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Le 19 mars 1962, l’Algérie, traumatisée par huit années d’une guerre cruelle dont la dernière n’a pas été la moins dure, apprend la proclamation d’un cessez-le-feu. Les opérations que le gouvernement français mène contre le FLN prennent fin. Depuis l’automne 1961, le « noyau dur » des partisans de l’Algérie française est clandestinement regroupé dans l’Organisation de l’Armée Secrète, l’OAS. Celle-ci mène son combat en usant de méthodes violentes. Elle tient le cessez-le-feu du 19 mars pour nul et non avenu et continue la lutte en multipliant les attentats.
Au lendemain des accords d’Évian, le gouvernement français et le FLN se sont rapprochés. Tous deux sont unis par une hostilité commune à l’égard de l’OAS, ce qui les porte à vouloir casser le ressort principal de l’organisation clandestine : le soutien qu’elle reçoit dans les grandes villes d’Algérie de la masse européenne. Démoraliser cette population devient un objectif de la stratégie anti-OAS. Dans ce domaine, le FLN estime que le gouvernement français n’est pas assez pugnace. Un événement capital se produit alors : une vague massive d’enlèvements d’Européens se déclenche le 17 avril 1962. Elle touche simultanément l’Oranie, la Mitidja et la région algéroise, ce qui porte à penser qu’elle répond à un mot d’ordre concerté.
Ces enlèvements frappent très rapidement des centaines de personnes. Ils sont l’œuvre de commandos du FLN fortement retranchés dans les quartiers musulmans d’Alger, d’Oran et des agglomérations de l’intérieur où l’armée française a reçu l’ordre de ne plus patrouiller…

Français

Résumé

La guerre d’Algérie s’achève dans le chaos. L’OAS qui n’accepte pas les accords d’Évian se livre à des attentats dont la violence culmine le 2 mai 1962 dans le port d’Alger. L’explosion d’une voiture piégée y fait 62 morts parmi les dockers musulmans. De son côté, le FLN est entré, depuis le 17 avril, dans un cycle de représailles sur fond de lutte pour la prise du pouvoir. Un des épisodes les moins connus en est l’enlèvement de plusieurs milliers de Français d’Algérie dans l’indifférence de l’opinion publique de l’époque.

Jean Monneret
Né à Alger, diplômé d’arabe de l’INALCO, docteur en histoire (Paris IV-Sorbonne), a travaillé dans l’enseignement secondaire. Sa thèse a été publiée sous le titre, La phase finale de la guerre d’Algérie.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 01/04/2012
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