Vingtième Siècle. Revue d'histoire
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629485
184 pages

p. 5 à 14
doi: en cours

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Propagande et communication politique dans les démocraties européennes (1945-2003)

no 80 2003/4

2003 Vingtième siècle Propagande et communication politique dans les démocraties européennes (1945-2003)

L’américanisation de la propagande en Europe de l’Ouest (1945-2003)

Fabrice d’Almeida  [*]
L’étude de l’américanisation de la propagande en Europe occidentale reflète différents questionnements de l’historiographie récente du politique. D’abord, elle permet de percevoir les transferts culturels entre l’ancien et le nouveau continent. Les capacités financières et les ressources intellectuelles ont facilité une forme d’hégémonie américaine après la fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite, s’impose la question des représentations de ce que peut être une bonne propagande. À cet égard, la suprématie des techniques américaines est devenue une sorte de lieu commun. Au point que finalement les Européens ont cru emprunter des voies tracées outre-Atlantique quand ils créaient leurs propres instruments de persuasion ou de manipulation. Ainsi se fait jour l’histoire d’une autre illusion dans l’histoire des idéologies, mais qui, celle-là, ne se conjugue par encore au passé. The study of the Americanization of propaganda in western Europe reflects different questions of recent historiography of the political aspect of things. First, it points out the cultural transfers between the old and new continents. The financial capacities and intellectual resources facilitated a form of American hegemony after the end of World War II. Then the question of the representations of what might be good propaganda. The supremacy of American techniques has become a commonplace. To such an extent that finally Europeans thought it necessary to borrow the forms outlined on the other side of the Atlantic when they were creating their own persuasion or manipulation tools. Thus, the history of another illusion in the history of ideologies becomes apparent but it is not yet conjugated in the past.
Loin d’être uniquement un processus téléguidé depuis les États-Unis, l’américanisation est souvent un phénomène consenti et recherché car il est synonyme de modernisation. La propagande et la communication politique en Europe sont en particulier réputées avoir été depuis la guerre directement inspirées du modèle américain. Pourtant, ne puisent-elles pas avant tout leur inspiration dans la tradition démocratique européenne ?
En 1945, l’Europe est encore sous le choc de la violence nazie et fasciste. Elle s’interroge sur les raisons de la durée de ces régimes. La réponse qu’apportent les hommes politiques et nombre de théoriciens tient en un mot : la propagande [1]. Les peuples ont été victimes d’une hallucination morticole. Ils ont été manipulés par d’habiles démagogues, Hitler, Mussolini et Goebbels, en particulier. Le paradoxe veut que la propagande est alors loin d’être décriée. Sa puissance est redoutée, mais chacun croit pouvoir en maîtriser les effets. Son rôle dans les partis politiques est acquis ; toutes les grandes formations européennes se dotent d’un secteur spécialisé dans cette activité. Même la SFIO, qui admet la théorie de Tchakhotine [2] sur Le viol des foules par l’action psychologique, désigne un délégué à la propagande qui prétend faire une « bonne propagande » contre les déviances communiste et nazie [3]. Triomphante et diverse, la propagande subit des influences contradictoires. Elle suit des modes idéologiques et ses contours dépendent de créateurs dont, parfois, le style tempère les formes.
De fait, après 1947, quand débute la guerre froide, chacun des camps tente d’uniformiser le discours et les méthodes d’influence de ses partisans. À l’Est, sous l’influence de Jdanov, responsable de la propagande soviétique, une théorie esthétique s’impose à tous les pays communistes grâce au Kominform tout juste créé. Elle pèse aussi sur les partis communistes d’Europe de l’Ouest, et notamment le PCF et le PCI. Progressivement, les artistes et les graphistes sont appelés à se cantonner au style prolétarien et à fournir une iconographie qui accompagne la mobilisation des masses. Les journalistes apprennent, quant à eux, une écriture des faits déformée par la doctrine. Mais la soviétisation dépasse de ce projet intellectuel. Elle suppose la collectivisation dans les nouveaux pays communistes, la destruction des anciennes pratiques « bourgeoises » ; bref, la mise en place d’un État totalitaire. Les troupes de l’armée, la police politique ou les forces de l’ordre sont les auxiliaires d’un système qui utilise la terreur et la récompense comme des instruments essentiels d’une psychologie de masse.
Dans ce contexte, les actes de la puissance américaine sont scrutés comme s’ils étaient le pendant de ceux des Russes. Pourtant, l’américanisation n’a que peu à voir avec la soviétisation, pour ne pas dire la stalinisation, de la propagande communiste. Le mot « américanisation » est d’ailleurs évoqué à propos de la société française dès le milieu du 19e siècle, notamment dans le Journal des Goncourt. Dans l’entre-deux-guerres, il se retrouve en matière de mise en scène politique. Il signifie une modernité partisane qui s’exprime quand, par exemple, le colonel de La Rocque organise de grands raids automobiles pour frapper l’opinion, ou quand Mussolini reprend les modèles des trains de propagande américains pour vanter les mérites de sa politique. Cependant, l’usage du mot est majoritairement péjoratif. Des observateurs comme Bertold Brecht voient dans cette influence le signe d’un déclin proche du capitalisme européen (Dans la jungle des Villes, 1924). Cette dimension est particulièrement sensible dans le langage courant. L’américanisation traduit une forme de désavœu, voire de renoncement, par rapport à une identité nationale. Un discours implicite de déploration en découle. Mais la question change avec le plan Marshall et l’hégémonie nucléaire. L’Amérique devient un modèle attractif, un bouclier et un tuteur qui suscite et accompagne la mue des comportements sur le vieux continent. Dans ce contexte, l’opposition communiste reprend ce vocable pour contester les gouvernements modérés et tenter de montrer aux peuples une putative trahison des élites.
