CAIRN.INFO : Matières à réflexion
J’écris des poèmes, à propos de cette époque, pour cette époque, comme un testament de cette époque. [1]
La mémoire n’est pas en paix et l’air est sale dans la catacombe de la mémoire… [2]

La poésie en proie à l’histoire

1Un poète coréen des années 1980 déclara, en un souffle sombre : « Souvent les ancêtres pleuraient. Ils pleuraient sous les racines des herbes » [3]. Ces pleurs partagés peuvent se dire tout simplement « han » : une notion, comme on sait, typiquement coréenne. C’est la dénomination d’une « sensibilité collective » réservée ou destinée, dit-on, au peuple coréen. Quand on essaie de traduire cette unique syllabe en une langue étrangère, on se heurte a priori à l’intraductibilité. Ou, si l’on se force à lui trouver des équivalents, en français par exemple, la notion de « han » se dilatera : chagrin, regret, lamentation, rancune… L’interprétation se fait polysémique, en des couches qu’il faudrait distinguer avec délicatesse.

2Complexe, le mot est lié à la culture coréenne depuis toujours – et il lie les Coréens les uns aux autres.

3Le mot « han » est souvent associé à une mémoire qui serait propre aux Coréens, qu’elle soit collective ou privée. Sur le plan collectif, ce mot évoque la sensibilité de tout un peuple qui se souvient d’un événement gravé dans les cœurs de tous. Peu importe que l’événement se soit produit dans un passé proche ou lointain. L’important, c’est qu’il s’agisse d’un événement inoubliable. Nul ne peut être exempt du « han » dans la péninsule coréenne, avec tout le poids de son passé – avec le poids d’« une affaire innommable » [4].

4Pour ceux qui ont traversé les plus durs moments de l’histoire coréenne, le mot « han » dit le destin dont on ne peut se détacher. Cette syllabe résonne et rôde dans les mémoires. On l’entend lors de malheurs collectifs tels que l’occupation japonaise, ou la guerre de Corée, ou au cœur des ardents mouvements de démocratisation qui se développèrent jusque dans les années 1980. La poésie coréenne moderne n’est-elle pas fondée sur des sentiments de han tels que le chagrin et la lamentation ? Les vers libres [5] que créent les premiers poètes modernes des années 1910, Kim Uk [6] et Ju Yo-han [7], seront d’emblée alliés au chagrin. Dans les années 1920, où le joug japonais devient insupportable, la poésie moderne produit un lyrisme complexe où se retrouve tout type de sentiment « han » – douleur, lamentation et regret. Poète majeur de cette époque, Yi Sang-hwa, et contemporain de Han Yong-Un, le poète de « Silence de Nim », est bien un représentant de ce lyrisme qui fait appel à la sensibilité collective et au « han » :

5

Ô ciel et champ à bouche close !
Il me semble que je ne suis pas venu ici de moi-même
Est-ce vous qui m’avez conduit ici ? Dites-moi qui m’a fait venir ! Mon cœur se serre
[…]
Exhalant une odeur fraîche de tout mon corps
je marche tout le long du jour en boitant
entre le rire bleu et la tristesse bleue, en toute harmonie.
Je suis inspiré, semble-t-il, par l’esprit du printemps.
Mais si, à présent, on a perdu le champ, on perdra aussi le printemps. [8]

6Le sentiment qu’éprouve le narrateur, « la tristesse bleue », se transforme en émotion collective dès qu’elle se rapporte au « champ perdu », là où se révèle le malheur du peuple. Ainsi la poésie lyrique de ces temps est-elle liée à l’histoire et son sujet, le « peuple ».

7Une telle proximité entre poésie et histoire a pu s’imposer comme une nécessité pour la Corée exposée à des atrocités à plusieurs reprises. Cependant, la liaison poésie-histoire ne fut pas seulement une conséquence des conditions sociales ; elle trouva sa force dans les formes nouvelles qui libérèrent des élans s’arrachant à la régularité. La poésie d’autrefois, dite sijo[9], s’en tenait à un lyrisme contrôlé et modéré ; aussi enfermait-elle l’émotion dans la régularité des vers ; on employait des exclamations de tristesse ou de joie bien déterminées. En revanche, émotivement libérée, la poésie moderne ouvrit une voie au lyrisme hors des formes reçues. L’ironie, il est vrai, c’est que cette nouvelle forme de lyrisme est née dans les commencements mêmes des contraintes historiques et de l’oppression. La modernité fut-elle en quelque sorte « forcée » d’offrir les vers libres à la poésie coréenne ? Naissant sous le poids de l’oppression, les vers libres se transformèrent en une arme : beaucoup se firent voix de la résistance et de la revendication de l’indépendance pour le pays. Durant trente-cinq années d’occupation japonaise (1910-1945), la poésie moderne devint champ d’émotion collective : d’où un nouveau rôle du lyrisme.

