CAIRN.INFO : Matières à réflexion

La Caraïbe : une géographie vécue par les chemins de traverse

Cruse R. (2014). Une géographie populaire de la Caraïbe. Montréal : Mémoire d’encrier, coll. « Essai », 590 p.

1C’est à une relecture particulièrement stimulante et revigorante que nous convie Romain Cruse avec ce fort ouvrage consacré à l’espace caribéen dans son ensemble. Il a fait le choix courageux de nous transporter hors des sentiers battus, choix parfaitement réussi ! Grâce à lui, nous cheminons à la rencontre de sociétés insulaires diverses, au plus près des hommes, de leur quotidien souvent aléatoire, d’une dureté rarement perçue et retranscrite avec autant de sincérité et de passion. La couverture de l’ouvrage témoigne, simplement et avec beaucoup de force, de cette approche au plus près de la vie quotidienne. Un homme noir, vêtu simplement, bras croisés, musculature de travailleur, attend avec un bagage, au bord d’une route, un transport à venir : le ciel est sombre, lourd, mais le sourire esquissé semble annoncer la promesse de jours meilleurs. Le texte est d’ailleurs régulièrement ponctué de photographies – que l’on pressent de l’auteur – qui nous montrent enfants, femmes et hommes, saisis au vif. Une géographie subtilement incarnée se dessine ainsi. Mais il nous montre aussi des paysages autres que ceux qui ont déformé la représentation habituelle de cet espace (« La Caraïbe de Google »…). Tout au long de ce texte foisonnant, nous sommes transportés, non pas dans les hôtels et littoraux ghettoïsés par le tourisme, mais dans les ruelles des quartiers urbains nappées de musiques, à travers les champs écrasés de moiteur. Ce livre est aussi une rencontre permanente avec des sociétés plurielles, complexes et mouvantes, clivées, brutales et parfois singulièrement violentes : c’est donc à une géographie sans fard, sans concession, que nous convoque l’auteur. Au fil de la lecture, l’ouvrage pourra sembler décousu à ceux qui attendraient de s’installer confortablement dans la succession immuable et logique des approches géographiques orthodoxes : on est ici, bien au contraire, secoués, ballotés au gré de perspectives croisées, de regards multiples où la poésie prend finalement, et de manière heureuse, plus de place que la statistique. La géopolitique n’est jamais absente, loin de là, – la « dette illégitime » plane, les « retards » de développement sont finement exposés –, et l’auteur fait montre, à cet égard, de convictions marquées et parfaitement assumées. Assurément, cet ouvrage secoue vivement le cocotier d’une géographie pateline et ronronnante, un rien soporifique : ce n’est pas là un mince mérite. – Thierry Simon, université de La Réunion

Gestion des biodiversités et systèmes agraires et paysans à Madagascar

Rakoto Ramiarantsoa H., Blanc-Pamard C. (coord.)(2014). Biodiversités en partage. Reconfigurations de ruralités dans le corridor forestier betsileo tanàla (Madagascar). Marseille : IRD Éditions, 264 p.

2Madagascar est connu comme hot spot de biodiversité et pour l’excellence des recherches françaises sur les terroirs et les paysages. L’enjeu du livre est dans le croisement de ces deux perspectives. En quoi le « tournant environnemental » du développement rural à travers le monde se traduit-il par de nouvelles logiques paysannes et dynamiques paysagères ? Est-ce au bénéfice des agriculteurs et de la lutte contre la pauvreté ? Comme les représentations de l’environnement sont très différentes entre les paysans, l’État et les Ong, n’y a-t-il pas des biodiversités ? Telles sont les questions auxquelles répond ce livre à partir d’études fouillées menées dans un corridor forestier oriental de 300 000 ha reliant des parcs nationaux en pays betsileo et tanàla.

3La 1ère partie présente une région restée longtemps marginale mais désormais au centre des préoccupations. Contexte physique et mise en valeur sont très bien illustrés mais la complexité des systèmes agraires et sociaux – société hiérarchisée à l’ouest, espace métissé à l’est– oblige à l’emploi de nombreux termes vernaculaires nécessitant deux glossaires – un par versant ! On présente la politique des « corridors » qui vise des « territoires de développement » au delà des seuls espaces protégés grâce à une gouvernance participative et à des « transferts de gestion » en faveur des « communautés de base » (Cobas). Mais l’utilisation du feu reste interdite et les zonations sont contestables et contestées.

4La 2e partie analyse les enjeux de gestion de la biodiversité. « Territoires de conservation, territoires de vie » : pas facile de concilier ces deux aspects. Désormais on met l’accent sur les services écosystémiques (crédits carbone). Les études de cas villageoises montrent une certaine adaptation aux contraintes ou des contournements dans le cadre de pouvoirs en recomposition. Outre les paysans, trois grands groupes interviennent : « gestionnaires » (État, Madagascar National Park…), « institutions d’appui » et « prestataires de services » (Ong nationales) qu’un Comité national de Planification peine à coordonner. Les Cobas sont contrôlées par les élites locales : on pouvait s’y attendre. Et comment « participer » quand on habite un écart ? Dès lors, les inégalités s’accroissent, sans guère d’empowerment. Plus ontologiquement, c’est tout un dualisme nature-société qui est imposé à une société paysanne.