Utilisé en histoire, le concept d’américanisation est moins polémique [4]. Il signifie une interrogation sur l’histoire des cultures nationales et des influences transnationales. Les formes de l’américanisation ne sont pas constantes dans le temps et l’espace. Leur intensité a varié, en particulier au rythme des relations de l’Europe occidentale avec le monde soviétique. S’arrêter sur la propagande permet d’illustrer la complexité des processus d’acculturation contemporains et de souligner un paradoxe : l’influence des États-Unis fut parfois d’autant plus profonde qu’elle ne relevait pas d’une action volontaire du département d’État ou d’un engagement atlantiste.
Les sources partisanes sont particulièrement éclairantes. Elles montrent une disjonction entre des cultures politiques qui veulent objectiver leur rapport à un modèle étranger, et des mises en forme qui subissent une influence inconsciente. Les documents étatiques provoquent des constats similaires. Une tension y est perceptible entre le maintien de rituels et de protocoles anciens et les glissements introduits par une pratique importée ou transférée d’outre-Atlantique. Encore verra-t-on que ces emprunts ont été plus faibles que ne le laisserait supposer un jugement hâtif. Car, derrière le procès en américanisation mené par les communistes, se cache un questionnement sur la légitimité de la modernisation de la vie publique.
 
â—¦ Les Américains propagandistes
 
 
Entre 1943 et 1945, les services de propagande américains envahissent l’Europe et maintiennent un temps leur méthode de guerre psychologique à usage des pays nouvellement libérés du nazisme. En France, l’armée américaine diffuse les émissions de la Voix de l’Amérique et garde un moment l’œil sur la presse. Son action est cependant vite limitée par le GPRF qui tente même dans les actualités filmées officielles de minorer la puissance des libérateurs [5]. Il n’en va pas de même en Allemagne. Là, les militaires, puis l’OMGUS (Office of Military Government for Germany, United States), tiennent ferme la barre de l’information. Suivant les théories d’Eric W. Stoetzner, un émigré allemand antinazi, théoricien du langage, ils veulent rééduquer les Allemands [6]. Des films de propagande sont produits afin de leur apprendre la démocratie, de briser le conditionnement raciste. Ces documents, présentés comme des actualités, sont les seuls à circuler dans les cinémas à partir de mai 1945. La réouverture de la presse passe aussi par les autorisations accordées ou refusées par les occupants. Les premiers quotidiens sont confiés à des administrateurs jugés fiables comme en témoignent les autorisations de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ou de la Süddeutsche Zeitung. La dénazification dans ce domaine doit être visible et correspondre à une libéralisation. Sur les murs, des affiches vantent les mérites de l’American Way of Life, un idéal de vie quotidienne dont est loin le pays ravagé et divisé. Au fond, ce n’est pas seulement la propagande qui est américanisée mais le pays tout entier, afin de mettre fin à la haine anti-américaine provoquée par les bombardements, et dont les accents antisémites étaient perceptibles dès le début du régime hitlérien.
Le lancement du plan Marshall, et l’envoi d’une aide massive sur le vieux continent, est l’occasion d’une campagne spécifique. L’aide économique (European Recovery Programm, ERP) est exaltée par le secteur publicité de l’Economic Cooperation Administration (ECA). Ce dernier effectue des actions d’information et d’influence en Italie, Grèce, Turquie, Allemagne et en France. Généreuse Amérique.
En Italie, par exemple, l’ECA finance des films montrant les trains et les bateaux d’aide destinés à l’Italie [7]. Les producteurs américains n’hésitent pas à prêter main forte en produisant des films bientôt diffusés par les sociétés italiennes. L’un d’entre eux montre comment les États-Unis et leurs soldats ont payé de leur sang la libération de l’Italie, évoquant la violence des combats à travers les images du paysage désolé du Monte Cassino et d’un cimetière militaire [8]. Puis, il explique la pauvreté du pays et la décision de voter le Recovery Act. Les visages d’enfants et de parents illustrent l’impérieuse nécessité de l’aide. Enfin, le film se conclut par un extrait de discours d’Alcide de Gasperi, le président du Conseil italien, qui remercie les États-Unis. Chaque Italien est ainsi invité à juger de sa dette envers l’Amérique. Un programme radiophonique quotidien d’un quart d’heure est diffusé, des camions d’exposition itinérante parcourent la péninsule ; la presse, quant à elle, reçoit des aides, et des pages de publicité sont achetées pour mettre en valeur la contribution américaine à la reconstruction. Cet effort est valorisé auprès des pays alliés. La firme Pathé, en Angleterre, diffuse dans ses actualités des documentaires en montrant la valeur [9]. Au fond, le plan Marshall tout entier semble être une opération de propagande, si l’on veut bien considérer cette dernière comme une forme de communication visant à obtenir un comportement précis d’une personne déterminée. En recevant l’aide, les Européens affichent la gratitude et la solidarité atlantiste attendue par Washington. Les communistes ne se lassent pas de dénoncer cette corruption idéologique acquise à l’aide du dollar.
