CAIRN.INFO : Matières à réflexion
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1L’institut de New York pour la Gestalt-thérapie (le NYIGT, New York Institute for Gestalt-Therapy) est le plus ancien dans le monde mais ce n’est pas un institut de formation au sens habituel du terme. Nous n’avons jamais eu de programme de formation offrant un cursus précis débouchant sur une certification. Il existe des instituts de formation en Gestalt-thérapie dans la ville de New York qui disposent de programme de formation formalisés qui garantissent des certificats à leurs étudiants. Ils ont des bureaux et une équipe rémunérée. Le NYIGT n’en a jamais eu. Notre ligne téléphonique ne permet que de déposer des messages vocaux. Nos membres assurent à tour de rôle la réponse à ces messages. Nous avons un site internet www.newyorkgestalt.org et une adresse mail info@newyorkgestalt.org. Depuis soixante ans, nous nous réunissons dans des salles toutes simples louées pour l’occasion.

Une communauté enseignante/apprenante

2Le NYIGT n’est pas un institut de formation et cependant des thérapeutes s’« y » forment. Il en a toujours été ainsi, sinon, comment pourrions-nous prétendre à juste titre être la source de tous les flots de Gestalt-thérapie qui coulent maintenant partout ?Presque tous les Gestalt-thérapeutes d’aujourd’hui peuvent faire remonter l’origine de leur compréhension de la Gestalt-thérapie au NYIGT.

3Depuis soixante ans, nous organisons des séminaires, des groupes d’étude, des ateliers, de la formation, des practicums, des conférences et maintenant un groupe de discussion sur internet sur la théorie et la pratique de la Gestalt-thérapie. Nous sommes connus pour utiliser le modèle classique du texte fondateur, Gestalt-thérapie, excitation et croissance dans la personnalité humaine de Fritz Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman (1951) comme le socle de notre développement continu de la Gestalt-thérapie. Tout en respectant le modèle classique, nous en soutenons la critique et la reformulation pour qu’il reflète notre compréhension présente de l’articulation théorico-pratique de la Gestalt-thérapie.

4Nous sommes une « communauté enseignante/apprenante », librement structurée et fluidement organisée sous la forme d’une « expérience en cours » de développement de la Gestalt-thérapie depuis l’intérieur de ses fondements historiques. Étudier la Gestalt-thérapie est un processus d’enseignement/apprentissage en tant qu’événement de champ et fonction émergente de la frontière-contact (Dan Bloom, 2004). Enseigner et apprendre la Gestalt-thérapie sont des aspects d’un même phénomène de frontière-contact. L’apprentissage a lieu dans la rencontre entre le professeur et son élève ; l’étudiant enseigne en posant des questions et le professeur apprend en répondant créativement aux préoccupations de ce dernier…

5Par conséquent, le « professeur » et l’« étudiant » restent tous deux créativement engagés dans le contact avec la théorie/pratique de la Gestalt-thérapie – et la Gestalt-thérapie reste vivante plutôt que codifiée. Nous considérons cela comme un processus de découverte du champ organisme/environnement, le champ phénoménal du NYIGT. Il s’agit d’une approche non-hiérarchique de l’apprentissage. Enseigner/apprendre émerge donc sous forme de figures d’intérêt dans un champ d’excitation et de soutien plutôt qu’à partir d’un cursus préétabli.

6Cette forme de fluidité assure à la Gestalt-thérapie de resterissue d’un champ toujours en développement aux plans individuel, social et historique.

7Notre « formation » est une fonction du processus d’appartenance à l’institut. C’est ce que signifie être un membre actif, participer à nos réunions, s’engager dans nos discussions, etc. Cette conception de la formation est dans notre ADN. Alors que nous ne délivrons pas de certificats, nous reconnaissons l’expertise croissante de nos membres.

8J’expliquerai ceci plus en détail plus loin... Des propos tenus en première personne par certains membres actuels de l’institut m’aideront à décrire son développement sous la forme d’une incarnation de ces valeurs. Le risque inhérent à toute narration est de figer un processus en cours. Toutefois, l’institut s’efforce constamment de s’ajuster créativement à ses membres et au champ plus large du monde environnant. Notre structure lâche évite d’avoir à nous ré-organiser pour répondre à ces sollicitations. Le changement est notre constante.

Dans les débuts

9Ce ne fut pas avant la fin de l’année 1950 et le début de 1951 que la Gestalt-thérapie devint une modalité « enseignable ». A l’époque, Fritz et Laura Perls s’étaient déjà établis à New York. Fritz avait formé quelques personnes à New York et à Los Angeles à sa nouvelle approche.

