Vingtième Siècle. Revue d'histoire
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629736
210 pages

p. 177 à 181
doi: en cours

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Histoire des femmes, histoire des genres

no 75 2002/3

2002 Vingtième siècle Histoire des femmes, histoire des genres

La vitalité d’un champ

Françoise Thébaud  [*]
Françoise Thébaud a relu l’ensemble de ce numéro. Après un constat sans indulgence de la présence de notre revue dans le champ de l’histoire des femmes et du genre, elle tire des conclusions encourageantes et engage Vingtième Siècle. Revue d’histoire à transformer l’essai. Françoise Thébaud reread this issue for us. She noticed the presence of our journal in the field of gender and women’s history and drew encouraging conclusions, then suggesting to us that we should change the essay.
Françoise Thébaud a bien voulu relire pour nous l’ensemble de ce numéro. Après un constat sans indulgence de la présence de notre revue dans le champ de l’histoire des femmes et du genre, elle tire des conclusions encourageantes et nous engage à transformer l’essai.
Il n’est ni usuel ni facile de conclure un numéro de revue qui, même thématique, est par définition ouvert et inachevé. Aussi ai-je conçu ces quelques pages à la fois comme une réaction aux articles proposés et comme un complément à l’introduction, pour donner aux lecteurs peu familiers de « l’histoire des femmes et du genre » quelques repères généraux. Malgré sa volonté d’ouverture à « tous les historiens » du contemporain et des choix éditoriaux novateurs [1], Vingtième Siècle, en effet, a jusqu’ici été peu sensible à cette dimension de l’histoire, pourtant fort productive depuis trente ans. Alors que la revue s’affirme depuis l’origine à l’écoute des interrogations du présent et volontiers promotrice de recherches nouvelles, elle n’a, en dix-sept ans (1984-2000), publié que douze articles (soit 2 %) et soixante-trois recensions (soit 3,6 %) consacrés à l’histoire des femmes [2] ; ce qui la place très loin derrière Le Mouvement Social et Genèses qui ont édité plusieurs numéros spéciaux ou dossiers, ou derrière Les Annales plus réceptives depuis leur « tournant critique » [3]. Parmi les comptes rendus de livres ne figure pas, par exemple, le volume 5 de la collection Histoire des femmes en Occident dirigée par Georges Duby et Michelle Perrot ; il est pourtant entièrement consacré au 20e siècle et a mis en œuvre, dans la majorité de ses contributions, l’approche comparatiste et les dimensions politique et culturelle privilégiées par la revue [4].
 
