Petite enfance et parentalité 2002
Vidéo et accueil des jeunes enfants
2002
264 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782749200491
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AuteurVirginie D. du même auteur

auxiliaire de puériculture.

La première fois où la directrice m’a demandé si elle pouvait me filmer, je n’étais pas tout à fait d’accord et ce pour plusieurs raisons.

2 Tout d’abord, j’étais à la crèche depuis moins d’un an et c’était mon premier groupe. Je ne me sentais pas suffisamment expérimentée pour figurer dans un film qui pouvait être plus tard utilisé lors d’une formation.

3 D’autre part, le fait que ce soit la directrice qui filme est toujours un peu « gênant » au premier abord ! J’avais peur d’être jugée sur un geste mal effectué ou autre. De plus, je savais que j’allais être mal à l’aise et j’avais peur de la réaction des enfants, ils allaient certainement ressentir que mes gestes étaient moins assurés que d’habitude. J’avais peur qu’ils ne soient pas coopératifs et que le soin se passe mal.

4 Pourtant, j’avais déjà pu profiter, lors des formations que j’ai reçues, des films réalisés à la crèche ou à Lóczy. Cela nous permet, sans nul doute, d’avancer dans notre travail auprès des enfants, de se poser des questions.

5 Il est ainsi possible de voir les erreurs que l’on peut faire et que l’on doit corriger, parfois des détails qui paraissent insignifiants et dont on ne peut se rendre compte autrement qu’en voyant le film.

6 Ce qui a fini par me décider, c’est que j’allais pouvoir regarder la cassette et décider si oui ou non elle était visible !

7 Pendant le film, c’était au moment du goûter, les enfants contrairement à moi étaient tout à fait détendus, certains amusés de voir la caméra. Ils ont été très coopératifs, à croire qu’ils sentaient que j’avais besoin d’un petit coup de main !

8 Les enfants sont venus chacun à leur tour, comme à leur habitude. Le goûter (du premier) a été un peu difficile pour moi car je ne savais plus s’il fallait que j’arrête ou que je continue, si je n’avais pas oublié quelque chose, si j’avais bien dit les bons mots au bon moment.

9 Pour les autres, cela a été un peu mieux, j’étais un plus détendue.

10 Ensuite, lorsque j’ai visionné la cassette, je ne m’attendais pas du tout à voir cela. Cela m’a beaucoup confortée et m’a permis de prendre confiance en moi. Je me suis aussi rendu compte qu’il y avait plein de choses que je faisais ou disais d’habitude et que je n’ai pas faites ce jour-là, sans doute à cause de l’appréhension.

11 Le fait de voir le film m’a aussi permis de me remettre en question, de comprendre que rien n’est jamais acquis. Je me suis aperçue de mes erreurs, des gestes ou des paroles que je devais corriger. Ce sont ces mêmes erreurs qui m’ont servi à avancer.

12 Ensuite, j’ai regardé la cassette avec la directrice. Le regard qu’elle a eu était très objectif et pas critique du tout ; cela m’a aussi beaucoup rassurée.

13 Après cela, on a vraiment effectué un travail sur le film et revu ce qui n’allait pas, ou s’il y avait des changements à faire au sein du groupe. C’est là que je me suis rendu compte de l’importance du film, car au quotidien on peut très vite oublier des détails. En même temps, c’est très motivant.

14 J’ai été filmée une deuxième fois et là tout a été plus simple. Le but était beaucoup plus clair dans ma tête. Je n’avais plus cette appréhension de me tromper ou d’oublier quelque chose.

 
Vidéo et accueil des jeunes enfants

POUR CITER CET ARTICLE

Virginie D. « La première demande », in Vidéo et accueil des jeunes enfants, ERES, 2002, p. 170-171.
URL :
www.cairn.info/video-et-accueil-des-jeunes-enfants--9782749200491-page-170.htm.