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1Par son rôle dans l’Histoire, par ses qualités littéraires, par la spécificité de sa structure, comme par l’ampleur de son succès, la Satyre Menippee de la vertu du Catholicon d’Espagne est l’une des œuvres les plus marquantes du XVIe siècle : en gagnant les rieurs à sa cause, elle prépare dans les esprits la victoire d’Henri IV ; elle surpasse très nettement les autres écrits de combat, en réactualisant avec brio certains aspects du comique rabelaisien et en sortant de l’oubli un genre énigmatique qui cautionne à merveille une forme proprement inouïe. Le texte fut au cœur des préoccupations de l’enseignement et de la recherche universitaire de la fin du XIXe siècle ; mais, depuis plus d’un siècle, aucune édition complète n’a été proposée au public (si ce n’est le reprint du travail effectué en 1841 par l’érudit Charles Labitte, sans cesse réédité dans la seconde partie du XIXe s.) ; l’œuvre n’a que fort peu inspiré les critiques contemporains à l’exception de Pauline Smith pour deux articles récents et surtout de Daniel Ménager et Frank Lestringant qui animèrent à la fin des années quatre-vingt un travail collectif qui déboucha sur la publication d’Études sur la Satyre Ménippée. Si de nombreuses éditions du XIXe s., souvent fort sérieuses (Labitte, Marcilly, Read, Giroux et surtout Frank), restent accessibles, il est nécessaire d’éclairer aujourd’hui ce texte des avancées de la critique littéraire et de l’historiographie. Grâce aux lectures de Bakhtine et Frye, le genre de la satire ménippée fut placé au centre de la théorie littéraire dans les années soixante-dix ; après une disparition du champ littéraire, il intéresse aujourd’hui, de manière très différente, les théoriciens de la satire classique (Ingrid De Smet, Pascal Debailly). Mais, c’est surtout l’important travail de l’école historique française sur la période des guerres de religion, un travail particulièrement sensible dans l’analyse sociale et politique (Descimon, Barnavi, Constant, Le Roux, Bourquin), l’exploration de l’imaginaire (Delumeau, Crouzet) et l’effort de synthèse des acquis (Constant, Jouanna, Boucher), qu’il convenait d’intégrer à l’approche de l’œuvre. C’est ce que nous avons tenté en proposant une nouvelle édition dans le cadre d’une thèse de doctorat qui donnera lieu prochainement à une publication aux éditions Honoré Champion.

2L’introduction au texte s’attache plus particulièrement à trois aspects : le contexte historique, le genre ainsi que les modèles littéraires et la réception de l’œuvre du XVIIe au XIXe siècle.

3La Satyre Menippee est souvent considérée comme une œuvre de circonstance ; alors que les ligueurs réunissent en 1593 à Paris des états généraux qui doivent assurer l’élection d’un roi catholique et ne sont au final que l’étalage d’oppositions internes irréductibles, la Menippee circule dans la ville en état de siège, préparant l’opinion à l’acceptation d’Henri IV, bientôt converti au catholicisme. Mais présenter les choses ainsi, c’est tomber dans le piège que tend la Menipppee, car sa voix si séduisante est celle de l’évidence, celle d’une Histoire finalisée, celle d’un déterminisme autoritaire ; elle oublie sciemment les virtualités historiques. C’est donc à nous de reconstruire la vision historique ligueuse, de comprendre comment la Providence divine peut justifier la révolte et le meurtre du tyran Henri III, coupable d’aimer ses mignons plus que son peuple et les grands du royaume, comment malgré les obstacles et les défaites Dieu réserve la victoire à ceux qui le portent en leurs cœurs, comment à travers l’élection par les états se joue une élection divine du roi de France. À cela, la Satyre Menippee oppose, comme bon nombre de libelles de l’époque, une vision populiste et éclatée du mouvement ligueur face aux espoirs véritables d’union incarnés par un roi victorieux et providentiel ; par bien des côtés, elle constitue un « patchwork » des pamphlets royalistes, glanant les éléments les plus percutants et les insérant dans une structure d’accueil parfaitement adaptée : les « états du monde ». Cette tradition médiévale relativement bien connue (Mohl, Batany) met en scène la confrontation des « états », des trois ordres sociaux sous une forme souvent allégorique ; ici, ce dernier aspect est oublié ; les états sont davantage l’occasion du passage en revue des orateurs et des acteurs les plus importants de la Ligue. La remarquable multiplication des pièces adventices et des suppléments ressortit, elle aussi, à ce genre : ici, s’accumulent les descriptions des processions religieuses, du boniment de deux charlatans à l’entrée des états, de la disposition des pièces recevant l’assemblée, de leurs décorations (tapisseries et tableaux) et pour finir un recueil de vers circulant à l’occasion.

