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Le Planning familial, cinquante ans d’histoire
Le colloque co-organisé par les Archives du féminisme d’Angers, le Centre d’histoire de Sciences Po et le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) s’est déroulé le 8 mars 2006 dans le petit auditorium de la Bibliothèque nationale de France. Après une introduction rapide de Christine Bard, le colloque s’est attaché à retracer les luttes des femmes pour le droit à disposer de leur corps depuis 1956, date du dépôt des statuts de la Maternité heureuse par Evelyne Sullerot, jusqu’aux lois Neuwirth et Veil (1967-1975). Alors seulement disparaissait la loi de 1920 interdisant la contraception et pénalisant l’avortement.
2 Cette journée se voulait une commémoration du rôle de trois générations de femmes et d’hommes. Elle a été ponctuée de lectures (extraits de La Grand’Peur d’aimer de M. A. Lagroua Weill Hallé), d’entretiens de militants et de militantes (le docteur Pierre Simon, Suzanne Kèpès), de projections d’extraits du film Histoires d’A. réalisé en 1973 par Marielle Issartel et Charles Belmont, et censuré jusqu’en 1975, ainsi que d’analyses iconographiques d’affiches du MFPF de 1966 (Équilibre du couple-Maternité heureuse) à 1978 (« Un enfant… si je veux… quand je veux… »)[1] [1] Cf. http:/ / www. musea. fr ...
suite.
3 Le cinquantenaire du Mouvement français pour le Planning familial a été l’occasion d’une approche pluridisciplinaire de l’évolution des mentalités dans la société française : histoire des femmes, histoire religieuse et laïque, histoire politique, histoire culturelle, rôle des médias, des intellectuels et du corps médical.
4 De 1956 à 1967, les fondatrices du mouvement s’opposent au féminisme mais sont favorables à l’émancipation des femmes au côté de médecins (seulement 9 % du corps médical sont des femmes). Elles militent en faveur de la contraception et de l’éducation sexuelle. À partir de 1970, l’émergence du Mouvement pour la libération de la femme (MLF) qui prône la non-mixité, puis du Mouvement de libération de l’avortement et de la contraception (MLAC), la parution dans Le Nouvel Observateur du Manifeste des 343, suivi de celui des 331 médecins déclarant opérer des avortements, le soutien de syndicats, de partis de gauche comme de loges maçonniques, radicalisent le Mouvement qui fait le choix de l’illégalité et pratique dans ses centres des avortements clandestins. En 1983 le mot « féministe » apparaît dans les statuts (cf. les interventions de Sylvie Chaperon, Françoise Picq, Isabelle Friedmann).
5 L’étude d’articles parus dans la Revue du Planning familial faite par Florence Rochefort, montre que toutes les sensibilités religieuses et laïques étaient impliquées dans le combat du MFPF. Par opposition, Fiammetta Venner a évoqué les actions violentes menées par les intégristes catholiques de Provie, ses liens financiers avec les Pro-life protestants américains et leur lobbying auprès des politiques.
6 Lors des débats parlementaires de 1967 à 2001, les interventions des députés de droite ont toujours été virulentes. Janine Mossuz-Lavau a rappelé que c’est grâce aux voix de la gauche que les lois ont été adoptées.
7 De 1981 à 1986 certains membres du Planning entrent dans le cabinet de la ministre du Droit des femmes et participent, entre autres, à la bonne application des lois et décrets. Cependant, si le Planning devenait un partenaire du gouvernement, que devenaient son militantisme et son souci de développer des réseaux de professionnels, d’associatifs et d’institutionnels comme de trouver de nouveaux partenariats (Françoise Thébaud) ?
8 Les dernières séances, animées par Jean-François Sirinelli, ont abordé les relais du Planning dans les milieux culturels, médicaux, intellectuels et journalistiques : la cause du Planning devient une cause politique relayée par Le Nouvel Observateur et, dans une moindre mesure, par L’Express. La presse de gauche joue un rôle moteur dans le débat public, alerte l’opinion. Les questions privées des femmes sont des questions sociales et politiques (Bibia Pavard). On regrette toutefois que le rôle des magazines féminins comme Elle ou des émissions radiophoniques (Ménie Grégoire sur RTL de 1967 à 1981, par exemple) n’ait pas été évoqué.
9 Tout au long de leur lutte, les femmes ont cherché à disposer de réseaux relationnels dans les milieux intellectuels et professionnels : romancières, avocates, médecins… Le livre d’André Soubiran, Journal d’une femme en blanc, est porté à l’écran en 1965. Sa dimension transgressive des normes sexuelles ouvre une brèche dans l’opinion publique ; et la presse, largement favorable à ce film, mentionne les adresses des centres du PF (Delphine Naudier).