10« La Gestalt-thérapie commençait à avoir une certaine réputation dans la profession. L’institut William Alanson White (un institut de psychothérapie new yorkais prestigieux) manifestait encore un intérêt amical et envoyait des stagiaires et le mot se répandait dans les esprits qui en étaient proches. QuandGestalt-thérapie parut en décembre 1951, de nouveaux convertis s’ajoutèrent… Le temps était venu ; Perls décida de fonder son propre institut ». (T. Stoehr, 1994, p150)

11Laura Perls lança un « groupe professionnel » dont le noyau incluait Paul Goodman, qui était son client à l’époque, Eliot Shapiro et Paul Weisz.

12« Bientôt, Fritz et Laura ouvrirent leur porte. Environ quarante personnes se présentèrent. Fritz et Laura divisèrent ces personnes en deux groupes et chacun en dirigea un. La graine de l’institut de Gestalt-thérapie de New York était plantée » (Richard Kitzler, communication personnelle).

13Ce groupe à la structure informelle établit la forme qui perdure encore aujourd’hui. Des « enseignements » étaient « offerts ». C’est-à-dire que quelqu’un, par exemple Paul Goodman, déclarait qu’il donnerait un cours comme Psychothérapie, religion et éthique ; un bulletin annonçait ce séminaire et les gens venaient débattre avec véhémence à la mode goodmanienne (T. Stoehr, 1994, p.154, 156). Au fil des ans, le bulletin devint la « brochure » qui annonçait les offres de l’institut. Cette pratique s’est perpétuée, avec des hauts et des bas, durant quarante ans. Personne ne se souvient d’ailleurs combien il y eut de hauts et de bas.

14En 1970, cette organisation sans structure formelle commença à en adopter une. Elle fut officiellement reconnue comme organisation à but non lucratif par l’État de New York. Le but de cet institut, comme il est écrit dans ses statuts, est de :

15« formuler, développer et populariser des traitements et des techniques sur le plan de la théorie, la pratique et la mise en place de la Gestalt-thérapie au moyen de recherches, rencontres, programmes, écrits, conférences et tout autre procédé similaire… » (statuts de l’institut de New York de Gestalt-thérapie enregistrés au département de l’éducation de l’État de New York, 25 juin 1970).

16En 1972, comme requis par la loi, un règlement intérieur fut adopté établissant la gouvernance du NYIGT. Des catégories de membres furent définies. Il y eut des Anciens, des Membres et des Associés.

La structure de l’institut comme fonction enseignante/apprenante

Anciens, Membres accrédités, Associés.

17A tous égards les anciens (Fellows) dirigèrent le NYIGT jusqu’à la fin des années quatre vingt. Leur pouvoir était absolu. Selonle règlement intérieur de 1972, ils avaient le pouvoir (en tant que comité de direction), à la fin de chaque année, de révoquer comme de renouveler tous les associés (Associate Members) et membres accrédités (Full Members). Ce comité ne tenait pas de notes et ses réunions étaient fermées aux membres.

18« Les anciens approuvaient l’offre des stages » (Humphrey, communication personnelle) et faisaient accéder, à partir de critères connus d’eux seuls, les membres associés au statut de membre accrédité. Ces membres accrédités se devaient d’être des Gestalt-thérapeutes complètement formés, pouvaient former d’autres thérapeutes et recevoir des patients adressés par des confrères et d’autres membres. « Les anciens ajustaient leurs rangs en fonction de leurs besoins » (Humphrey, communication personnelle).

19La transition du statut d’associé à celui de membre accrédité – qui constitue le rituel de reconnaissance par l’institution que la personne est devenue un Gestalt-thérapeute « formé » – a évolué de façon substantielle au cours des années. Du temps du règlement intérieur de 1972, les anciens décidaient seuls de qui était correctement formé comme Gestalt-thérapeute, à partir de critères connus d’eux seuls et lors de réunions à huis clos.

20« Le protocole semblait être que les associés devaient demander à un ancien de soutenir leur candidature pour devenir membre accrédité. Je quittais le séminaire du mercredi de Richard quand il nous demanda si nous avions des commentaires ou des questions à transmettre aux anciens qui se réunissaient ce soir-là. Je dis alors, un peu pour plaisanter : ?oui, accréditez-moi !. Le lendemain, il m’appelait pour me dire que je l’étais ! » (Karen Humphrey, communication personnelle).