4Dans le corps du texte, sept orateurs se succèdent : le duc de Mayenne, lieutenant général du royaume depuis la mort de son frère le duc de Guise et chef fort contesté de la Ligue, le légat du pape, Philippe Sega, défenseur des intérêts espagnols, le cardinal de Pelvé, d’Espinac, archevêque de Lyon, le recteur de la Sorbonne Roze, le soudard Rieux soi-disant sieur de Pierrefonds et le député du tiers état d’Aubray. Les six premières harangues sont des sommets de l’éloge paradoxal : l’ironie ruine là toutes les formes d’un discours ligueur renversé, ridiculisé, carnavalisé. Les fantoches ligueurs, plus ridicules les uns que les autres dans leurs prétentions, abandonnent finalement la parole au colonel d’Aubray, haute figure parisienne et « politique ». Sa harangue (la septième et dernière) rompt avec le reste ; avec sérieux s’y développe le discours du « ligueur repenti », ramené à la raison et maintenant partisan de l’unique solution possible : le ralliement au seul vrai roi. L’origine du discours est tout à fait assignable ; elle correspond au milieu parlementaire gallican. Les attributions de ce texte anonyme vont tout à fait dans ce sens en renvoyant à Leroy, Gillot, Rapin et Passerat, tous proches de de Thou et surtout en rapprochant la harangue d’Aubray des œuvres du célèbre jurisconsulte Pierre Pithou. Cette élite savante luttait, en effet, pour que le passé puisse prendre part dans un présent dont elle se sentait hautement responsable ; dans la crise dynastique que connaissait alors la France, son arbitrage était nécessaire à la victoire, peut-être plus encore que le sort des armes : en rappelant son attachement à la loi salique et en défendant par là la légitimité d’Henri IV, le Parlement – justement travaillé par des hommes tels que Pithou – allait marquer la fin des espérances ligueuses. Dans sa confrontation aux états généraux, l’éloquence parlementaire se fait politique ; mais elle est aux « antipodes de l’éloquence sacrée telle qu’elle est déjà pratiquée par les prédicateurs, multipliant les tableaux, les caractères, les dialogismes, les prosopopées, les apostrophes et autres figures d’imagination » (Fumaroli), elle ne doit pas flatter les opinions mais avoir la force de la vérité : elle est là pour éclaircir. Pierre Pithou la définit ailleurs comme cela, mais c’est ici dans la Satyre Menippee qu’il en donne la plus parfaite illustration.