Afin d’exercer une influence moins visible sur le cours des choses, l’administration fédérale décide de passer par des canaux plus discrets. Elle sollicite l’action des agents secrets. Les services de renseignements américains, l’OSS puis la CIA, organisent des cellules d’action dans les services secrets alliés, plus ou moins vite désactivées, à partir de 1966 : le réseau Glaive (Gladio). Les espions et leurs honorables correspondants établissent aussi un système de relais dans l’opinion. Sont ainsi créées des associations dont le but est de soutenir la diplomatie et la stratégie, en particulier au début des années 1950, quand les communistes lancent leur campagne mondiale pour la paix [10]. Cette tactique est perceptible à travers l’usage spécifique du mot « culture » dans des groupements infrapartisans, opposé à celui de « social » chez les communistes [11]. Les libéraux et, parfois, les sociaux-démocrates peuvent ainsi alimenter une presse peu lue ou des revues de grand prestige intellectuel, mais de faible écho. Ces associations utilisent aussi des affiches murales qui satisfont particulièrement les agents américains, comptables des fonds devant le Sénat et contraints de quantifier leur action. Elles reprennent le mythe de défense de la liberté de l’Europe, cette fois derrière les États-Unis, contre le soviétisme venu d’Asie. En ce sens, il existe bien une continuité propagandiste dans la lecture de la géopolitique proposée par les nazis et le bloc occidental durci par la guerre froide. Même les dessins, les affiches, voire les argumentaires, se ressemblent au point de donner l’impression que se rejoue, là, une suite de la seconde guerre mondiale. Mais, il s’agit d’une confusion volontaire des experts en guerre psychologique qui s’appuient sur les peurs et les croyances anciennes pour convaincre les opinions. Le cas de Paix et Liberté, association créée en 1950 à l’initiative du gouvernement Pleven et financée par le ministère de l’Intérieur français pour lutter contre l’influence communiste, est symptomatique de ce discours. Les dessinateurs et graphistes qui élaborent ses affiches colorées mettent en scène les dangers pour provoquer la frayeur [12]. Environ 200 images tirées à près de 100 000 exemplaires chacune sont diffusées en six ans. Quant à son président, le radical Jean-Paul David, il tente par tous les moyens de préciser la menace communiste aux yeux des Français. Il en parle à la radio où il obtient, dès 1951, une chronique quotidienne. Il y décrit les méfaits du stalinisme et dénonce l’agressivité militaire de l’Union soviétique, tout comme dans le journal du mouvement.
L’action directe ou indirecte des États-Unis, l’aide d’alliés plus ou moins impliqués dans les appareils gouvernementaux européens, contribuent ainsi à donner le sentiment qu’en matière d’action de masse la grande démocratie est plus capable que les pays d’Europe à peine libérés. L’impression de la supériorité militaire américaine se double, en définitive, d’une croyance généralisée dans la qualité de ses techniques de domination, et singulièrement de ses moyens de propagande.
 
â—¦ Une expertise en psychologie de masse
 
 
Un détour par les partis politiques d’Europe occidentale montre que, dans le long après-guerre qui court jusqu’aux premiers frémissements de soixante-huit, ces organisations ont renouvelé leurs outils de propagande en imitant sciemment des pratiques perçues outre-Atlantique. Quelques exemples rendent compte de cette fascination. En témoigne, d’abord, la façon dont le parti socialiste italien (PSI), pourtant en pleine phase d’alliance avec le PCI et de soutien à l’Union soviétique, pense devoir modifier les pratiques de ses activistes. Un texte emprunté à la revue d’orientation des militants exprime en termes simples la nouvelle stratégie : « L’évolution des choses et des idées a conduit à une nouvelle phase dans les méthodes de propagande et notre parti aussi doit savoir s’adapter aux exigences nouvelles. En Amérique, la propagande électorale passe par les formes les plus inimaginables et les plus modernes que l’esprit humain puisse concevoir ; mais en Europe aussi, et parmi ses États, en Italie, où, ces derniers mois, il ne semble pas que les partis politiques dédaignent de renouveler leurs thèmes, nous avons vu commencer un nouveau type propagandiste qui a trouvé dans le projecteur à format réduit sa forme d’action. Cela impose que chaque fédération possède une machine de ce format avec laquelle il sera possible de projeter des films à sujets social et politique qui pourront, mieux que dix réunions, attirer vers le parti de nouvelles adhésions et de nouveaux prosélytes [13]. » Même le secrétaire du parti, Lelio Basso, que certains comparent à Lénine à cause de sa barbe taillée en pointe, encourage l’achat de voitures pour conduire une propagande mobile, comme celle des démarcheurs américains.
