Vingtième Siècle. Revue d'histoire
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629736
210 pages

p. 155 à 165
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Avis de recherches

no 81 2004/1

Parcours du libéralisme français (19e-21e siècles)

Le libéralisme a ceci de complexe et de riche qu’il est un courant d’idées politiques et une réalité historique, une doctrine économique comme un idéal revendiqué par des partis contemporains. Peuvent donc être invités à son étude des historiens, des politologues, des économistes et des hommes politiques, pour essayer de distinguer dans la pensée libérale un idéal cohérent, une réalité historique et une interprétation politique. C’était la proposition du colloque qui s’est tenu à la Sorbonne le 18 juin 2003.
Guy Berger (Cour des Comptes) montre l’ambiguïté de l’acclimatation française du mot libéralisme : il est d’abord utilisé après Brumaire pour justifier une prise de pouvoir qui affiche de défendre les idées de la Révolution, ou la liberté ; mais c’est longtemps un barbarisme anglais avant que Chateaubriand et Constant ne l’adaptent.
Pour Pierre Manent (EHESS), le libéralisme est la doctrine de la Modernité, la réalisation des Lumières. Il substitue à un ordre hiérarchique un ordre social basé sur l’égalité des membres, le contrat et l’intérêt. Les Révolutions peuvent désormais renverser l’ordre ancien, puisqu’on a trop tendance à oublier que le libéralisme a été au début du 19e siècle la doctrine redoutée de la conspiration et de la révolution, en Europe et en Amérique Latine (Javier F. Sebastian, université du Pays Basque)
La révolution faite, la difficulté du libéralisme a été de devenir une doctrine de gouvernement (Dario Roldan, université de Buenos Aires) : comment concilier liberté individuelle et souveraineté populaire, ce que se demandait déjà Constant, alors même qu’un gouvernement fort paraît nécessaire pour s’opposer à la foule considérée comme misérable, violente et révolutionnaire. En France, au-delà de sa légende noire, c’est le succès et la créativité du moment Guizot décrit par Jean-Miguel Pire (Institut universitaire européen de Florence). Un gouvernement fondé sur la raison qui s’efforce de promouvoir le progrès en favorisant l’activité économique, accessoirement les grands intérêts, mais aussi l’éducation populaire, l’éducation primaire et la politique officielle de « mémoire » ou d’histoire, les musées, les monuments historiques, les archives – qui permettra à terme d’assurer ce gouvernement de l’ordre raisonnable, le tout dans une certaine atmosphère de réalisme et de désenchantement moral. Le libéralisme est ainsi un projet politique national, comme aux États-Unis (Pierre Manent), où loin de les opposer par principe, il inspire également activités privées et activité de l’État, favorisant une communauté d’intérêts et d’action. Ainsi posé, le libéralisme peut servir d’idéologie à la Troisième République ; « libéralisme incertain » (Jean-Pierre Machelon, Paris 4), à la fois consacré et essoufflé, mais libéralisme tout de même. La souveraineté du Parlement et de la loi consacre les libertés à travers les grandes lois républicaines, en même temps, la pratique est celle d’une idéologie engagée, en dehors des contrôles juridiques et constitutionnels auxquels nous sommes désormais habitués. Le capitalisme sait s’appuyer sur l’État, qu’il favorise le protectionnisme ou limite les assurances sociales obligatoires. Aussi un peu plus tard, les nationalisations de la Libération peuvent être interprétées moins comme un triomphe de l’économie socialiste que comme une décision de circonstance – certes influencée par une atmosphère intellectuelle particulière, enthousiaste à l’action collective et peu séduite par le marché –, mais qui se veut d’abord une décision rationnelle et nécessaire à une reconstruction efficace, plus technocratique et plus faiblement idéologique qu’il n’y paraît (Dominique Barjot, Paris 4). Tout ceci n’est donc, comme le culte de l’État des hauts fonctionnaires des Quatrième et Cinquième Républiques décrit par Jacques Rigaud, nullement opposé au libéralisme. Par ailleurs, le catholicisme libéral, selon Lucien Jaume, non sans longs revers, de Lamenais au Sillon, prépare la longue acculturation de l’Église au libéralisme, réalisée enfin lors du concile de Vatican II.
Le grand rival du libéralisme a été, dès le 19e siècle, le socialisme marxiste (Philippe Raynaud, Paris 2). On peut le considérer d’ailleurs comme issu du libéralisme, le socialisme ne se ralliant au marxisme – lui même héritier et critique de la pensée libérale, notamment en économie politique – qu’à la fin du 19e siècle, et jamais totalement, ce dont témoignent les synthèses jaurèsienne en France ou social-démocrate en Allemagne, mais aussi l’ambiguïté des courants politiques comme le saint-simonisme ou le jacobinisme. Cette évolution des mentalités et des rapports de force intellectuels peut se lire aussi à travers les réécritures de la Révolution française (Ran Halévi, CNRS), le débat portant notamment sur l’intégration ou non de la Terreur à l’héritage révolutionnaire revendiqué avec Michelet et Guizot au 19e siècle, l’assimilation à une révolution bourgeoise préparatoire à la révolution communiste soviétique au 20e siècle, avant les propositions de François Furet qui insiste sur les potentialités totalitaires de la Révolution. Ce déclin des thèses libérales est aussi illustré à l’Université (selon Philippe Raynaud) par la quasi disparition de Tocqueville comme référence intellectuelle universitaire en France jusqu’à une date récente. Ce déclin se marque spécialement pour Christian Stoffaës (Paris 9) dans les réactions à la crise des années 1930 : elle est interprétée non plus comme moment-étiage d’un cycle, mais comme un échec du capitalisme. Cela s’ajoute aux effets de la première guerre mondiale pour légitimer et systématiser l’intervention économique de l’État dans les démocraties libérales, alors même que les régimes totalitaires contestent les fondements idéologiques du libéralisme. L’Angleterre des années 1920 voit ainsi de manière paradoxale et symbolique la disparition du parti libéral de la scène politique en quelques années, alors même qu’à Oxford et Cambridge, les écoles rivales de la science économique préparent la synthèse de l’économie classique et de l’interventionnisme keynésien, et l’essor futur et libéral de la science économique.
Le libéralisme paraît donc un temps en condition d’accusé, selon Jean-François Revel, par le marxisme d’après-guerre, assimilé à l’extrême droite par les gauchistes, des guérillas d’Amérique Latine aux antimondialistes. Ce qui explique pour Jean-Claude Casanova qu’une partie des activistes libéraux se réfugie dans les années 1950 dans la construction européenne, d’abord technocratique, à l’apolitisme affiché, mais aux aspirations profondément libérales – libre échange, efficacité, bien-être et liberté guidés par les élites devant garantir la paix et la démocratie -, et ce avec le succès que l’on sait.
Mais depuis 1989 ou 1991, nous sommes plutôt au temps du libéralisme dominant, sinon triomphant. Nicolas Baverez montre comment cette domination a été préparé par Milton Friedman et la pensée monétariste : au-delà d’un courant de la science économique, il s’agit d’un véritable système de valeurs qui sert de rechange à un pacte keynésien social-démocrate et fordiste usé dans la crise et la stagflation. Ce triomphe des idées libérales, remarque Alexis Massart (université catholique de Lille), ne s’est pourtant pas traduit par la constitution durable en France ou en Europe d’un parti libéral ; au mieux, les partis conservateurs ou la démocratie chrétienne ont marqué une inflexion libérale.
Jean-Jacques Rosa (IEP Paris) entend déplacer l’opposition économique entre public et privé, et nuancer la privatisation de l’économie comme but principal du libéralisme politique. La grande différence, plus que de l’actionnariat, réside selon lui dans l’échelle et le mode de la prise de décision, selon la taille de l’unité de production. Contre les administrations d’État ou les grandes firmes multinationales traditionnelles qui constituent globalement l’économie hiérarchique et administrée, les révolutions informatiques favorisent la décentralisation de la décision, la dérégulation et le recours aux informations du marché. Seule doctrine politique survivante, le libéralisme peut pourtant être sociale : Dominique Schnapper (CNRS) montre comment l’idéal de protection et d’équilibre que constitue l’État-Providence, ou de bien-être, peut être la réalisation d’une pensée libérale, ce filet de sécurité matérielle permettant la liberté réelle des agents, et accroissant leur capacité à contracter, prendre des risques et s’individualiser. Monique Canto-Sperber (CNRS) voit dans le libéralisme la base idéologique capable de servir à la reconstruction d’un parti socialiste idéologiquement désemparé, mais dont les racines profondes sont autant libérales que marxistes.
Il reste au libéralisme à penser ses nouvelles limites, celle de la modernité politique, qu’il s’agisse du gouvernement par défaut des juges (Alain Laquièze, université d’Angers), ou du risque totalitaire de l’État de prévention, redouté par Alain-Gérard Slama (IEP de Paris) mais déjà pressenti par Tocqueville.
Emmanuel Dreyfus

