires de 267 titres ou supports. Cf. « La Asociación AIMC al día », LíneAbierta, 27, avril 2001, p. 1. On peut consulter une histoire brève de l’EGM et de l’AIMC et les données techniques de l’enquête sur la page web : http:// www. aimc. es .
[4] Ce fut le cas du quotidien Claro promu par Prensa Española, éditrice de ABC et par Axel Springer, éditeur de Bild Zeitung. Il sortit en avril et ferma en août 1991. Le groupe Godo, éditeur de La Vanguardia à Barcelone, fit une tentative avec Eco 24 horas. Il parut en avril 1996 et cessa d’être publié en août 1997.
[5] Les plus lues sont par ordre d’importance : Hola (également publiée en anglais, Hello ! et en français, Oh là !), Lecturas, Semana et Diez Minutos.
[6] Interviú du groupe Zeta.
[7] Canal Plus et Canal Satélite Digital. Elles sont distribuées à tous les abonnés à ces chaînes de télévision par satellite.
[8] Muy Interesante (depuis 1981, de G + J España, groupe Berstelmann) et Quo (depuis 1995, de Hachette Filipacchi). On pourrait caractériser leur contenu de loisir pseudo-informatif.
[9] « L’[enquête] (…) donnait en 1990, 51 % de crédibilité à la radio, davantage que les 36,6 % et 33,8 % dont bénéficiaient respectivement les quotidiens et la télévision. Un autre sondage (…) de 1992 (…) indiquait que 51,8 % des Espagnols pensaient que la radio disait toujours la vérité ou presque, face à 35,7 % qui croyaient la même chose pour la presse et 26,4 % pour la télévision », Carlos Barrera, Sin mordaza. Veinte años de prensa en democracia, Madrid, Temas de Hoy, 1995, p. 277-278.
[10] Pendant le franquisme, il y avait une seule télévision publique, Télévision espagnole (TVE) avec deux chaînes.
[11] Deux en Catalogne, deux au Pays basque, une en Galice, une à Madrid, deux en Andalousie, deux dans la Communauté de Valence et une dans la Communauté canarienne de gestion privée. L’Estrémadure et Castille-la-Manche ont fait part de plans pour mettre en marche des télévisions autonomes.
[12] Cf. Alejandro Pizarroso Quintero, De la Gazeta Nueva a Canal Plus. Breve historia de los medios de comunicación en España, Madrid, Editorial Complutense, 1992, p. 215. On trouvera une analyse complète du point de vue juridique de la télévision en Espagne dans José Carlos Laguna de Paz, Televisión y competencia, Madrid, La Ley, 2000.
[13] Cf. Pedro Crespo de Lara, El artículo 2. La prensa ante el Tribunal Supremo, Madrid, Prensa Española, 1975 ; Antonio Alferez, Cuarto poder en España. La prensa desde la ley Fraga 1966, Barcelone, Plaza y Janés, 1986 (2e éd.) ; Carlos Barrera, Periodosmo y franquismo. De la censura a la apertura, Barcelone, Ediciones Internacionales Universitarias, 1995 ; et El diario Madrid : realidad y símbolo de una época, Pampelune, Ediciones Universidad de Navarra, 1995.
[14] En l’an 2000, 59 compagnies en faisaient partie et 29 autres lui étaient associées. Il travaille en Europe en association avec les éditeurs de Le Monde et de La Stampa et en Amérique il est présent dans presque tous les pays, le Canada mis à part. On trouvera des informations sur les comptes de la compagnie en l’an 2000, son organigramme ainsi qu’un numéro spécial sorti à l’occasion du 25e anniversaire de El País dans Noticias de la Comunicación, 203, mai 2001, p. 16-20, p. 24-25, p. 30-34 et p. 42-55.
[15] Asensio est décédé le 20 avril 2001. Voir les commentaires sur sa trajectoire publiés à cette occasion dans Noticias de la Comunicación, 202, avril 2001, p. 3 et p. 22. Voir également les comptes annuels 2000 et l’organigramme du groupe composé de 60 compagnies dans ibid., 199, janvier 2001, p. 46-61.
[16] IP-Mark, 180, septembre 1978, p. 47. On peut tirer des conclusions sur l’évolution de son audience.
