CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Depuis le début du xxe siècle, la Côte d’Ivoire est une destination privilégiée des migrants sahéliens, en particulier des Burkinabés. Le conflit qui a éclaté le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire a engendré d’importants mouvements de population à l’intérieur du pays et en direction des pays limitrophes. Ces déplacements ont concerné environ un million de personnes. Parmi elles, 550 000 se sont déplacées à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et 360 000 Burkinabés sont retournés dans leur pays d’origine. Nous nous sommes alors interrogés sur les conséquences de l’arrivée des « réfugiés » sur le peuplement et sur le paysage au Burkina Faso. Nous avons étudié deux zones du sud-ouest burkinabé, Folonzo en pays Dioula et Gbalara en pays Lobi [1].

2Les arrivées de « rapatriés » ont eu des impacts très différents sur ces deux territoires distants de seulement deux cents kilomètres. À Folonzo, elles ont profondément transformé la structure ethnique de la population, tandis qu’à Gbalara aucun changement n’a été observé à ce niveau. Si, à Folonzo, elles ont eu comme conséquence une forte accélération du front pionnier, à Gbalara, elles ont contribué à ralentir le phénomène de désertification rurale en cours.

3Nos résultats mettent en avant la nécessité d’une meilleure appréhension des mouvements de population entre les États, notamment pour la gestion du foncier à l’origine de nombreuses tensions. En outre, les projections démographiques annoncées pour l’Afrique de l’Ouest laissent présager une augmentation de la mobilité et de la compétition pour les ressources qui fait de la question foncière une priorité pour la stabilité politique des pays concernés.

La Côte d’Ivoire, territoire d’immigration

4Au début du xxe siècle, les coupeurs de bois de Côte d’Ivoire (colonie créée en 1893) recrutaient déjà la main-d’œuvre dans la partie voltaïque du Haut-Sénégal-Niger. C’est surtout à partir de 1922, avec l’ouverture des chantiers du chemin de fer, que la demande en main-d’œuvre se fait plus pressante. Pour faire bonne mesure et démentir les insinuations de non-viabilité de la Haute-Volta (colonie créée en 1919), l’administration voltaïque accepte d’envoyer la population sur les différents chantiers publics (chemins de fer Thiès-Kayes, Bouaké-Bobo-Dioulasso) et sur les exploitations forestières et agricoles de Côte d’Ivoire [2]. Cette ressource humaine tant convoitée est à l’origine du démembrement de la Haute-Volta en 1932, qui subit alors le même sort que l’entité administrative qui lui avait permis d’exister (le Haut-Sénégal-Niger). Trois colonies profitent de ce démembrement : la Côte d’Ivoire, le Niger et le Mali. La plus grande partie du territoire voltaïque (sept cercles et plus de deux millions d’habitants) reviendra à la Côte d’Ivoire et s’appellera Haute-Côte d’Ivoire jusqu’en 1947 (Bonnecase, 2001).

5La fin du travail forcé (loi Félix Houphouët-Boigny de 1946) et du code de l’« indigénat » (loi Lamine Gueye de 1946) introduit une nouvelle dynamique dans les mouvements de population, qui passent du statut de déplacements à celui de migrations. À cette époque, le Syndicat agricole africain noue des contacts avec les chefs de la Moyenne-Côte d’Ivoire (Gon Coulibaly de Korhogo) et le « Moro Naba » (empereur Mossi) pour faire « descendre » la main-d’œuvre. Dès lors s’engagent des concertations et un dialogue entre tous les opérateurs économiques en vue de l’adoption de mesures incitatives pour les travailleurs. Des accords entre plantations ou groupes de plantations, et villages ou groupes de villages sont passés (Mandé, 1997).

6Les migrations des travailleurs voltaïques sont essentiellement motivées par des considérations économiques (Kaboré, 1957) : « Après la saison pluvieuse, qui est celle des grands travaux champêtres, arrive la saison sèche qui est la morte-saison, celle qui correspond aux départs les plus importants, vers le Ghana et la Côte d’Ivoire où les niveaux de salaires ont toujours été meilleurs » (Balima, 1961). Cependant, la dimension sociale est également importante, l’emprise des aînés sur la vie des jeunes Mossi (attribution de la terre et des femmes) (Marchal, 1983) ou les problèmes d’héritage chez les Lobi du fait d’une succession matrilinéaire (Père, 1988) agissant comme des facteurs de stimulation au départ pour les plus jeunes.