Paul Painlevé

La journée d’étude consacrée à Paul Painlevé (1863-1933), organisée au Conservatoire national des Arts et métiers le 22 mai 2003 par Robert Frank (Université Paris-1) et Claudine Fontanon (EHESS-Centre Koyré), a mis en lumière, par une démarche interdisciplinaire, la singularité de l’engagement d’un savant en politique.
Le mathématicien Philippe Destruynder (CNAM) a justifié l’importance du personnage étudié pour l’institut de la rue Turbigo : Painlevé en présida le conseil d’administration pendant plus de vingt-cinq ans.
L’astringent de l’œuvre mathématique du savant a été exposé par Hélène Gispert (université Paris Sud-Orsay). Après sa thèse relative aux équations différentielles (1887), ce normalien, agrégé de mathématiques, publia plus d’une centaine d’articles et enseigna la mécanique à la Sorbonne et à l’École Polytechnique. Sa participation au développement d’une nouvelle théorie des fonctions relatives à de nouvelles transcendantes, comme son souci de l’utilité des applications, le conduisirent « de l’abstrait au concret, de la réflexion à l’action, du principe à l’application » (Paul Langevin).
C’est son engagement – tardif (fin 1898) mais total – dans l’Affaire Dreyfus, qui marqua un tournant dans sa carrière, par son entrée dans le combat civique (Vincent Duclert, EHESS). Très actif dans l’animation du front scientifique, il mobilisa les grands noms de la science et contribua à réfuter les thèses de l’État-major, rompant avec les milieux militaires dont il était proche. Il repoussa la domination de la technique et imposa le rôle de la science, comme idéal de vérité.
Écartelé entre les valeurs de la société civile et l’action politique, ce libre-penseur, ligueur mais « maçon sans tablier » (Jacqueline Lalouette, université Nord-Paris 13), prit souvent des mesures en décalage par rapport à ses idéaux : contre-pied de la politique anticléricale d’Herriot et politique menée dans la guerre du Rif. Il dut sa proximité d’avec la franc-maçonnerie à son engagement associatif à la Ligue des droits de l’Homme, à ses présidences du cercle Berthelot ou de l’association Gustave-Mesureur et à sa présence affichée aux côtés de maçons, au CNAM ou aux soirées Gustave Eiffel.
Converti à l’aviation et à la mécanique des fluides (Claudine Fontanon), expert de l’aviation au Parlement, le futur ministre de l’Air (1931-32) confia à l’État la mission de guider les progrès de la technique aéronautique naissante par une politique scientifique et industrielle d’accompagnement : mission étatique de création d’un pôle scientifique d’excellence (aviation), aide à la mise en place d’enseignements techniques supérieurs (aéronautique) et à la création de formations professionnelles pour les futurs métiers de l’aviation.
Le brillant universitaire se lança en politique à quarante-sept ans, débutant une carrière de parlementaire et de leader politique (Anne-Laure Anizan, IEP-Paris). Élu député à partir de 1910, à Paris puis à Nantua, Painlevé resta fidèle à son identité de républicain-socialiste. Cependant, s’il présida son parti après 1919, il marqua peu d’intérêt pour la base militante et alla à la scission contre elle. Républicain et réformiste, il dut son élection rapide au Palais-Bourbon à son statut de savant. Par ses compétences scientifiques relatives à l’aviation, à la marine ou à la question des poudres et explosifs, il s’imposa au Parlement et au gouvernement : il fut ministre dès 1915, en charge des Inventions intéressant la défense nationale. Par là, il eut le souci constant d’impliquer l’État dans l’innovation. Sa stature de leader politique explique son accession aux plus hautes fonctions de l’État. Artisan du Cartel des Gauches, il accéda, dès 1924, à la présidence de la Chambre des députés. Candidat malheureux des cartellistes à la présidence de la République la même année, il prit la direction du gouvernement en 1925, avant que son image d’homme de gauche ne soit ternie par les concessions que l’exercice du pouvoir entraîna sur le programme (orthodoxie financière, rébellions au Maroc et en Syrie).
Le légendaire défaitisme du Painlevé de 1917 fut infirmé par Georges-Henri Soutou (Université de Paris 4). N’adhérant pas aux buts de guerre défendus par Poincaré, Painlevé réfléchit à une troisième voie entre guerre à outrance et défaitisme, mélange de défensive prudente et de stratégie active dans les Balkans. Les tentatives de paix négociée auxquelles pensa Painlevé et la recherche d’une majorité parlementaire soutenant ses projets montrent que le président du Conseil français ne fut jamais partisan d’une paix blanche, l’Allemagne n’étant finalement pas prête à rendre la Belgique et l’Alsace-Lorraine simultanément.
Un voyage en Chine (Marianne Bastid-Bruguière, membre de l’Institut), durant l’été 1920, lui permit d’acquérir une dimension internationale, aidé en cela par la presse. Cette mission, marquée par l’obtention d’un doctorat honoris causa de l’université de Pékin et par un vol audacieux de 1 000 kilomètres en hydravion au-dessus du Pacifique, répondait au départ à la volonté des amis chinois de Painlevé de lui confier l’unification de l’exploitation des chemins de fer de Chine. Ces objectifs, comme celui de la création à Paris d’un Institut des hautes études chinoises, n’eurent cependant pas de suite.
Ministre de la Guerre de 1925 à 1929, Painlevé eut un rapport à la paix très étroit (Jean-Michel Guieu, université de Paris 1) : par sa volonté d’un rapprochement franco-allemand, avec un soutien total à la politique de Locarno et au briandisme ; par une confiance affichée, quoique réaliste quant au désarmement, en la Société des Nations ; par son soutien aux tentatives de rapprochement politique, économique et intellectuel des peuples européens. L’organisation de la paix par le droit restait une priorité.
Homme de sociabilité et de réseaux, aimant les contraires, Paul Painlevé fut, selon Robert Frank, un personnage entier, malgré ses multiples facettes, qui réussit parfaitement à relier l’éthique de conviction à l’éthique de responsabilité.
Christophe Bellon

Les usages politiques de l’histoire dans la France contemporaine des années 1970 à nos jours