[17] Le Plan technique national de radiodiffusion sonore de 1978 mit de l’ordre sur les ondes moyennes et laissa la porte ouverte à la multiplication des stations FM. Sur ondes moyennes, il éleva le nombre de concessions faites à la radio d’État à 172 et n’en concéda aucune nouvelle à l’initiative privée, laquelle continua avec les 108 stations dont elle disposait depuis 1964. Pour la bande FM, les concessions furent plus favorables au domaine privé et les émissions commencèrent en 1981, apportant un fort dynamisme au monde radiophonique. En 1989 fut approuvé le Plan technique national pour la FM qui convertit la majorité de ces stations en radios publiques y compris les stations propres aux communautés autonomes et aux municipalités. 1 481 concessions sur 1 800 passèrent aux mains du public. Cf. Carlos Barrera, Sin mordaza…, op. cit., p. 273-276.
[18] En octobre 1977 fut créé un organisme « indépendant » qui unifia radiodiffusion et télévision publique : Radiotélévision espagnole, RTVE. Le directeur général de RTVE est nommé par le gouvernement. La composition du conseil d’administration de RTVE est l’objet d’une négociation parlementaire, assurant à l’opposition des représentants. On ne peut cependant pas estimer que RTVE soit indépendante du gouvernement dans les faits.
[19] Cf. Alejandro Pizarroso, op. cit., p. 216-217. Les moyens de contrôle prévus sont une commission de contrôle parlementaire de RTVE devant laquelle comparaît chaque mois son directeur général et le Conseil. Les gouvernements ont toujours exercé sans grande difficulté leur contrôle sur RTVE.
[20] Article 20-1-d, de la Constitution espagnole du 6 décembre 1978. Certains auteurs soulignent que dans la pratique, cela était possible pour les médias écrits, seulement avec l’autorisation du gouvernement pour la radio et totalement impossible à la télévision.
[21] L’UCD était en proie à des divisions internes et était en voie de décomposition. Une forte offensive terroriste et la réponse involutioniste qu’elle attirait étaient autant de menaces pour la démocratie espagnole qui semblait avoir besoin d’un changement de cap urgent.
[22] Cf. Antonio Alferez, op. cit., p. 85-122. Il est intéressant de relever le cas du quotidien Ya, propriété de la maison d’édition Editorial Católica, contrôlée par les évêques, qui s’était clairement alignée sur les positions démocrates-chrétiennes et celles de l’UCD. L’échec politique de l’UCD provoqua la dispersion des collaborateurs du journal qui changea de propriétaire avant de fermer définitivement.
[23] Outre Prisa et Zeta que l’on a déjà mentionnés, il faut citer El Correo, régnant sur la presse régionale du Pays basque et en expansion (aujourd’hui, il est présent dans toutes les régions d’Espagne et aussi en Amérique Latine. En 2001, il a fusionné avec le groupe Prensa Española, propriétaire de ABC), Recoletos pour la presse spécialisée, Godo pour la presse catalane, ONCE (qui depuis s’est retiré du monde de la communication), RTVE, Telefónica depuis les années 1990, etc. Cf. Ramón Reig, Medios de comunicación y poder en España. Prensa, radio, televisión y mundo editorial, Barcelone, Paidós, 1988, passim.
[24] La loi qui autorisa ces télévisions – loi du Troisième canal – fut promulguée en décembre 1983 alors qu’une était déjà en place depuis un an au Pays basque et une autre depuis quelques mois en Catalogne.
[25] Bien que le problème linguistique ait son importance, il significatif d’observer que les gouvernements autonomes qui mirent en place ces télévisions sont de tendances assez variées : nationalistes en Catalogne et au Pays basque, populaires en Galice et socialistes en Andalousie.
[26] Carlos Barrera, op. cit., p. 223.
[27] Cf. José Cavero, El PSOE contra la prensa. Historia de un divorcio, Madrid, Temas de Hoy, 1991 ; Justino Sinova, El poder y la prensa. El control político de la información en la España felipista, Barcelone, Ediciones internacionales universitarias, 1995 ; Javier Pradera, José Diaz Herrera et Isabel Duran, Los secretos del poder. Del legado franquista al ocaso del felipismo. Episodios inconfesables, Madrid, Temas de Hoy, 1994, p. 541-629 ; Javier Pradera, « Políticos y periodistas. La variante española de un conflicto interminable », Claves de razón práctica, 15, septembre 1991, p. 20-30.
