CAIRN.INFO : Matières à réflexion

En Europe, la première moitié du xixe siècle marque la généralisation du concert payant et des tournées musicales ; la musique devient alors un bien culturel valorisable et échangeable. En particulier, le concert payant, qui est apparu dès la fin xviiie siècle à Londres et s’est développé au Royaume-Uni et en France au siècle suivant, s’institutionnalise à l’échelle européenne au cours du xixe siècle. Cependant, le système de production musicale qui s’élabore alors reste un système mixte dans lequel persistent les traditions du mécénat et les habitudes corporatistes. À l’inverse, lorsqu’ils tentent d’importer le concert aux États-Unis vers 1850, les premiers imprésarios américains ne peuvent développer l’activité musicale qu’en se fondant sur la seule logique capitaliste. Acteurs secondaires, éclipsés par les artistes au service desquels ils exercent leurs compétences, ils jouent pourtant un rôle essentiel dans le processus de mondialisation culturelle.
Les recherches doctorales qui nourrissent cet article étudient donc les intermédiaires artistiques en tant qu’ils participent aux échanges internationaux et contribuent au développement des circulations musicales. Il s’agit de saisir, à travers ces acteurs, les liens complexes et les réseaux qui articulent le marché musical tel qu’il se développe entre 1850 et 1930.
Les intermédiaires musicaux ont en effet réinventé leur activité pour répondre à l’internationalisation des tournées et faire face aux spécificités d’une activité transnationale…

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En Europe, la première moitié du xixe siècle marque la généralisation du concert payant et des tournées musicales. La musique devient alors un bien culturel valorisable et échangeable. Cependant, le système de production musicale qui s’élabore alors reste un système mixte dans lequel persistent les traditions de mécénat et les habitudes corporatistes. Or, lorsqu’ils tentent d’importer le concert aux États-Unis vers 1850, les premiers imprésarios américains ne peuvent développer l’activité musicale qu’en se fondant sur la seule logique capitaliste. Dès lors, un nouveau mode d’exploitation du concert se développe qui transforme la vie musicale en profondeur. L’internationalisation des circulations musicales témoigne ainsi d’une logique nouvelle de mondialisation artistique.

Lætitia Corbière
Institut de recherches historiques du Septentrion (UMR 8529), Université de Lille
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Mis en ligne sur Cairn.info le 05/08/2020
https://doi.org/10.3917/ri.182.0007
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