â—¦ Une heureuse initiative
 
 
Dans ce contexte, il faut d’abord saluer l’initiative prise par Raphaëlle Branche et Danièle Voldman, puis remercier le comité de rédaction d’avoir accepté le projet et les auteur-e-s de l’avoir nourri. Cette ouverture est le signe, me semble-t-il, d’une meilleure reconnaissance intellectuelle de l’histoire des femmes qui ne peut être ignorée aujourd’hui. Mais cette reconnaissance intellectuelle, qui est plus fragile dans la discipline et la profession que dans la société civile, n’est pas suivie, comme le souligne Fabrice Virgili dans ce numéro, d’une reconnaissance institutionnelle qui seule permet à un domaine de recherche d’exprimer toutes ses potentialités, de se confronter avec d’autres dans un dialogue égal et constructif, de pénétrer les formes habituelles du savoir et d’alimenter la culture commune. Dans Écrire l’histoire des femmes, j’ai esquissé, il y a quelques années, le récit de l’aventure intellectuelle de l’histoire des femmes depuis les années 1970, souligné ses apports historiographiques et sa contribution aux débats épistémologiques [5] ; mais l’ouvrage n’a qu’effleuré les aspects institutionnels qui apparaissent fondamentaux aujourd’hui, tant la marginalisation est pénalisante pour les historien-ne-s concer-né-e-s et freine la transmission des acquis dans les universités et l’enseignement secondaire. Il y a là une vraie question d’histoire du temps présent et un beau sujet de recherche : pourquoi, en France tout particulièrement, l’histoire des femmes fait-elle encore sourire après trente ans de productions et pourquoi n’a-t-elle pas dans la discipline historique et les institutions universitaires et de recherche une place reconnue, traduite en chaires d’enseignements ou laboratoires ?
Il serait à cet égard intéressant de reconstituer, par génération (ce numéro de Vingtième Siècle rassemble avec bonheur génération pionnière, « génération intermédiaire » et jeunes chercheur-se-s, les trajectoires intellectuelles et professionnelles des actrices de l’histoire des femmes et de les comparer à d’autres. Il serait éclairant aussi d’envisager les combinaisons, variables dans le temps, des facteurs suivants : la rigidité du système universitaire enclin à l’autoreproduction ; les fluctuations de la démographie universitaire qui alterne phases d’expansion et de contraction des postes ; la valorisation, dans la culture française, de l’histoire et du métier d’historien qui contribue à déprécier ce qui est perçu comme une histoire particulariste, voire un discours subjectif ou militant ; les divergences dans les stratégies des historiennes qui, entre peur du ghetto et méfiance envers l’État, ont, pour reprendre la trilogie de Gérard Noiriel sur les fonctions de l’historien, produit du savoir et de la mémoire mais n’ont pas su, voulu ou pu exercer du pouvoir pour entrer à part entière dans la discipline et la profession [6].
Trois éléments caractérisent la situation actuelle. D’une part, la contradiction entre une recherche active et un blocage institutionnel, contradiction qui singularise la France en Europe et plus encore face aux États-Unis, comme le montre, malgré sa conclusion pessimiste, l’article de Paula Schwartz. D’autre part, la mobilisation des chercheurs et chercheuses concernés, qui, après la fondation en 1995 de la revue CLIO. Histoire, Femmes et Sociétés [7], ont créé en 2000 des associations pour pallier le déficit d’institutionnalisation de l’histoire des femmes et du genre et promouvoir son inscription institutionnelle [8]. Enfin, dans un contexte de politique d’égalité des chances entre les femmes et les hommes impulsée par l’Europe [9], le risque de confusion entre féminisation de la recherche et de l’université et développement de l’histoire des femmes. Ouverte à toutes les périodes de l’histoire, mixte comme les auteurs de ce numéro (l’histoire des femmes et du genre, il faut le souligner, n’est plus seulement écrite par des historiennes), l’association Mnémosyne souligne notamment qu’en France, c’est moins le sexe du chercheur qui fait aujourd’hui problème que le domaine de recherche ou l’approche « histoire des femmes et du genre », et plus généralement les études sur les femmes et le genre. Les sciences humaines se sont beaucoup féminisées depuis plusieurs décennies et le terme comme la figure de l’historienne (éliminée au 19e siècle dans le processus de professionnalisation du métier et longtemps indésirable à l’université) ont désormais droit de cité [10]. La recherche d’une plus grande égalité professionnelle entre les sexes ne doit pas occulter les résistances culturelles à l’inclusion d’une lecture sexuée du monde social et des phénomènes historiques, résistance qui constitue un frein aux politiques d’égalité, lecture qui est le gage de la production et de la transmission d’une culture mixte. De même, il faut réfuter ou tout au moins préciser un deuxième argument déjà ancien et qui sert souvent d’alibi au statu quo de marginalisation : l’amélioration du statut de l’histoire des femmes serait inutile puisque tout historien intégrerait aujourd’hui la dimension du genre dans ses recherches. Outre que l’affirmation ne correspond guère à la réalité (que d’ignorance ou d’indifférence encore), l’argument n’est avancé pour aucun autre domaine de recherche, chacun reconnaissant la tension stimulante entre autonomie et dilution d’une problématique. L’histoire des femmes et du genre ne pourra irriguer et se nourrir des autres champs historiques que si elle peut s’affirmer comme telle. Souhaitons donc, pour clore ce premier point, que Vingtième Siècle poursuive cette expérience de publication et offre désormais régulièrement des articles plus sensibles à la différence des sexes, des dossiers qui n’oublient pas cette dimension ou bien encore d’autres numéros spéciaux.
 
â—¦ Le genre ou les genres ?
 
