CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1 Le but de ce travail est de mettre en relief les conséquences de la privation maternelle au cours de la période préœdipienne, mettant en avant les théories et les techniques des pionniers de la psychanalyse des enfants, que j’ai minutieusement présentées dans l’ouvrage, récemment publié en espagnol, Los pioneros del psicoanálisis de niños [Les pionniers de la psychanalyse des enfants] (éd. Karnac, 2015, version en espagnol).

2 Certaines théories psychanalytiques mettent en relief les aspects biologiques, d’autres soulignent l’environnement de l’enfant, et il y en a d’autres encore qui se concentrent sur les relations d’objet. Cependant, elles ont toutes un dénominateur commun, présent dans mon travail clinique. Ce dénominateur commun est bien l’importance des premières expériences dans la vie du bébé et le besoin de la constance physique et émotionnelle chez la dyade mère-nourrisson. Cette constance permettra à l’enfant d’atteindre une personnalité saine lors de son enfance, de son adolescence et de son âge adulte. De plus, toutes ces théories reconnaissent l’importance du rôle du père depuis le commencement de la vie du bébé, ainsi que du rapport entre l’enfant et son environnement.

3 Une des idées les plus importantes dans la théorie de Sigmund Freud a été l’élaboration de la sexualité infantile en psychanalyse. Freud a encouragé ses collègues et amis à recueillir des observations pendant cette période, ce qui était un sujet jusqu’alors oublié. Par exemple, Freud a développé le concept d’anxiété, le mettant en rapport avec les effets de la privation précoce. Dans ses travaux ultérieurs, il affirme que l’anxiété a lieu lorsque la personne est face au danger de la perte ou de la séparation de l’objet.

4 Freud a considéré Hermine Hug-Hellmuth comme la première psychanalyste des enfants. En effet, c’est elle qui a écrit pour la première fois au sujet de l’importance du développement émotionnel de l’enfant dans les premières semaines de vie, ainsi que des sensations sexuelles et de masturbation précoces. Une autre psychanalyste à l’époque a été Sabina Spielrein, qui s’intéressait aussi bien au langage qu’à la pensée, tous les deux ayant un rapport avec l’origine de la parole chez les enfants.

5 Anna Freud a accordé une importance majeure à la qualité des soins dispensés aux enfants, notamment lors du commencement de leurs vies. Dans ce sens, elle a développé le concept de mécanismes de défense et de lignes de développement. Ces deux contributions ont un rapport avec le besoin de donner à l’enfant un environnement consistant des points de vue physique et émotionnel.

6 Anna Freud a aussi développé sa propre technique psychanalytique pour le traitement des enfants. Ainsi, elle a proposé une phase préparatoire qui permettrait d’établir l’alliance avec le patient. Elle y a intégré ensuite l’interprétation des rêves, des rêves diurnes et des dessins. Elle tenait toujours au transfert positif, en cherchant une coopération des patients, en leur demandant de l’aide pour comprendre leurs rêves. S’il y avait un transfert négatif, elle essayait de le dissoudre immédiatement, sans interprétations. Elle pensait que, lorsque l’enfant commençait une analyse, l’analyste était lui-même un nouvel objet. Quant au transfert, elle a pensé qu’il n’existait pas chez l’enfant, mais éventuellement elle a reconnu le concept de névrose de transfert, soulignant qu’il était différent dans le processus psychanalytique des enfants et dans celui des adultes.

7 Une des contributions les plus importantes de Melanie Klein a été de développer le concept de l’importance de la première année de vie chez l’enfant, période fondamentale pour l’organisation des processus psychologiques. Klein croyait que les aspects biologiques et constitutionnels étaient essentiels pour la formation du Moi, pour la capacité d’atténuer la tension et l’anxiété, ainsi que pour tolérer la frustration. Néanmoins, elle n’a pas oublié les circonstances extérieures et a ajouté que la prééminence de la frustration ou de la gratification influera sur le rapport de l’enfant avec le sein, ce qui affectera l’intégration du Moi.

8 Klein a aussi développé sa propre technique pour le traitement des enfants, différent de celle d’Anna Freud. Elle a introduit la technique du jeu (une de ses contributions majeures), y compris de petits jouets spécifiques. Qui plus est, elle a affirmé que l’observation du jeu permettait de revenir aux plus profondes expériences réprimées et aux fixations. Et elle a osé traiter des enfants de très bas âge.