La démocratie chrétienne (DC) n’est pas en reste. Elle a acquis plusieurs dizaines d’appareils de projection qui servent notamment à alimenter les soirées des sections que les dirigeants du service de presse et de propagande (SPES) conçoivent à la manière de clubs anglo-saxons, où l’on peut passer se détendre après le travail. La modernité américaine en propagande est donc perçue comme une manière plus simple de parler aux masses et de faire passer une doctrine politique que militants et sympathisants refusent sous son caractère revêche.
Sans doute est-ce cet aspect rébarbatif qui explique la progressive désertion de la politique partisane après l’efflorescence des années 1945-1947. Lentement, puis clairement dans les années 1950, l’éthique de parti disparaît. Les effectifs réduits contraignent progressivement les dirigeants à ne plus compter sur la seule sagacité des activistes pour atteindre l’électorat. Les partis empruntent alors des voies inédites pour se faire entendre. En Allemagne, dès le milieu des années 1950, ils achètent des espaces publicitaires dans la presse. Il y a là comme un héritage de la pratique ouverte par le plan Marshall. Les gouvernements ne répugnent pas non plus à cette pratique. Émerge une publicité politique dont les formes ne sont pas cantonnées à l’affichage militant, mais qui suppose une professionnalisation dans la conception de messages suivant des préceptes différents de ceux de l’esthétique militante. Le recours à des publicitaires est donc considéré comme une forme de modernité américanisée. C’est le cas de Guy Mollet qui sollicite Marcel Bleustein-Blanchet et Pierre Sabbagh en 1956 pour ses prestations télévisuelles.
La professionnalisation est à l’évidence une américanisation, quand la DC italienne, à son tour, se met à acheter des espaces publicitaires, et demande même l’aide d’un des plus grands experts en psychologie publicitaire, Ernst Dichter. L’épisode indique la volonté de se conformer à un type de pratiques partisanes jugées étrangères, mais dont l’efficacité laisse dubitatifs, jusqu’à ceux qui les importent. En 1962, en effet, le SPES a pris l’initiative de contacter Dichter pour évaluer la situation de la DC [14]. Dichter est le dépositaire commercial du motivationnisme, dont Abraham Maslow fut le fondateur. Ses théories ont connu une grande vogue aux États-Unis dans les années 1950 et 1960. Il les a exposées dans quelques livres et, surtout, les a mises en pratique auprès de très grandes entreprises commerciales, d’agences publicitaires (Publicis et Bleustein-Blanchet ont fait sa fortune en France [15]) et d’État (Israël, le gouvernement américain…). Son idée phare : les actes d’achat reposent sur des motivations psychologiques, pas nécessairement liées aux qualités intrinsèques du produit, mais à ses propriétés symboliques [16]. Si l’on agit sur la bonne motivation, il est possible de déclencher l’acte attendu. Cette réflexion en stimulus-réponse fut partagée par d’autres publicitaires de cette époque, et notamment un autre Américain, Vance Packard, dont l’ouvrage, La persuasion clandestine, fut un best-seller mondial et notamment européen [17]. Dichter est donc requis pour un diagnostic sur la DC. Le témoignage de son interlocuteur du SPES restitue ce qui fut alors reçu avec ambiguïté, entre respect et scepticisme : « Chez vous, nous expliquait Dichter […], le père-patron-parti domine la fonction de catalysation dans certaines circonstances historiques qui évoquent la peur et donc le besoin de protection. Mais, sur le seuil du boom économique, il en ira tout autrement. Et puis “les confessions motivationnelles” des assistants de Dichter avaient précisé que, dans l’inconscient des Italiens moyens, la DC plus qu’un père était une mère voire une matrone. […] Nous voulions vendre le centre-gauche ? Eh bien, nous n’avions qu’à essayer avec cette vieille vendeuse [18]. »
Les remarques sont prises en compte, partiellement. La campagne s’appuie sur l’image d’une jeune mariée, peinte par Lalia. « La DC ha vent’anni », disait le slogan de cette affiche, où une délicieuse brune au doux sourire symbolisait un parti non vieilli mais rajeuni par l’exercice du pouvoir. Les graffitis tournent vite en dérision cette image et son slogan. Mais l’important est ailleurs. Le PCI, dans son journal Paese Sera, dénonce le recours à un marchand de prunes de Californie pour faire la propagande d’un parti : les techniques commerciales ne sont pas dignes de la politique. Les résultats électoraux semblent lui donner raison : la DC perd 3,5 % des voix au scrutin de 1963, retardant, du même coup, le recours systématique aux méthodes publicitaires en politique. Cette tentative précoce d’aligner l’Italie sur les critères américains de propagande s’est soldée par un échec.