8Après la Libération même, la poésie aura du mal à se dégager de l’expression de la sensibilité collective. C’est qu’alors l’histoire des contraintes politiques ne touche toujours pas à son terme.

9Dès après la Libération, le pays se trouve divisé du fait de l’affrontement américano-soviétique, comme ce fut le cas pour l’Allemagne et pour le Vietnam. Suivent la guerre de Corée (1950), le coup d’état (1961) et la dictature militaire (jusqu’en 1987) : c’est de quoi accaparer la mémoire des jeunes tels que Kim Chi-ha et Ko Un. Survient en mai 1980 [10] « une affaire innommable » : le massacre de Gwangju. C’est ce qui dévaste le lyrisme des gens de la même génération que Hwang Ji-u, Lee Seong-bok et Ki Hyongdo, et ce qui envahit leur mémoire. Ainsi le siècle dernier, si ambitieux dans la modernisation, a fait porter aux Coréens un excessif poids historique. C’est le « lourd fardeau » pour les poètes coréens, dès le début de la modernité :

10

un lourd fardeau l’Histoire
plus lourd encore donner sa démission au monde
j’ai fini par enfermer mon alphabet
je ne peux plus lire une convocation qui arrive de la bibliothèque
ce que je suis maintenant : un habit qui ne s’ajuste plus au monde [11]

11Ne pouvait-on se débarrasser de ce « lourd fardeau » qu’en s’amputant du désir de littérature ? Il avait fallu, en tout cas, assumer la violence historique, la reconnaître comme sa propre destinée, durant les deux tiers du dernier siècle. C’est pourquoi, dit Ki Hyong-do : « beaucoup de gens ont disparu en masse » [12]. D’autres recélaient des éclats de l’affreuse mémoire partagée : « …et dans les arènes de la mémoire une bouche dépourvue de langue et un sein dépourvu de mamelon… Sur la tente déchirée de la mémoire le sang blanc tombe à gros flocons. Il cesse de tomber » [13]. Une si grande cruauté s’était gravée dans les mémoires ! Elle ne s’effaçait pas, la situation effroyable où chacun aurait pu dire, comme Ki Hyung-do : « j’ai peur de la feuille noire qui tenacement s’attache à ma bouche » [14].

12Ce contact entre poésie et histoire serait-elle une particularité réservée à la poésie coréenne ? La poésie a participé au déroulement de l’histoire : c’est un poème qui s’est chargé de dénoncer « une affaire honteuse, même sans y être impliqué » [15], qui s’est probablement produite « au gracieux mois de mai anticyclonique sur la terre sèche » [16]. Pour assumer ce rôle d’accusateur, la poésie d’avant les années 1990 devait encore passer par le biais de l’allégorie.

13La poésie coréenne depuis le début du xxe siècle jusqu’en 1987 eut l’allure d’un grand voyage à la conquête de la liberté. Se serait-elle transformée aujourd’hui en « l’humide catacombe de la mémoire » [17] ? C’est une sensation collective qui se sera engendrée à travers les « plis du temps » [18].

14L’image d’un poète, ou simplement d’un homme, qui évoque des souvenirs de l’oppression, se reproduit sans cesse. « Dans cette terre promise où rien n’a été tenu » [19], l’homme est accablé par l’humiliation, il ne connaît qu’« un espoir vide » :

15

Tous les matins l’humiliation était marquée sur mon dos comme une carapace de tortue [20]
au-dedans d’un espoir vide
comment prédire une vie entière ; […]
je ne crois pas au miracle [21]

16Pourquoi « l’humiliation » et cette méfiance envers la vie ? On y sent un monde où on se soupçonne, voire s’accuse réciproquement.