9 Par le jeu, Klein a analysé la situation de transfert, positif et négatif, ainsi que les résistances, et ultérieurement la dissolution de l’amnésie des enfants et les effets de la répression. Elle a ajouté que l’enfant développe la névrose de transfert dans le cadre du traitement. Les jouets permettent à l’enfant d’atténuer la peur de l’objet, aussi bien de l’objet externe que de l’objet interne ; le jeu représente le pont entre la fantaisie et la réalité.

10 Analysons maintenant comment Donald Woods Winnicott a conceptualisé ses observations. Il pensait que M. Klein ne donnait pas assez d’importance à l’environnement ni à l’expérience intérieure de la mère. Pour lui, l’agression n’est pas innée, mais elle dépend des aspects biologiques et encore des facteurs environnants, si bien qu’il a considéré l’agression comme une qualité croissante au fil du temps. Dans son observation constante des mères et des bébés, Winnicott a développé les concepts de « mère suffisamment bonne » et « environnement suffisamment bon ». Il a préconisé que, au commencement de la vie du bébé, la mère doit être à la disposition de l’enfant. De plus, il a ajouté que l’environnement de soutien (holding environment) constitue la base pour la fusion de l’agression et de l’amour. Par conséquent, il facilite l’apparition de l’ambivalence et la capacité de préoccupation pour l’autre (concern), ce qui mène à la maturité et à la responsabilité. Winnicott n’est pas d’accord avec Sigmund Freud en ce qui concerne le concept d’instinct de mort : il pensait que le plus important sont les circonstances dans lesquelles l’enfant arrive à son existence psychologique, entouré des soins maternels.

11 Winnicott a développé le concept du regard mutuel entre la mère et l’enfant, en suggérant que, lorsque le bébé regarde le visage de la mère, cela constitue le début d’un échange significatif avec le monde, un processus bilatéral, dans lequel l’auto-enrichissement alterne avec la découverte de la signification dans le monde des choses vues. Il croit que le visage de la mère est le précurseur de qu’il a décrit par la suite comme le stade du miroir. Le bébé se voit lui-même dans le visage de la mère.

12 Margaret S. Mahler (avec la collaboration de Fred Pine et d’Anni Bergman, 1975) a fait une importante recherche qui lui a permis de conclure que les premières années de la vie fournissent la base pour la maturité physique et émotionnelle, qui mène l’enfant à atteindre le stade de séparation – individuation, avec la consolidation de l’individualité et le début de la constance émotionnelle de l’objet, entre les 24 et les 36 mois de vie.

13 John Bowlby était convaincu que l’attachement et la sécurité mère-bébé auront des implications futures pour les relations intimes ultérieures et affecteront aussi la stabilité émotionnelle.

14 Serge Lebovici, à Paris (France), a été l’un des précurseurs de l’observation directe de l’interaction précoce entre la mère et l’enfant. Il a organisé des études systématiques dans ce domaine. Parmi d’autres concepts importants, il a continué l’idée de Winnicott du regard mutuel constant entre l’enfant et la mère.

15 D’après lui, le bébé organise les fantaisies de la mère et fait d’elle une Mère, il la maternise, étant donné l’expérience qu’elle vit avec le bébé. Un autre concept qu’il a développé par rapport à la période préœdipienne a été le mandat transgénérationnel et intergénérationnel, en établissant que la famille est composée de trois générations, dont les grands-parents.

16 Je voudrais illustrer ces concepts avec des exemples cliniques qui montrent comment des expériences traumatiques dans le cadre de l’interaction entre le bébé et la mère, pendant la période préœdipienne, affectent le développement de l’enfant.

17 Mary, une femme âgée de 40 ans, a suivi un traitement psychanalytique à cause de sa dépression et de son anxiété sévère. Après plusieurs années, elle a pu résoudre ses symptômes de dépression, elle a formé une famille, elle a été une bonne épouse et une bonne mère. Pourtant, elle n’a pas réussi à résoudre entièrement son anxiété. Après sa naissance, ses parents ont voyagé en Europe, entraînant une absence parentale de deux mois lors de sa première année de vie. Ses grands-parents maternels et quelques baby-sitters se sont occupés d’elle. Je pense que Mary n’a pas pu développer à son jeune âge une stabilité émotionnelle suffisante lui permettant d’avoir un fonctionnement psychologique totalement mûr.