5La 3e partie confirme ce diagnostic pessimiste, à propos du foncier d’abord. Formes d’accès à la terre et logiques lignagères varient selon les terroirs mais le droit coutumier ne coïncide guère avec le droit formel forestier fondé sur l’immatriculation. Le dernier chapitre décrit un écotourisme ferroviaire balbutiant, facteur de compétition entre villages, et l’essor de l’alcool (illégal) de canne.

6La conclusion présente les villageois comme des « éco-opportunistes » mais très limités par la « portée des possibles ». La question environnementale est d’autant plus génératrice d’inégalités qu’elle ne s’intéresse qu’à la biodiversité remarquable, excluant les savoirs paysans. La politique est trop verticale et dissymétrique, et ne peut engendrer une « environnementalité » partagée telle que la conceptualisait A. Agrawal. Les populations « sont devenues étrangères à ce qui était leur propre territoire » faute d’« agricolisation dans l’administration de la nature ».

7Au total, le livre représente un brillant plaidoyer. D’une part, des substrats géographiques inégalitaires de départ donnent un caractère inéquitable à des politiques qui pourtant ne l’étaient pas en soi. D’autre part, le salut d’une société paysanne ne peut provenir de la seule approche environnementaliste même si elle peut faciliter la diversification de l’économie. Autrement dit, il faudra bien prendre un jour le taureau par les cornes et parler de politiques agricoles, de prix, de réformes politiques. Les « solutions gagnant-gagnant » n’existent sauf exception que dans les discours des experts. – Frédéric Landy, université Paris Ouest Nanterre

Translations géographiques, entre France et Allemagne

Débarre S. (2014). Géographies entre France et Allemagne. Acteurs, notions et pratiques (fin xixe siècle- milieu xxe siècle). Paris : Cnrs Éditions, coll. « Revue germanique internationale », vol. 20, 212 p.

8La circulation entre les géographies de France et d’Allemagne est le thème du vingtième volume de la Revue germanique internationale. Il s’agit de porter le regard sur « les circulations d’acteurs », les « circulations intellectuelles » (p. 10) et réfléchir plus largement « aux supports, lieux et conditions matérielles les rendant possibles » (ibid.). La focale est multiple : des acteurs aux échanges matériels et immatériels, ce sont tous les ressorts de la circulation qui sont examinés. L’objectif est de rendre compte des échanges qui animent, ou non d’ailleurs, les réseaux franco-allemands de la géographie de la fin du xixe au milieu du xxe siècle. Ce travail s’inscrit dans une approche transnationale, « dans la mesure où les faits, les acteurs et les objets considérés conservent une inscription nationale particulière » (p. 9), mais il ne se limite pas aux espaces français et allemands puisque les circulations s’étendent aux États-Unis et aux territoires colonisés. En faisant un effort constant de remise en contexte de la production des savoirs géographiques, ce numéro permet ainsi de réaffirmer la valeur de la problématique des savoirs situés. D’ailleurs, les auteurs insistent tous sur « les processus de resémantisation » (p. 11) des idées ou des notions qui circulent, c’est-à-dire de la transformation du sens en fonction du contexte national, ou régional. Les transferts intellectuels ne sont jamais des opérations de transposition : ils sont nécessairement traduction (linguistique mais pas seulement) et donc modification du sens. Les contributions s’intéressent à des auteurs (Friedrich Ratzel, Albert Demangeon, Siegfried Passarge, Ernest Chaput, Herbert Louis, Walter Christaller, Marcel Dubois, Maurice Zimmermann, Fritz Jaeger, Hans Meyer), des théories et conceptions (« lieux centraux », Landschaftskunde, géographie coloniale), des médias (comme la Bibliographie géographique internationale). Le numéro propose enfin une traduction intégrale de deux leçons inaugurales de géographie coloniale de Fritz Jaeger et Hans Meyer, données respectivement en 1911 à Berlin et en 1915 à Leipzig, deux textes programmatiques, extrêmement riches pour qui veut entrer dans le cadre théorique de la géographie coloniale allemande.

9C’est un des grands mérites de ce numéro que de décortiquer, dans le détail, les modalités de la circulation des hommes et des idées. Au-delà du champ franco-allemand, cela invite les historiens de la géographie, et des sciences d’une manière générale, à continuer à se pencher sur les effets de sens produits par les circulations. Un regret tout de même apparaît à la fin de la lecture de ce riche volume : la limitation des analyses au champ universitaire. Ce choix est justifié en introduction, mais l’analyse des circulations institutionnelles appelle – et il est à souhaiter que ce vœu ne reste pas sans réponse– une prolongation du côté des savoirs géographiques scolaires ou vernaculaires. – Laura Péaud, université de Bretagne Sud

Comment la carte change le régime de géographicité

Verdier N. (2015). La Carte avant les cartographes. L’avènement du régime cartographique en France au xviiie siècle. Paris : Publications de la Sorbonne, 378 p.

10En se proposant de faire une histoire des usages de la carte ou si l’on préfère de la formation de la culture cartographique, l’auteur innove sur un sujet que l’on pouvait croire complètement balisé. Livre intelligent qui repose sur une enquête méticuleuse, il est le premier aussi à appliquer à la carte les approches qui ont renouvelé des champs aussi différents que l’histoire du livre ou celui des régimes d’historicité. Avec bonheur l’éditeur a su répondre à l’impérieuse nécessité de mettre en valeur l’abondante iconographie de qualité, indispensable à la démonstration.