Les migrations voltaïques après les indépendances

7Dès le début des années 1960, les migrations de la Haute-Volta vers la Côte d’Ivoire sont encouragées par le président de la jeune république ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Ses consignes sont claires : « L’avenir du pays repose sur l’agriculture » et « La terre appartient à celui qui la met en valeur ». Cette incitation à l’immigration agricole externe (principalement voltaïque) et interne (principalement Baoulé) provoque une dégradation rapide de la forêt pour la mise en place des plantations de café et de cacao (Boni, 1978 ; Lesourd, 1985). La pression foncière s’accentue dans les années 1970 avec la création du port de San-Pedro, qui permet l’ouverture du dernier front pionnier dans le sud-ouest ivoirien (Balac, 1998). La croissance économique annuelle avoisine 7 %, c’est le « miracle ivoirien ». En 1981, après la chute du prix des matières premières, la Côte d’Ivoire subit son premier programme d’ajustement structurel (Hugon, 2002). À cette conjoncture économique à l’origine d’un fort climat de mécontentement vient se greffer un vent démocratique qui souffle en direction du multipartisme (Severino, Ray, 2010). De fait, l’élection présidentielle de 1990 confronte Laurent Gbagbo du Front populaire ivoirien (FPI) à Félix Houphouët-Boigny et son Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Pour la première fois, le président se trouve face à un adversaire politique de taille. Malgré sa victoire, « le silence d’Houphouët recelait en fait une “vérité” intéressante, celle d’avoir été réélu pour une large part par le vote des étrangers… tout particulièrement des Burkinabés » (Dozon, 1997). En 1993, Félix Houphouët-Boigny nomme Alassane Dramane Ouattara comme Premier ministre dans le but d’assainir la situation économique. Cependant, cette nomination et les austères politiques budgétaires mises en place ne riment pas avec apaisement social et l’on observe des manifestations, notamment des étudiants, qui voient leur principal débouché (la fonction publique) et leur principale alternative (le retour au village pour développer une plantation de café ou de cacao) disparaître (Bayle, 2007).

La montée en puissance de la crise ivoirienne

8Le 7 décembre 1993, le décès de Félix Houphouët-Boigny est annoncé et à la crise économique va s’ajouter une crise politique engendrée par la course à la succession aux fonctions présidentielles. En 1995, Henri Konan Bédié est élu président après avoir écarté son principal adversaire, Alassane Dramane Ouattara, par la création du concept nationaliste d’« ivoirité [3] ». Durant son mandat, la prise de conscience de l’importante présence étrangère en Côte d’Ivoire se traduit par la réforme du code de la nationalité et du code électoral : le processus de naturalisation des immigrés est interrompu et le droit de vote que leur avait accordé le président défunt leur est retiré (Domergue-Cloarec, 2005).

9Dans le même temps, la saturation foncière s’accentue et devient inquiétante si l’on en croit Chauveau et Dozon (1985) : « Tout le problème consistera à sauvegarder un équilibre entre la nécessité d’un réservoir de main-d’œuvre (d’où le recours systématique depuis les années 1930 jusqu’à aujourd’hui aux travailleurs de Haute-Volta) et l’“appât foncier” nécessaire à son utilisation. Aussi longtemps que la terre reste abondante, l’expansion se poursuit et la main-d’œuvre suit, mais lorsqu’elle devient rare apparaît sur le plan de la main-d’œuvre une concurrence entre planteurs qui bien souvent se traduira en conflits ethniques sur le plan foncier. » Sur la question foncière, Sautter écrivait déjà en 1979 que la résistance croissante des autochtones à l’arrivée des migrants engendrait les mêmes problèmes une à deux générations plus tard lorsque le nombre de personnes a accru en même temps que l’espace [4]. Et c’est bien ce qui se passe en Côte d’Ivoire, avec une spécificité non négligeable : les migrants voltaïques, en plus de ne pas être autochtones, ne sont pas ivoiriens, contrairement aux allochtones Baoulé. Or, justement, en 1998, une loi sur le foncier est votée stipulant que les non Ivoiriens ne peuvent être propriétaires de terres, faisant de l’autochtonie une source du droit en constituant un bouleversement politique fondamental par rapport au temps de Félix Houphouët-Boigny (Chauveau, 2002). Le rapport rédigé par le Conseil économique et social ivoirien en 1998 et intitulé « Immigration en Côte d’Ivoire : le seuil du tolérable est largement dépassé » montre bien l’état d’esprit qui règne alors dans le pays où au sein d’une population totale de quinze millions de personnes, un habitant sur quatre est étranger. Cette population étrangère est largement dominée par les Burkinabés (56 %, soit près de 15 % de la population totale du pays), dont un million est né en Côte d’Ivoire, donnant un éclairage particulier au problème posé par le droit du sang en termes de nationalité (Bouquet, 2005). Avec ce nouveau code foncier « nationaliste », les zones rurales voient s’accroître le nombre de conflits comme par exemple en 1999 à Tabou dans le sud-ouest ivoirien avec les populations autochtones Krou, qui provoqua le retour de douze mille Burkinabés dans leur pays d’origine (Schwartz, 2000).