18 Il y a quelques années, j’ai été consultée pour un enfant de douze ans, Charlie, qui présentait des symptômes de dépression, pleurait souvent et subissait des attaques de panique, de l’anxiété, des plaintes somatiques, des difficultés sociales et des problèmes à l’école. L’enfant a suivi plusieurs traitements psychiatriques qui ont diminué dans une moindre mesure ces symptômes. La famille a souffert des expériences traumatiques lorsque les parents cherchaient à avoir un deuxième enfant. Ces derniers se sont étonnés lorsque je les ai questionnés sur la première année de vie de Charlie. Ils ont répondu que tous les deux travaillaient et que quatre ou cinq baby-sitters gardaient le bébé jusqu’au moment où la mère a enfin quitté son travail pour s’occuper de lui ; à ce moment-là, il avait déjà seize mois.

19 Je voudrais maintenant présenter en détail l’un de mes patients, un enfant âgé de 4/5 ans, que j’appellerai ci-après Erik.

20 Erik a subi une séparation précoce de sa mère à l’âge de dix-neuf mois lorsque sa sœur est née. Ses parents se disputaient souvent en sa présence, jusqu’au moment où ils se sont enfin séparés. La mère a quitté la maison quand Erik avait 3/4 ans et l’enfant est resté avec son père et sa petite sœur. Erik avait des symptômes d’énurésie, jusqu’à l’âge de deux ans et demi où ce problème a été partiellement résolu, même si des épisodes occasionnels d’énurésie nocturne et diurne ont continué à avoir lieu.

21 L’enfant en était frustré et fâché, d’autant plus que sa sœur se moquait de lui. Erik était extrêmement agressif avec ses parents, avec sa sœur et avec les autres enfants, et ce symptôme est devenu de plus en plus grave après la naissance de sa sœur. Il disait souvent : « Je suis heureux, je n’ai pas de mère », mais il était obsédé par la mort, exprimait des peurs par rapport à la mort et se demandait ce qui allait se passer avec lui et sa famille.

22 Je pourrais décrire son traitement en différents moments : 1) Période initiale, 2) Période de destruction, 3) Période de réparation, 4) Période finale.

23 Pendant la période initiale, Erik était très agité, parfois sexuellement, et se masturbait pendant la séance. Il avait son propre panier avec des jouets, mais il n’osait pas l’ouvrir. Par ailleurs, il exprimait son agressivité de plusieurs façons.

24 Lors d’une séance, il a dit : « J’ai un couteau, une épée, un revolver et un bâton », en me menaçant quand il répétait ces mots. Un jour, s’approchant du panier, il a dit : « Je vais continuer à te tuer. » Il était quelquefois un dragon lançant du feu par la bouche, parfois un lion ou bien un policier avec plusieurs chiens dangereux.

25 Lors d’une séance, il a essayé d’ouvrir – infructueusement – le panier, en disant : « Si j’ouvre le panier, je vais tout casser. » Peu après, il touchait son T-shirt alors qu’il disait : « Tu veux savoir ce que j’ai sous mon T-shirt ? », « Tu veux savoir ce que j’ai sous mon pantalon ? », « Tu veux savoir ? », « Si tu veux savoir, je peux te montrer mon pénis… Bon, je vais te le montrer ». Il m’a alors montré son pénis, m’a regardée et m’a demandé : « Il n’est pas cassé, n’est-ce pas ? ». Quelques mois plus tard, il a ouvert le panier et a joué avec les soldats et les animaux, toujours en les faisant combattre. Ce jeu a continué tout au long de plusieurs séances.

26 Erik avait du mal à accepter mes interprétations et réagissait avec une rage intense en proférant des insultes. Lors d’une séance, il a commencé à jouer avec de l’eau dans les toilettes de mon cabinet. Il s’en servait pour m’attaquer, parfois il remplissait le lavabo jusqu’au moment où il débordait. Si jamais il ne répondait pas à mes limites, j’interrompais la séance.