Lors de ce colloque, organisé par le Centre d’histoire sociale du 20e siècle de l’université de Paris 1, les 25 et 26 septembre 2003, la problématique devait être centrée sur les acteurs construisant des usages politiques à visée sociale, sur l’intention du pouvoir en matière historique. L’hypothèse de départ : dans les trente dernières années, on assiste à la déconstruction d’une mémoire issue de l’histoire académique positiviste, et à la construction de mémoires, et de cultures, à la fois plus critiques et plus complexes. La disparition du roman national, et de la mémoire qui en découle, laisse place à un discours historique variable. En fonction de cette évolution sensible, le pouvoir politique doit modifier ses propres constructions et ses exigences. Les pouvoirs locaux pourraient, quant à eux, bénéficier de ce glissement. Les différents acteurs politiques et sociaux doivent, en fait, tous tenir compte de ces évolutions, d’autant plus que l’apparition de nouveaux acteurs (mouvements sociaux) reconfigure le rapport au passé.
Les textes des communications avaient été rassemblés avant le colloque. Les deux jours de rencontre ont permis de présenter quatre rapports, résumant ces communications, et d’en débattre largement. Les textes intégraux ont, depuis, été mis en ligne sur le site du CHS. La forme choisie s’est révélée passionnante ; grâce au travail scrupuleux des rapporteurs, les débats ont été riches et permis un vrai travail en commun des participants.
Le pouvoir central encadre le récit historique en fonction de ses intérêts. Les années 1990 sont marquées par l’émergence d’éléments nouveaux dans le consensus mémoriel. Le rapport du pouvoir politique à l’explication du passé évolue ; on se situe plutôt dans un mouvement de retrait de l’intention politique par rapport à l’écriture de l’histoire. Cette prudence de l’exécutif apparaît, par exemple, autour de la commémoration de l’esclavage, de la dénonciation de la torture en Algérie, ou dans les choix des nouveaux admis au Panthéon. De manière générale, la décision autour des commémorations est placée sous le signe du compromis. Surtout, c’est le déclin du sens au profit de la sensibilité qui frappe. Un marché politique de l’émotion émerge, au moment où les incertitudes de sens se creusent. La piété commune se mobilise autour des victimes, plus que des héros.
Étudiées au niveau local, les manifestations autour de l’histoire relèvent bien souvent du « braconnage » (au sens que lui donne Michel de Certeau de réinvention par les acteurs sociaux). La demande sociale qu’elles semblent révéler n’est sans doute pas nouvelle, et il conviendrait de mieux la cerner : multiforme (des fêtes de village aux écomusées), elle touche toutes les périodes historiques. Dans les études proposées, l’impact du recul des sociétés savantes sur l’écriture de l’histoire locale n’a sans doute pas été bien mesuré.
Les nouveaux acteurs, politique et sociaux, sont nombreux : les élus locaux sont présents jusque dans les manifestations scientifiques des historiens ; les associations d’anciens combattants jouent comme groupes de pression pour la sauvegarde d’une mémoire ; les nouveaux médiateurs culturels cherchent à valoriser le patrimoine ; l’archéologie expérimentale n’est pas nouvelle, et la commercialisation de sa production devrait amener à s’interroger sur la véritable nature de la demande sociale à laquelle elle répond. Au fil du 20e siècle, les partis politiques ont pratiqué de multiples usages de l’histoire. L’écriture d’une histoire officielle a, par exemple, permis au parti socialiste de reconstruire son identité après chaque rupture. Dans ce domaine, il aurait pu être question de la récente captation de la production historique que représente la naissance de l’institut François Mitterrand, dans une tradition de dépôts aux archives publiques. Car il faut dire que la question centrale de la place du discours universitaire et de la recherche scientifique (CNRS, universités) dans l’écriture de l’histoire, toujours présente en filigrane, n’a jamais été directement posée.
L’absence d’étude des rôles respectifs de l’enseignement et des médias n’a pas permis d’arriver au cœur du sujet, l’instrumentalisation politique du récit historique. Dans une société qui s’approprie le discours historique, on assiste forcément à l’émergence de récits divergents et de problématiques nouvelles. Ce colloque, fort riche, a donc ouvert des pistes et posé de multiples questions, sur les rapports au politique de l’université et des chercheurs en histoire, sur la demande sociale et ses développements possibles à partir des nouveaux acteurs que sont la justice, l’édition, la culture et ses médiateurs, enfin sur la place de l’histoire dans l’enseignement et la formation. En France, la place privilégiée de l’histoire, depuis deux siècles, dans les programmes d’enseignement, détermine, en effet, son importance dans notre culture. C’est peut-être vers ces usages, diffus ou consensuels, de l’histoire (de la mémoire ?) que de nouvelles recherches pourraient se tourner.
Claire Blandin