Les réfugiés de la guerre civile ivoirienne de 2002

En Côte d’Ivoire, la tentative armée de prise du pouvoir du 19 septembre 2002 a provoqué d’importants déplacements de population à l’intérieur du pays et vers les pays limitrophes (Burkina Faso, Guinée, Liberia, Mali, Ghana). Ces déplacements ont profondément modifié la géographie de la population dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. Le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies estime à environ un million le nombre de déplacés en relation avec la crise ivoirienne (Unocha, 2003). Parmi eux, 550 000 se sont déplacés à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et 450 000 se sont dirigés vers les pays frontaliers. Le Burkina Faso a accueilli le plus de personnes puisque 360 000 réfugiés [5] ont été recensés par le Comité national de secours d’urgence et de réhabilitation du ministère de l’Action sociale burkinabé (Conasur, Unicef, PAM, 2004). À leur arrivée au Burkina Faso, ils se sont installés en ville (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora) ou à la campagne. Certains sont retournés s’installer en premier lieu dans leur village d’origine, mais tous n’ont pas eu la possibilité d’accéder à la terre, ou du moins à une terre de bonne qualité, du fait de la saturation foncière ou parce qu’après tant d’années passées en Côte d’Ivoire ils n’étaient plus considérés comme des parents dans leur village d’origine. Ceux-là ont parfois préféré repartir vers d’autres régions du Burkina Faso, comme par exemple dans le sud-ouest.
Ces « diaspos », comme les appellent les Burkinabés, se sont ainsi retrouvés dans un pays dont ils avaient la nationalité mais où ils ne se « sentaient » pas toujours chez eux et que certains même découvraient pour la première fois. Pour ceux-là, le Burkina Faso a pu prendre l’allure d’un purgatoire dont les parents installés en Côte d’Ivoire menacent souvent leurs enfants turbulents : « Fô san ka mamsé, fô na lebgué Moogho » (Si tu ne te calmes pas, tu retourneras en pays Mossi) (Lanoue et al., 2007). Ce « mal-être », lié en grande partie à la situation socio-économique difficile que traversent les pays sahéliens, explique les nombreux retours opérés en Côte d’Ivoire dès 2005 et qui concerneraient 200 000 personnes (Unocha, 2005).

10Le 24 décembre 1999, Henri Konan Bédié est renversé par un putsch à la tête duquel sera placé le général Gueï qui prend alors le contrôle du pays de l’« hospitalité » qui connait ainsi son premier coup d’État. Ces perturbations amènent une délégation des autorités diplomatiques du Burkina à faire un état des lieux des potentialités agricoles de certaines régions en vue du retour de certains (Zongo, 2003).

11À la fin de l’année 2000, après avoir fait descendre ses partisans dans les rues d’Abidjan, Laurent Gbagbo est élu président de la République (Bayle, 2007). Les tensions sociopolitiques qui s’ensuivent s’établissent autour du concept de l’« ivoirité », qui va radicaliser les opposants politiques, notamment du RDR, plusieurs fois écarté de l’élection présidentielle. Le 19 septembre 2002, une tentative de coup d’État contre Laurent Gbagbo provoque la scission du pays en deux et le retour de 360 000 Burkinabés dans leur pays d’origine (Conasur, 2004). Ce chiffre reste controversé, le Burkina Faso alors en période électorale (élection présidentielle de 2005) aurait en effet gonflé les chiffres afin de montrer la fibre patriotique du candidat sortant. Par ailleurs, la grande majorité de ces rapatriés est retournée au Burkina Faso par ses propres moyens, ce qui rend les comptages difficiles. De rares convois ont été organisés par l’État (opération Bayiri) et ces quelques milliers de rapatriés ont été prioritairement orientés par le gouvernement vers des terres rurales peu exploitées. Beaucoup de rapatriés ont cependant rejoint d’eux-mêmes les provinces du plateau Mossi et du sud-ouest burkinabé, provinces d’émigration marquée en direction de la Côte d’Ivoire.