27 Il interprétait de manière consistante ses peurs, son besoin d’être tout-puissant pour parvenir à faire face à sa frustration et à ses anxiétés telles que son agression lorsque la séance se terminait. Je lui ai dit qu’il m’attaquait parce qu’il se sentait abandonné chaque fois que la séance se terminait, ce qui réactivait ses sentiments d’être attaqué et, à la fois, abandonné. En effet, les insécurités qu’il ressentait sur son pénis et sur son pouvoir étaient des sentiments d’impuissance envers les adultes ; ils faisaient ce qu’ils voulaient et il ne pouvait pas les contrôler.

28 La période de destruction a commencé lorsqu’il a repris le traitement, après quatre mois d’interruption survenue à cause des difficultés financières de son père. Erik a commencé à jouer avec de l’eau. Un jour, il s’est enfermé dans les toilettes et a laissé le robinet ouvert : l’eau a débordé du lavabo et elle est donc entrée dans mon cabinet, jusqu’au moment où il a enfin ouvert la porte et j’ai pu ainsi fermer le robinet. Il a couru vers moi, en cassant les miniatures des voitures et des avions. De plus, il cassait souvent ses jouets et, à la fin de la séance, il laissait tout par terre.

29 Lors d’une séance, il m’a dit : « Je vais te lancer du feu, ta maison va brûler et toi, tu vas mourir. Puis, je vais éteindre le feu et tout sera comme avant, mais toi, tu seras morte. » Il s’est caché par la suite et a commencé à se masturber ; lorsque la séance s’est terminée, il avait ses vêtements mouillés.

30 Erik comparait constamment ce que j’avais avec ce qu’il avait, et continuait à jouer avec de l’eau. Par moments, il était très agressif : il me donnait des coups de pied, me frappait, me lançait des jouets et disait des gros mots. Lorsqu’il avait ce comportement, la séance était interrompue.

31 L’interprétation du transfert négatif était constante ; après quelque temps, ce comportement agressif a changé et il a commencé à dessiner.

32 Pendant cette période-là, il y a eu plusieurs changements extérieurs. Son père avait une amie avec qui il s’est ultérieurement marié ; quelques mois plus tard, sa mère s’est aussi remariée. Il disait : « Je m’en fiche, parce que je le connais », en niant sa frustration et sa rage ; de plus, la fréquence de son comportement agressif a augmenté au long des séances. Lors de cette période-là, ses mécanismes de défense étaient la dissociation, le déni, la toute-puissance, la projection, l’identification avec l’agresseur, le contrôle tout-puissant. Klein dirait qu’Erik était fixé dans la position schizo-paranoïde, marquée par la présence de l’angoisse de persécution et des défenses maniaques.

33 Lors de la troisième ou de la quatrième année de son traitement, Erik m’a enfin demandé un rouleau de scotch et un tube de colle : commençait alors la période de réparation. Il a commencé à réparer les jouets, qui étaient tous cassés. Son comportement a changé : il parlait davantage et faisait plus attention aux jouets au moment de jouer. L’énurésie a disparu, il ne se disputait plus avec les autres enfants à l’école et son rendement académique s’est amélioré, de même que son rapport avec sa famille. Un an après, le traitement est entré dans la période finale. J’allais partir du pays pour un an et il n’a pas eu besoin d’être transféré à un autre traitement.

34 Ultérieurement, lorsque j’ai émigré – cette fois-ci de manière définitive –, Erik et son père sont venus à mon cabinet. Il était devenu un adolescent psychologiquement stable, il étudiait la musique et se débrouillait bien académiquement et socialement. Vingt ans plus tard, j’ai appris qu’Erik habitait aux États-Unis et qu’il était un musicien à succès.

35 Nous nous sommes rencontrés lorsqu’il avait quarante-sept ans dans le cadre de sa visite à New York. Il était marié et avait un enfant ; il avait divorcé de sa première femme et a eu le bonheur de se remarier avec sa femme actuelle. Il menait une vie heureuse, personnellement et professionnellement. Et se rappelait toujours l’épisode de l’eau débordant dans les toilettes.

36 En conclusion, nous pouvons observer clairement comment l’interruption maternelle précoce a débouché sur des symptômes sévères dans le comportement et l’organisation mentale de l’enfant. Si ces difficultés ne sont pas analysées, les symptômes continueront et deviendront une agressivité plus accrue et une sévérité dans le comportement. Cela me fait penser à la possibilité que l’interruption dans l’organisation du système familial au cours de la période préœdipienne mène à la montée de l’agression qui peut être observée de plus en plus fréquemment dans la société moderne.