Gendarmerie et gendarmes du 20e siècle

Trois ans après une première manifestation autour de la gendarmerie au 19e siècle [1], un autre colloque, Gendarmerie et gendarmes du 20e siècle, s’est tenu à la Sorbonne, les 13 et 14 juin 2003. Cette rencontre scientifique était organisée par l’université Paris 4, sous la responsabilité de Jean-Noël Luc, avec le concours du Service historique de la gendarmerie nationale.
La rencontre de l’année 2000 avait mis en valeur le rôle d’homme-orchestre joué par le gendarme au 19e siècle et l’importance d’une institution placée au point de rencontre du monde militaire et de la société civile, de l’ordre et de la déviance, de l’État et du citoyen. Bien que fortement concurrencée par la police, la gendarmerie du siècle suivant a conservé cette place cruciale, sous réserve de profondes évolutions, dans le cadre d’une France en mutation.
Rendre compte de ces adaptations était l’une des ambitions de ce colloque. Le pari a été tenu grâce à l’ampleur et à l’esprit d’ouverture de la manifestation : vingt-neuf communications, dont les deux tiers assurées par de jeunes chercheurs, et la collaboration de trente-deux universitaires français et étrangers (dont vingt-huit extérieurs à Paris 4) au comité scientifique, aux présidences de séance et à la table ronde.
Cette mobilisation a permis de suivre l’histoire de l’institution, depuis les tensions de la Belle Époque jusqu’à la crise de 1989. Plusieurs intervenants ont rappelé que son statut militaire avait été souvent remis en question. De la mobilisation de 1914 aux années noires, la gendarmerie des guerres mondiales a bénéficié d’éclairages très neufs. Empêtrés dans les ambiguïtés et dans les choix de Vichy, les officiers de l’arme sont rigoureusement épurés à la Libération. La gendarmerie, qui joue un rôle central dans l’administration coloniale, se retrouve ensuite en première ligne dans les conflits liés à la décolonisation : guérilla indochinoise, maintien de l’ordre en Algérie, lutte contre l’OAS.
D’autres approches, thématiques, ont éclairé les transformations de l’arme au cours du siècle : croissance de la spécialisation, modernisation des méthodes d’analyse criminelle dans les enquêtes judiciaires, adaptation du droit d’usage des armes, évolution de l’administration des territoires d’outre-mer, mutation de l’image du gendarme au cinéma.
Ce colloque sur un champ de recherche longtemps ignoré, et tout juste défriché, a montré que l’histoire de la gendarmerie permettait de mieux comprendre l’histoire des rouages administratifs et judiciaires de l’État et l’histoire de la Défense. Il a aussi fait émerger des thèmes de réflexion – militarité, spécialisation, redéploiement – que les chercheurs du séminaire spécialisé co-dirigé, à Paris 4, par Jean-Noël Luc et Jacques Frémeaux, pourront approfondir.
Aurélien Lignereux

