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Parallèlement à l’effritement de l’autorité de l’establishment religieux en Arabie saoudite, une opération d’infitāh (ouverture) inédite est en marche sous l’égide du prince héritier Mohammed Bin Salman (MBS). La rationalisation du salafisme-wahhabite coïncide avec une ferme volonté politique en termes de modernisation de la société.
Mais l’entreprise de réforme du jeune émir révèle aussi ses limites. La nouvelle donne dans « son » Arabie conjugue libéralisation sociale et culturelle, remise en question de l’héritage wahhabite du royaume, promotion de certaines thèses libérales et… verrouillage des libertés comme en témoignent ses méthodes répressives à l’égard de la société civile. L’assassinat du journaliste critique Jamal Khashoggi a notamment permis de mettre en évidence les contradictions flagrantes de la vision réformatrice du futur monarque.
Alors que les pouvoirs des oulémas du royaume déclinent incessamment, l’émancipation de la société du joug de l’austérité et des diktats cléricaux prend de l’ampleur. Une élite technocratique proche du prince héritier contribue largement à cette libéralisation sociale et culturelle enclenchée en Arabie saoudite.
Les gestionnaires de l’évènementiel culturel et artistique sont les piliers de la libéralisation de la monarchie. Ils sont missionnés par le pouvoir pour cultiver la modération et l’ouverture dans la société, et bénéficient à cet effet de l’expertise occidentale. La portée de la nouvelle donne dans l’Arabie de Bin Salman s’illustre par l’institutionnalisation de l’…

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Cet article aborde les paradoxes de la nouvelle donne dans l’Arabie saoudite du prince héritier Mohammed Bin Salman. Elle est caractérisée par une série de mesures d’infit sociale et culturelle inédites parallèlement à la remise en question de l’héritage wahhabite de la monarchie des Al-Saoud. Cette orientation politique favorise également les expressions libérales harmonieuses avec l’agenda du pouvoir. Mais la vaste opération de réforme lancée en 2016 révèle aussi ses limites. Les répressions subies par la société civile en 2017 et 2018, et récemment le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, ont montré le revers du changement voulu par le despote modernisateur de Ryad. Les contradictions de la politique du jeune émir ont mis en évidence les aspects de la libéralisation de l’autoritarisme saoudien.

Moustapha Bassiouni
Sciences-Po Lyon.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 27/12/2018
https://doi.org/10.3917/come.107.0153
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