 
« Histoire des femmes, histoire des genres », le titre du présent numéro, comme ceux des articles qui le composent, mérite aussi commentaires et explicitations. La juxtaposition et le double pluriel (les femmes/les genres qui semblent signifier les hommes et les femmes comme individus sexués) constituent sans doute une tournure élégante et facilement compréhensible mais elle risque de masquer l’intérêt du genre (au singulier) comme catégorie d’analyse des phénomènes et des sociétés, tel qu’il apparaît dans l’introduction ou dans les titres de plusieurs articles. Comment dire ce que nous faisons et comment nous faire comprendre ? La diversité des termes utilisés (« genre et… », « construction du masculin », « identités sexuelles et… », « travail des femmes », etc.) ne doit pas étonner le lecteur ou le pousser à conclure à un objet mal défini. Elle traduit plutôt la vitalité d’un des domaines de recherche les plus théoriques de la discipline historique, domaine qui a toujours réfléchi à la manière d’en écrire les résultats et a régulièrement questionné ses angles d’approche. Depuis quelques années, l’expression « histoire des femmes et du genre » (inscrit dans le nom de l’association Mnémosyne citée précédemment) tend en français, malgré sa lourdeur, à se substituer à celle « d’histoire des femmes » [11] pour désigner l’ensemble de l’aventure historiographique amorcée dans les années 1970 par la volonté de rendre visibles les femmes du passé, d’écrire une histoire au féminin qui fasse pendant à l’histoire classique écrite, de fait, au masculin ou sur le mode neutre. L’expression signifie aussi qu’en France les historiennes et historiens concernés ne veulent pas définir de bonne et unique manière d’écrire l’histoire ni pratiquer l’exclusion par des choix théoriques trop tranchés ; ils préfèrent varier les angles d’approche selon les objets étudiés, ou bien les associer et se nourrir du débat, parfois vif ailleurs, sur les mérites et les risques respectifs de la women’s history ou des diverses formes de gender history [12].
Vingtième Siècle illustre ici cette position d’ouverture. Elle propose d’abord des articles qui, à la recherche des expériences passées des femmes, font surgir des réalités longtemps occultées : les viols de guerre en Algérie (Raphaëlle Branche), une autre facette de la Libération (l’armée américaine a jugé 68 cas de viols de Françaises par des soldats américains entre juin 1944 et juin 1945 [13]) ou bien l’émergence d’une élite féminine africaine formée dans les écoles de la colonisation (Pascale Barthélémy). Mais, comme la contribution historiographique de Sylvie Schweitzer, qui invite à étudier « modes d’emploi » des femmes, parcours professionnels et contenus des métiers pour ne plus écrire au masculin neutre et « bâtir une histoire sociale sexuée », ces articles parlent aussi des hommes et de la virilité. S’interrogeant sur « les logiques du viol » ou l’évolution des rapports de sexe en Afrique, ils font de l’histoire du genre autant que de l’histoire des femmes.
Fondée à l’origine sur la distinction entre le sexe qui fait référence à la nature et le genre qui renvoie à la culture et concerne la classification sociale et culturelle, le plus souvent hiérarchisée, entre le masculin et le féminin, le concept de genre rend visibles les hommes comme êtres sexués et suscite l’examen de la virilité comme celui de la position dominante ou des souffrances des hommes. Alain Corbin rappelle ici son refus de « la dissymétrie dans l’appréciation de la souffrance féminine et masculine » et souligne le retard de la France dans la constitution d’une histoire de la masculinité. Deux exemples stimulants en sont cependant donnés dans ce numéro par Odile Roynette, historienne du service militaire, et Luc Capdevila, spécialiste de la guerre ; ce dernier poursuit le travail, amorcé par l’histoire des femmes dès ses débuts, « d’historicisation des identités sexuelles », pour mieux comprendre les mutations qu’ont connues au cours du 20e siècle les relations entre les hommes et les femmes. Construction des identités sexuelles, confrontation des individus aux modèles identitaires dominants, crises identitaires : les pistes d’une histoire du genre sont multiples.