Étudiants sans frontières. Migrations universitaires en Europe avant 1945

L’étude des migrations universitaires est un des chantiers importants de l’histoire des relations sociales et culturelles en Europe. Cette recherche, inaugurée il y a près de vingt ans, connaît de nouveaux développements dans lesquels s’insère l’organisation, les 20 et 21 juin 2003, par Hartmut Rüdiger Peter (Halle) et Natalia Tikhonov (Genève), d’un colloque international.
Cette rencontre est la quatrième étape d’une série de manifestations : deux consacrées aux étudiants russes en Allemagne (Halle, 2000 et 2001) et une portant sur la confrontation du cas français avec les autres pôles d’accueil occidentaux (Paris, 2002) [2]. À Genève, une trentaine de chercheurs – historiens, juristes et statisticiens – venus des États-Unis, de Russie et de nombreux autres pays européens, ont approfondi la question des étudiants migrants [3]. Le colloque s’est déroulé en français, allemand et russe.
Chaque communication a abordé un exemple de migrations universitaires en Europe (deuxième moitié du 19e siècle – première moitié du 20e). Sachant, d’une part, que les pays de départ sont essentiellement l’Europe du Centre et de l’Est et, d’autre part, que les pays d’arrivée sont la France, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche et l’Italie, il est facile d’imaginer la complexité des croisements auxquels les chercheurs se sont livrés : une nationalité d’origine dans plusieurs pays d’accueil ; plusieurs nationalités d’origine dans un seul pays d’accueil ; une nationalité d’origine dans un seul pays d’accueil ; approche aussi par école ou par université d’accueil, etc. (Andreev, Ghervas, Ivanov, Kostov, Nastasa, Szögi, Vuilleumier, Irina et Dimitri Gouzévitch, Moulinier, Karady, Signori, Peter et son équipe de jeunes chercheurs de l’université de Halle qui mènent, depuis 1999, une recherche approfondie sur la présence des étudiants russes dans les universités du Reich [4]). La recherche est compliquée par le croisement des chronologies et de la géopolitique européennes propres à la période étudiée et bien connues des historiens des migrations intra-européennes : frontières nationales, culturelles et politiques.
Des lignes de forces sont cependant à signaler : tout en soulignant les limites de l’histoire quantitative, de nombreux communicants ont insisté sur les possibilités réelles de mesurer les flux et de construire des données statistiques et sociologiques comparatives, à partir des nationalités, confessions, âge, genre, choix d’études des migrants, etc. (de Boor, Rygiel, Szögi). Par ailleurs, pour beaucoup d’intervenants, la guerre de 1914-1918 constitue une césure. Deux modèles simplifiés de migrations universitaires peuvent alors être dégagés. Jusqu’en 1914, il s’agit souvent de migrations de substitution ou de perfectionnement, quand les systèmes universitaires nationaux étaient inexistants, défaillants ou discriminatoires vis-à-vis de certaines minorités ethniques et confessionnelles : les élites de certains pays des Balkans par exemple, sont totalement formées à l’étranger, ce qui influence considérablement le développement culturel et social des pays en question (transferts culturels, scientifiques et techniques…) et les relations internationales ultérieures (Nastasa, Kostov). Après la première guerre mondiale, on assiste plutôt à une émigration déguisée qui fuit devant la discrimination, le numerus clausus des universités nationales toujours plus élevé, et les conséquences de la révolution soviétique.
D’autres grands traits ont également émergé : derrière l’apparente hospitalité et le libéralisme affiché des pays et des universités d’accueil, on constate la récurrence de stratégies protectionnistes plus ou moins contrebalancées par l’émergence de la notion de marché universitaire d’où une surveillance particulière des étudiants étrangers et des restrictions attachées à leur statut juridique (Slama ; Cammelli et Sgarzi). Parmi les questions traitées, on relève celles de l’identité, de l’image, de la perception de soi et de l’autre (Ghervas, Klotzsche, Manitz). De nombreuses comparaisons ont été engagées, y compris avec des migrations universitaires au départ des États-Unis (Tikhonov). À bien des égards, cet ensemble de déplacements d’étudiants porte en germe le nouvel « Espace européen de l’enseignement supérieur » (Fouché).
Comme l’a rappelé dans son propos introductif Wladimir Bérélowitch, l’histoire des migrations estudiantines « reste plus que jamais d’actualité à l’heure où institutions européennes, États et fondations ont fait de la mobilité universitaire et de l’ouverture des frontières un de leurs chevaux de bataille, retrouvant ainsi, par une politique volontariste, des pratiques qui coulaient de source dans l’Europe médiévale ». Ce constat de longue durée justifie la dernière partie du colloque qui a pris la forme d’une table ronde permettant aux participants de se constituer en réseau, de présenter leurs réflexions sur la méthodologie des recherches envisagées et sur les thèmes prioritaires à retenir. Lors d’une dernière réunion de travail ont été discutées les modalités de la mise en œuvre et de la gestion du projet : les principes retenus à court terme sont l’élargissement de l’espace et de la chronologie, la possibilité de construire une banque de données pour l’ensemble de l’espace universitaire européen, la préparation d’un ouvrage collectif qui ferait le point sur les sources et l’historiographie des étudiants migrants et la programmation de nouvelles rencontres à Coppet selon un rythme bisannuel. Il s’agit bien d’un projet prometteur et durable.