5Avec la fin des conflits, le texte, souvent modifié et amplifié, met davantage en avant sa dimension littéraire : ses incessants changements de titre laissent paraître cet infléchissement. L’utilisation du terme « satyre menippee » correspond pleinement à cela : la volonté de s’inscrire dans un genre recoupe le vœu de gagner en dignité littéraire. Mais il nous est aujourd’hui difficile de bien comprendre ce qu’on entendait alors par « satyre menippee » ; certains discours font écran entre la conception des érudits du XVIe siècle et la nôtre. Il nous faut donc d’abord comprendre à quel point notre vision du genre est héritée à la fois des études des romanistes allemands de la fin du XIXe siècle et des théories plus récentes de Frye et Bakhtine (et à sa suite Kristeva). Or, dans les travaux de Bakhtine, comme dans ceux de Frye, l’emploi du syntagme « satire ménippée » est souvent incongru : cette appellation n’a jamais désigné, durant l’Antiquité, d’autres œuvres que celles de Varron ; cette classe littéraire apparaît comme une pure construction des humanistes du XVIe siècle, élaborée a posteriori sur des critères qui ne sont pas reconnus auparavant. Les textes latins ou grecs qui ont attiré l’attention des théoriciens contemporains ne sont des satyres ménippées que dans la mesure où ils sont repérés comme tels et institués en modèles du genre lors de la constitution de cette famille textuelle à la fin du XVIe siècle, tout d’abord par l’utilisation du titre de Varron par Juste Lipse pour désigner en 1581 une œuvre inspirée de Sénèque, puis par le jeu de l’édition avec la publication conjointe du texte de Lipse et de textes antiques, enfin, toujours dans le cadre du paratexte, par des indications sur l’histoire du genre, voire plus rarement par le biais de traités de poétique indépendants. La satyre ménippée néo-latine de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle recouvre deux ensembles correspondant à des modèles d’écriture différents et apparaissant à des moments distincts, l’un court et d’inspiration sénéquienne qui s’organise autour de la Satyra Menippea de Juste Lipse (1581), l’autre long et se revendiquant de Pétrone, mais plus influencé par Apulée ou Lucien, qui prend son essor après la publication de l’Euphormionis Cantaliensis Satyricon de John Barclay. Or c’est justement dans sa capacité à produire un effet de liant entre des éléments parfois très hétérogènes que repose la force de la ménippée : les textes de Juste Lipse ou de Barclay invitent en un premier temps à relire L’Apocoloquintose en prolongement des fragments de Varron ou bien L’Ane d’or en parallèle avec le Satyricon ; mais ils ne se limitent pas à ce travail : ils regroupent et organisent autour d’une direction précise des œuvres moins attendues. En s’inspirant de Sénèque, la première Satyra Menippea renvoie bien plus directement qu’aux lointaines et oubliées Satires ménippées de Varron, à L’Éloge de la Folie d’Érasme ainsi qu’à son Julius exclusus e coelis ou encore au Songe de Vivès. En reprenant la trame de l’Apocoloquintose, Juste Lipse mettait, en effet, à nouveau à contribution une œuvre qui ne l’avait plus été depuis 1525. Autour de l’Apocoloquintose du divin Claude, un certain nombre de traits (de règles génériques ?) s’imposaient : le jeu entre les logiques narrative et satirique, la mise en représentation des rhétoriques délibératives et judiciaires, le mélange de réalisme et de fantaisie, une exceptionnelle causticité pouvant aller jusqu’à la critique nominale, la prédominance des invectives et des louanges d’autant plus expressives qu’appuyées sur une opposition vers/prose régénérée, car seul l’abaissement du mètre à la fonction de la prose dans les fragments satiriques lui permet de se rédimer et de pouvoir à nouveau signifier ou même provoquer la présence de l’héroïque. La première occurrence du syntagme « satyre ménippée » n’apparaît en français qu’en 1594, avec notre texte : L’Abbregé et L’Ame de Estatz convoquez à Paris en l’an 1593, le 10 de febvrier est alors rebaptisé Satyre Menippee de la Vertu du Catholicon d’Espagne. La modification n’est pas innocente : elle induit un effet de rapprochement avec le corpus qu’a réuni Juste Lipse autour de son texte, c’est-à-dire avec un ensemble exclusivement constitué d’œuvres savantes ; elle correspond donc à une volonté de « polir » le texte, d’évacuer sa teneur proprement militante pour mettre en avant sa littérarité. La possibilité de renommer le texte s’appuie bien entendu sur certains éléments qui se trouvent mis en valeur comme caractéristiques du genre et qui en même temps prennent un nouveau relief dans cette œuvre. Cependant, en retour, les contenus et les enjeux du texte, de ce texte premier que ce nouveau titre tente de gommer, infléchissent les significations du concept générique, au point même que ce texte de La Satyre Menippee ou La Vertu du Catholicon fournisse pour longtemps le parangon du genre. Le plus beau tour de force de cette Satyre Menippee est d’inscrire Rabelais dans ce genre, et en plaçant son œuvre dans cette tradition de « policer » des textes déjà jugés trop « vulgaires » : riche d’emprunts en expressions rabelaisiennes toutes plus grivoises et piquantes les unes que les autres, la Satyre Menippee veut pourtant reconnaître son ascendance dans l’aspect rhapsodique du Tiers Livre ou plus encore dans celui hermétique du Cinquième Livre : un Supplement du Catholicon, voyage initiatique sur la Lune, paru dans la foulée, souligne bien cette tendance, en reprenant le principe des descriptions de tableaux à l’origine des arts de mémoire et de l’initiation à la connaissance du monde (Lestringant).