L’intérêt de cette histoire est aussi de reconsidérer dans une perspective sexuée des événements et des phénomènes historiques, contribuant ainsi à l’explication de problèmes généraux de l’histoire sociale, politique ou culturelle. L’analyse du genre des événements de 1968 (place des hommes et des femmes dans les grèves et manifestations de rues, rapports de pouvoir entre les sexes, identités sexuelles assignées ou revendiquées) permet de mieux comprendre leur signification dans « les années 1968 » [14], ainsi que l’émergence et la diffusion dans les années 1970 des revendications féministes et homosexuelles (Michelle Zancarini-Fournel). L’étude des contradictions et des limites, en termes d’égalité des sexes, du débat de l’automne 1989 sur « le foulard islamique » invite à reconsidérer la question de la laïcité (Florence Rochefort). Quant à l’examen des représentations homophobes (homosexuel « efféminé » et lesbienne « virilisée »), il confirme le poids social du genre et… la pertinence du concept (Florence Tamagne).
Très allusif encore mais nécessaire au travail demandé, un troisième ensemble de remarques concerne les objets d’étude. Ce numéro de Vingtième Siècle, qui fait peu d’excursions hors du territoire français (il montre toutefois l’émergence d’une histoire francophone des femmes d’Afrique impulsée notamment par Catherine Coquery-Vidrovitch [15]), ne rend pas compte du caractère international de l’histoire des femmes et du genre ; il fallait sans doute convaincre de la vitalité des recherches en France et l’espace alloué par une revue est, chacun le sait, limité. Ce numéro privilégie aussi l’analyse des pouvoirs sur une approche anthropologique des relations entre les sexes. Il est par contre tout à fait représentatif des thématiques actuelles de recherche. S’y manifestent à la fois le développement d’une histoire des femmes et du genre du temps présent (la moitié des articles concerne l’après-seconde guerre) et l’affirmation, liée aux réalités et questionnements de la dernière décennie, de nouveaux objets d’étude comme les violences de la guerre et les sexualités. Sylvie Chaperon dresse un premier bilan historiographique et souligne l’importance du pluriel (sexualités). Marie-Françoise Lévy propose une approche inédite du Mouvement Français pour le Planning Familial en examinant pour la période 1956-1968 ses prises de position sur la sexualité des jeunes. Alain Corbin et Michelle Perrot réfléchissent ensemble à l’écriture d’une histoire des corps. François Rouquet, historien cinéphile, s’interroge sur « la modernité amoureuse » qui s’exprime dans le cinéma d’aujourd’hui. Enracinée à l’origine dans l’histoire sociale, l’histoire des femmes et du genre est sans doute devenue plus politique et culturelle; mais elle n’oublie pas la question fondamentale du travail et se caractérise avant tout par sa transversalité aux catégories usuelles de la discipline historique.
Une thèse d’histoire culturelle dira peut-être dans quelques années ou quelques décennies ce que représente ce numéro dans le paysage intellectuel et historiographique du début du 21e siècle. Pour l’heure, il sera sans doute un plaisir de lecture et une source de réflexion.
â–¡
 