10 Le rôle du Collège des médecins est déterminant, c’est une avant-garde du champ médical. Des pionniers de la recherche sur l’accouchement sans douleur, la stérilité… se forment à l’étranger et importent des moyens contraceptifs. Ils opposent à l’éthique médicale du respect de la vie proposée par le Conseil de l’Ordre, une morale alternative, une conception psychologique de la santé. Les contraceptifs font partie de la médecine et leur prescription est une prévention contre l’avortement. La contraception est un problème de santé publique, des mères libres seront des mères meilleures (Sandrine Garcia).
11 Michelle Perrot a conclu cette journée en remarquant que cinquante ans est une durée exceptionnelle pour un mouvement de femmes[2] [2] À ce propos, vient de paraître : « Liberté,...
suite. De grand sujet de l’histoire, le Planning est devenu un objet d’histoire, mais doit rester un sujet. Le colloque a ouvert la voie à des études et des recherches sur l’image et la voix des femmes, actrices de l’histoire contemporaine et de l’évolution de la société par leur résistance aux pouvoirs.
12 Marie-Édith Semence
Histoire, genre et migration
13 Le Centre d’histoire sociale du 20e siècle (université Paris-I – Panthéon-Sorbonne) et l’équipe ERST (École normale supérieure) ont organisé, sous la responsabilité de Philippe Rygiel, les 27, 28 et 29 mars 2006, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, le colloque « Histoire, genre et migration dans l’espace atlantique ».
14 L’histoire du genre et l’histoire des migrations sont, depuis quelques années, deux des champs parmi les plus actifs de la recherche historique. Le croisement des catégories mises en œuvre dans les études migratoires et dans les études du genre a cependant été peu pratiqué. Ce colloque devait favoriser une réflexion sur les possibilités de combinaison des notions propres aux deux champs (champs dont la pertinence est totalement acquise), en partant de la présentation d’enquêtes de terrain usant d’appareils de sources pertinents.
15 De fait, cette manifestation permettait de réfléchir à l’ensemble des catégories et des thèmes de l’histoire des migrations, et de les entrecroiser avec la notion de genre, définissant ainsi quelques thématiques fortes qui sont autant d’appels à des recherches futures.
16 L’expérience immigrée, dans ses différents moments, est structurée par les relations sociales de sexe : elle ne prend pas les mêmes formes pour les hommes et pour les femmes. De même, les images et les représentations des populations en migrations sont « genrées », d’un côté parce que les regards portés sur les migrants les distinguent entre eux en fonction du sexe, de l’autre parce que les migrants et les migrantes ne proposent pas les mêmes récits, ou ne portent pas la même mémoire de l’expérience migratoire.
17 La distinction de sexe est aussi très opératoire dans la sphère juridique et politique : les dispositifs législatifs comme les textes réglementaires et les pratiques administratives opèrent des distinctions entre migrants et migrantes. Le statut et les possibilités d’action de ces derniers, dans la mesure où ils sont définis par les États, diffèrent. Les formes de l’engagement et la participation active, dans la société civile, des migrants se déclinent aussi selon des modalités spécifiques suivant le genre.
18 À l’inverse, la migration, en transformant l’environnement matériel et institutionnel des rapports de genre, en donnant l’occasion à la société hôte de percevoir les rapports de genre comme pure contingence, tend à dévoiler les implicites qui les fondent et à être un puissant facteur de leur transformation.
19 L’espace choisi, le monde atlantique, était suffisamment vaste pour accueillir une grande diversité de courants migratoires, et ce sont ces études de cas extrêmement variées qui ont fait la richesse du colloque. Le bilinguisme anglais/français étant de règle, plus de soixante chercheurs de diverses nationalités sont intervenus, parmi lesquels, des ténors : Donna Gabaccia, Dorothea Schneider, Leslie Page Moch, Nancy Green, Paul-André Rosental… auxquels s’ajoutèrent des chercheurs confirmés, des doctorants et postdoctorants, souvent issus de disciplines différentes (avec cependant une majorité d’historiens, mais pas uniquement contemporanéistes). La nécessaire approche interdisciplinaire de la question était donc consacrée.
20 La composition de l’assistance a témoigné de l’intérêt des collègues et des étudiants tant français qu’étrangers pour ce sujet. Une grande première – qui servira d’appui à la publication de plusieurs volumes thématiques – et un bel objet souvent boudé par la collectivité historienne française, qui avait jusqu’ici du mal à reconnaître « l’inscription de la différence sociale dans le corps sexué[3] [3] Joan W. Scott, Gender and the Politics of History, New York,...
suite » des migrants.