11La première partie étudie un corpus d’environ 6 000 ouvrages qui contiennent des cartes (les « livres à cartes »). Au xviiie siècle, tout particulièrement, où se multiplie ce type de publication, le mariage de l’imprimé et de la carte ne va pas sans difficulté. Les quatre acteurs du livre (l’auteur, l’imprimeur, l’éditeur et le relieur) ont chacun leurs impératifs. Sortir une feuille imprimée avec une carte au bon endroit ou coller une carte en ajout d’un livre relève du défi technique, qui rend très « improbable » le croisement des deux objets. Pour obvier à la difficulté, certains ont imaginé des représentations de l’espace géographique à partir de simples caractères comme un calligramme à moins qu’ils se soient contentés de tables ou de listes de noms.

12Une fois surmonté cet obstacle, comment se fait-il que le mariage puisse durer ? C’est que la carte est en situation concurrentielle avec les autres modes descriptifs de telle sorte que son succès est tout sauf qu’avéré. Et pourtant, c’est bien lui qui se profile, quand l’auteur constate le formidable essor non seulement des livres à cartes mais également des cartes seules. Très vite, la carte s’impose d’évidence comme corollaire du savoir géographique. Elle lui appartient en quelque sorte. Il est vrai que ceux qui portent le titre (dès le xvie siècle) de « géographe du roi » sont des faiseurs de carte. Mais la professionnalisation des producteurs de cartes s’opère plus tardivement. La carte avant les cartographes, dit le sous-titre du livre.

13Les ingénieurs du cadastre investissent à partir de 1740 ce moyen de fixer durablement la propriété. Les nouvelles méthodes de triangulation et d’arpentage donnent leur légitimité à la cartographie zénithale et géométrique. Or les ingénieurs militaires et ceux des ponts et chaussées fabriquent des plans et non pas des cartes. Leur expertise vient du projet plus que d’une culture cartographique. Cependant, grâce à sa précision et son exactitude, la carte topographique va s’imposer. Elle supplante des modes de représentation qui sont ceux du paysage, en particulier la peinture. La tension entre ce que l’on considère comme la vérité artistique et l’exactitude géométrique aboutit même à séparer ces deux pratiques. Le cartographe, mot du xixe siècle (accepté par l’Académie en 1832 seulement) est un savant, pas un artiste. De son savoir découlent de nouvelles possibilités d’action sur le territoire avec des conséquences jusqu’à nos jours.

14La démonstration est séduisante même si l’on peut objecter à Nicolas Verdier que d’autres configurations se développent à la même époque qui visent à faire le portrait du territoire (la faveur des plans-reliefs, l’essor de la géognostique, les tentatives plus globales d’intégrer un versant anthropologique avec la physiognomonie). Elles aussi participent à la promotion d’une culture cartographique même si à terme elles confortent la déconnexion du savoir cartographique et de l’émotion esthétique. Il n’en demeure pas moins que, fort de son indéniable valeur heuristique, il faudra intégrer désormais à la recherche la belle intuition de l’auteur qui lit à travers la diffusion de l’usage des cartes, rien moins qu’un changement du régime de géographicité. – François Walter, université de Genève

Les reconstructions scientifiques de la géographie urbaine contemporaine

Augustin J.-P., Dumas J. (2015). La Ville kaléidoscopique : 50 ans de géographie urbaine francophone. Paris : Anthropos-Economica, 256 p.

15L’ouvrage proposé par Jean-Pierre Augustin et Jean Dumas constitue un essai important pour appréhender cinquante d’évolution de la géographie urbaine francophone. Leur texte clair et précis, qui compte une vingtaine d’extraits de textes représentatifs des problématiques successives, met en perspective épistémologique et historique les changements de paradigme et les grands courants théoriques qui ont élaboré progressivement un champ scientifique des géographies de l’urbain.

16Les auteurs se placent en observateurs engagés, nourris d’une solide expérience d’enseignants et de chercheurs à l’Université de Bordeaux. J. Dumas s’est spécialisé dans l’étude des processus socio-économiques et institutionnels des territoires urbains. J.-P. Augustin s’est attaché à l’analyse des évolutions sociales et culturelles des espaces urbains. Leur posture est résolument humaniste, ouverte aux méthodes plurielles.