NOTES
 
[1] Cf. la « déclaration de naissance » parue dans le premier numéro en janvier 1984 et, notamment, la rubrique « Images et Sons ».
[2] Danièle Voldman, « L’histoire des femmes et des genres dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire », dans Françoise Thébaud et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), « L’Histoire des femmes en revues. France-Europe », CLIO. Histoire, Femmes et Sociétés, 16, automne 2002.
[3] Signalons notamment la parution en 1999 dans Les Annales HSS de très nombreux comptes rendus rassemblés sous le chapeau « L’Histoire des femmes » (1, janvier-février 1999, p. 87-168) ; ainsi que le numéro du Mouvement Social, « Féminin et Masculin » sous la direction d’Anne-Marie Sohn, 198, janvier-mars 2002.
[4] Françoise Thébaud (dir.), Histoire des femmes en Occident-Le xx e siècle, volume 5 de la collection dirigée par Georges Duby et Michelle Perrot, Paris, Plon, 1992. Une réédition complétée vient de paraître en livre de poche (Éditions Perrin, coll. « Tempus ») : outre le texte original, elle comprend une bibliographie complémentaire (p. 860-871) et une préface factuelle et historiographique de Françoise Thébaud (« Dix ans plus tard », p. 7-58).
[5] Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes, Fontenay/Saint-Cloud, ENS Éditions, 1998.
[6] Gérard Noiriel, Sur la « crise » de l’histoire, Paris, Belin, 1996. La question de l’institutionnalisation a été abordée plus longuement par Françoise Thébaud dans le colloque organisé par le GDR Mage (Marché du travail et genre) et la revue Travail, Genre et Sociétés, et intitulé « Sciences de l’homme et différences de sexe : le temps de la recon-naissance ? » (Paris, La Sorbonne, 19-21 juin 2002).
[7] Semestrielle (deux numéros de 300 pages par an), CLIO. Histoire, Femmes et Sociétés a déjà publié 15 numéros thématiques édités par les Presses universitaires du Mirail. Elle est dirigée par Françoise Thébaud et Michelle Zancarini-Fournel, membres du comité de rédaction aux côtés de Christine Bard, Mathilde Dubesset, Agnès Fine, Dominique Godineau, Gabrielle Houbre, Christiane Klapisch-Zuber, Claudine Leduc, Catherine Marand-Fouquet et Florence Rochefort.
[8] Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre-Mnémosyne (créée à l’initiative de la revue CLIO. Histoire, Femmes et Sociétés) ; SIEFAR (Société internationale d’études des femmes de l’Ancien Régime, créée à l’initiative d’Éliane Viennot) ; Archives du féminisme (créée à l’initiative de Christine Bard et qui promeut actuellement un projet de musée d’histoire et d’art des femmes).
[9] Le ministère de l’Éducation nationale a signé en février 2000 une convention pour la promotion de l’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif. La Direction de l’Enseignement supérieur a lancé une enquête nationale sur la diffusion des enseignements sur le genre et sur la place des femmes dans les diverses instances et filières universitaires. Le ministère de la Recherche vient de mettre en place une Mission pour la parité en sciences et technologies.
[10] Voir, sur la situation actuelle, les remarques de Fabrice Virgili dans ce numéro et, sur la situation passée, les travaux de Gérard Noiriel, Bonnie Smith ou Christophe Charle. Signalons la thèse en cours d’Isabelle Ernot sur les historiennes du 19 e siècle.
[11] Utilisée encore en 1998 dans le titre de l’ouvrage Écrire l’histoire des femmes qui contient cependant une troisième partie sur « le temps du gender ». De même, fondée en 1995, la revue CLIO a écarté après débat le terme alors peu acclimaté de « genre » et choisi comme sous-titre le triptyque « Histoire, Femmes et Sociétés ».
[12] Sur ces débats vifs aux États-Unis (le terme de genre commence d’ailleurs à y être contesté et des historiennes comme Joan Scott dénoncent aujourd’hui les effets pervers de la distinction sexe/genre qui tend à accréditer l’anhistoricité et la bicatégorisation du sexe biologique), voir Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes (op. cit.) et « Dix ans plus tard » (art. cité). Au Royaume-Uni, la revue Womens’History Review a été créée en 1992 pour répondre à Gender and History (1989).
[13] Article de J. Robert Lilly et François Le Roy.
[14] Geneviève Dreyfus-Armand, Robert Franck, Marie-Françoise Lévy, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), Les Années 68. Le temps de la contestation, Bruxelles, Éditions Complexe, 2000.
[15] Catherine Coquery-Vidrovitch, Les Africaines. Histoire des femmes d’Afrique noire du xix e au xx e siècle, Paris, Éditions Desjonquères, 1994 ; du même auteur (dir. et en collaboration avec Françoise Thébaud), « Femmes d’Afrique », CLIO. Histoire, Femmes et Sociétés, 6, 1997.
[*] Professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Avignon, Françoise Thébaud a dirigé le tome 5 de l’Histoire des femmes en Occident consacré au 20e siècle qui vient d’être réédité en édition de poche avec une nouvelle introduction.
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[1]
Cf. la « déclaration de naissance » parue dans le premier n...
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[2]
Danièle Voldman, « L’histoire des femmes et des genres dans...
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[12]
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