21 Laurence Prempain
Michel Debré et l’Algérie
22 Les 27 et 28 avril dernier, l’Assemblée nationale a accueilli un colloque consacré au thème « Michel Debré et l’Algérie ». Le défi relevé par l’Association des amis de Michel Debré, déjà à l’origine de deux colloques consacrés à la Constitution de la Cinquième République et à l’Europe, était double : croiser les regards de témoins et d’historiens sur le rôle de Michel Debré au cours de la guerre d’Algérie ; et montrer comment fut perçue l’action du Premier ministre par les divers acteurs : Français de la métropole, pieds-noirs et nationalistes algériens.
23 La guerre d’Algérie continue de susciter des passions, comme l’a encore prouvé l’actualité récente. Le colloque aurait pu, une fois de plus, tourner à l’affrontement des mémoires. Tel n’a pas été le cas, notamment grâce au travail préparatoire de Maurice Vaïsse, qui a assuré la direction scientifique du colloque. Les deux journées ont offert non moins de vingt communications, regroupées autour de quatre thèmes : les convictions de Michel Debré ; les combats du Premier ministre ; la perception de ces combats ; les déceptions de Michel Debré.
24 Lors de la première séance, présidée par Pierre Messmer, les communications ont porté sur le parcours de Michel Debré avant que celui-ci n’accède au poste de Premier ministre. Jacques Frémeaux a ainsi reconstruit la perception de Michel Debré sur les problèmes nord-africains et Nicole Racine son activité d’éditorialiste pour Le Courrier de la colère.
25 Dans la deuxième séance, sous la présidence d’Yves Guéna, Gilles Le Béguec a décrit la composition du cabinet du Premier ministre et les divers courant de pensée qui le traversaient. Bernard Lachaise a mis en évidence le rôle de Michel Debré en tant qu’intermédiaire entre le Général et le Parlement, où il avait longtemps siégé sous la Quatrième République.
26 La troisième séance, présidée par Pierre Mazeaud, s’est penchée sur la réception de l’action de Michel Debré. Le préfet Roger Benmebarek a souligné les efforts de promotion sociale à destination des musulmans. L’exposé d’Olivier Dard (Michel Debré et les « activistes ») a donné lieu à un débat mouvementé. Christian Delporte a étudié le regard de la presse française sur l’action de Michel Debré. Enfin, Rédha Malek, ancien Premier ministre d’Algérie et négociateur des accords d’Évian, a présenté une communication particulièrement remarquée sur « Michel Debré vu par le FLN et les Algériens ».
27 La quatrième séance, présidée par Jean Foyer, a notamment porté sur les rapports entre Michel Debré, la justice et l’armée. De son côté, Daniel Lefeuvre a remis en cause le lieu commun d’après lequel le gouvernement Debré aurait été pris au dépourvu lors du retour en métropole des pieds-noirs. Enfin, le préfet Jean Morin a retracé les rapports entre de Gaulle et Debré, insistant à la fois sur leur proximité et les moments d’affrontement, au cours desquels le Premier ministre faillit remettre sa démission. « On n’a pas encore bien compris quel était le vrai Michel Debré. Il faut pour cela distinguer le Debré de la Quatrième République et le Debré Premier ministre » a conclu l’ancien délégué du gouvernement en Algérie.
28 Dans ses conclusions, Maurice Vaïsse a souligné, par delà le jugement que l’on peut porter sur l’action de Michel Debré, la fidélité de celui-ci à l’égard du Général et de sa politique : « On n’a rarement vu l’exemple d’un homme qui, dépassant ses convictions, a su autant se plier à l’arbitrage qu’il avait appelé de ses vœux. »
29 Alessandro Giacone
Sphères publiques, sphères privées
30 Lors de cette journée portes ouvertes au Sénat, le public, les citoyens pénétrèrent dans une des sphères privées de l’État. Conviés à suivre le protocole sénatorial et côtoyant des hommes politiques, ils purent s’interroger sur le paradoxe d’une mise en scène du pouvoir qui se veut simultanément en majesté et de proximité. Ils eurent l’occasion de connaître comme de vivre cet empiètement d’une sphère sur l’autre, du public sur le privé, et inversement. Le 10 juin dernier, le lieu du Sénat fut l’écho et l’allégorie du débat. « Sphère publique, sphère privée : l’individu, la politique et les médias. »
31 L’ambition de ce dénommé rendez-vous citoyen était d’« éclairer un thème d’actualité à la lueur de l’enseignement de l’Histoire et finalement donner les clefs d’une meilleure compréhension du monde ». Dans cette perspective, il aurait sans doute été profitable de préciser le cadre de la réflexion et de ne pas préjuger des connaissances théoriques de chacun : « de l’écoute de soi au souci de soi : l’essor de l’individu dans l’histoire », « l’historien et le professeur d’histoire face à l’actualité », « vie privée et vie publique dans l’histoire », « la mise en scène du pouvoir de Kheops à Kennedy », « de l’histoire à l’Histoire : la presse dans la tourmente des secrets, rumeurs et manipulations d’État », « religions et cité : les nouvelles frontières de la vie privée dans l’histoire », ensemble de libellés qui rendirent perplexes plus d’un intervenant, plus d’un auditoire. Qu’entend-t-on par « public » ? par « privé » ? Ces sphères, domaines circonscrits, étaient en réalité espaces, aux frontières des plus labiles. Transparaissant dans l’intitulé de la journée, les idées émises par l’auteur Der Strukturwandel der Öffentlichkeit[4] [4] Jürgen Habermas, Stukturwandel der öffentlichkeit. Untersuchungen...