17L’ouvrage démontre que les recompositions de la géographie urbaine ont été étroitement associées aux mutations contemporaines de la ville vers l’urbain. Il souligne avant tout les « translations » épistémologiques majeures opérées par les géographes de l’urbain dans leurs « changements d’alliances » scientifiques. Quatre parties organisent le propos. Sont d’abord abordées les ouvertures aux nouveautés urbaines. Les auteurs cernent le changement de regard opéré sur cinquante ans, depuis les monographies proches de la géographie régionale, de l’histoire des espaces urbains et des études économiques, pour se rapprocher progressivement des questions sociales, de l’urbanisme et de l’action publique dans la gouvernance urbaine. La seconde partie explique les changements de paradigme et d’outils d’analyse sous l’influence des inflexions successives des sciences sociales ; du structuralisme aux constructivismes actuels en passant par le tournant cognitif. La troisième partie décrit les hésitations épistémologiques des années cinquante et soixante vers les intentions humanistes et plus scientifiques de l’urbanologie géographique. Pour les auteurs, les méthodes classiques ont su s’allier à la nouveauté scientifique. Ils mettent à jour les confluences scientifiques qui ont convergé vers la prise en compte novatrice des représentations des acteurs et l’institution de l’urbain en tant qu’action spatiale collective, soit un constructivisme qu’ils conceptualisent comme actionalité. La dernière partie est une relecture de leurs propres parcours scientifiques, présentant leurs expériences constructivistes de chercheurs engagés dans l’action urbaine associative ou institutionnelle.

18Cet ouvrage évite l’appauvrissement analytique face aux diversités scientifiques grâce à une documentation extrêmement maîtrisée. Ce vaste panorama scientifique est particulièrement intelligible et enrichissant. À de rares occasions, il minimise certaines différences entre les démarches et oublie quelques chercheurs marquants, même si leurs écoles sont abordées. Réserve mineure, car l’analyse des constructivismes contemporains de la géographie urbaine est extrêmement pertinente. Voilà qui conduira le chercheur à confronter sa propre démarche à l’héritage des textes fondateurs et à l’émergence des approches novatrices, pour se situer plus lucidement dans le champ extrêmement diversifié de la géographie urbaine. Comme le proposent les auteurs, ce texte est donc une invitation adressée aux géographes pour débattre et entretenir une herméneutique critique de leur champ scientifique. Cette clarification concise permettra aussi aux étudiants et plus largement aux spécialistes de saisir la pertinence et les spécificités de la géographie urbaine actuelle. – Michel Favory, Sciences-Po Bordeaux

L’espace, objet central de la sociologie

Remy J. (2015). L’Espace, un objet central de la sociologie. Toulouse : Érès, 183 p.

19Voilà un titre provocateur, pour les sociologues comme pour les géographes ! Nulle bravade pourtant, ce livre est au contraire le fruit d’une longue carrière, constamment invoquée. Jean Rémy se défend de faire de la théorie, qui réduit la complexité, alors qu’il postule des individus ou des groupes confrontés à la diversité des possibles. Il appelle à l’empirisme, au jeu des essais et des erreurs, à l’élaboration de modèles (les « idéaux-types » de Max Weber). Pourtant, les implications théoriques de ce livre sont considérables.

20L’espace prend une épaisseur multiple. C’est une ressource que chacun s’approprie à sa manière en fonction de ses compétences, avec une efficacité et une autonomie plus ou moins importantes. Cette logique d’appropriation suppose un aller-retour constant entre l’individu et la matérialité des choses autour de quatre systèmes en interaction : l’espace, système à part entière, entre en composition avec le système social (autour des objectifs que se donne une société), culturel (autour des schèmes opératoires (re)produits collectivement) et psychique de l’individu. Dans cette dynamique les espaces prennent un sens pour chacun : de la centralité, à côté d’espaces interstitiels, d’espaces publics, d’espaces de primarité (où l’individu assume les rôles et contraintes de la vie ordinaire) ou de secondarité (où il se permet des mises à distance).

21Ces préliminaires permettent une lecture des sociétés et espaces d’aujourd’hui. La mobilité transforme profondément les espaces et ouvre le champ des possibles, selon un mode de spatialisation appelé « urbanisation » qui n’est pas fondamentalement la croissance d’un cadre bâti mais un fait social total qui touche autant la ville que la campagne aisément accessible. Une société à solidarité collective laisse la place à une société de promotion de l’individuation. La distinction entre un modèle « ascétique » (valorisation de l’espace intérieur de la personne) et un modèle « promotionnel » (ouverture à des espaces extérieurs multiples) permet d’articuler le corps dans le raisonnement. La « ville urbanisée », si l’on admet ce pléonasme apparent, voit l’émergence de l’urbanité, sociabilité qui favorise les solidarités et stimule des espaces de liberté. Vécue ainsi comme un choix, elle peut aussi l’être comme une contrainte à laquelle la « campagne urbanisée » apporte certaines réponses à ceux qui ont les moyens de jouer entre ces espaces.

22J. Rémy tire enfin quelques leçons de l’expérience de création d’une ville autour d’une université à laquelle il prit part à Louvain-la-Neuve. Cette recherche-action lui a servi de laboratoire d’une part pour agir (en appliquant l’idée de transaction sociale), d’autre part pour s’interroger sur le statut de la matérialité dans l’émergence d’une société.

23L’espace est pour lui un concept central de toutes les sociologies. Il a une réelle épaisseur, n’est pas neutre, configure le champ des possibles, c’est un mode de composition des mobilités, des temporalités, des inégalités. Il est relationnel, il prend sens dans l’interaction avec les groupes et les personnes. C’est un langage mettant en œuvre un jeu entre distance et proximité et un médiateur social organisant les rapports concrets entre individus et structures sociales.

