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Présentation

Quelle place peut occuper le rire dans une œuvre de création sur la Shoah? La transmission de sa mémoire par l’humour est-elle envisageable? Toute écriture sur le sujet ne peut éluder la mise en garde d’Adorno selon laquelle «écrire un poème après Auschwitz est barbare». Mais un demi-siècle plus tard, l’art reprend ses droits pour (re)dire, avec ses propres mots, que «cela ne doit plus jamais arriver». Et le rire resurgit alors comme «écho de la délivrance du joug du pouvoir». Il résonne dans les œuvres de Kertész, Gary, Hilsenrath, Tabori, Becker, Schindel ou Rabinovici, renouant avec une tradition littéraire qui en faisait une arme contre l’ignominie; il s’affiche, plus problématique encore, quand le cinéma ou la BD s’en mêlent. Un «rire réconcilié », mais traversé par la catastrophe, qu’interrogent les chercheurs, écrivains, cinéastes et dessinateurs rassemblés ici.


Sommaire

Page 1 à 4

Pages de début

Page 5 à 6

Avertissement

Page 7 à 14

Présentation

I. Le rire à la limite

Page 15 à 26

« Mir fällt zu Hitler nichts ein »

Page 27 à 37

Quelques remarques de Walter Benjamin sur Karl Kraus

Comment l'historien matérialiste ruse avec le rire barbare du chroniqueur
Page 39 à 49

Connaître ou combattre ?

Le lieu historique des satires écrites en exil
Page 51 à 61

Rire à tout prix ?

Adorno contre la fausse réconciliation
Page 63 à 78

La persécution des Juifs comme motif littéraire comique

Aspects de la représentation comique des Juifs dans la littérature allemande du début du XIXe siècle (Brentano – Grimm – Hauff)
Page 79 à 106

Du rire anti-nazi au rire catastrophé

Cabaret, blagues et jargons dans les ghettos et les camps
Page 107 à 118

« Rire pour ne pas dépérir, chanter à la vie. »

II. Le rire étranglé

Page 119 à 128

Paul Celan. L'unique occurrence du mot ‘rire' dans le poème Kleine Nacht

Page 129 à 140

Horrible, humour noir, rire blanc

Quelques réflexions sur la représentation littéraire de la Shoah
Page 141 à 156

Du Pathos au Bathos

Mein Kampf, une farce de George Tabori ?
Page 157 à 176

Mystères de la satire

Rire gris et humour barbare dans deux romans « après Auschwitz »
Page 177 à 190

« Dans un instant vous roulerez vers le bonheur. »

Stratégies d'écriture ironiques et polyphoniques dans le roman Un voyage de H. G. Adler
Page 191 à 195

« L'esprit gai, le cœur triste »

Imre Kertész et les secrets du rire
Page 197 à 208

Nostalgie d'Auschwitz

Le comique et le rire dans la littérature de la Shoah après 1945. Dieter Forte, Gila Lustiger, Imre Kertész
Page 209 à 242

Trois passeurs de témoin : Jurek Becker, Edgar Hilsenrath, Ruth Klüger

Paradigmes pour une éthique de la fiction sur la Shoah
Page 243 à 250

« L'humour est un merveilleux instrument de transmission qui libère et rassemble. »

III. Questions et controverses

Page 251 à 264

Rire dans le malheur, rire du malheur

Le rire comme vecteur de la transmission
Page 265 à 277

Affinités transatlantiques

Un « sit-down comedian » nommé Franz Kafka
Page 279 à 289

« L'humour nous aide à supporter la douleur tout en laissant la douleur continuer à faire son œuvre »

Page 291 à 300

« L'année dernière à Auschwitz »

Rire, stigmate et mémoire de la Shoah dans l'œuvre de Maxim Biller
Page 301 à 309

Le rire et la mémoire de la Shoah dans les écrits de Robert Schindel

Page 311 à 322

« De ma plainte jaillissent aussi les brins du rire. »

Page 323 à 335

Les comédies de la Shoah : le rire au service d'une mémoire du bien

Page 337 à 348

« Je ne suis quand même pas un anarchiste amoral. »

Page 349 à 366

Nouvelles ingénuités. La vie est-elle belle ?

Page 367 à 374

« Au-delà du champ bien délimité de la mémoire, ça pousse dans tous les sens. »

Page 375 à 394

« Je twisterais les mots s'il fallait les twister »

Page 395 à 400

Pages de fin

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