21Mais l’intérêt des anciens pour ce pouvoir absolu disparut. L’introduction de nouveaux dans le cercle des anciens amena dans ce directoire des personnes sensibles à la dimension sociale de l’organisation. Patrick Kelly était un animateur d’équipe accompli et avait l’expérience des bandes de jeunes. Karen Humphrey était en phase avec l’activisme social des droits civils, des militants anti-guerre du Vietnam et des mouvements de femmes. D’autres anciens perdirent de l’intérêt à tenir la bride si serrée et, plus ou moins, se retirèrent.

22L’amenuisement du pouvoir absolu des anciens fut aussi le reflet d’un changement dans la culture du groupe, une conséquence inévitable de la théorie même que nous étudiions. L’absurdité d’une modalité thérapeutique égalitaire dirigée par une hiérarchie fermée devenait intenable. Les membres devinrent de plus en plus attentifs aux processus de groupe. Une théorie du leadership non-hiérarchique des groupes émergea et, avec ce modèle, les membres accrédités commencèrent à affirmer de plus en plus leur autorité. Une commission fut formée pour réexaminer la structure de l’institut et son travail culmina avec une nouvelle configuration de l’organisation.

23A la fin des années quatre-vingt, les anciens rendirent la gouvernance de l’institut à ses membres. Ils cessèrent de diriger via des réunions opaques, et, parmi d’autres changements, des critères furent introduits permettant d’évaluer la « formation ». Le passage de l’état d’associé à celui de membre accrédité devint un processus consensuel ouvert aux membres. Ce changement de gouvernance de la structure rigide de l’assemblée des anciens vers un régime non-hiérarchique de l’ensemble des membres advint au sein du processus d’enseignement/apprentissage de l’institut. Le pouvoir fut déconstruit à partir d’une perspective gestaltiste et une nouvelle figure émergea. Ce fut un processus d’apprentissage pour tous les membres de l’institut.

D’associé à membre accrédité : le signe d’un gestalt-thérapeute entraîné

24La nouvelle organisation de l’institut commença plus ou moins à partir de zéro. A nouveau, ses membres réaffirmèrent que le NYIGT n’était pas un institut de formation, mais :

25« Un endroit où nous pouvons entrer dans un processus d’enseignement/apprentissage les uns avec les autres, débattre et explorer les problèmes de la théorie de la Gestalt-thérapie, partager nos questionnements et échanger nos idées. Un lieu où nous pouvons poursuivre le développement de la théorie de la Gestalt-thérapie et ses applications à de nouveaux domaines… Un lieu où l’on peut trouver de la reconnaissance au fil duparcours consistant à devenir un Gestalt-thérapeute pleinement entraîné et compétent.

26(Nous voulons) un institut accessible à tous les novices, ceux formés à d’autres courants de la thérapie et ceux d’autres disciplines comme les sciences, les arts, etc… » (extraits du règlement intérieur de 1998, p.6).

27Les membres, les membres accrédités et les « anciens » nouvellement convertis à l’égalitarisme prirent les rênes de l’institut. Les critères pour devenir membre accrédité furent discutés dans les premières réunions. Ces membres-là seraient des personnes déjà connues « comme faisant partie de l’institut, s’assumant financièrement, formées en profondeur, compétentes dans la théorie et la pratique ; ce seraient des personnes vers lesquelles les membres pourraient en confiance envoyer des patients, qui aurait suffisamment travaillé sur elles-mêmes pour avoir ?un contact humain significatif”, des personnes ayant acquitté leurs cotisations et sans conflit avec l’éthique de l’institut ».

28Ces critères guidèrent la transition de ceux qui furent bientôt désignés comme membres associés vers le statut de membre accrédité. Cela s’appliqua souplement jusqu’à ce que cela soit formalisé dans un règlement en 2009.

29Un membre accrédité, depuis lors, est une personne reconnue par le NYIGT comme étant un gestalt-thérapeute pleinement formé. Aujourd’hui, la personne se présente à une réunion plénière de l’institut et répond aux questions concernant ses qualifications. Depuis le milieu des années 90, de plus en plus de membres associés plus lointains sont devenus des membres accrédités à part entière. Il y a parmi eux des gestalt-thérapeutes de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, de Suède et d’Espagne.

