CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Aujourd’hui, partout, l’amour semble triompher, il semble avoir renvoyé le désir au passé et il accompagne souvent le vent de la religion. Pour Lacan, la question de l’amour est ouverte. Il en parle souvent en disant je, soit comme l’amour d’un homme pour une femme. Nous nous pencherons ici sur un moment de son enseignement, celui du début des années 1970 et en particulier du Séminaire inédit « Les non-dupes errent [1] ». Aujourd’hui l’amour passe par des profils et des accords confiés aux différents sites de rencontre où le quantitatif supplée au qualitatif.

2On a pu souvent lire Lacan en se défiant un peu de son lien avec l’image et l’imaginaire. Il recouvrirait un aspect plus acceptable à condition d’en passer par la parole, de celle qui engage, par exemple, dans une certaine fidélité, un pacte. C’est le célèbre « tu es ma femme » évoqué par Lacan. Mais chacun sait maintenant qu’à la fin de son enseignement, Lacan n’a eu de cesse de bousculer cette hiérarchie du symbolique dominant les effets imaginaires. De cet ordre un peu « moral », il ne restera plus grand-chose du fait en particulier de l’irruption de la catégorie du réel.

3Dans son Séminaire « Les non-dupes errent », Lacan peut dire, le 11 décembre 1973, à propos du déclenchement de l’amour justifié par la rencontre d’une simple silhouette, qu’il ne le déprécie pas. Mieux, au fond « [il s’]en contente ! [2] » Il s’en contente, car l’être humain baigne dans un monde à deux dimensions. La tentative de Lacan à cette époque c’est de retrouver un certain volume en passant par le nœud, nœud borroméen qui suppose trois dimensions si on ajoute le réel. Et c’est en partant ainsi du nœud que Lacan s’interroge sur le fait que peut-être l’imaginaire pourrait « éclairer » le symbolique [3] !

Du Un, du deux et du trois

4Le symbolique vu d’un certain côté, si l’on suit le mouvement de ce séminaire, équivaut à dire qu’il y a un signifiant. C’est la donnée du langage. Mais à cette époque, Lacan souligne que la possibilité qu’il y ait un deuxième signifiant, qu’il y en ait deux, ne va pas de soi ! Car pour qu’il y en ait un deuxième, il faut supposer qu’il y ait un rapport entre le premier signifiant et le second. Ce rapport, on l’imagine. Mais si on pose et on généralise le fait qu’il n’y a pas de rapport sexuel, il n’y a pas de raison que l’absence de rapport ne frappe pas le deux là aussi ! Lacan a mis en cause ce deux dès le Séminaire … ou pire[4]. Jacques-Alain Miller nous a montré que la perspective du non-rapport sexuel pouvait se généraliser pour venir interroger le rapport en général, la possibilité même du deux [5]. Ce qui permet ce rapport, ce deux, c’est donc un forçage, celui-là même qui fait du S2 un savoir.

5La question va être : qu’est ce qui nous fait aimer ce savoir, au point de ne pas nous interroger sur sa possibilité même, sur la possibilité du deux ? L’aimer au point de le prendre pour la vérité ? On va, en effet, mettre le savoir à la place de la vérité ?

6À cette hypothèse du deux et du savoir Lacan oppose un type de deux qui ne surgit pas du faux couple, soit du signifiant, du S2 ou du savoir, mais du deux singulier qu’est le symptôme. Le symptôme qui lui surgit du trois, soit du nœud lui-même. Cela permet de mieux saisir le lien entre le dire qu’il n’y a pas de rapport et le nœud, comme triple. Autrement dit, Lacan fait le saut qui permet de poser le deux à partir du trois, des trois éléments qui constituent le nœud borroméen. Il faut donc s’aviser, avec Lacan, que le deux ne peut surgir que d’un trois qui devient alors premier : « Le deux ne peut être rien d’autre que ce qui choit ensemble du trois [6] ».

7Il y a évidemment un lien entre l’image et le signifiant un, qui nous permet d’imaginer l’un sans le deux. Dire que ce deux surgit du trois suppose au contraire une troisième dimension : le réel. C’est le trois qui introduit le réel et avec lui le non-rapport entre les sexes. C’est à ne pas prendre en compte ce troisième terme que l’amour reste accroché à la simple hypothèse de faire deux ; il oscille alors de l’image au symbole. Il reste accroché à l’image qui est la dénégation du deux (l’image de deux qui font un dans l’amour).