Le sud-ouest burkinabé : l’attractivité d’un foncier encore accessible aux migrants

Réfugiés et déplacés en Afrique de l’Ouest, octobre 2003

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Réfugiés et déplacés en Afrique de l’Ouest, octobre 2003

12Le plateau central du Burkina Faso (le Moaga, pays des Mossi) est une zone densément peuplée aux ressources naturelles (sol, végétation) dégradées et à vocation d’émigration. Les vallées de l’ouest du Burkina, situées sur les marges du Moaga, ont attiré les Mossi notamment pour le développement de la culture du coton, rendu possible sur de plus grandes superficies depuis l’éradication de l’onchocercose (Rémy et al., 1981). Ces vallées sont aujourd’hui, à leur tour, densément peuplées et en voie de dégradation environnementale (Quesnel et al., 1999). Il faut donc trouver d’autres destinations pour les migrants, notamment de retour, comme les rapatriés de Côte d’Ivoire. Depuis une trentaine d’années, le sud-ouest du Burkina Faso est identifié comme une destination privilégiée.

13Les zones de Folonzo (département de Niangoloko, pays Dioula) et de Gbalara (département de Loropéni, pays Lobi), situées en savane boisée et s’étendant chacune sur une superficie d’environ 200 km2 ont été choisies comme cadre de notre étude (figure p. 20).

Une méthodologie et un terrain

14Le choix des zones d’étude a été fait à partir de discussions avec les autorités administratives et à la lecture des documents disponibles sur les zones d’accueil des rapatriés. Dans ces deux zones, un dénombrement de la population a été organisé cour par cour (nom et prénom du chef de famille, nombre de personnes dans la cour), et complété par un questionnaire géographique (ethnie, culture pratiquée, statut). Chaque cour a été géo-référencée afin d’obtenir une cartographie précise du peuplement et les pistes ont été tracées à l’aide d’un GPS lors des déplacements des équipes. Des photographies aériennes prises par l’Institut géographique du Burkina Faso (IGB) en 1998 pour Gbalara et en 1999 pour Folonzo ont été acquises. En 2005 et 2006, nous avons effectué deux survols avec prise de vues aériennes, respectivement pour Folonzo et Gbalara. Les photographies aériennes de l’IGB et celles de l’IRD ont été assemblées en quatre mosaïques (1999 et 2005 pour Folonzo, 1998 et 2006 pour Gbalara). Les deux mosaïques ont été géo-référencées dans un système d’information géographique (Mapinfo 6) puis numérisées (surfaces cultivées, pistes) afin de calculer les superficies et les distances. Ainsi, nous disposions des données nécessaires à une analyse paysagère diachronique avant et après l’arrivée des rapatriés.

Folonzo, un front pionnier prometteur

15Le village de Folonzo est situé dans le département de Niangoloko, dans la province de la Comoé (figure p. 20). Les populations autochtones sont des Dioula, originaires de la ville de Kong (nord de la Côte d’Ivoire), qui n’est située qu’à une soixantaine de kilomètres plus au sud (Bernus, 1961). La population y est majoritairement musulmane et les familles s’organisent selon un modèle traditionnel polygame et un mode d’habitat concentré (village). Cette zone est restée longtemps isolée du fait notamment de l’onchocercose, mais avec la forte croissance démographique et le succès de l’Onchocerciasis Control Program (OCP), elle est devenue une destination privilégiée des migrants agricoles burkinabés depuis le début des années 1990. Folonzo constitue aujourd’hui un front pionnier, qui se traduit par la multiplication des hameaux et des campements de culture à la périphérie du village, une pression foncière qui s’est accentuée et un accès à la terre qui devient plus complexe.

Conséquences de l’arrivée des rapatriés sur le peuplement et le paysage dans la zone de Folonzo

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Conséquences de l’arrivée des rapatriés sur le peuplement et le paysage dans la zone de Folonzo

Source : photographies aériennes IGB (1999), UMR 177 (2005)

16La zone de Folonzo est en effet attractive puisque de 2003 à 2005, 1 463 personnes (71 % de rapatriés et 29 % de migrants) sont venues s’installer, soit le double de la population Dioula que nous avons recensée en 2005. Sur les 3 037 personnes dénombrées, 1 058 étaient des rapatriés (30 %) qui provenaient de la zone forestière ivoirienne (centre-ouest, ouest et sud-ouest) et de la sous-préfecture de Ouangolodougou (nord de la Côte d’Ivoire). Aucun n’était retourné en Côte d’Ivoire en 2005 et personne n’envisageait alors ce retour. Parmi les 2 078 personnes qui habitaient dans le village, 970 étaient des rapatriés (47 %). Dans les hameaux et campements de culture, 959 personnes ont été dénombrées, parmi lesquelles 88 rapatriés (9 %). Deux familles Lobi étaient arrivées en 1999 suite aux événements de Tabou. Avec l’arrivée des rapatriés, la densité de population est passée de dix à seize habitants par km2 (soit 50 % d’augmentation) alors que la moyenne nationale s’établit à trente-neuf habitants par km2.