Tutorat et apprentissage autodirigé

30Karen Humphrey pratique la Gestalt-thérapie depuis plus de quarante ans. Elle fait partie des anciens de l’institut. « Ma première expérience de la Gestalt-thérapie eut lieu en tant que patiente de Laura Perls en 1962 » . Karen poursuit : « J’ai commencé àsuivre les réunions mensuelles du NYIGT. Lors de l’une d’elles j’ai suggéré qu’il pourrait être utile à ceux qui voulaient apprendre la Gestalt-thérapie qu’il y ait une façon plus structurée de s’y prendre. Paul Goodman se mit à rire avant de dire qu’une partie de l’apprentissage de la Gestalt-thérapie consistait à se débrouiller par soi-même ». (K. Humphrey, 2013).

31Ce processus non-structuré et auto-dirigé d’apprentissage prenait la forme d’un tutorat. Quand les étudiants exprimaient un intérêt pour un certain sujet, ils se rapprochaient d’un Gestalt-thérapeute expérimenté, pour voir s’il était intéressé à animer un séminaire, un groupe de formation ou un practicum à ce sujet. Ou, lorsqu’un formateur expérimenté avait un intérêt quelconque, il l’annonçait à la communauté. Chaque enseignant avait ses propres prérequis pour ses groupes de formation – mais ce qui comptait essentiellement pour y participer c’était de faire montre de sa motivation à apprendre la Gestalt-thérapie. En tant qu’étudiants, nous devions prendre la responsabilité de nos propres besoins de formation. Eric Werthman a commencé son apprentissage à l’institut dans les années 1980 ; il écrit : « Ce qui rendait l’institut si merveilleux est que l’on pouvait apprendre, c’est-à-dire ?travailler”, avec n’importe lequel des anciens ou des membres accrédités de l’institut dans n’importe quel dispositif, tutorat ou groupe, pourvu qu’il veuille vous accepter. Je pouvais choisir de qui je voulais apprendre et nous organisions ensuite ensemble le déroulé, ce qui incluait les auteurs que nous devions ?lireainsi que la façon de l’appliquer à mes cas cliniques ». (É. Werthman, communication personnelle).

32Karen décrit ainsi l’institut : « Tout au long des années 60, Laura Perls et Isadore From (de la première génération des formateurs) étaient les enseignants les plus significatifs de la théorie et de la pratique de la Gestalt-thérapie à l’Institut de New York. Il n’y a pas eu de point final formel à mon travail avec aucun d’eux. Il était implicite que des étudiants auto-désignés passent de main en main avec des enseignants auto-désignés » (K. Humphrey, communication personnelle).

33Pour ma part, j’ai commencé à me former en 1976 au sein d’unpracticum avec Patrick Kelley. Moi et d’autres étions des débutants, qui, pour la plupart, n’avions absolument aucune expérience clinique ni de formation. A l’époque, j’étais un avocat surmené et insatisfait. Le NYIGT et la Gestalt-thérapie m’attiraient comme un aimant. Après un certain temps, Patrick m’encouragea à étudier avec Richard Kitzler. Patrick savait que j’avais une formation initiale en philosophie et en littérature. Richard m’irait parfaitement. Richard me poussa à étudier avec Isadore From et Laura Perls. Alors, oui, Karen, j’ai été pris de main en main par plusieurs professeurs. Tout au long Richard Kitzler est resté mon tuteur – jusqu’à sa mort en 2009.

34Les diplômés d’autres écoles de Gestalt-thérapie étudient à l’institut selon ce modèle du tutorat. Ruella Frank est arrivée à la Gestalt-thérapie avec un bagage varié en psychologie développementale et somatique. Elle écrit : « Après avoir suivi dans la ville de New York un cursus de quatre ans en Gestalt-thérapie, j’ai eu la chance de découvrir le NYIGT puis de me former avec son équipe. En 1986, j’ai rejoint Laura Perls chaque semaine dans son groupe de théorie/pratique qui se réunissait tous les mardis et j’y suis restée jusqu’à sa mort en 1991. Avec Laura, j’ai compris l’éclat de la Gestalt-thérapie classique et je l’ai vue magnifiquement pratiquée ».

35« Dans les premiers mois de son groupe, j’ai entendu le nom de Richard Kitzler mentionné à de très nombreuses reprises. C’était un enseignant très respecté sur la théorie qui guidait des étudiants dans leur lecture, ligne à ligne, à travers les pages du PHG. J’étais éblouie par la maestria et la générosité de Richard et j’ai étudié avec lui en cours particuliers hebdomadaires ainsi que dans des groupes d’étude, parfois, de 1987 à 1997. J’ai continué ensuite de façon assidue mais moins fréquente jusqu’à sa mort en 2009. Mon travail avec Laura et Richard m’a procuré les plus riches expériences d’apprentissage que j’ai jamais eues » (R. Franck, communication personnelle).