Pourtant, insidieusement, les habitudes changent et des pratiques culturelles démontrent un transfert entre les États-Unis et l’Europe. D’abord, par les entreprises, le marketing des statisticiens américains s’est largement imposé après la seconde guerre mondiale. De même, les pratiques de démarchage à domicile venues d’outre-Atlantique, avec leurs argumentaires précis et l’entraînement des vendeurs, se développent. Naturellement les partis en héritent. Les communistes français n’hésitent plus à vanter le porte-à-porte. Le PCF publie des brochures pour expliquer, dessins à l’appui, comment s’y prendre au mieux [19].
Les dirigeants politiques sont partout conscients de l’influence prise par les spectacles hollywoodiens et les distractions venues des Amériques. Ils tentent d’utiliser l’engouement pour des vedettes comme le font leurs homologues démocrates ou républicains. Ils imaginent même de détourner des manifestations apolitiques pour leur donner un caractère militant. Stephen Gundle a ainsi rappelé l’étrange attraction des communistes italiens pour le modèle hollywoodien [20]. Le PCI tente, par exemple, de créer une alternative au concours de Miss Italie jugé trop mercantile et américanisé. Il fonde une manifestation concurrente pour récompenser une jeune militante correspondant à des critères plus prolétariens [21]. Il faut pourtant qu’elle soit jolie, mais hors des canons internationaux… Les candidates échappent aux épreuves en maillot de bain et le jury prétend autant éduquer que valoriser un modèle de beauté véritablement italien.
Cette influence américaine, avalant ceux-là même qui la réprouvent, se ressent sur le plan formel dans les mouvements contestataires des années 1960. Rappelons que le mouvement de protestation dans le graphisme est, aux États-Unis, très puissant dans l’après-guerre. En témoignent les affiches de Ben Shahn qui se fit connaître au service du syndicat CIO dès 1946. Son style caricatural fut connu par les étudiants des Beaux-Arts et des Arts décoratifs européens dans la décennie suivante. De jeunes graphistes, tel l’Alsacien Tomi Ungerer, tout en empruntant un langage différent, saisissent l’intérêt de ce moment, et prennent le chemin de New York ou de la Californie où ils participent à la nouvelle vague de contestation contre la guerre du Vietnam. Le mouvement américain utilise beaucoup les pochoirs et la sérigraphie, et se retrouve amalgamé, vu d’Europe, à la montée du Pop’art.
En retour, le mai 1968 européen est caractérisé par un usage de ces techniques d’illustration et de graphisme. À Paris, les affiches de l’atelier populaire des Beaux-Arts ou celles des étudiants des Arts décoratifs qui, bientôt, forment le Grapus, empruntent précisément aux contestataires américains la sérigraphie et le pochoir, en raison de la rapidité de leur fabrication. Nul ne dénonce ici une américanisation. L’historien doit pourtant prendre acte du transfert et souligner ici que, finalement, les bonnes idées tirées des exemples étrangers finissent par être indigènes. En un sens, l’emprunt semble parfois un prétexte qui ouvre droit à une forme d’expression locale.
 
â—¦ Le fantasme de la communication politique
 
 
Parmi les représentations pesant sur l’histoire de la propagande, la plus lourde est sans doute celle qui veut que la propagande soit morte avec la mise en place des systèmes politiques pluralistes. Sa première occurrence se trouve en 1950 chez Jean-Marie Domenach qui, dans un court livre, affirme que propagande rime avec totalitarisme, déniant ainsi toute l’évolution des partis depuis la fin du 19e siècle [22]. Bientôt, il est rejoint par Monica Charlot qui, dans son ouvrage sur la persuasion politique, explique que, dans les pays démocratiques, la propagande est remplacée par la persuasion [23]. L’auteur s’appuie sur de nombreux travaux américains qu’elle introduit alors auprès du public français. Il y a là l’importation d’un mythe voulant que la plus grande démocratie du monde ne pratique pas la propagande, alors même qu’elle utilise encore largement des méthodes de désinformation pour lutter contre les adversaires communistes. Pourtant, cette idée s’ancre fortement en Europe. La publicité politique est désormais qualifiée comme telle et, déjà dans les années 1970, on répugne à parler de propagande. Le phénomène s’amplifie dans les années 1980 et 1990, au point qu’aujourd’hui en Europe rares sont les partis politiques ayant maintenu un secteur de propagande portant cette étiquette.
En France, l’expression « communication politique » s’est substituée à l’ancienne terminologie. Elle contient un programme idéologique implicite : le parti est à l’écoute des citoyens et se tient dans une posture de dialogue égalitaire avec eux. Les sondages seraient le moyen pour les organisations partisanes de connaître les souhaits des opinions publiques. Cette évolution est jugée comme une forme d’américanisation à l’extrême gauche, car les sondages ont été inventés aux États-Unis par George Gallup, au début des années 1930. Certes, Jean Stoetzel les a implantés, en France, en 1938, créant même pour l’occasion l’usage du mot sondage. Mais, ailleurs, en Belgique, en Italie, ou en Allemagne, par exemple, il faut attendre l’ouverture de succursales de l’agence Gallup ou la signature de partenariats pour que les sondages soient reconnus. L’italien garde d’ailleurs une trace de cette importation dans le vocabulaire : on parle de sondaggi, ou, lors des élections, des exit poll. Les utilisations par les hommes politiques ne se généralisent le plus souvent que dans les années 1960, voire 1970. À partir des années 1980, la pratique est devenue banale, autant que l’usage d’agences publicitaires professionnelles pour les campagnes électorales. Les Allemands, dans ce domaine, semblent pionniers. Ils sont cependant plus lents à se convaincre de la pertinence des sondages.