17L’arrivée des rapatriés a profondément modifié la structure ethnique de la zone puisque les Mossi sont devenus les plus nombreux (figure p. 20). Viennent ensuite les populations autochtones Dioula et leurs voisines immédiates de l’Est, les Dogossé, suivies par les Toussian, les Lobi, les Bobo, les Tiéfo et les Sambla. Cette dernière ethnie originaire de l’ouest de Bobo-Dioulasso n’était pas du tout présente avant les événements de Côte d’Ivoire. Dans le village lui-même, deux nouveaux quartiers sont apparus qui concentrent les rapatriés (la quasi-totalité des habitants de ces nouveaux quartiers sont des rapatriés). Le nombre de campements est passé de trente-huit à soixante-seize entre 1999 et 2006 mais cette augmentation est essentiellement liée à la dynamique démographique locale (Dioula, Dogossé) et à l’arrivée de migrants de l’intérieur du pays, puisque seules neuf familles de rapatriés habitant dans huit campements ont été dénombrées en zone rurale.

18Les surfaces cultivées ont pratiquement été multipliées par trois entre 1999 et 2005, passant de 11 km2 à 29 km2 (figure p. 20). Le nombre de champs a triplé passant de 84 en 1999 à 264 en 2005 entraînant un morcellement important de la zone, notamment dans l’enclave située au sud du village (où l’agriculture est autorisée), qui pénètre dans la forêt classée, ainsi que sur les terrains le long des pistes. L’augmentation du nombre d’unités d’habitations et de champs est concomitante du triplement de la longueur du réseau de pistes qui passe de 126 km en 1999, à 362 km en 2005. L’arrivée des rapatriés de Côte d’Ivoire n’a pas induit l’apparition de nouvelles cultures dans cet espace consacré traditionnellement et pour l’essentiel aux cultures du maïs, du coton et du sorgho.

19Par ailleurs, la construction d’un dispensaire, d’une église et d’un temple, ainsi que l’agrandissement de l’école primaire dans le village soulignent le dynamisme qui a suivi ces arrivées, même si elles provoquent par ailleurs des effets moins positifs, en témoignent les fréquentes disputes observées entre les femmes autour de la seule pompe du village. Folonzo constitue donc un front pionnier, limité au sud par la forêt classée de la Comoé-Léraba qui pour le moment est restée indemne d’implantations humaines dans cette zone.

Gbalara, un espace en pleine désertification

20La zone de Gbalara est à cheval sur les départements de Loropéni et Kampti, dans la province du Poni (figure p. 23). Les autochtones sont essentiellement des Lobi, venus du Ghana à la fin du xviiie siècle (Labouret, 1931). Les nombreuses ruines qui ponctuent le paysage, dont les plus célèbres sont situées à Loropéni à quelques kilomètres plus au nord, témoignent de l’ancienneté du peuplement (Savonnet, 1986). Ce n’est qu’à partir du début du xxe siècle que les Lobi ont commencé à s’installer en pays Koulango, dans le nord-est ivoirien (Fiéloux, 1980). À Gbalara, la majorité des Lobi est animiste et polygame. L’habitat Lobi est dispersé et se caractérise par un semis de fermes (ou « tchor »), plus ou moins éloignées les unes des autres.

21Sur les 4 864 personnes dénombrées par notre étude en 2007 dans la zone de Gbalara, 652 (13 %) sont des rapatriés qui viennent tous de la zone forestière ivoirienne. Certains se sont installés dans des maisons construites à leur arrivée (443 personnes) tandis que d’autres ont été accueillis dans leurs familles restées au village (209 personnes). Selon nos enquêtes, 47 rapatriés accueillis dans des familles sont repartis en Côte d’Ivoire avant 2007. Dans cette zone, c’est le cas de nombreux rapatriés. En effet, une étude de la coopération allemande conduite en 2004 avait recensé 183 rapatriés à Gbalara (contre 82 en 2007), 113 à Mouléra (contre 20 en 2007) et 382 à Torkora (contre 164 en 2007), soit une différence totale de 412 personnes, c’est-à-dire près de la moitié des personnes revenues de Côte d’Ivoire après les événements du 19 septembre 2002. Cette différence montre l’extrême mobilité de ces rapatriés qui, malgré les risques encourus, sont retournés en Côte d’Ivoire. De fait, en 2007, dans la zone de Gbalara, un habitant sur dix est un rapatrié contribuant ainsi à augmenter la densité de la population de 21 à 25 habitants au km2.