Nicole Fouché

Le train de Loos, 1er septembre 1944

L’histoire du train de Loos est celle d’un important convoi de déportation vers l’Allemagne parti le 1er septembre 1944 de la gare de Tourcoing, quelques heures seulement avant l’arrivée des troupes britanniques. Les déportés avaient été extraits de la prison de Loos, utilisée par les autorités allemandes pour regrouper les prisonniers arrêtés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Plusieurs raisons ont donné au « train de Loos » une notoriété exceptionnelle. Il faut d’abord tenir compte du statut particulier des deux départements du Nord et du Pas-de-Calais entre 1940 et 1944. Ils dépendaient de l’administration centrale française mais l’autorité y était exercée par le commandement militaire allemand de Bruxelles, compétent pour la Belgique et le Nord de la France. Ceci explique qu’à deux exceptions près, les déportations intéressant ces deux départements ont eu lieu par le relais de centres de détention en Belgique : la première exception a été la déportation de quelque 250 mineurs qui a mis un terme à la grande grève de mai-juin 1941 ; la seconde a été celle du train de Loos. Ce dernier départ est ainsi devenu « le grand drame de la déportation » dans la région et son écho a été amplifié quand s’est répandu le sentiment que la Résistance aurait pu empêcher le départ du train.
La controverse à ce sujet a été renforcée par celle portant sur le nombre de déportés de ce transport. Les conditions de départ de Loos, puis de Tourcoing, expliquent qu’on ne dispose pas d’une liste unique fiable à ce stade de l’opération. Des listes ont bien été établies à l’arrivée à Sachsenhausen, mais les archives du camp ont été en grande partie détruites avant son évacuation en avril 1945. Très rapidement, après le rapatriement des déportés, un bilan a cependant été établi à partir d’un chiffre important de départs supposés et d’une estimation incomplète des retours. Un pourcentage élevé de victimes a été ainsi déterminé et il a continué d’être tenu pour vrai par les associations. Les correspondants départementaux du Comité d’histoire de la seconde guerre mondiale (créé en 1951) étaient cependant parvenus à des chiffres moins importants pour les départs, ce qui minorait nettement le pourcentage des victimes. Les associations n’en sont pas moins restées attachées aux premières estimations. Le désaccord persistait encore au cours des dernières années. Ce problème, bien que très localisé, a eu des conséquences sérieuses au niveau national sur les travaux concernant la déportation non raciale. Il a été en effet, en grande partie, à l’origine d’un grave conflit entre le Comité d’histoire et la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP) dans les années 1970, lequel s’est traduit par l’abandon de la publication, alors envisagée, d’une statistique nationale de la déportation.
Dans l’actuel renouveau des travaux interrompus il y a trente ans, l’étude d’Yves le Maner [5] est d’une grande importance, car l’auteur, directeur de La Coupole, centre d’histoire et de mémoire du Nord-Pas-de-Calais, s’est attaqué au problème statistique et moral qui avait provoqué jadis la rupture entre historiens et associations de déportés. Nul n’était mieux placé pour le faire : on sait l’excellence du Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande (1940-1944) qu’il a publié en 1999 avec son ami Étienne Dejonghe. Il peut ainsi affirmer avec certitude que la Résistance régionale n’était pas en mesure de s’opposer au départ du train. L’essentiel était cependant de déterminer une bonne fois le chiffre des déportés. Après trois années de travail et de croisement de toutes les sources accessibles, Yves Le Maner a établi une liste de 871 noms, qui peut être considérée comme à peu près exhaustive, avec des notices très précises sur chacun des intéressés. Plusieurs pages du texte expliquent la méthode suivie. Les données des notices lui ont permis de faire des statistiques selon des critères variés (âge, profession, domicile, « parcours » dans l’univers concentrationnaire, etc.), qui figurent en annexe.
Ce travail n’est pas un exercice isolé. Il est coordonné avec l’avancement d’une entreprise plus vaste, la constitution d’un « livre-mémorial » des déportés non raciaux, entrepris sous l’égide de la Fondation pour la mémoire de la déportation. Le classement adopté est celui des « trans-ports » au départ de France, dans l’ordre chronologique. L’exploitation des données pourra déboucher sur des analyses approfondies au niveau des régions ou des camps. Yves Le Maner, sur un sujet difficile et délicat, vient de donner l’exemple.
André Sellier