37 Selon Winnicott, Erik n’a pas pu développer la fusion entre l’agression et l’amour. L’agression est apparue en premier lieu, et son comportement en était inondé. Erik n’a pu ni tolérer l’ambivalence ni développer la préoccupation pour l’autre. Il a pu élaborer en analyse l’expérience traumatique de la séparation et développer des mécanismes de défense qui lui ont permis de mieux s’adapter à son environnement. Klein a observé qu’il est important de donner des interprétations de manière consistante, de résoudre les résistances et de faire une référence constante au transfert, positif et négatif.

38 J’ai eu l’occasion de présenter le cas d’Erik dans la clinique d’Anna Freud, où je l’ai rencontrée personnellement. Sa recommandation a été que, lors de l’agression et de la désorganisation, je demande à cet enfant de cinq ans d’exprimer verbalement ses sentiments. Au fait, vers la fin du traitement, Erik a réussi à le faire et à bien interagir avec moi, ainsi qu’à réparer l’ensemble des jouets qu’il avait détruits dans les premières étapes de son traitement.

Français

Cet article cherche à montrer les conséquences précoces d’une privation maternelle au cours de la période préœdipienne et pour ce faire, questionne les premières théories ainsi que les techniques de la psychanalyse d’enfant. Ces théories diffèrent dans leur compréhension et leur conceptualisation de la psychopathologie infantile, néanmoins elles ont toutes un dénominateur commun : toutes soulignent l’importance des premières expériences du nourrisson ainsi que la nécessité d’une constance physique et émotionnelle de la dyade mère-enfant. Cet article passe en revue les différentes théories et présente trois vignettes cliniques. À travers le récit de la thérapie d’un petit garçon de quatre ans, nous découvrons comment les conflits et les symptômes évoluent et finissent par se résoudre au cours de cinq années de thérapie. Pour finir, le jeune garçon modifie son comportement et ses actes, ce qui permet de mettre fin au traitement. Grâce à l’analyse, il a pu dépasser une expérience de séparation traumatisante et développer des mécanismes de défense matures, ce qui lui a permis de mieux s’adapter à son environnement. Nous pouvons donc conclure qu’une interruption précoce des soins maternels peut entraîner des troubles importants dans le comportement d’un enfant ainsi que son organisation mentale. Si ces difficultés ne sont pas traitées suffisamment tôt, les symptômes n’en deviendront que plus sévères.

Mots-clés

  • Privation
  • Frustration
  • Agression
  • Ambivalence
  • Réparation
English

Early consequences of Pre-oedipal Maternal Deprivation

The goal of this paper is to emphasize the early consequences of the Pre-Edipical Maternal Deprivation, addressing the pioneers theories and techniques of child psychoanalysis. Even when these theories differ in their understanding and conceptualization of the child psychopathology, it is a common denominator, all of them believe in the importance of the infant’s early experiences of its life, and the necessary physical and emotional constancy of the dyad mother-infant. This paper approaches the different theories and, there are three clinical vignettes. Through the synthesis of the psychoanalytic therapeutic process of a four years old boy, we can see how the conflicts and symptoms evolved and resolved in the course of five years of treatment. Towards the end, the boy changed his behavior and productivity, allowing the treatment to come to an end. This boy was able to work through his traumatic separation experience in analysis, and able to develop more mature defense mechanisms that led him toward a better adjustment to his environment. We can conclude that the early interruption of maternal care lead to serious symptoms in this child behavior and mental organization. If these difficulties are not addressed in time, the symptoms will go on to become severe.

Key-words

  • Deprivation
  • Frustration
  • Aggression
  • Ambivalence
  • Reparation
Beatriz Markman Reubins
MD
Psychiatre – Psychoanalyste d’Enfant et Adolescent
Associacion Psicoanlitica Argentina
International psychoanalytic Association
Long Island Psychoanalytic Society
Professeur à NorthWell Hospital, Nassau county, New York
beatrizreubins@yahoo.com
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Mis en ligne sur Cairn.info le 02/08/2016
https://doi.org/10.3917/top.135.0061
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