22À Gbalara, l’arrivée de rapatriés appartenant exclusivement aux groupes ethniques autochtones Lobi et Gan n’a pas modifié la structure de la population (figure p. 23). Les rapatriés sont revenus s’installer dans leur région d’origine. Gbalara constitue un espace enclavé tant géographiquement qu’ethniquement, qui n’attire pas les autres ethnies burkinabés et qui, à l’inverse, voit ses jeunes partir, pour la Côte d’Ivoire en particulier.

23Le peuplement a peu évolué puisqu’entre 1998 et 2006 le nombre des fermes est passé de 450 à 511. En l’absence d’arrivée de migrants agricoles internes au pays, cette augmentation ne peut être attribuée qu’aux seuls rapatriés (41 familles donc au moins 41 fermes) et à la démographie locale (vingt fermes en huit ans).

24En 1998, la surface cultivée était de 56 km2, en 2006 elle est de 30 km2, soit une diminution de moitié et cela malgré l’arrivée des rapatriés (figure p. 23). Le nombre de champs est en revanche passé de 607 à 653, traduisant une réduction de leur taille moyenne. De fait, quand on compare les années 1998 et 2006, on observe un morcellement de la surface cultivée et une contraction des champs autour des lieux d’habitation. Dans le même temps, on assiste à une légère diminution de la longueur du réseau de pistes qui est passé de 301 km de longueur à 295 entre 1998 et 2006. Les rapatriés n’ont pas apporté de nouveautés dans le type de cultures pratiquées (mil, maïs, anacarde, igname, tabac).

25Avec le départ de nombreux jeunes Lobi pour la côte d’Ivoire, un vieillissement de la population est observé qui contribue à réduire les surfaces cultivées qui tendent à se rapprocher des unités d’habitations et à diminuer ainsi la longueur du réseau des pistes, certaines n’étant plus empruntées. Gbalara est donc un territoire en proie à un phénomène de désertification rurale que l’arrivée des rapatriés a ralenti, sans induire de modification particulière comme cela a pu être observé à Folonzo avec la création de nouveaux quartiers ou la construction de divers équipements.

Conséquences de l’arrivée des rapatriés sur le peuplement et le paysage dans la zone de Gbalara

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Conséquences de l’arrivée des rapatriés sur le peuplement et le paysage dans la zone de Gbalara

Sources : photographies aériennes IGB (1998), UMR 177 (2006)

Les rapatriés, une population très hétérogène

26Les études conduites à Folonzo et à Gbalara, territoires pourtant distants de seulement deux cents kilomètres et situés sous la même latitude, montrent qu’il est difficile de généraliser les conséquences de l’arrivée des rapatriés au Burkina Faso.

Des trajectoires migratoires différentes

27Il est important de noter que les rapatriés installés dans la zone de Folonzo ont d’abord tenté de revenir dans leur village d’origine avant de repartir à Folonzo, au contraire de ceux de Gbalara qui sont rentrés directement dans leur village d’origine. À partir de leur village d’origine, les rapatriés de Folonzo ont donc emprunté la trajectoire classique des migrants internes qui quittent leur région à la recherche de terres cultivables. Ensuite, à Gbalara, les rapatriés ont souvent bénéficié d’un soutien familial. Pourtant certains sont repartis rapidement vers la Côte d’Ivoire. Pourquoi les rapatriés de Folonzo ne sont-ils pas repartis ? Est-ce que cela suggère que les Lobi avaient la possibilité de repartir et pas les autres ? Est-ce que cette situation doit être mise en relation avec le fait que les Lobi sont présents au nord de la Côte d’Ivoire, contribuant à mieux se faire accepter en zone forestière ? Est-ce que cette différence est liée au statut des rapatriés en Côte d’Ivoire ? Selon qu’ils étaient propriétaires, manœuvres ou fermiers en Côte d’Ivoire, leurs intérêts ne sont pas les mêmes face à un retour en Côte d’Ivoire. On peut également s’interroger sur le sens de l’autochtonie s’adressant à des migrants. Est-on toujours un autochtone dans son village d’origine lorsqu’on vit durablement dans un autre pays ? Par ailleurs, la position des rapatriés au sein de leur famille peut également compter en ce sens que les cadets sociaux n’ayant pas accès à la terre qui est réservée à leurs aînés, ils préfèrent partir tenter leur chance ailleurs. Les rapatriés de Folonzo ne sont-ils pas des aînés sociaux à l’inverse de ceux de Gbalara qui seraient des cadets ?