La France entre véritablement dans l’ère publicitaire lors de la campagne pour les élections de 1965. Mais elle n’est totalement coutumière de la pratique qu’en 1979, lorsque, à l’occasion des élections législatives, le PCF, lui-même, emploie un publicitaire et achète des espaces d’affichage payant, pour y apposer des images grand format (4 m x 3 m). L’habitude est bien ancrée de centrer les campagnes sur les candidats et de mettre en scène leur visage. Le phénomène aux États-Unis est plus ancien puisque dès 1928 un candidat emploie un publicitaire dans son équipe de campagne et que, dès 1934, les affiches jouent sur le visage de Franklin Roosevelt. Par effet d’antécédence donc, l’emprise de la publicité sonne comme une américanisation.
En témoigne aussi une forme de loi de l’imitation pour réussir. Le succès populaire du président Kennedy lui vaut nombre d’émules en France et en Italie. Aldo Moro s’en réclame au début des années 1960, quand il avance la stratégie de centre-gauche. Jean Lecanuet se veut « le Kennedy français » en 1965. Bientôt, Jean-Jacques Servan-Schreiber lui reprend l’étiquette, et se lance en politique après avoir écrit un best-seller : Le défi américain [24]. Même Valéry Giscard d’Estaing subit cette influence quand il demande à Raymond Depardon de faire un film sur sa campagne présidentielle [25]. Il a en tête les extraordinaires images de Robert Drew sur les primaires démocrates de 1960 [26]. Il choisit d’ailleurs d’imprimer des T-shirts à son nom, de distribuer des badges – alors à la mode –, d’utiliser la communication télévisuelle en décalant les informations. Pendant la campagne, il participe à un match de football et marque même des buts.
L’année 1974 semble celle de la plus grande américanisation propagandiste française : pour la première fois, un véritable face-à-face oppose les deux candidats au second tour des élections présidentielles. Les commentateurs s’empressent de présenter cet exercice comme un héritage du débat entre Kennedy et Nixon. Pourtant, la formule choisie n’a que peu à voir. Giscard et Mitterrand sont placés en opposition frontale quand leurs prédécesseurs se tenaient côte à côte. Ils dialoguent entre eux, alors que le journaliste ne pose pas de questions, se contentant de rappeler les temps de parole. Selon Christian Delporte, le renvoi au débat de Kennedy est un moyen de légitimer comme plus moderne un type de débat pourtant inventé par le personnel politique français [27]. Une série d’émissions a, en effet, animé la télévision publique, fondées sur la joute verbale entre deux dirigeants politiques. Ces confrontations, il faut le préciser, existaient déjà avant la télévision puisque des réunions contradictoires étaient organisées couramment depuis la seconde guerre mondiale dans les circonscriptions. On peut même se demander si cette pratique du duel télévisé ne correspond pas à une forme de cérémonie du pouvoir dont le duel nobiliaire fut le modèle [28]. Car les États-Unis ne connaissent pas ces luttes frontales entre deux hommes politiques, sous le regard d’un journaliste, et, ce, malgré leur éloge du duel dans les westerns. Là-bas, les journalistes sont trop l’incarnation de l’opinion pour qu’ils ne puissent manifester leur indépendance en posant des questions, en déterminant la demande politique. Si bien que le modèle de communication politique à la française, avec une concurrence nette entre des débatteurs dans un cadre bipolaire, n’est pas le pur décalque d’une invention d’outre-Atlantique.
Il en va de même en Italie. Le cocktail de marketing et de publicité imaginé par Silvio Berlusconi lorsqu’il lance Forza Italia en 1994 ne constitue en rien une simple application des méthodes de publicité politique américaines [29]. Il mobilise un savoir-faire italien et européen. Les méthodes de marketing sont celles de son entreprise, dont la majeure partie des cadres dirigeants est issue des universités de la péninsule. Ses spots ont été préparés par des agences italiennes et expertisés par un sémiologue belge. Son succès s’explique surtout par la connaissance fine du terroir politique italien, car il n’hésite pas à prendre pour responsables locaux de son mouvement d’anciens militants des partis menacés d’extinction, comme la DC et le PSI. Sa capacité d’action est, en outre, le fruit de son implantation profonde dans l’univers médiatique. Il jouit d’une position unique dans le monde occidental, que même un Ruppert Murdoch n’a pas réussi à obtenir : il est le seul propriétaire des trois réseaux nationaux privés qui concurrencent avec succès les trois chaînes publiques. Il est aussi le propriétaire de la plus grande maison d’édition, Mondadori, et possède quelques journaux et périodiques. Forza Italia crée, pour la première fois dans un parti, un secteur de « communication visuelle ». Ce dernier propose spots, affiches, musiques, et ouvre un site internet. Le mouvement inaugure des formules de rencontres qui se veulent moins formelles avec les militants : il crée des clubs. Rien de tout cela ne ressemble aux méthodes de la politique américaine. Pourtant ce parfum de nouveauté, ces jingles, ce goût de l’événement médiatique (campagne aérienne puis maritime sur un paquebot…) donnent l’impression d’une politique spectacle qui serait importée, qui imiterait les shows organisés à l’occasion des grands scrutins américains.