6Ce dernier ouvrage est l’une des premières traces de l’influence de la Menippee. Si l’on prête attention à l’histoire des lectures et des réécritures, l’on prendra conscience de la place centrale de la Satyre Menippee dans les transformations du genre de la satire : on passe alors d’une conception formelle et traditionnelle de la satire versifiée liée aux modèles horatio-juvénaliens à une vision plus « tonale » associée à l’expression d’une subjectivité en butte au monde tel qu’il est. Les suites et les nouvelles ménippées sont assez nombreuses dans les trois premières décennies du siècle, illustrant particulièrement l’opposition à Concini ; mais ensuite, en même temps que l’éloquence politique (dont elle était l’envers critique), le modèle de la satyre menippee périclite sous les coups de ce qu’elle avait elle-même contribué à construire (Ménager) : l’absolutisme royal. Il faudra attendre la Révolution française pour revoir la Menippee exercer une forte influence : au XIXe siècle, elle accompagne chacun des changements de régime ; le critique et académicien Jules Janin reconnaît en elle l’une de « ces terribles compositions qui signalent la fin ou le commencement d’un Empire ». À l’occasion de la crise de mai 1877, paraît la Satyre Ménippée de la vertu du Catholicon de Rome et de la Sainte Ligue du Sacré Cœur. Elle reproduit très fidèlement l’organisation de l’original, s’ouvre sur un « Advis de l’imprimeur » qui reprend la définition de « ménippée » et évoque le parallèle possible entre le Catholicon et le Syllabus, le recueil adressé aux évêques par Pie IX, se poursuit avec une procession au Sacré-Cœur de Montmartre, et se conclut par les harangues de différents responsables politiques et surtout du citoyen Bonsens-Bonnefoi, résigné à la République, face aux contradictions des camps royalistes et bonapartistes. Le nationalisme de cette figure de proue de l’école républicaine qu’est la Satyre Menippee n’aura cependant plus grand succès au XXe siècle ; ce texte réédité pour la dernière fois « en contrebande » durant l’occupation ne parlera plus à une France occupée à la construction européenne et plus guère préoccupée d’invasions qu’elles soient espagnoles ou allemandes.

7Le texte que nous proposons est le fruit d’un difficile travail sur l’histoire de la Satyre Menippee, l’histoire, peut-être, la plus complexe des œuvres du XVIe siècle français sinon de la littérature française : nombreuses, les éditions sont parfois fort différentes dans les années 1594-1595. Il apparaît maintenant clairement que seuls des manuscrits très éloignés des versions imprimées circulent en 1593, qu’il faut attendre l’année suivante pour voir la première édition à Tours puis une nouvelle série à Paris, et qu’il n’existe pas d’édition comprenant le second discours de l’imprimeur – un dialogue fictif entre l’éditeur et un parent de l’auteur, particulièrement riche pour ce qui est de la poétique de la satire – avant 1595. Nous avons choisi comme base un exemplaire d’une édition de cette année-ci : la plus riche en pièces versifiées. L’établissement du texte se devait d’être rigoureux ; mais cela n’était pas suffisant pour rendre lisible cette œuvre : il fallait l’accompagner de notes nombreuses (plus de mille) qui puissent répondre au mieux aux attentes des lecteurs. Bien sûr, dans la lignée des éditions du XVIIIe (Le Duchat et Godefroy) et du XIXe siècles (Labitte, Read, Frank), nous avons multiplié les notes historiques et érudites, développant ou corrigeant parfois les indications antérieures. Afin de démêler les allusions parfois obscures à l’actualité des rédacteurs, nous avons fait appel aux grands mémoires et aux histoires de la fin du XVIe s., en premier lieu à Goulart (Les Mémoires de la Ligue), Palma Cayet (Chronologie novénaire), De Thou (Histoire…) et L’Estoile (Mémoires-journaux), mais aussi à d’Aubigné, Brulart, Carorguy, Cheverny, Matthieu, Castelnau ou Villeroy. Nous avons choisi, afin de faciliter la lecture, de citer parfois amplement des passages de ces témoignages, de les confronter et de préciser les spécificités du mode de traitement des événements par la Satyre Menippee. Il a aussi été nécessaire de rapporter le texte aux discours ligueurs qu’il travaille de l’intérieur par les vertus de l’ironie, aux prédications, aux feuilles volantes dont on trouve la trace chez les mémorialistes, aux parutions officielles aussi, aux traités politiques et aux libelles, particulièrement au Dialogue d’entre le maheustre et le manant, concurrent et inspirateur de la Menippee. L’accès à l’ensemble de ces informations est facilité par un index des lieux et un autre pour les personnes (complété par des notices biographiques) et par une frise chronologique qui répertorie l’ensemble des allusions du texte.