Les crises internationales des années 1950

Le colloque russo-français, « Les crises internationales des années 1950 », organisé par Mikhaïl Narinski (MGIMO) et Maurice Vaïsse (IEP de Paris), a eu lieu, à Moscou les 25 et 26 septembre 2003, en français, signe de la vitalité de la francophonie parmi les chercheurs russes en histoire des relations internationales. Ayant pour objet trois crises majeures, la confrontation des exposés, fondés sur une documentation variée (archives diplomatiques, gouvernementales, du PCUS, papiers personnels des dirigeants français, presse de l’époque, etc.), a permis de dégager des conclusions communes. À l’évidence, comme l’ont souligné d’emblée les organisateurs, beaucoup de choses séparent la France et l’Union soviétique des années 1950 : leur positionnement dans la Guerre froide, mais aussi leur poids sur la scène internationale. Or il est intéressant de noter combien leurs rapports peuvent changer d’une crise à l’autre : l’opposition réelle n’est perceptible que pour la crise de Suez, ailleurs le souci de préserver un niveau de bonnes relations minimum l’emporte – car la question allemande reste en suspens. De là la nécessité de distinguer différents types de crises, et d’évaluer leur rôle dans le court « dégel » extérieur de 1953-1956.
Evguenia Obichkina (MGIMO) a montré, par un récit minutieux et informé du rôle de l’URSS dans le règlement de la guerre d’Indochine, combien Moscou joua la prudence et la modération, favorisant ainsi le rapprochement entre les représentants du Viet Minh et de la France – notamment par une réunion secrète organisée par Gromyko dès mars 1954 avec Zhou En Lai et Ho Chi Minh, puis grâce aux bons offices de Molotov, vice-président de la conférence de Genève. L’Union soviétique (qui n’utilisa alors à aucun moment sa propagande anticoloniale contre la France) en tira un bénéfice important, gagnant en respectabilité sur la scène mondiale – malgré les réticences des Américains, déjà prêts à prendre la relève des Français au Vietnam – et en prestige dans le camp communiste. Chantal Morelle (Classes préparatoires, Paris) confirma le réchauffement des relations franco-soviétiques à l’occasion de ces négociations, mais en insistant sur la ferme intention du principal interlocuteur français, Pierre Mendès France, de ne pas les transformer en « marchandage mondial » (la paix en échange du renoncement à la CED, donc au réarmement de l’Allemagne, que les Soviétiques voulaient à tout prix obtenir, et qui intervint le 30 août 1954).
Si la neutralisation de l’Allemagne est bien l’objectif principal de Moscou à l’époque, comment expliquer alors la tension sans précédent qui règne lors de la crise de Suez ? Maurice Vaïsse a livré les clefs de la position française : il s’agissait de mettre fin à l’entreprise nassérienne d’unification du monde arabe et de gagner le conflit algérien – ambition hasardeuse, si on la considère a posteriori, mais à l’époque nul n’aurait parié sur un engagement fort des Soviétiques dans une zone aussi éloignée de leurs intérêts traditionnels. Après l’ultimatum Boulganine, et sous la pression américaine, le retrait sonne le glas des ambitions franco-britanniques. L’académicien Aleksandr Fursenko, nouveaux documents à l’appui [6], a montré que les Soviétiques non seulement ne disposaient pas de fusées prêtes à menacer la France et l’Angleterre, mais en plus n’avaient pas l’intention d’envoyer troupes ou navires dans la région. Ce qu’a confirmé Mikhaïl Narinski, parlant d’un extraordinaire « coup de bluff » : la victoire soviétique à Suez – là encore, en termes de prestige immense dans le monde arabe et le Tiers monde en pleine émergence – a été le fruit d’une stratégie purement politique et psychologique. L’imbrication chronologique des événements permet de relier directement l’affaire de Suez à celle de Hongrie : Sabine Jansen (CNAM, Paris) a présenté le caractère limité des enjeux diplomatiques de cette troisième crise, mais a rappelé l’importance de son impact intérieur, côté français, notamment au PCF et parmi les intellectuels. Par son panorama de l’historiographie russe et soviétique, Natalia Vasileva (MGIMO) a révélé une situation analogue dans le camp socialiste : c’est dans les cercles dirigeants de Moscou (étroitement liés aux équipes au pouvoir en Europe de l’Est) que l’insurrection de Budapest aboutit à des recompositions importantes, comme le montrent le débat sur la personnalité de Nagy (ancien agent du Komintern) et la promotion de son frère ennemi Kadar, qui était loin d’avoir la confiance des Soviétiques au milieu des années 1950.
Durant la discussion animée qui a ponctué ces deux journées, Youri Rubinski (Institut d’histoire de l’Europe, Académie des sciences de Russie) a notamment rappelé que la crise hongroise a finalement surtout été un jalon sur la voie de la cristallisation des blocs en Europe, admise vingt ans plus tard à Helsinki. Mais une des clefs de la période, justement sensible à travers le télescopage des événements, tient sans doute au changement majeur introduit par Khrouchtchev dans la ligne soviétique : d’une part appliquer la « coexistence pacifique » en Europe – au prix d’une sanctuarisation des deux blocs – et d’autre part étendre l’influence dans les pays récemment décolonisés ou sur le point de l’être – politique ambitieuse, « schizophrénique » (son inspirateur étant à la fois le « dernier communiste » et un grand pragmatique), qui pourrait bien avoir provoqué, à terme, la chute de l’empire. Quant à la France, renvoyée brutalement à son statut de puissance moyenne, et momentanément brouillée avec l’URSS, elle tira des conséquences non moins décisives pour son avenir : l’acquisition de l’arme nucléaire et l’engagement dans la construction européenne seraient les nouveaux axes de sa diplomatie. La pertinence d’une approche couplée des crises internationales au prisme de la relation franco-soviétique a donc été ici pleinement démontrée.
Laurent Coumel
 
