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Une dictature communiste qui survit à de profondes réformes économiques, au soulèvement populaire de 1989, à la chute du mur de Berlin et de l’URSS, ainsi qu’à la très forte croissance qui a suivi ces événements : l’évolution de la République populaire de Chine sous Deng Xiaoping oblige à reconsidérer les paradigmes fondateurs de notre réflexion sur le politique.
Sans doute peut-on penser cette suite paradoxale en référence à des schémas qui seraient momentanément bouleversés : le capitalisme coexisterait avec le socialisme, la sortie du communisme s’effectuerait sous le communisme, l’économie de marché s’accommoderait de structures bureaucratiques issues du totalitarisme… en attendant une recomposition institutionnelle qui mettrait fin à des anomalies imputables au caractère transitoire des processus en cours. Tôt ou tard, le politique serait au rendez-vous de la modernisation : normalisation démocratique, selon le vœu de milieux variés, y compris dans les cercles diplomatiques internationaux ; mais aussi solution autoritaire pour nombre d’Asiatiques et de Chinois, y compris parmi les partisans de la démocratie en 1989. Quoi qu’il en soit, l’argument de la transition permet de banaliser les particularités de l’intégration chinoise au système mondial de la fin du xxe siècle, en ravalant à une référence unique et l’expérience chinoise et l’avenir de la planète… A moins que sa culture, ou sa trajectoire historique, ne mette la Chine à part, comme l’Asie et d’autres parties du monde où, malgré certaines apparences, les retombées politiques de changements socio-économiques profonds ne sont pas conformes aux modèles classiques…
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- Mis en ligne sur Cairn.info le 09/11/2018
- https://doi.org/10.3917/kart.bayar.1996.01.0263

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