36Susan Gregory, qui devint membre accrédité dans les années 90, apporta « un bagage approfondi dans l’enseignement et l’aide aux personnes, acquis à la fois en tant que professeur de chant et comme enseignante d’anglais seconde langue.En étudiant la Gestalt-thérapie, je m’appuyais sur une base de trente-deux années d’étude et de pratique d’une modalité de travail corporel qui s’appelait Arbeit am Menschen et il s’avéra que Laura et Fritz l’avaient chacun pratiqué un temps. A cela, il fallait ajouter la science acquise au cours de douze semestres d’anatomie expérientielle enseignée par Irene Dowd ».

37Plus loin, elle écrit, qu’en plus des groupes de formation et des practicums du NYIGT qu’elle suivit « mon apprentissage fut enrichi par les réunions mensuelles de l’institut sur différents sujets présentés par les membres expérimentés ou des invités, ainsi que par les nombreux ateliers de week end auxquels je me rendais » (S. Gregory, communication personnelle).

38Le dernier point soulevé par Susan mérite d’être souligné et résume peut-être l’essence de la formation à l’institut. Nos réunions mensuelles – et les autres – sont des occasions au cours desquelles nous agissons notre compréhension de la Gestalt-thérapie, nous la mettons en œuvre les uns envers les autres ; nous donnons chair et os à nos idées et de la substance à la communauté elle-même. « Enseigner/apprendre » est ce que nous « agissons/vivons ». Nous « faisons » ensemble, soutenus par le processus de groupe de l’institut qui est résolument au service de la créativité qui réside au cœur d’un contacter courageux.

39Cela peut sembler idéaliste. Ça l’est. Cela peut sembler difficile à atteindre. Ça l’est. Nous ne réussissons pas toujours. Mais, en tant qu’institut source pour la Gestalt-thérapie, je pense que le NYIGT a le devoir d’être idéaliste.

Conclusion

40Le NYIGT n’est pas un institut de formation mais a toujours formé des gestalt-thérapeutes. Il s’est créé à partir du rassemblement non-structuré de personnes curieuses de la Gestalt-thérapie, trébuchant et grandissant à travers des formes expérimentales d’organisation jusqu’à celle d’aujourd’hui. Nous nous sommes développés en une communauté enseignante/apprenante qui est la communauté de l’ensemble de ses membres. Chacun, d’oùqu’il vienne, est encouragé à devenir membre en cotisant. Nous avons maintenant un groupe de discussion actif sur internet où les membres échangent sur des questions de théorie/pratique et où nous explorons le « e-contacter » lorsque nous tenons des réunions à distance.

41« Former » et « enseigner/apprendre » changent avec les besoins qui les suscitent, même dans une communauté virtuelle. Le NYIGT a eu pour mission de répondre créativement à ces besoins et de maintenir une position unique dans le monde des instituts de Gestalt-thérapie. J’espère que ce court article rend suffisamment compte de nos efforts mis à tenir cet engagement.

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L’auteur, directeur du New York Institute for Gestalt-Therapy, témoigne de sa création et de son développement sous une forme originale de communauté enseignante/apprenante. Il explicite son fonctionnement qui allie tutorat et apprentissage auto-dirigé, dans une structure en constante évolution suivant le processus de maturation et de développement de la communauté qui cherche à mettre en œuvre la Gestalt-thérapie.

Bibliographie

  • BLOOM D. : The emergence of foundational Gestalt-therapy with a teaching/learning community : the NYIGT celebrates its Fiftieth Anniversary,International Gestalt Journal, 27/1, p. 97-110, 2004.
  • STOEHR T. : Here, now, next, San Francisco, Jossey-Bass, 1994 – The New York Institute for Gestalt-therapy Certificate of Incorporation, Etat de New York, 1970 – The New York Institute for Gestalt-therapy By-laws,1972, 1992.
Dan Bloom
Gestalt-thérapeute, exerce en libéral à NewYork. Ancien président du New York Institute for Gestalt-Therapy (NYIGT). Ancien président de l’Association for the Advancement of Gestalt Therapy (AAGT).
dan@danbloomnyc.com
Texte traduit par 
Stéphanie Féliculis
Gestalt-thérapeute, coach, superviseur. Exerce dans le sud-ouest.
sfeliculis@aol.com
revu par 
Vincent Béjà
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Mis en ligne sur Cairn.info le 25/06/2014
https://doi.org/10.3917/gest.044.0008
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