24Le géographe a apprécié l’articulation convaincante entre l’espace et les sphères du social et du psychique, de même qu’entre les différentes fonctions de l’espace, réceptacle et acteur de la dynamique sociale. On pourra regretter un fil pas toujours aisé à suivre et le faible nombre de références non sociologiques sur des processus déjà abordés, parfois sous d’autres intitulés. Mais quelle richesse dans cette réflexion sur l’espace ! Voilà un livre qui devrait figurer au chevet des géographes et qui appelle à de fructueuses collaborations au sein des sciences sociales. – Jean-Luc Piermay, Université de Strasbourg, Umr 7363 Sage

Comment penser la ville aujourd’hui ?

Remy J. (2015). L’Espace, un objet central de la sociologie. Toulouse : Érès, 183 p.

25Un titre générique, qui aurait pu s’accompagner d’un « comment penser la ville aujourd’hui ? » compte tenu du double apport à nos pratiques et à nos connaissances que représente ce petit ouvrage assorti d’une remarquable préface de son ami directeur de la collection « Sociétés urbaines et rurales » qui le publie, le sociologue Maurice Blanc.

26À propos du « délitement qui a peu à peu rendu indiscernable l’espace épistémologique propre à la sociologie », « parce qu’on a progressivement perdu la certitude qu’il existe des faits sociaux qui sont comme des choses et qu’on peut les décrire comme telles », Jean-Louis Fabiani (2016) s’interroge à propos de Pierre Bourdieu. Un structuralisme héroïque[1]. Une réponse inattendue viendra peut-être aux inquiétudes de cet auteur, et de bien d’autres, dans la même veine d’ailleurs, en lisant le petit ouvrage que Jean Remy (né en 1928 !), économiste à l’origine devenu par les circonstances sociologue du religieux, vient encore de consacrer à une analyse réflexive et critique de son œuvre, et de la manière dont il l’a progressivement construite autour des questions urbaines. J. Remy a fait évoluer sa réflexion, dans un double rapport avec les recherches qu’il a eu l’occasion de mener depuis son doctorat (La Ville comme phénomène économique), que nous connaissons tous, en passant, devenu professeur, par la création du Centre de Sociologie urbaine et rurale de l’université de Louvain-la-Neuve. J. Remy a joué un rôle clé dans la manière de penser et construire les formes spatiales et sociales, l’urbanité, de la ville de Louvain-la-Neuve. Et ce tout en nous offrant périodiquement au fil des années avec sa collègue Liliane Voyé un texte inoubliable dans la littérature sur l’urbain [2]. L’énorme Produire ou reproduire (1978) auquel s’est associé Émile Servais a introduit en sociologie le concept de transaction sociale, « comme approche transversale aux diverses sociologies », auquel il consacrera dans ce petit livre, un post-scriptum bienvenu pour le lier à sa problématique de l’espace (et du temps !). Le tout, dans un dialogue complexe avec tous les auteurs de l’heure, dialogue avec Castell, Bourdieu, Baudrillard, Bourdin, en passant par ses vrais maîtres à penser les formes spatiales, Weber, l’école de Chicago, Simmel, Durkheim.

27On ne saurait en quelques lignes énumérer les concepts que l’on lui doit, et les liens qu’il a su établir entre les choses et les gens, ne serait-ce déjà que le lien entre ville et religion, puis des problèmes liés à la mobilité, en lien avec les liens sociaux, « géographies » – sans le dire – du religieux dans la ville – qui l’occupèrent au tout début de sa carrière de chercheur, qui nous a permis de nous connaître à l’occasion d’une commune expertise de travaux québécois, et lui permirent de développer la distinction entre individuation, dont Jean Remy s’est fait le géniteur conceptuel, et individualisme. Avant d’en venir, très vite, et tout naturellement, aux rapports entre urbanisme et acteurs urbains, à la gouvernance urbaine, et à la définition, fondamentale et pour le soussigné fondatrice de ses propres travaux, des quatre dimensions dans lesquelles s’inscrit l’analyse urbaine, déjà énoncée dans Villes, ordre et violence : le fait que la ville soit la résultante de quatre dynamiques à dissocier dans un premier temps pour les analyser séparément, avant de les faire entrer dans une matrice complexe pour comprendre leurs interactions et leurs combinaisons.