L’amour éternel ou porteur de mort

8L’hypothèse de l’amour nous renvoie aussi souvent à l’idée que l’amour nous vient d’un ailleurs, de l’Autre. Soit, par exemple, de l’amour divin, au sens où Dieu nous aime et c’est par là que nous aimons. Mais, à la limite, la supposition même du savoir, du S2, passe aussi par l’idée d’un Autre où ça se sait. Pour cela on pense que le savoir vient lui aussi d’ailleurs, qu’il est savoir d’un sujet supposé. Lacan fera de ce savoir supposé sujet la raison même de l’amour.

9L’ennui, comme le souligne Lacan dans ce séminaire, c’est que cet amour né de l’Autre met aussitôt l’amour hors du temps. Cela place l’amour dans la nécessité double d’avoir été déjà écrit dans le ciel et aussi de devoir être éternel. Cette éternité contraste avec le caractère mortel de l’être humain et la contingence de l’amour. Cet amour qui ne cesse pas de s’écrire devra donc être plus fort que la mort, avec le risque que la mort devienne un moment obligé de l’amour. Et donc cela fera l’amour porteur de mort. L’événement de l’amour, dans la perspective ouverte par le christianisme, celui qui chasse le désir, ce n’est plus alors la seule rencontre, le tomber amoureux. C’est au contraire son accomplissement qui devient essentiel, et il ne peut se faire qu’au-delà de la mort, ou bien même dans la mort et la résurrection à l’image du Christ selon l’hypothèse de la vraie religion, selon le mot ironique de Lacan. Souvent on s’intéresse à l’amour qui commence. Marguerite Duras dans son roman Dix heures et demie du soir en été[7] montre qu’on saisit mieux ce qu’est un amour au moment où il se termine et que là, en effet, parfois il touche à la mort.

Les tiraillements de l’amour

10Ce que l’on rencontre, c’est pourtant l’amour plus que l’autre, l’événement de l’amour. Et si l’événement ouvre la dimension du temps, c’est à entendre comme le fait qu’il crée des « instants de tiraillement [8] », selon le mot de Lacan, qui font apparaître la dimension du temps sans que s’en déduise un passé, un présent et un futur. Un tiraillement qui met donc le temps en crise et n’implique pas la nécessité de l’éternel !

11Alors évidemment, cela peut faire qu’un sujet hystérique se dérobe à la rencontre de l’événement pour le maintenir comme possible et refuser sa contingence… Ou qu’un autre, obsédé, se persuade qu’il était prévu, cet amour, de toujours et qu’il se doit donc d’être fidèle à l’événement. L’infidélité sera alors la monstration de l’impossibilité de saisir cet événement lui-même. Si le sujet est phobique, il essayera d’éviter l’événement en prévenant sa venue. Dans la mélancolie la rencontre de l’événement a déjà eu lieu et son deuil impossible supprime la possibilité du futur. C’est dans le délire et la folie que le sujet rencontre l’Autre dans le réel. L’événement est alors omniprésent dans le monde, tout en participe et le temps s’abolit dans une confusion de ses instances, le monde entier est témoin d’un amour absolu.

L’amour comme dire sans bavure

12Lacan peut nous dire, dans ce Séminaire « Les non-dupes errent », que l’imaginaire est le point d’où part un dire dans l’amour. Ce qui peut sembler un paradoxe si le dire est du côté du réel.

13« Un dire c’est une parole qui fait événement [9] », souligne Lacan. Un dire ex-siste aux dits, c’est en cela que pour une part il participe du réel. « C’est ainsi que le dit ne va pas sans dire. Mais si le dit se pose toujours en vérité, fût-ce à ne jamais dépasser un midit (comme je m’exprime), le dire ne s’y couple que d’y ex-sister, soit de n’être pas de la dit-mension de la vérité. [10] »

14Mais pour l’amour, c’est l’imaginaire, l’image adorable, qui donne l’élan de ce dire. Peut-être en tant qu’il permet la rencontre. La rencontre d’une femme pour un homme par exemple. Et cette rencontre est un événement, un événement qui nous ouvre à ce réel qui s’écrit dans ce terme de dire. Rien ne prépare à l’amour lorsqu’il surgit, car, Lacan le souligne, il n’y a pas d’initiation. Les mystères antiques n’initiaient qu’au phallus, pas au rapport entre les sexes. Le phallus n’est pas pour Lacan le moyen de l’union, mais un obstacle au rapport sexuel.