17

un jeune camarade qui écrivait des poèmes a avoué être un espion
il y avait un professeur que j’admirais, mais il ne disait rien [22]
Je ne pouvais ni voir mon père ni le croire. [23]

18Dans les « strates de la mémoire », tous sont impliqués ; chacun est à la fois sujet et objet de l’oppression et de la violence. Tous se révèlent menaçants les uns envers les autres, tous sont exposés à être victimes les uns des autres. Dans un univers d’atrocités, les gens qui s’opposent se ressemblent et soudain c’est comme s’ils passaient les uns dans les autres :

19

pourquoi, chaque nuit, ces gens se réunissent-ils dans l’obscurité
où va le désir de ces jeunes hommes
pourquoi les gens ont-ils le même genre de volupté [24]
des gens aux visages différents
captivés par une chose
vont, ou encore s’en allant dans un étroit corridor
c’est étrange, comme de légers nuages
passent l’un dans l’autre [25]

20Tous glissent donc dans « l’humide catacombe de la mémoire ».

21

« Pendant longtemps », [on a] « moisi dans un monde sombre et humide. » [26]

22Dans ce monde, la peur, la méfiance et le vide croissent en même temps. C’est pourquoi, un jeune homme comme Ki Hyong-do, qui avait vingt ans lors des événements tragiques de mai 1980, en vient à crier : « la peur est ma nature » ou « je hais la vie » – tandis que le jeune Lee Seong-bok s’écrie, de son côté, « personne ne croit à cette vie qu’on passe à attendre en vain ».

23La seule chose permise durant ces « trente ans sur la terre promise » [27], c’est de vivre en se retirant dans la lecture et l’écriture :

24

je lisais Platon, chaque fois des coups de feu retentissaient
à la floraison des magnolias mes amis se sont dispersés en prison et à l’armée [28]
quand l’événement a éclaté, j’étais au fond d’une province
au fond d’une chambre poussiéreuse je lisais des livres [29]
J’écris des poèmes, à propos de cette époque, pour cette époque, comme un testament
de cette époque. […]
Mais c’est un lien malheureux que nous avons noué avec notre époque.
Pourtant je ne pourrai pas le dénouer, jamais. [30]

25Pendant les « saisons déchaînées en folie » [31], on lisait des poèmes faits du « testament de cette époque ». Tel fut, chez les poètes des années 1980, le paysage de « lecture pour quiconque ». C’est ainsi que la poésie s’affronte et s’appuie à l’histoire. Par là, le lyrisme est tordu et déformé ; la cruauté historique s’enfonce en lui comme un pieu.

L’histoire fait de la poésie une chose cruelle

26

La jenticia est fleurie
Dans le merdier chez Bongsun de Saengyeon-li à Dongducheon
L’hortensia est fleuri
Dans l’ombre du sanctuaire des morts au temple Songgwang [32]

27Comment la poésie pourrait-elle alors retourner à un état initial, revenir à un lyrisme non abîmé ? L’esthétique de la poésie coréenne a été affectée non pas par des choix ou des idées, mais par le concret de l’histoire.

28L’image de la fleur a été, dans la poésie coréenne, l’élément esthétique le plus sollicité pour évoquer la terre montagneuse, la Corée couverte de fleurs en toute saison. Cette image touche à l’attachement du peuple à la terre. C’est ce que dit le titre du poème « En fleur, magnificence du pays ». Les poètes les plus caractéristiques de la poésie lyrique, tels que Kim So-wol, Cho Ji-hun et Park Mog-wol [33], n’osèrent jamais, semble-t-il, porter atteinte à ce lyrisme coutumier et à ce qui s’en condense dans la « fleur ». En revanche, le lyrisme que transmet l’image de fleur apparaît de manière bien différente chez les poètes des années 1980 : Hwang Ji-u, Lee Seong-bok et Ki Hyongdo. Les fleurs qu’on trouve partout en Corée – plantain, pissenlit et azalée – sont chez eux teintes de sang et obscurcies par l’ombre de la mort. Voici qu’alors l’image de fleur renaît en celle de l’oppression. Ainsi les fleurs qu’évoquent ces trois poètes peuvent-elles former bien plutôt une image de cruauté qui résiste au beau. À côté du « merdier » où les fleurs sont fleuries (Hwang Ji-u), « se trouve la trace de la bagarre et du pus sanglant d’autrefois » (Lee Seong-bok), et dans cette floraison-là les gens deviennent autant d’objets de cruauté (Ki Hyong-do) :