28Il ressort de nos enquêtes que les rapatriés de Folonzo étaient pratiquement tous des propriétaires de plantations contrairement à ceux de Gbalara qui étaient plutôt métayers ou encore manœuvres dans des plantations appartenant à des Ivoiriens. De fait, ceux de Gbalara pourraient être amenés à repartir plus facilement en Côte d’Ivoire dans la mesure où, entretenant des plantations dont ils ne sont pas propriétaires, ils posent moins de problèmes en termes fonciers aux autochtones.

Des contrôles territoriaux différenciés

29Folonzo a été une terre d’accueil pour tous les rapatriés burkinabés, contrairement à Gbalara. Comment s’explique cette différenciation ? Outre l’isolement géographique largement connu du pays Lobi, le mode de gestion des terres à cultiver pourrait être à l’origine de cette situation. À Folonzo, société centralisée, c’est le chef de terre qui fait office de cadastre vivant. La terre ne s’aliène pas mais on peut la louer coutumièrement. À Gbalara, les propriétaires de la terre sont les familles qui se sont installées de manière ancestrale dans les tchors. Ainsi, chaque famille gère son lopin de terre principalement situé autour du tchor dirigé par le Bendar (chef de famille), qui distribue les terres. Ce n’est donc pas une personne qui décide de l’allocation de la terre villageoise mais des centaines de chefs de famille qui décident de l’attribution de centaines de lopins de terres familiales. Il est donc beaucoup plus difficile d’acquérir à grande échelle de la terre sur les terroirs Lobi que sur les terroirs Dioula

Quelle issue face au déséquilibre rural ?

30Le déplacement de centaines de milliers de Burkinabés vers la zone forestière ivoirienne pendant la colonisation évoluant en une migration plus durable après les indépendances, tant interne (populations Baoulé, notamment) qu’externe (populations Mossi, Lobi) a contribué dès la fin des années 1990 à une forte saturation foncière de cet espace et peut être appréhendé pour partie comme le terreau de la crise ivoirienne qui perdure encore aujourd’hui. Si les migrations vers des terres neuves ont constitué durant un temps le moyen de réduire la pression démographique dans les zones de forte densité comme par exemple sur le plateau central du Burkina Faso, cette solution est de moins en moins possible du fait de la généralisation de la saturation foncière des espaces ruraux.

31En un peu plus d’un siècle, la population ouest-africaine est passée de 30 à 306 millions d’habitants avec comme conséquence une dégradation significative de la végétation par l’expansion des peuplements et des surfaces cultivées. L’augmentation des densités de population en milieu rural a provoqué de nombreux conflits entre les utilisateurs des ressources foncières ou hydriques. C’est le cas dans le centre-ouest ivoirien entre les populations autochtones Gouro ou Bété, et les allochtones Baoulé ou les allogènes Mossi, notamment en compétition pour l’exploitation des plantations de café et de cacao. Mais c’est également le cas au Burkina Faso entre agriculteurs et éleveurs, comme par exemple dans la région de Banfora, entre Karaboro et Peul (Hagberg, 2001), ou plus récemment en 2009 entre Lobi et Peul dans le département de Loropéni (observation personnelle).

32Ces conflits s’appuient souvent sur l’argument d’antériorité de peuplement pour instituer et légitimer des droits politiques spécifiques à l’avantage de ceux qui se disent autochtones (Bayart, Geschiere, 2001). Dans certains cas, comme en Côte d’Ivoire, l’injonction « J’étais là avant » tend même à être supplantée par « Ôte-toi de là que je m’y remette ». Or, d’ici une génération, il y aura 120 millions de personnes de plus en Afrique de l’Ouest (UN, 2010), qui naîtront pour la plupart en ville. Parmi celles qui naîtront en zone rurale, certaines migreront vers les villes faute de pouvoir accéder à la terre, tandis que d’autres n’auront d’autre choix que de s’installer là où il reste de la terre, éventuellement même de manière illicite dans des espaces protégés. Cette conquête des espaces protégés est d’ailleurs déjà en cours au Burkina Faso (forêts classées de Koulbi, Dida, Bontioli) et plus encore en Côte d’Ivoire (parcs nationaux de Bouna, Marahoué) (Courtin, non publié). Au-delà de la question de l’autochtonie qui ne peut qu’évoluer et de celle de la préservation des espaces protégés, on pressent bien l’acuité de mieux gérer ces conflits et les migrations qui les accompagnent aussi bien à leur origine qu’à leur suite.