15Un homme rencontre une femme, pas sans l’image. Mais qu’est-ce qui fait qu’il l’aime ? Lacan dit : par hasard ! Cela semble aller contre l’idée que les choix amoureux sont déterminés par l’inconscient de chacun, par des nécessités, des existences ou par les deux. Ou même cela détache l’amour du destin et de la volonté divine. Comme le montre Carlo Diano, la pure contingence de la Tychè veut dire qu’elle se détache de la volonté des Dieux [11]. Au hasard chacun voudra voir au contraire dans cette rencontre une forme toujours déjà là. Il voudra faire de l’image fugace, une scène, un poème, un roman !

16Mais alors qu’est-ce qu’un amour qui serait un dire en tant qu’il est un événement ? Cela pourrait être un amour qui dure et Lacan moque un peu l’idée de l’amour au long voyage à deux, voyage qui là encore se termine dans la mort et s’accomplit dans la vieillesse où s’incarne une fidélité.

17L’idée d’Alain Badiou que l’événement de l’amour amènera à la déclaration et se poursuit dans « la fidélité » à l’événement ne se détache guère de l’amour mort que nous évoquions ici. Dans son effort constant de s’opposer à Lacan, cet auteur retombe dans des visées naïves de la situation amoureuse : « L’événement est ce supplément hasardeux à la situation qu’on appelle une rencontre. […] Il n’est fixé que par une nomination, et cette nomination est une déclaration, la déclaration d’amour. [12] » Ou encore : « C’est l’amour seul qui fait vérité d’un homme et d’une femme, de leurs corps sexués, de la construction et l’histoire de leur Deux. [13] »

18Lacan avait tranché très différemment : l’amour c’est un « dire sans bavures [14] » ! Ce n’est pas la « déclaration » qui fait exister l’amour, mais le dire du non-rapport où il trouve sa source.

19« L’amour ce n’est rien de plus qu’un dire, en tant qu’événement. Un dire sans bavures. Et qu’il n’a, l’amour, rien à faire – avec la vérité, c’est beaucoup dire puisque, tout de même, ce qu’elle démontre c’est qu’elle ne peut pas se dire toute [15] ». La bavure renvoie ici sans doute au bavardage amoureux, ce qui n’exclut pas le bavardage analysant sous transfert. Mais cela connote, les bavures, la trace laissée sur les objets sortis du moule par les joints des pièces du moule. De quel moule, de quelle conformation extérieure est-ce la trace dans l’amour ? Évidemment il y a l’image, comme séduction, mais il y a aussi le deux du symptôme que l’on rencontre chez le partenaire pour un homme, un homme pour qui cette femme sera son symptôme, surgi du nœud qui se rompt.

20Où se trouve le moule de l’amour ? Pas seulement dans l’image, mais dans une autre dimension, celle de l’inconscient. Mais là ce n’est plus seulement l’inconscient qui détermine des conditions d’amour, celui qui peut sembler river l’amour à une répétition ou à l’écho d’une première fois. Celui qui fait de l’amour un transfert ! C’est l’inconscient qui nous fait aimer le réel, qui garde la marque du non-rapport.

21Dans le Séminaire Encore, Lacan peut dire à propos du rapport sexuel : « C’est aussi bien que rien ne peut le dire – il n’y a pas dans le dire d’existence du rapport sexuel [16] ».

Deux bévues qui se rencontrent

22D’un autre côté, Lacan peut dire que le rapport sexuel cesse de ne pas s’écrire dans l’amour. Mais ce qui s’écrit et se lit dans la rencontre amoureuse : « Car il n’y a là rien d’autre que rencontre, la rencontre chez le partenaire des symptômes, des affects, de tout ce qui chez chacun marque la trace de son exil, non comme sujet mais comme parlant, de son exil du rapport sexuel. [17] »

23Mais un peu plus tard dans le Séminaire « Les non-dupes errent », Lacan varie un peu sur son idée que les amants se reconnaissent à travers le courage face au destin fatal qui leur vient du non-rapport. Cette reconnaissance tenant au savoir et à l’imaginaire aussi ! Lacan peut dire qu’aimer quelqu’un, c’est aimer quelqu’un qui aime son inconscient en dépit des emmerdes qui lui viennent de là [18]. Dans ces emmerdes, il y a les événements contingents qui donnent forme à une vie et les sens tout aussi contingents qui se produisent à partir de là.