8Nous avons également pris le parti d’enrichir la lecture par des indications sur l’imaginaire de l’époque ; par exemple, lorsque l’orateur du tiers, d’Aubray, s’exclame dans l’un des plus beaux passages de l’œuvre : « Nous voulons sortir à quelque pris que ce soit, de ce mortel labirinthe », il nous semble nécessaire de préciser les aspects du motif du labyrinthe dans la littérature polémique du moment et de le mettre en relation avec la métaphore récurrente de l’alchimie : le labyrinthe est attaché aux rites de passage et d’initiation ; il correspond ici à la dissipation des illusions de la noire alchimie ligueuse, lorraine et espagnole (celle des faux remèdes et du catholicon), par la force retrouvée de la raison qui saura guider les Français vers leur roi de lumière : Henri IV. L’analyse précise de tels motifs permet de mettre plus clairement en évidence la forte cohérence symbolique de l’œuvre.

9Nous avons aussi souhaité prodiguer, plus rarement, des mises au point rhétoriques ou génériques ; afin de mieux cerner l’ironie des harangues du légat ou du cardinal Pellevé, il convenait de faire le point sur les connaissances dont on dispose sur la prédication de l’époque : modes particuliers de lecture et d’interprétation des Écritures, prédominance du latin et de l’italien y compris dans l’éloquence publique de la chaire, violence et liberté des propos… De la même manière, les pièces de vers qui viennent conclure l’œuvre doivent être lues en regard des productions poétiques du moment. Les nombreuses épitaphes du chevalier d’Aumale, terrible chef de guerre ligueur, comme la longue pièce « A Mademoiselle ma commère, sur le trespas de son asne. Regret funebre », ou encore le Testament de la Ligue qui apparaît en complément de certaines éditions viennent souligner les excès d’une poétique ligueuse de l’affect : « Complaintes », « Regrets », « Lamentations », « Pleurs » sont autant de titres qui expriment l’hystérie ligueuse. La Satyre Menippee détourne ironiquement cette éloquence épidictique, dont l’acmé est atteinte dans les regrets en mémoire du duc Henri de Guise, expressions hyperboliques du genre officiel du tombeau, avatars ultimes et indépassables de l’éloge, pour blâmer avec plus de force encore les responsables des tourments infinis que subit le royaume.

10De nombreuses annexes viennent compléter ce dispositif de notes en proposant une notice génétique et la transcription des manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale, une table des incipit des poésies, une notice grammaticale, un glossaire très fourni (42 pages), un index des noms de lieux, une carte de la France de la Ligue, un index prosopographique pour les noms de personnes (35 pages), de nombreuses généalogies, un tableau chronologique des événements évoqués dans la Satyre Menippee avec renvoi aux passages du texte, une riche bibliographie analytique.

Notes

  • [*]
    Thèse soutenue le 20 décembre 2001 devant un jury constitué de MM. François Roudaut (Président), Pascal Debailly (directeur), Emmanuel Bury, Jean Vignes.
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