NOTES
 
[1] Jean-Noël Luc (dir.), Gendarmerie, État et société au xix e siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, 510 p.
[2] Les actes de la première rencontre de Halle sont réunis par Hartmut R. Peter, Schnorrer, Verschwörer, Bombenwerfer ? Studenten aus dem Russischen Reich an deutschen Hochschulen vor dem 1. Weltkrieg, Frankfurt-am-Main, Peter Lang, 2001. Les résultats des deux rencontres suivantes viennent de paraître en édition bilingue sous la direction de Hartmut R. Peter et Natalia Tikhonov, Universitäten als Brücken in Europa. Studien zur Geschichte der studentische Migration/Les universités, des ponts à travers l’Europe. Études sur l’histoire des migrations étudiantes. Frankfurt-am-Main, Peter Lang, 2003, 339 p.
[3] Dans l’attente de la publication des actes du colloque, les résumés des communications annonçant le colloque peuvent être consultés sur le site http:// www. unige. ch/ ieug/ migrations. html
[4] http:// www. geschichte. uni-halle. de/ russ-stud/
[5] Yves Le Maner, préface d’Annette Wieviorka, Le « train de Loos ». Le grand drame de la déportation dans le Nord-Pas-de-Calais, 2003, 262 p., 23,27 euros, disponible auprès d’Yves Le Maner, BP 284, 62504 Saint-Omer Cedex.
[6] Cf. la publication – première du genre –, faite sous la direction d’A. Fursenko, des brouillons des protocoles du Présidium du Comité central du PCUS pour la période 1954-1964 : Prezidium TsK KPSS 1954-1964. Tome 1. Tchernovnye protokol’nye zapisi zasedanij, Moscou, Rosspen, 2003, 1344 p.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Jean-Noël Luc (dir.), Gendarmerie, État et société au xix e...
[suite] Suite de la note...
[2]
Les actes de la première rencontre de Halle sont réunis par...
[suite] Suite de la note...
[3]
Dans l’attente de la publication des actes du colloque, les...
[suite] Suite de la note...
[4]
http:// www. geschichte. uni-halle. de/ russ-stud/ Suite de la note...
[5]
Yves Le Maner, préface d’Annette Wieviorka, Le « train de L...
[suite] Suite de la note...
[6]
Cf. la publication – première du genre –, faite sous la dir...
[suite] Suite de la note...