Un changement est survenu pourtant. Berlusconi est certes perçu comme américanisé, mais la critique essentielle qui lui est adressée est celle de participer à un processus de globalisation (ou de mondialisation, pour reprendre le mot français) et, partant, d’affadissement des cultures. Sa communication, comme celle que Michel Bongrand, Jacques Séguéla (tous les deux ont effectué un passage aux États-Unis en leurs vertes années) et d’autres imposèrent en France, serait le signe criant de l’existence d’un empire dominé depuis Washington, Los Angeles, la Silicon Valley ou New York. Les différences marquées entre ces pratiques et celles qui ont cours là-bas sont estompées comme pour préserver une bonne conscience européenne.
C’est oublier un peu vite que les hommes politiques de Paris, Londres, Rome ou Berlin furent les premiers lecteurs de Machiavel, qu’ils ont su à chaque âge trouver les moyens de convaincre leurs électeurs en élaborant leur propre synthèse théorique, et en développant les supports qui leur semblaient les mieux adaptés à la conduite des peuples. Loin d’américaniser leur propagande, ils ont européanisé des outils et les ont placés au service de leurs causes.
Cette circulation des techniques de propagande et de communication est l’une des composantes de la civilisation politique actuelle. Elle engendre partout les mêmes effets : fausse décontraction du personnel politique, atteinte consentie à leur intimité, entrée de leur famille dans l’espace public. Ce processus vécu dans les grandes démocraties, avec de légers décalages, laisse une impression de plagiat. Mais il est partout gauchi et ingéré par les cultures nationales et les civilités qui le vivent.
L’américanisation de la propagande, amorcée au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait pour objectif de faire admettre aux Européens les bienfaits reçus de leur grand allié. Elle aidait aussi à structurer un ensemble de pays susceptibles de tomber sous la domination communiste. Elle prend aujourd’hui une coloration différente. L’américanisation revient simplement à l’instrumentalisation de moyens de communication forgés à l’étranger. Elle est un fard pour avancer ses idées sous un masque de modernité, qui, au demeurant, permet de rejeter les fautes et les erreurs au loin. Cette nouvelle version de l’américanisation ne conserve comme trace de sa devancière que la croyance en une plus grande efficacité technique des fournisseurs d’outre-Atlantique. Pourtant, cet avantage n’est pas clair aux yeux du monde. Encore aujourd’hui, les communicants politiques français sillonnent la planète pour conseiller quelques despotes ou apprentis démocrates, qui se fient davantage à leur maîtrise des intrigues qu’aux méthodes éprouvées des commerciaux américains. Sans doute parce que si l’Europe est un vieux continent, elle conserve encore les traces de cette modernité qui lui fit faire naguère la greffe américaine.
 
NOTES
 
[1] Pour une histoire de ce terme, cf. Fabrice d’Almeida, « Propagande. Histoire d’un mot disgracié », Mots, 69, juillet 2002, p. 137-148.
[2] Serge Tchakotine, Le viol des foules par la propagande politique, Gallimard, Paris, 1952.
[3] Cf. Frédéric Cépède, Gilles Morin (dir.), « La propagande socialiste », Cahier et revue de l’OURS, 211, mai-juin 1993.
[4] Sur l’américanisation de la France, plusieurs études historiques sont intervenues depuis la thèse de René Rémond, Les États-Unis devant l’opinion publique française 1815-1852, Paris, Colin, 1962. Cf. pour la période qui nous intéresse : Denis Lacorne, Jacques Rupnik, Marie-France Toinet (dir.), L’Amérique dans les têtes. Un siècle de fascination et d’aversions, Paris, Hachette, 1986 ; Jacques Portes, Une fascination réticente. Les États-Unis dans l’opinion française, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1990 ; Christine Faure, Tom Bishop (dir.), L’Amérique des Français, Paris, François Bourin, 1992 ; Philippe Roger, Rêves et cauchemars américains. Les États-Unis au miroir de l’opinion publique française (1944-1953), Villeneuve d’Asq, Presses Universitaires du Septentrion, 1996 ; Richard F. Kuisel, Le miroir américain. 50 ans de regard français sur l’Amérique, Paris, J.-C. Lattès, 1996. Pour un début de comparaison, cf. Dominique Barjot, Christophe Reveilard (dir.), L’américanisation de l’Europe occidentale au xx e siècle. Mythe et réalité, Paris, Presses de la Sorbonne, 2002. On pourrait retenir en conclusion le sous-titre d’André Kaspi, Les États-Unis d’aujourd’hui. Mal connus, mal aimés, mal compris, Paris, Plon, 1999.
