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Les nouvelles politiques éducatives

2007



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L’analyse en composantes principales, présentée ci-dessous, confirme l’existence d’une typologie riche des écoles uniques. Elle montre que les outils de gestion de l’hétérogénéité des élèves se combinent dans des modèles d’école unique pluriels qui permettent de dépasser l’opposition schématique entre modèle différencié et modèle intégré.

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Le premier axe horizontal, qui explique 36 % de la variance, est principalement structuré par la double opposition entre, premièrement, les pays à tronc commun court (indicatrice « tronc 1aire » sur le graphique) et ceux à sélection plus tardive (« tronc 2aire ») et, deuxièmement, les systèmes à faible ou à fort taux de redoublement. Le second axe, qui explique 18 % de la variance, est surtout marqué par l’importance des sorties sans qualification (« abandons faibles », « abandons modérés » et « abandons forts »).

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Nos quatre modèles de gestion de l’hétérogénéité se dessinent bien sur le diagramme. Dans la partie gauche, lié à un tronc commun court limité au primaire (« tronc 1aire »), le modèle de la séparation est caractérisé par un regroupement des élèves par niveau au sein des filières, un enseignement individualisé faible (« indiv. faible »), une pratique du redoublement forte et des sorties sans qualification modérées (« abandons modérés »).

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La bande de droite est nettement occupée par les trois modèles d’intégration associés à un tronc commun long (« tronc 2aire »). Dans la case du bas, le système de l’intégration individualisée est caractérisé par une absence de regroupements pédagogiques (« sans classe niveau »), des redoublements faibles, un enseignement individualisé fort (« indiv. fort ») et l’absence de recours à la gestion par l’échec scolaire (« abandons faibles »). Il partage ces trois dernières caractéristiques avec le modèle de l’intégration à la carte, marqué par ailleurs par le système de gestion de classe que nous avons qualifié de setting-tracking : regroupements intraclasses dans le primaire et groupes flexibles de niveau par discipline dans le secondaire. Parce qu’ils présentent des similitudes nombreuses, les deux modèles des intégrations individualisée et à la carte sont inscrits dans la même case en bas à droite.

Fig. 8 - Analyse en composantes principales des caractéristiques liées à la gestion de l’hétérogénéité des publics scolairesFig. 8

Légende 1 :

Longueur du tronc commmun :

– « tronc 1aire » : tronc commun jusqu’à la fin du primaire ;

– « tronc 2aire » : tronc commun jusqu’à la fin du secondaire inférieur.

Niveau du taux de redoublement :

– « redoubl. faible » : promotion automatique ou taux de redoublement faible ;

– « redoublement fort » : taux de redoublement de moyen à fort.

Importance de l’enseignement individualisé :

– « indiv. faible » : enseignement individualisé quasi inexistant ;

– « indiv. moyen » : enseignement individualisé moyennement développé ;

– « indiv. fort » : enseignement individualisé s’adressant à tous les élèves.

Importance des sorties du système éducatif sans qualification :

– « abandons faibles » : faible nombre de sorties du système éducatif sans qualification ;

– « abandons modérés » : nombre moyen de sorties du système éducatif sans qualification ;

– « abandons forts » : sorties nombreuses du système éducatif sans qualification.

Modèles de regroupement pédagogique des élèves

– « sans classe de niveau » : classes hétérogènes ;

– « setting-tracking » : modèle anglo-saxon du setting et du tracking ;

– « class. niv. 2aire » : existence de classes de niveau à partir du secondaire inférieur.

– « filière » : classe de niveau au sein des filières.

1. Pour une description plus détaillée des variables utilisées, voir Mons (2004 a).

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L’isolement, dans la case du haut à droite, du modèle d’intégration uniforme révèle bien une organisation différente de celles des autres systèmes d’intégration. Avec un recours modéré à l’enseignement individualisé (« indiv. moyen », par opposition aux pays à « indiv. fort ») et l’existence de classes de niveau à partir de l’entrée dans le secondaire (« classes niv. secondaire »), il présente un fonctionnement spécifique. Il est, aussi, caractérisé par des abandons scolaires forts qui reflètent des pratiques de gestion par l’échec prégnantes. Cette famille partage, avec les pays du modèle à séparation, un recours important au redoublement (ce qui explique la position de l’indicatrice « redoublement fort » à mi-chemin entre les deux modèles).


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