29

À côté de la flaque d’eau fleurie de plantains et de pissenlits
Se trouve la trace de la bagarre et du pus sanglant d’autrefois
Faute seulement de ne pas avoir pensé aux choses belles [34]
à la floraison des magnolias mes amis se sont dispersés en prison et à l’armée [35]

30Où la fleur peut-elle dégénérer jusqu’à se faire la cruauté même ? Là, toujours, où la poésie rencontre l’histoire. C’est l’histoire qui brise la tradition du lyrisme liée à la fleur. Pour les poètes qui ont traversé « le gracieux mois de mai », la poésie ne saurait plus être lyrisme familier. En cette époque du « pus sanglant », la poésie se fait plutôt l’inspectrice de l’histoire :

31

je suis en vie et je fais face à ce lieu en fleurs comme à un texte écrit de ton sang
c’est l’époque où vivre où demander pardon
mais hier n’a pas de pardon pour aujourd’hui
aujourd’hui, ô place déserte
l’histoire ne ressent pas de honte
l’histoire n’est qu’interrogation, ô azalée, jusqu’à t’aveugler, dans cette montagne-là
en plein épanouissement, l’histoire est anonymat éblouissant
l’histoire me, nous, convoque dans l’anonymat [36]

32Dans la poésie de ces temps-là, dans ce « lieu en fleurs comme un texte écrit de sang », l’histoire ne portait pas de nom. Elle déambulait dans la poésie, « comme des ombres rôdaient dans les ténèbres » [37]. Ainsi l’anonymat se connecte-t-il à la cruauté. L’être anonyme apparaît comme menaçant et cruel en même qu’il est menacé et exposé à la cruauté. Qui sont ces gens sans visages ?

33

les gens en manteaux noirs de nouveau marchent tranquillement par là [38]
aujourd’hui encore des inconnus rendent visite à mon père Ils ont tous vu du sang Les
justes, ceux qui se croient justes ont la bouche tachée de sang [39]
cet été-là, beaucoup de gens ont disparu en masse [40]

34Immergé dans un anonymat infiniment menacé, le « je » désire ignorer sa propre présence :

35

je ne donne pas non plus de signe de ma présence [41]

36C’est pourquoi un tel « je », un « je » anonyme violenté par la réalité, refuse le concret du corps. Ce « je » cherche à glisser dans une ambiguïté corporelle ; il rêve d’un corps transparent qui passerait à travers toute chose :

37

« Ah, ce corps, pourquoi existe-t-il ? » [42]
Je voudrais changer ce corps, le vider et renaître !
Dans mon vrai corps sans chair [43]
Mon corps devient de plus en plus transparent [44]
Tous les « moi » sont absents en ce moment [45]

38D’innombrables corps auront été exposés entre poésie et histoire. En ces temps-là, on était livré à l’humiliation du seul fait de sa propre matérialité charnelle.

39La résistance à cette époque d’atrocité fut d’abord souffrance physique – par exemple chez Hwang Ji-u. Car le Corps des années 1980 ne cessa d’être contraint d’affronter la violence et la cruauté :

40

En tombant en tas de cendres
Dans le tas de cendres
Ne pas renaître en chair
Ne pas naître encore
Vase d’argile sur le point de se briser [46]

41Ainsi la poésie aura-t-elle été envahie de luttes brusques comme « la pluie d’été qui attaque par surprise ». La cruauté historique blesse le fond même du lyrisme : c’est une particularité de la poésie coréenne en sa modernité « houleuse ». Selon le mouvement même de la sensibilité collective, le lyrisme poétique « familier » se déforme sous la pression de la « cruelle » histoire coréenne.

Le poème fut émotion

42La poésie moderne coréenne a débuté dans l’émotion : chagrin, mélancolie, lamentations. Elle fut parsemée de larmes de colère contre les privations. La colère et ses sanglots devinrent la racine même de la poésie moderne – une racine longtemps enfouie dans la « terre en ruines », comme dit Hwang Ji-u. La poésie a connu le désespoir – ou l’« espoir vide » de Ki Hyong-do. La poésie devint cette « terre assombrie » où « les citadins se lamentaient en grinçant des dents ». Elle n’a pourtant pas cessé d’être une « agitation silencieuse ». Et aujourd’hui, la poésie comme telle s’en irait-elle ?

