CAIRN.INFO : Matières à réflexion

L’exploitation pétrolière et gazière est indissociable du risque. De la prospection à la livraison des hydrocarbures, la probabilité de l’échec est élevée. Les acteurs de ce secteur doivent sans cesse en repousser les limites technologiques, économiques et politiques pour accroître leurs profits. Dans une approche économique, il faut saisir le risque comme la distribution connue de probabilité sur les aléas futurs. C’est donc le nombre de chances que dans un domaine, un choix aboutisse au succès ou non d’une opération. Cette probabilité dépend pour beaucoup de la capacité de l’investisseur à disposer d’une information suffisamment fiable (évaluation des risques), pas nécessairement parfaite au sens néoclassique, pour réduire les incertitudes.
À la différence du risque qui est mesurable, l’ambiguïté ou incertitude sur les probabilités renvoie, en économie de la décision, à des situations de choix dans lesquelles les probabilités d’aboutir à un résultat attendu sont imprécises, douteuses, incertaines. De l’ambiguïté d’une situation découle alors la prudence des agents économiques, c’est-à-dire leur réponse à des choix effectués dans l’incertitude, visant à rendre les possibilités moins aléatoires. Dans une perspective de rationalité individuelle, la prudence se traduit à la fois par l’émission de réserves et par la recherche d’informations.
Dans le domaine pétrolier et gazier, les décisions d’investissement de portefeuille privilégient souvent le partage des risques ainsi que des bénéfices à travers le…

Français

Au début des années 1980, l’État du Cameroun s’associe aux compagnies pétrolières Elf, Mobil, Pecten et Total pour étudier les possibilités de liquéfier le gaz naturel et de l’exporter vers le marché européen. Les associés se retrouvent entre 1980 et 1983 en conseil de gérance de la société en formation pour évaluer l’avancement du projet et déterminer ainsi leur implication dans sa réalisation. Face aux incertitudes issues de ces négociations, ces compagnies émettent cependant des doutes sur la viabilité économique de cette initiative. En s’appuyant notamment sur les archives du groupe Total, l’évocation des discussions entre les différents acteurs permet d’expliquer l’attitude prudente des compagnies pétrolières et l’échec de ce projet.

English

In the early 1980s, the State of Cameroon was joined by the oil companies Elf, Mobil, Pecten and Total to study the possibilities of liquefying natural gas and exporting it to the European market. These partners meet between 1980 and 1983 in the board of managers of the company to assess the progress of the project and thus determine their involvement in its implementation. However, facing the uncertainties arising from these negotiations, foreign companies question the economic viability of that initiative. Relying on the archives of the Total group, the analysis of the talks between the various actors explains the cautious attitude of the oil companies and the failure of this project.

Moïse Williams Pokam Kamdem
Université de Dschang, Institut d’études avancées de Nantes
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Il vous reste à lire 96 % de cet article.
Acheter cet article 5,00€ 17 pages, format électronique
(html et pdf)
add_shopping_cart Ajouter au panier
Autre option
Membre d'une institution ? business Authentifiez-vous
Mis en ligne sur Cairn.info le 23/06/2020
https://doi.org/10.3917/hes.202.0127
Pour citer cet article
Distribution électronique Cairn.info pour Armand Colin © Armand Colin. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
keyboard_arrow_up
Chargement
Chargement en cours.
Veuillez patienter...