[28] Il y avait d’autres télévisions moins chères, émettrices locales, qui furent laissées en marge de la loi, tolérées mais non régulées. Les gouvernements n’ont pas voulu abandonner leur rôle de maîtres de la communication télévisée sans conserver un certain ascendant sur les dirigeants de ce média. En 2001, on estime à plus de mille le nombre d’émetteurs de télévision locale en Espagne, cf. « Las televisiones locales inundan España », El País, 20 mai 2001, p. 30-31.
[29] Les exemples de Prisa et de Zeta mentionnés auparavant suffisent à le démontrer. Voir aussi Alfonso Nieto Tamargo, « Información, economía de la apariencia y sociedad del tiempo », Noticias de la comunicación, 202, avril 2001, p. 74-77.
[30] Le processus connut des décisions qui furent déclarées illégales par la suite. Cf. « El Supremo anula la aprobación del Gobierno a la concentración de la SER y Antena 3 Radio », El País, 13 juin 2000, et « El Supremo anula la concentración entre la SER y Antena 3 Radio », El Mundo, de la même date.
[31] Son intention était de créer un groupe multimédia, pour, d’après certains, pouvoir entrer ensuite en politique. Ses plans se trouvèrent frustrés lorsque, par ordre du gouvernement, sa banque fut mise sous le contrôle de la Banque d’Espagne. Conde fut poursuivi et condamné pour divers délits. Voir le récit qui nous livre les clés de cette affaire mêlant argent, médias et pouvoir, dans Jesùs CACHO, El negocio de la libertad, Madrid, Foca, 1999.
[32] Cf. Carlos Barrera, op. cit., p. 120-130.
[33] Parmi les 20 programmes ayant obtenu la plus forte audience en 1999, on compta 10 matchs de football et en 2000, 14 (source : Sofres).
[34] En mai 2002, les deux plates-formes ont annoncé leur fusion. Celle-ci devra d’abord, pour être effective, recevoir l’accord des autorités de la concurrence à Bruxelles.
[35] Alfonso Nieto Tamargo, art. cité, p. 76.
[*] Pablo Pérez López est maître de conférences à l’Université de Valladolid. Sa thèse – Católicos, política e infomarción. Diario Regional de Valladolid (1931-1980) –, publiée en 1994, tente d’expliquer la disparition des quotidiens catholiques en Espagne à travers l’exemple d’un journal de Valladolid. Il a participé à une histoire collective des média en Espagne, Del gacetero al profesional del periodismo. Evolución histórica de los actores humanos del cuarto poder (Madrid, 1999), à une enquête sur le pouvoir politique en Castille, Élites castellanas de la Restauración (Valladolid, 1997). Ses recherches actuelles portent sur l’histoire sociale du cinéma en Espagne dans la première moitié du 20e siècle. [Traduction de C. Pellistrandi]
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[25]
Bien que le problème linguistique ait son importance, il si...
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[26]
Carlos Barrera, op. cit., p. 223. Suite de la note...
[27]
Cf. José Cavero, El PSOE contra la prensa. Historia de un d...
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[28]
Il y avait d’autres télévisions moins chères, émettrices lo...
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[29]
Les exemples de Prisa et de Zeta mentionnés auparavant suff...
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[30]
Le processus connut des décisions qui furent déclarées illé...
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[31]
Son intention était de créer un groupe multimédia, pour, d’...
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[32]
Cf. Carlos Barrera, op. cit., p. 120-130. Suite de la note...
[33]
Parmi les 20 programmes ayant obtenu la plus forte audience...
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[34]
En mai 2002, les deux plates-formes ont annoncé leur fusion...
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[35]
Alfonso Nieto Tamargo, art. cité, p. 76. Suite de la note...
[*]
Pablo Pérez López est maître de conférences à l’Université ...
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Audience générale des moyens de communication (1997-2000) [3*3]
Indice de diffusion de quotidiens dans l’UE en 1998 (exemplaires par millier d’habitants).
Consommation proportionnelle de quotidiens
Consommation proportionnelle de radio (audience accumulée journalière).
Consommation proportionnelle de télévision (audience journalière accumulée)
Évolution des quatre quotidiens au plus fort tirage en 2000 (1987-2000) ...
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Évolution de l’audience des quatre radios généralistes les plus écoutées en 2000 (1991-2000) [3*3...
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Évolution de l’audience des cinq radios thématiques les plus écoutées (1991-2000) [3*3]
Participation des chaînes de télévision à l’audimat total (1987-2000)
Évolution des usagers d’Internet (ceux qui se sont connectés le dernier mois), 1996-2001 [3*3]