33Notre travail met en avant l’intérêt d’effectuer des recherches sur les dynamiques de peuplement en montrant la complexité des situations géographiques, comme on a pu le constater entre Folonzo et Gbalara. Il apparaît indispensable d’avoir une vision claire des perspectives à moyen et long terme, même si cette vision reste approximative, de sorte à préparer les uns et les autres, ceux qui sont déjà là et ceux qui vont arriver, aux transformations et à mieux les gérer. Ceci est particulièrement vrai pour la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Plus de deux millions de Burkinabés vivraient en effet en Côte d’Ivoire et envisager leur retour ne va pas sans poser problème alors même que les récents événements liés à l’élection présidentielle de 2010 en soulignent l’acuité. Il est évident que ces évolutions vont être à l’origine de mutations profondes, de l’élaboration de nouvelles stratégies par les acteurs que sont aussi bien les autochtones que les migrants (Zongo, 2009).

Les auteurs remercient l’Institut Pierre-Richet (Abidjan, Côte d’Ivoire) et le Centre international de recherche-développement pour l’élevage en zone subhumide (Bobo-Dioulasso, Burkina Faso) pour leurs collaborations. Ils sont très reconnaissants envers les autorités administratives du Burkina Faso pour leur disponibilité et expriment leur gratitude aux populations des zones étudiées pour leur accueil exemplaire.

Notes

  • [1]
    Nous nous sommes attachés à y étudier l’impact de l’arrivée des « rapatriés » sur le peuplement, à travers un dénombrement géo-référencé et des enquêtes géographiques, et sur les surfaces cultivées, par une analyse paysagère diachronique.
  • [2]
    « En Haute-Volta, colonie de trois millions de paysans, le gouvernement général de l’AOF a levé 42 930 manœuvres de 1921 à 1930 pour le chemin de fer d’Abidjan à Ferkessédougou et il a laissé lever 16 545 manœuvres, de 1920 à 1930 pour les coupes de bois et les plantations de la Côte d’Ivoire » (Marchal, 1999).
  • [3]
    Le terme a été lancé par Henri Konan-Bédié, le 26 août 1995, dans son discours-programme à l’occasion de la convention du PDCI, tenue à Yamoussoukro.
  • [4]
    « Il est prévisible que partout, à plus ou moins long terme, une agriculture dévoreuse d’espace se conjuguera à la résistance croissante des autochtones pour remettre en cause le mieux-être obtenu. C’est le propre des migrations peuplantes que d’annuler à mesure, avec un simple décalage dans la durée, leurs propres effets favorables. C’est ce que Gérard Rémy appelle un “créneau dans le temps” : soit un délai d’une à deux générations, avant que les problèmes se reposent à l’identique, mais pour un plus grand nombre d’hommes, sur un espace plus vaste » (Sautter, 1979).
  • [5]
    Nous entendrons par « rapatriés » les personnes qui ont quitté la Côte d’Ivoire à la suite des événements du 19 septembre 2002 pour retourner au Burkina Faso, sans présumer des modalités d’organisation de ce retour (Bredeloup, 2006).
Français

Résumé

Environ un million de personnes ont migré suite au conflit qui a éclaté le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire. Parmi elles, 550 000 se sont déplacées à l’intérieur de la Côte d’Ivoire et 360 000 Burkinabés se sont déplacés vers le Burkina Faso. Cet article analyse les conséquences de l’arrivée de ces migrants sur le peuplement et sur le paysage de deux zones d’accueil au sud-ouest distants de deux cents kilomètres. Il ouvre une perspective nouvelle sur les migrations internes africaines et montre des impacts très différenciés.

Mots-clés

  • migration
  • migrants
  • Côtes d’Ivoire
  • Burkina Faso
  • réfugiés
  • rapatriés
  • déplacés

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Fabrice Courtin
Fabrice Courtin est géographe et chargé de recherche à l’IRD. Il travaille sur les dynamiques de peuplement et les évolutions paysagères en lien avec la distribution des glossines et de la maladie du sommeil.
Florence Fournet
Florence Fournet est entomologiste et chargée de recherche à l’IRD. Elle s’intéresse aux relations entre environnement et santé.
Philippe Solano
Philippe Solano est entomologiste et directeur de recherche à l’IRD. Il est spécialiste de la mouche tsé-tsé et de la trypanosomiase.
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Mis en ligne sur Cairn.info le 30/05/2011
https://doi.org/10.3917/afco.236.0011
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