43

va
ici, ne sème plus de graines
ici, ne fais plus de petits
ici, n’enterre plus personne
ne chante plus, ô terre stérilisée
on n’entend plus de chant d’insectes
alors, ne pleure plus, et sans pleurer
va-t’en, abandonne la terre brûlée [47]

Notes

  • [1]
    Hwang Ji-u, « Qu’est-ce vraiment que la poésie ? », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes, trad. Kim Bona, William Blake & Co, 2003.
  • [2]
    Lee Seong-bok, « La mémoire n’est pas en paix », Des choses qui viennent après la douleur, trad. No Mi-sug et Alain Génetiot, Belin, 2005.
  • [3]
    Lee Seong-bok, « Souvent les ancêtres pleuraient », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [4]
    Lee Seong-bok, « Et de nouveau le brouillard est tombé », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [5]
    Les vers libres dans la poésie coréenne ont leur origine dans la traduction de la poésie occidentale. Les poèmes traduits en coréen étaient considérés comme écrits en vers libres. On commença à traduire la poésie occidentale à partir des années 1910, après l’annexion de la Corée par le Japon (en 1910). La traduction était souvent faite à partir des traductions en japonais. On traduisit les écrivains du romantisme et les auteurs plus tardifs du xixe siècle. Verlaine fut le plus souvent traduit. L’émotion en ces diverses formes chez Verlaine pouvait inspirer de la sympathie à beaucoup d’écrivains-traducteurs coréens.
  • [6]
    Kim Uk (1896- ?). Dans les années 1910, il a joué un rôle de pionnier dans la poésie moderne. Car c’est lui qui a introduit la plupart des poètes occidentaux : il les traduisit plutôt du japonais en coréen, ou de l’anglais en coréen. Il a traduit plusieurs poèmes de Verlaine, des versions japonaise et anglaise en coréen, tels que « Art poétique », « Chant d’automne » et « Il pleure dans mon cœur ». C’est à partir de son expérience de la traduction qu’il écrivit des poèmes en vers irréguliers, dits « vers libres » ou « poésie moderne » : il est en ce sens le premier poète moderne. Sa poésie a des similarités avec les poèmes de Verlaine traduits en coréen. (Il fut enlevé par des Nord-Coréens pendant la guerre de Corée.)
  • [7]
    Ju Yo-han (1900-1979) a fait ses études au Japon, il fut un lecteur assidu des poètes occidentaux, et notamment des symbolistes français. Il le mentionne dans son journal. On considère son poème « Jeu de feu » comme le premier poème en vers libres.
  • [8]
    « Le printemps arrive-t-il sur le champ perdu ? » : Yi Sang-hwa a publié dans la revue Création du Monde en 1926.
  • [9]
    Forme poétique coréenne traditionnelle ordinairement en trois vers ou quatre syllabes rythmées.
  • [10]
    Mai 1980 à Gwangju. Le 26 octobre 1979, fut assassiné Park Chung-hee qui avait régné en dictateur durant 18 ans (depuis son coup d’État en 1961). On crut alors qu’une vague de démocratisation sociale et politique allait survenir en Corée. Pourtant, ce désir du peuple fut loin d’être réalisé. De nouvelles autorités militaires apparurent le 12 décembre qui anéantirent le gouvernement provisoire de Choi Gyu-ha, premier ministre de Park assassiné. Dès lors, les étudiants commençèrent à manifester dans tout le pays pour la démocratisation. Mais le chef des autorités militaires, Chun Doo-hwan se fit président « dictateur » le 17 mai en 1980, avec l’aide de ses collègues militaires (y compris son futur sucesseur No Tae-woo). Le même jour, Chun proclama l’état de siège pour ôter toute possiblité de manifestation aux étudiants. Il ordonna également d’arrêter de nombreux dissidents. Mais les étudiants continuaient à manifester dans plusieurs villes. C’est surtout à Gwangju que les habitants et les étudiants résistèrent contre les autorités militaires. Chun Doo-hwan fit venir des troupes et fit barrer toutes les routes menant à la ville, qui se trouva complètement isolée. Accusant les manifestants d’être des émeutiers, Chun ordonna aux forces armées de tirer. Les affontements durèrent 10 jours. Les pertes humaines furent lourdes dans ce massacre de civils voulu par le gouvernement : plus de 400 victimes selon une annonce officielle. Cependant, tout le reste du pays ne put rien savoir de ce qui se produisait alors à Gwangju.