28Première dimension : la dimension morphologique et spécifique du bâti, de plus en plus compact et continu sous la pression de l’urbanisation, la dimension sociale et démographique, qui permet de mettre l’accent sur les caractéristiques de la population, le volume, la densité et bien sûr, d’abord l’hétérogénéité, principe premier de la ville. Mais Jean Remy nous révèle aussi l’importance d’une troisième dimension, qu’il qualifie de socio-affective, en tant que source d’attraction et de répulsion, d’émotion, d’appropriation et d’identification (on retrouve donc l’influence de Simmel). Reste une dernière dimension à saisir, d’ordre socio-politique : la ville comme bien commun repose sur un système politique de décision, permettant d’organiser la coordination et la coopération entre les habitants (Max Weber, bien entendu). L’auteur nous disait déjà, dans Ville, ordre et violence, que l’oubli de l’une ou l’autre de ces dimensions était toujours appauvrissant. Son ami le sociologue Maurice Blanc, remarquable préfacier de l’ouvrage – sur une quinzaine de pages – notant justement cette autre idée force de l’auteur, « Qu’une fois identifiées, ces quatre dimensions peuvent être combinées dans une matrice pour produire des scénarios plus ou moins probables ; mais jamais de prédiction de l’avenir ». On appréciera tout particulièment dans ce petit livre « la synthèse remarquable des travaux et recherches menées par l’auteur pendant toute sa vie professionnelle », ayant su distinguer aussi bien la nature des apports conceptuels que théoriques de l’auteur, la méthode, l’utilisation de « l’idéal type » venant de Weber, proposition de sa « matrice à plusieurs entrées », la grammaire de l’espace, les représentations sociales du corps et les rapports à l’espace. On appréciera encore « l’utopie de la mixité sociale », « la place des sociologues dans la phase de conception puis de réalisation des projets urbains » et, comme on le verra au fil des chapitres, après la présentation autoréflexive du « parcours du chercheur », cette « pensée qui se retourne sur elle-même » comme l’aurait aimé Jean-Paul Sartre dans sa définition du rôle de la réflexivité dans la pratique scientifique. Tout aussi stimulantes sont les réflexions sur « l’espace comme ressource pour les acteurs sociaux et les individus », les rapports entre « mobilité et mode de spatialisation » ou « l’urbanisation et ses modulations ». L’auteur nous conte dans un chapitre son rôle dans la définition des tenants et aboutissants urbanistiques et sociaux de la ville où il réside, Louvain-la-Neuve, action à travers laquelle s’est précisé le concept de transaction sociale auquel il consacre son post-scriptum après avoir conclu sur la manière dont « le temps s’encastre dans l’analyse du social » « au point que l’on ne peut considérer l’une sans évoquer l’autre ».

29Faut-il le répeter en conclusion, dans plusieurs villes du monde, Jean Remy a su travailler en interdisciplinarité avec des géographes. À la recherche de ce qui fait sens. Le fil conducteur de tout l’ouvrage qui se présente in fine, comme une sorte de testament pratique invitant à rebondir sur une belle époque outre-disciplinaire. Dont je retiendrai encore une réflexion initiale de Maurice Blanc dans sa préface, en pensant aux débats qui ont marqué les débuts de l’Espace géographique, et auxquels le soussigné a pu participer depuis le Canada puis dans le cadre des Géopoints : « Faire une analyse théorique ne signifie pas faire entrer les résultats empiriques dans une théorie préétablie (celle de Karl Marx, Pierre Bourdieu ou autre) mais chercher au cas par cas le (ou les) éclairages adaptés. Jean Remy relit à nouveaux frais les grands auteurs : les pères fondateurs de la sociologie française et allemande (Émile Durkheim, Max Weber et Georg Simmel), l’écologie (sociologique) de Chicago (Robert Park et Louis Wirth) et bien d’autres plus récents. Cette démarche débouche sur des propositions théoriques générales, mais fondées sur des constats empiriques solidement établis. Jean Remy arrive à la conclusion qu’il y a un lien entre formes spatiales et la hiérachie sociale, mais que ce lien peut s’inverser, notamment avec l’évolution des techniques. » – Jean-Bernard Racine, université de Lausanne

Des géographes « hors-les-murs » (1900-1940)

Clerc P., Robic M.-C. (dir.)(2015). Des géographes hors-les-murs ? Itinéraires dans un Monde en mouvement (1900-1940). Paris : L’Harmattan, coll. « Histoire des sciences humaines », 400 p.

30Groupant dix auteurs et neuf biographies de géographes nés entre 1869 et 1901, ce livre en général bien écrit fait découvrir la géographie « hors-les-murs ». Certes, les maîtres de la géographie française (Vidal de la Blache, Demangeon, de Martonne) organisent une petite vingtaine de disciples « classiques » qui institutionnalisent la discipline en deux générations, entre 1890 et 1944, évitant la dispersion. Cependant autour gravitait un monde de satellites inclassables dont l’étude permet de comprendre comment cette géographie était bricolée sans frontières établies, sans limites strictes entre géographes et ethnologues qui doivent « faire un terrain » glorifié comme une approche « brute » de réalités qu’il est dangereux ou prématuré d’interpréter.

31Les géographes « hors-les-murs » dépendent aussi depuis les années 1880 de ce qu’on appellera dans les années 1950-1990 « la doc », ces rapports administratifs, scientifiques ou autres. Poursuivre cette littérature grise est une activité aussi indispensable que peu valorisante du géographe. Cela durera jusqu’à l’avènement de Google… Produire des rapports relève d’une certaine marginalité. Produire des livres de vulgarisation n’a pas le prestige du texte scientifique. Ceux qui travaillent en des lieux exotiques sont plus que les autres incités à la chasse aux rapports pourtant d’accès plus difficile et cela les incite à quitter la géographie canonique.