24Et souvent en effet, la rencontre de deux est l’occasion de lister les événements de vie plus ou moins emmerdants suscités par les inconscients de chacun. Pour que ça ne fasse pas rapport, le malentendu est là : on est aimé d’ailleurs que là où on aime. C’est la vérité qui ne peut être dite. Lacan souligne : « L’amour c’est deux mi-dire qui ne se recouvrent pas. [19] » Évidemment, ça limite et ça limite aussi l’éternité ! Cela ressemble plutôt à deux bévues qui se rencontrent.

25Aimer son inconscient, est-ce alors une version de l’amour de savoir qui anime le transfert ? Aimer son inconscient, ce n’est pas l’aimer comme savoir, c’est en être la dupe comme réel. C’est aimer l’inattendu, l’impossible, mais aussi bien ce symptôme d’où surgit le deux, à condition qu’il touche au réel du non-rapport. Dans un célèbre roman de Julio Cortázar, Marelle[20], chacun des partenaires doit choisir une station de métro où descendre sans le dire à l’autre. Tant qu’ils descendent à la même station, l’amour durera ! Savoir ce que l’Autre va faire n’est pas un signe d’amour, dit Lacan ! C’est donc aimer l’inconscient dans son réel, dans son événement même, être dupe de son réel.

26Curieusement, à la fin de la séance du 15 janvier 1974 [21], Lacan souligne que l’homme, le masculin apporte dans la rencontre la dimension de l’un en tant que rond, que tournage en rond sans doute, car souvent il excelle dans la répétition ! Mais il n’aurait pas idée du trois et du nœud dont il est pris, enserré, sans qu’une femme ne se saisisse de l’unité entrevue dans et de l’homme pour faire tresse des trois éléments rsi. La femme est alors « définie par la tresse dont elle est capable [22] ». Mais au fond cela rate. Lacan ajoute : « c’est à partir de cette triplicité […] – dont une femme, parfois, fait sa réussite en la ratant, c’est-à-dire dont elle se satisfait comme réalisant « en elle-même » l’union sexuelle, c’est à partir de là que l’homme commence à prendre d’une petite jugeote, l’idée qu’un nœud sert à quelque chose [23] ».

27Freud a découvert l’amour de transfert comme un événement majeur, il en parlait comme d’une grande surprise. Peut-être faut-il envisager qu’un certain amour s’accomplit quand il rencontre celui ou celle qui nous permet de saisir en quoi l’inconscient, dans sa bévue, nous fait être étonnés, mais aussi énamourés dans la surprise et toujours avec une part qui échappe à la raison.

Notes

  • [1]
    Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », inédit.
  • [2]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », leçon du 11 décembre 1973, inédit.
  • [3]
    Cf. ibid.
  • [4]
    Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre xix, … ou pire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2011.
  • [5]
    Cf. Miller J.-A., « Le partenaire symptôme », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris viii, cours de 1997-1998, inédit.
  • [6]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », op. cit.
  • [7]
    Cf. Duras M., Dix heures et demie du soir en été, Paris, Gallimard, 1985.
  • [8]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non dupes errent », op. cit.
  • [9]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », leçon du 18 décembre 1973, inédit.
  • [10]
    Lacan J., « L’étourdit », Autres Écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 452.
  • [11]
    Cf. Diano C., Forme et évènement : principes pour une interprétation du monde grec, Polemos, Ed. de l’Éclat, 1994.
  • [12]
    Badiou A., Conditions, cité par J. Benarroch, in Deux, un, l’amour, Caen, Nous Eds, 2018, p. 106.
  • [13]
    Badiou A., Le Séminaire. Théorie du mal, théorie de l’amour 1990-1991, Paris, Fayard, 2018, p. 148.
  • [14]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », op. cit.
  • [15]
    Ibid.
  • [16]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xx, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 132.
  • [17]
    Ibid.
  • [18]
    Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », leçon du 11 juin 1974, inédit.
  • [19]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », leçon du 15 janvier 1974, inédit.
  • [20]
    Cf. Cortazar J., Marelle, Paris, Gallimard, 1979.
  • [21]
    Lacan J., Le Séminaire, livre xxi, « Les non-dupes errent », op. cit.
  • [22]
    Ibid.
  • [23]
    Ibid.
Philippe La Sagna
Philipe La Sagna est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne.
Dernière publication diffusée sur Cairn.info ou sur un portail partenaire
Mis en ligne sur Cairn.info le 22/11/2018
https://doi.org/10.3917/lcdd.100.0274
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