  • [11]
    Yi Sang, « Chapitre du regret », Perspective à vol de corbeau, trad. par Son Mi-hae et Jean-Pierre Zubiate, Zulma, 2004
  • [12]
    « Cet été-là, beaucoup de gens ont disparu en masse
    beaucoup sont brusquement apparus devant le silence d’un homme étonné
    la langue du mort débordait dans la rue »
    Ki Hyong-do, « Une feuille noire dans la bouche », Une feuille noire dans la bouche, trad. Ju Hyoun-jin et Claude Mouchard, Circé, 2012.
  • [13]
    Lee Seong-bok, « La mémoire n’est pas en paix », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [14]
    Ki Hyong-do, « Une feuille noire dans la bouche », Une feuille noire dans la bouche.
  • [15]
    Lee Seong-bok, « Et de nouveau le brouillard est tombé », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [16]
    Lee Seong-bok, « le mois de Marie 1 », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [17]
    Lee Seong-bok, « La mémoire n’est pas en paix », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [18]
    Lee Seong-bok, « Ô plis du temps, ô strates de la mémoire », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [19]
    Lee Seong-bok, « La terre promise », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [20]
    Lee Seong-bok, « Tous les matins l’humiliation », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [21]
    Ki Hyong-do, « Le vieux livre », Une feuille noire dans la bouche.
  • [22]
    Ki Hyong-do, « L’époque de l’université », Une feuille noire dans la bouche.
  • [23]
    Lee Seong-bok, « Tous les matins l’humiliation », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [24]
    Ki Hyong-do, « Dire du mal », Une feuille noire dans la bouche.
  • [25]
    Ki Hyong-do, « Un soir bleu », Une feuille noire dans la bouche.
  • [26]
    Ki Hyong-do, « Le vieux livre » (Une feuille noire dans la bouche) : « ce que j’ai vécu est presque // miraculeux, // pendant longtemps, j’ai moisi // moi, dans un monde sombre et humide »
  • [27]
    Lee Seong-bok, « Sans douleur intense », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [28]
    Ki Hyong-do, « L’époque de l’université », Une feuille noire dans la bouche.
  • [29]
    Ki Hyong-do, « Une feuille noire dans la bouche », Une feuille noire dans la bouche.
  • [30]
    Hwang Ji-u, « Qu’est-ce vraiment que la poésie ? », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [31]
    Hwang Ji-u, « Pour les jours sans réponses 2 », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [32]
    Hwang Ji-u, « En fleur, magnificence du pays », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [33]
    Ces trois poètes furent actifs pendant la première moitié du xxe siècle.
  • [34]
    Lee Seong-bok, « Dans les rayons de soleil la terre », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [35]
    Ki Hyong-do, « L’époque de l’université », Une feuille noire dans la bouche.
  • [36]
    Hwang Ji-u, « Azalée », trad. par Ju Hyoun-jin et Claude Mouchard.
  • [37]
    Ki Hyong-do, « Dire du mal », Une feuille noire dans la bouche.
  • [38]
    Ki Hyong-do, « Un soir bleu », Une feuille noire dans la bouche.
  • [39]
    Lee Seong-bok, « La pinède aux grands pins », Des choses qui viennent après la douleur.
  • [40]
    Ki Hyong-do, « Une feuille noire dans la bouche », Une feuille noire dans la bouche.
  • [41]
    Ki Hyong-do, « Le désert sous l’eau », Une feuille noire dans la bouche.
  • [42]
    Hwang Ji-u, « Un long couloir dans la serrure », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [43]
    Hwang Ji-u, « Libellule, libellule », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [44]
    Hwang Ji-u, « Vers cette porte ». De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [45]
    Hwang Ji-u, « Mon corps nu », De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [46]
    Hwang Ji-u, De l’hiver-de-l’arbre au printemps-de-l’arbre : Cent poèmes.
  • [47]
    Hwang Ji-u, « Mont Mansu, arrow-root sur pente 2 », Po&sie, trad. par Ju Hyoun-jin et Claude Mouchard
Ju Hyoun-jin
Dernière publication diffusée sur Cairn.info ou sur un portail partenaire
Mis en ligne sur Cairn.info le 01/10/2016
https://doi.org/10.3917/poesi.139.0229
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