32L’envers de cette recherche atypique est que ces géographes attirés par les mondes lointains produisent moins que leurs collègues hexagonaux la thèse canonique qui permet d’accéder à une position stable dans l’enseignement supérieur. Thèses toujours promises et jamais écrites ou longtemps retardées, ou thèses ratées, dédaignées ou occultées par ceux qui les jugent, pour des raisons d’ailleurs contradictoires, car la thèse « régionale » doit contenir un équilibre entre milieux naturels, histoire et sciences sociales, auberge espagnole mal définie, avec sans doute un seul tabou : le politique. Par rapport à cette géographie canonique, une autre fragilité rend un auteur marginal : travailler sous la couverture d’une géographie physique alors en déclin dans les facultés des sciences est paradoxalement peu valorisé dans la profession au moment même où celle-ci forge en faculté de lettres son propre fer de lance de la géomorphologie, surtout dans les années 1940-1970. Comme souvenir personnel d’étudiant dans les années 1951-1957, ces géographes « hors-les-murs », y compris un Pierre Gourou dans un Collège de France « marginal », étaient vus avec condescendance par la géographie du développement fondée sur une vulgate marxiste diffusée par Pierre George.

33Cette géographie « hors-les-murs » concerne donc essentiellement des « terrains » exotiques où le travail prend plus de temps et coûte plus cher, où l’on doit vivre entre plusieurs mondes. En comparaison, la vie provinciale est bien terne. L’expatriation se fait vers des pays coloniaux ou des pays neufs où la science est aussi squelettique que jalouse de ses prérogatives, au Caire comme à Buenos Aires, où souvent les textes des « marginaux » français, traduits tardivement ou pas du tout, ne sont accessibles qu’à une petite élite locale. Il est d’autant plus intéressant dans ce contexte de voir la géographie française se poser des questions fondamentales de géographie politique à propos des Balkans : dans la mosaïque des peuples locaux, quels sont ceux qui ont vocation à forger des nations ?

34Plongés plus ou moins longuement hors de l’hexagone, nos géographes exotiques (comme leurs collègues ethnologues) ont été plus ou moins volontairement conduits vers des professions non-académiques, parfois prestigieuses, parfois rémunératrices : finance, diplomatie (SDN en particulier), armée, administration coloniale. Voici démontré que la géographie à la française, plus que d’autres corporations académiques, ne s’est pas seulement façonnée « dans les murs » de l’hexagone. – Claude Bataillon, Cnrs Toulouse

La « Nouvelle-Calédonie » illustrée loin des clichés

Gay J.-C. (2014). La Nouvelle-Calédonie. Un destin peu commun. Marseille : Ird Éditions, 238 p.

35Encore un ouvrage sur les îles, va-t-on dire ! En France, la fascination qu’exerce le 9-8, code postal de Nouméa, parfois au détriment du 9-3, code postal de Bobigny, ne se dément donc pas ! Fascinés par la Nouvelle-Calédonie nous l’avons tous un peu été ; comme tous ceux qui se sont intéressés aux îles et le restent ; au-delà du raisonnable peut-être ! Et au grand étonnement parfois de nos collègues anglophones, plus pragmatiques et moins émotionnels !

36L’auteur, Jean-Christophe Gay, fournit ici un produit scientifique dérivé de haute tenue. L’ouvrage a été écrit parallèlement à la coordination scientifique de l’Atlas de la Nouvelle-Calédonie), autre travail dont l’Espace géographique a rendu compte (42, 2-2013, 191-192). Parallèlement aussi avec la publication d’un DVD, atlas numérique des communes (IRD-Congrès de Nouvelle-Calédonie), dévoilant des milliers de documents cartographiques ou photographiques, des diaporamas et autres vidéos.

37Ayant séjourné à Nouméa pendant trois ans, J.-C. Gay emprunte beaucoup aux recherches conduites dans le cadre de l’atlas et à ses nombreuses missions sur le terrain dont il a rapporté de très riches images en couleurs totalement inédites qui participent réellement à la construction de l’ouvrage ; très loin donc de ces clichés idylliques souvent convoqués pour illustrer les nombreux ouvrages qui traitent des îles. Au-delà des photographies, l’iconographie dans toutes ses autres composantes (ACP, cartes, croquis, graphiques, tableaux, annexes) est particulièrement soignée, nonobstant une bibliographie très fouillée et 29 encadrés qui ponctuent l’ouvrage et lui donnent une respiration bienvenue.

38Car l’ouvrage est particulièrement dense, une densité conférée par la connaissance particulièrement fine qu’a l’auteur de son sujet et qui ne nous épargne aucun détail, des plus triviaux aux plus savoureux. Pour l’auteur, la rédaction de cet ouvrage découle d’une frustration de plus en plus vive au fur et à mesure que l’atlas avançait et que les lectures, notes de terrain, photographies, rencontres avec les auteurs ou réunions de travail sur certaines planches s’accumulaient. Comment valoriser une information centralisée qu’il n’était possible d’inclure ni dans l’atlas ni dans le DVD ? Comment rassembler les pièces d’un puzzle que les 91 auteurs de l’atlas avaient expertement ciselées, pour une mise en relief explicative des éléments structurels ?

39La réponse est contenue dans cet ouvrage de 238 pages, divisé en quatre parties, dans un registre d’écriture recherchée (parfois un peu trop) mais qui se lit d’un trait.

40« De quoi la Calédonie est-elle le nom ? » constitue une première partie très originale qui situe la Nouvelle-Calédonie dans le double contexte océanien et ultra-marin, tout en soulignant son caractère de collectivité à nulle autre pareille (sui generis) et mettant l’accent sur la riche sémantique toponymique qui va du Caillou à la Kanaky en passant par la Calédonie, en omettant donc l’adjectif Nouvelle !