[5] Sylvie Lindeperg, Clio de 5 à 7, Paris, CNRS, 2000.
[6] Klaus Schönberger, « Hier half der Marshallplan – Werbung für das europaïsche Wiederaufbauprogramm zwischen Propaganda und Public Relations », in Gerald Diesener, Rainer Gries (dir.), Propaganda in Deutschland. Zur Geschichte der politischen Massenbeeinflussung im 20. Jahrhundert, Darmstadt, WBG, 1996, p. 197-198.
[7] David W. Ellwood, « Italian modernisation and the propaganda of the Marshall Plan », in Luciano Cheles, Lucio Sponza (dir.), The Art of Persuasion, Manchester, Manchester University Press, 2001, p. 23-48.
[8] Instituto Luce, Combat film, 1951, en collaboration avec la NBC.
[9] British Pathé, News, 1948.
[10] William Colby, Trente ans de CIA, Paris, UGE, 1978.
[11] Cf. Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture, 1950-1975, Paris, Fayard, 1995.
[12] BDIC, Musée d’histoire contemporaine, dossier Paix et liberté. Une grande partie des documents a été publiée in Philippe Buton, Laurent Gervereau, Le couteau entre les dents, Paris, Le Chêne, 1989.
[13] « Ogni Federazione una macchina cinematografica », Orientamenti, 3-4, juillet-août 1947.
[14] Carlo Dané (dir.), Parole e immagine della democrazia cristiana, Rome, SPES, 1985, p. 38-41.
[15] Cf. son éloge in Marcel Bleustein-Blanchet, La rage de convaincre, Paris, Laffont, 1970.
[16] Ernst Dichter, Une stratégie du désir. Une philosophie de la vente, Paris, Fayard, 1961 pour la traduction française.
[17] Vance Packard, I persuasori occulti, Milano, Il Saggiatore, 1985. Le livre original, The Hidden Persuaders date de 1957. Il existe une version du livre en français, en espagnol, en portugais, en allemand.
[18] Adolfo Sarti, Quando la DC, art. cité, p. 41.
[19] « Le porte-à-porte », La vie du parti, septembre 1948.
[20] Stephen Gundle, I comunisti italiani tra Hollywood e Mosca : la sfida della cultura di massa (1943-1991), Florence, Giunti, 1995. Cf. aussi du même « The Americanization of Daily Life : Television and Consumerism in Italy in the 1950s », Italian History and Culture, 1996, 2, p. 11-39.
[21] Stephen Gundle, « Glamour et propagande. Les concours de beauté communistes des années cinquante », in colloque Propagande et contre-propagande en Italie de 1945 à nos jours, Paris, Institut culturel italien, 20-22 novembre 2001.
[22] Jean-Marie Domenach, La propagande politique, Paris, PUF, 1950.
[23] Monica Charlot, La persuasion politique, Paris, Colin, 1962.
[24] Jean-Jacques Servan-Schreiber, Le défi américain, Paris, Denoël, 1967.
[25] 1974. Une partie de campagne, Raymond Depardon, 1974, 1 heure 30 minutes. Le titre original de l’œuvre en 1974 était 50,81 %. Mais chacun connaît l’histoire de la micro-censure de ce documentaire par son instigateur et producteur, Valéry Giscard d’Estaing.
[26] Primary. 1960, de Robert Drew, Time Life Broadcast, 52 minutes.
[27] Sur ce sujet cf. Christian Delporte, « Corps à corps ou tête-à-tête ? Le duel politique à la télévision (des années 1960 à nos jours) », Mots, décembre 2001, 67, p. 70-91.
[28] Antoine de Baecque, La cérémonie du pouvoir – Les duels sur la scène politique française de la Révolution à nos jours, Paris, Grasset, 2001.
[29] Fabrice d’Almeida, « Verso “una democrazia dell’opinione” ? I linguaggi politici tra propaganda e comunicazione di massa », in Pier Luigi Ballini, Maurizio Ridolfi (dir.), Storia delle campagne elettorali in Italia, Milan, Bruno Mondadori, 2002, p. 275-284.
[*] Fabrice d’Almeida, ancien membre de l’École française de Rome, est actuellement maître de conférence à l’université de Paris 10-Nanterre. Il a notamment publié Images et propagande (Casterman-Giunti, 1995), Histoire et politique en France et en Italie : l’exemple des socialistes 1945-1983 (Bibliothèque des Écoles française d’Athènes de Rome, 1998), La Manipulation (PUF, 2003). Il est aussi l’auteur avec Christian Delporte de l’Histoire des médias en France de la Grande Guerre à nos jours (Flammarion, 2003). Avec ce dernier, il coordonne un groupe européen de recherches sur l’histoire de la propagande.
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Instituto Luce, Combat film, 1951, en collaboration avec la...
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British Pathé, News, 1948. Suite de la note...
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William Colby, Trente ans de CIA, Paris, UGE, 1978. Suite de la note...
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Cf. Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Co...
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