suite, par exemple, auraient pu aider à la réflexion. Origine antique de l’opposition entre privé et public. Naissance d’un troisième terme, la société civile. Élaboration du concept d’« espace public » : sphère intermédiaire entre société civile et État, lieu d’expression de l’opinion publique par la voie d’organes tels que la presse, bien sûr, mais aussi les associations, fréquemment omises. Et, au centre de cet espace, se situe parmi d’autres la figure discutée et disputée de l’intellectuel.
32 Un débat sur « l’intellectuel au cœur du pacte républicain » clôtura la journée. Laissant de côté le « pacte républicain », expression dont le choix ne fit pas l’unanimité, les intervenants s’attachèrent en premier lieu à définir l’intellectuel, les intellectuels. Benda, Gramsci, Sartre, Aron, d’autres furent tour à tour invoqués pour donner sens à un substantif historiquement situé, mais dépourvu de statut reconnu dans le domaine de la sociologie. Se manifesta alors une tension entre une figure à laquelle les intervenants historiens ne s’assimilaient pas, et cette même figure, généralement objet de préjugés, alors même ou parce que son contour demeure incertain. L’intellectuel est souvent honni et envié, honni car envié. Considéré comme expert ou comme partisan, défenseur, promoteur d’une idéologie ou d’une éthique (à savoir, rappelons-le, d’une philosophie morale), a-t-il pour disposition d’influencer, éclairer, éduquer ou interpeller la cité ? Les intervenants s’accordèrent sur un point : l’intellectuel n’est pas mort, peut-être à l’agonie, il serait inaudible. Certes, les analyses complexes ou encore le récit de tentatives historiennes visant à saisir toujours plus profondément la réalité sont difficilement compatibles avec les « formats » proposés ou imposés par les médias. Mais pour justifier l’assertion qui précède, il suffit de comparer des faits : le nombre, la durée et l’heure de diffusion des émissions télévisées consacrées aux écrits (d’intellectuels ?) en 2006 et vingt ans plus tôt ; le livre disparaît progressivement des écrans. À cet égard, la journée portes ouvertes ne fut pas une métaphore du débat : les intellectuels, ces manieurs des artes liberales, furent entendus, écoutés et… diffusés.
33 Si les échanges entre universitaires, politiques, journalistes, citoyens de tous horizons sont exigeants, difficiles, comme en témoignent quelques malentendus ou incompréhensions, ils demeurent éminemment nécessaires. Difficiles, car il faut trouver un terrain possible de dialogue, de compréhension mutuelle. Mais nécessaires au fonctionnement fécond de la cité. Les idées, les cadres de pensées furent brassés, sans a priori, sans timidité ou précautions inutiles, amenant à des juxtapositions inattendues, parfois déconcertantes. Il s’en dégagea un certain empirisme, un certain impressionnisme. Si, de manière prévisible, aucun sujet de recherche n’émergea lors de cette journée, il est pensable qu’elle suscita des vocations ou encouragea des recherches en cours. Ce rendez-vous citoyen fut victime de son succès : malgré le travail et les efforts, ô combien louables, des initiateurs et organisateurs, tous ne purent assister aux débats, signe d’une indéniable réussite.
34 Hélène Bourguignon
Notes
[ 2] À ce propos, vient de paraître : « Liberté, sexualités, féminisme : 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes », rééd. par Isabelle Friedmann, Paris, La Découverte, 2006.
[ 3] Joan W. Scott, Gender and the Politics of History, New York, Columbia University Press, 1988.
[ 4] Jürgen Habermas, Stukturwandel der Öffentlichkeit. Untersuchungen zu einer Kategorie der bürgerlichen Gesellschaft, Neuwied, Luchterhand, 1962 ; trad. fr., id., L’Espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, trad. de l’all. par Marc B. de Launay, Paris, Payot, 1978.
PLAN DE L'ARTICLE
- Le Planning familial, cinquante ans d’histoire
- Histoire, genre et migration
- Michel Debré et l’Algérie
- Sphères publiques, sphères privées
POUR CITER CET ARTICLE
« Avis de recherches », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 3/2006 (no 91), p. 153-157.
URL : www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2006-3-page-153.htm.
DOI : 10.3917/ving.091.0153.