41Les processus de formation du territoire alimentent la deuxième partie. L’auteur souligne l’occupation humaine tardive (comparée à celle des aborigènes australiens), insiste sur une mise en valeur coloniale qui semble bien légère et peu efficace, même si ses conséquences sur les populations kanak refoulées dans l’intérieur ont été dévastatrices, puis sur les bouleversements apportés par la Seconde Guerre mondiale qui transforment la Nouvelle-Calédonie en base logistique arrière pour les combattants américains, australiens et néo-zélandais de la bataille du Pacifique contre le Japon. Cette incarnation de la puissance sidère littéralement les Calédoniens de toutes origines. Puis l’auteur évoque le Territoire d’outre-mer des années 1950 dont le statut, remanié dix fois, trébuche définitivement lors de la dramatique affaire d’Ouvéa (1988), apogée du nationalisme kanak. Ces événements conduisent aux accords Matignon et Oudinot, ces derniers approuvés par référendum par tout le corps électoral français. 2014 devait marquer la fin d’un processus d’apaisement, mais toutes les parties prenantes semblent s’être accordées pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore avant 2018.

42Les grands mécanismes socio-spatiaux nourrissent la troisième partie de l’ouvrage et la lecture permet de mieux comprendre la Nouvelle-Calédonie, son territoire, ses habitants, son histoire, ses paysages, son nickel omniprésent dont la chaîne de valeur est beaucoup mieux maîtrisée (trois usines sont désormais en production) au profit de la collectivité locale et des provinces, contrairement aux années 1970, lorsque le minerai était exporté essentiellement à l’état brut vers l’Asie. Mais J.-C. Gay ne nous épargne pas l’envers du décor non plus, les déséquilibres invraisemblables, la double rente alimentée par la mine et les transferts publics ou les montages défiscalisés qui, même conformes à la légalité, relèvent toujours du grand art et dévoilent une créativité financière sans limites !

43La quatrième partie sobrement intitulée « l’organisation de l’espace », relève d’une trilogie : la ville, la brousse et les îles.

44Au total, c’est un bel ouvrage imprimé sur un papier au lourd grammage, mais avec une typographie un peu terne pour être aisément lisible. Il est malheureusement trop coûteux (38 euros) pour bénéficier d’une large diffusion au-delà du cercle forcément restreint des initiés. – Benoît Antheaume, Ird Paris

Notes

  • [1]
    Fabiani J.-L. (2016). Pierre Bourdieu. Un structuralisme héroïque. Paris : Seuil, coll. « La Couleur des idées », 312 p.
  • [2]
    Rémy J., Voyé L. (1974). La Ville et l’Urbanisation. Gembloux : Duculot, coll. « Sociologie nouvelle », 252 p. — (1981). Ville, ordre et violence. Paris : Presses universitaires de France, coll. « Espace et liberté », 238 p. – (1992). La Ville. Vers une nouvelle définition ? Paris : L’Harmattan, coll. « Villes et entreprises », 174 p.
  1. La Caraïbe : une géographie vécue par les chemins de traverse
    1. Cruse R. (2014). Une géographie populaire de la Caraïbe. Montréal : Mémoire d’encrier, coll. « Essai », 590 p.
  2. Gestion des biodiversités et systèmes agraires et paysans à Madagascar
    1. Rakoto Ramiarantsoa H., Blanc-Pamard C. (coord.)(2014). Biodiversités en partage. Reconfigurations de ruralités dans le corridor forestier betsileo tanàla (Madagascar). Marseille : IRD Éditions, 264 p.
  3. Translations géographiques, entre France et Allemagne
    1. Débarre S. (2014). Géographies entre France et Allemagne. Acteurs, notions et pratiques (fin xixe siècle- milieu xxe siècle). Paris : Cnrs Éditions, coll. « Revue germanique internationale », vol. 20, 212 p.
  4. Comment la carte change le régime de géographicité
    1. Verdier N. (2015). La Carte avant les cartographes. L’avènement du régime cartographique en France au xviiie siècle. Paris : Publications de la Sorbonne, 378 p.
  5. Les reconstructions scientifiques de la géographie urbaine contemporaine
    1. Augustin J.-P., Dumas J. (2015). La Ville kaléidoscopique : 50 ans de géographie urbaine francophone. Paris : Anthropos-Economica, 256 p.
  6. L’espace, objet central de la sociologie
    1. Remy J. (2015). L’Espace, un objet central de la sociologie. Toulouse : Érès, 183 p.
  7. Comment penser la ville aujourd’hui ?
    1. Remy J. (2015). L’Espace, un objet central de la sociologie. Toulouse : Érès, 183 p.
  8. Des géographes « hors-les-murs » (1900-1940)
    1. Clerc P., Robic M.-C. (dir.)(2015). Des géographes hors-les-murs ? Itinéraires dans un Monde en mouvement (1900-1940). Paris : L’Harmattan, coll. « Histoire des sciences humaines », 400 p.
  9. La « Nouvelle-Calédonie » illustrée loin des clichés
    1. Gay J.-C. (2014). La Nouvelle-Calédonie. Un destin peu commun. Marseille : Ird Éditions, 238 p.
Mis en ligne sur Cairn.info le 07/07/2016
https://doi.org/10.3917/eg.452.0182
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