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1« Les Arabes n’aiment pas, dans nos hôpitaux, notre administration, c’est­à­dire les règles uniformes qui font qu’un malade, lorsqu’il est à l’hôpital, doit, quelles que soient les prescriptions de sa religion, ses mœurs et ses goûts, manger les aliments que prépare la cuisine unique de l’hôpital et subir une sorte d’encadrement administratif qui nous paraît tout simple à nous mais auquel l’indigène est absolument rebelle [2]. »

2Par ces mots, le gouverneur général Jules Cambon justifie devant le Sénat sa politique d’assistance aux musulmans algériens, qui se traduit notamment par la mise en place d’« hôpitaux indigènes ». Il s’inspire de l’hôpital Sainte­Élisabeth des Attafs, fondé en 1874 par l’archevêque d’Alger Charles Lavigerie avec l’aide du général Wolf et du gouverneur général Chanzy, hôpital dont s’occupent les missions d’Afrique que le prélat a également créées [3]. En 1893, la visite de cet établissement, où l’on se serait préoccupé « d’approprier l’hospitalisation aux croyances aussi bien qu’aux habitudes indigènes [4] », semble avoir été une sorte de révélation pour Cambon qui organise un service d’hospitalisation calqué sur ce modèle [5] : Sainte­Eugénie ouvre à Ouarzen en 1894 et Saint­Augustin l’année suivante à Arris. Le mouvement s’étend vers le Sud, à Biskra à partir de 1896, puis à Ghardaïa deux ans plus tard et El Abiod Sidi Cheikh, où le gouverneur général espère en « l’influence pacificatrice » de l’hôpital Saint­André « où séjournent de nombreux pèlerins, venus des profondeurs du Sahara et du Maroc [6] ».

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Carte extraite de : Denise Bouche, Histoire de la colonisation française, Tome II : Flux et reflux (1815­1962), Paris, Fayard, 1991, p. 552.
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Jules Cambon (1845­1935) – à gauche –, gouverneur général de l’Algérie de 1891 à 1897, a retrouvé à Alger le cardinal Lavigerie (1825­1892) – à droite – qu’il connaissait depuis son enfance…

3L’organisation des hôpitaux indigènes accompagne ainsi la politique de pénétration de la France au Sahara [7], témoignant d’une coopération entre différents pouvoirs : gouvernement général, missions d’Afrique et armée. Cette collaboration semble particulièrement solide à Ghardaïa, capitale de la pentapole du Mzab, dont les villes sont majoritairement ou exclusivement peuplées de Mozabites, berbérophones, adeptes de l’école religieuse (madhâb) spécifique, l’ibadisme, qui les fait considérer comme schismatiques par les musulmans sunnites. La région fait officiellement allégeance à la France en 1853 mais ce n’est qu’en 1882 que la République l’annexe effectivement, y installant plusieurs garnisons, notamment à Ghardaïa, chef­lieu, au début du xxe siècle, du cercle de Ghardaïa dans les Territoires du Sud organisés par la colonie en 1902. C’est dans cette capitale que s’installent en 1891 le siège du vicariat apostolique du Soudan­Sahara puis, dix ans plus tard, celui de la préfecture apostolique de Ghardaïa [8]. Pierre angulaire du projet missionnaire, l’hôpital indigène Sainte­Marie­Madeleine, ouvert en 1898, accueille rapidement un hôpital militaire, devenant ainsi un hôpital mixte. Lors de son inauguration en 1901, le Père supérieur insiste sur « l’union étroite qui règne dans les desseins de la Providence entre la religion et l’armée [9] ». Comment la cohabitation s’effectue­t­elle pratiquement dans ce lieu entre ces autorités ayant à traiter plusieurs populations : les militaires mais aussi les civils des deux sexes d’une société plus diversifiée qu’en Kabylie ou dans l’Aurès : à côté du Mozabite que le médecin Charles Amat décrit comme « actif, sobre, prévoyant, apte au commerce, capable d’épargner et détesté par l’arabe autant qu’il l’abhorre à son tour [10] », on y trouve des Arabes, des Juifs, des « Nègres » et des Gourariens. Compte tenu de la variété des objectifs que ces pouvoirs poursuivent, leurs conceptions des soins à donner aux différentes populations du Mzab convergent­elles ? Trouve­t­on trace d’adaptations des pratiques médicales et jusqu’où leurs actions trouvent­elles un écho dans les sociétés qu’elles tentent de pénétrer ?

L’hôpital Sainte­Élisabeth des Attafs, fondé en 1874 par Mgr Lavigerie

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L’hôpital Sainte­Élisabeth des Attafs, fondé en 1874 par Mgr Lavigerie

(Photo Asma-pb.)

De l’hôpital indigène à l’hôpital mixte (1895-1900)

Installer une mission à Ghardaïa

4L’apostolat des Arabes au Sahara commence en 1856 lorsque deux prêtres s’installent à Laghouat. Bien que l’administration, refusant tout prosélytisme, exige la fermeture du séminaire, deux Lazaristes demeurent dans l’oasis comme aumôniers. Les Sœurs de Saint­Vincent de Paul arrivent en 1859 pour soigner les malades, mais tous sont rappelés en 1866 [11]. La préfecture du Sahara et du Soudan est créée deux ans plus tard et Lavigerie envoie d’abord trois Jésuites à Laghouat, première étape d’une avancée vers le Sud, assurée à partir de 1872 par les Pères Blancs qui s’installent dans plusieurs stations [12]. À la suite du massacre de trois d’entre eux en 1876, le gouverneur général invite l’archevêque à retirer ses hommes de l’extrême­sud [13]. L’implantation missionnaire dans la région reprend au cours de la décennie suivante [14]. Auguste Hacquard est envoyé à Biskra en 1891 pour devenir le supérieur d’un nouvel institut religieux et militaire, l’« Œuvre des Frères armés du Sahara [15] », milices destinées à combattre les trafiquants d’esclaves dans les régions où les missionnaires s’établiraient. Leurs membres sont censés recevoir une formation militairemais aussi religieuse, leur engagement devant se situer clairement dans une perspective missionnaire. Cette courte expérience s’achève l’année suivante. Plusieurs missions cependant s’installent dans le Sud algérien, en particulier dans le Mzab [16].

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En 1891, un Frère armé du Sahara. À dr., en haut, le père Augustin Hacquard (1860­1901), supérieur des « Frères armés », futur premier vicaire apostolique du Soudan (aujourd’hui Mali). En bas, le père Félix Charmetant (1844­1921).
(Photo Asma-pb.)

5Dès 1872, le Père Charmetant pense y établir un poste missionnaire comme base de départ pour la traversée du Sahara mais ce n’est qu’à la fin de l’année 1883 que les Pères Blancs arrivent à Ghardaïa, au cœur du Mzab. Les Pères louent pour 250 francs une maison dans le quartier juif : le propriétaire, un certain Isaac ben Daoud, inspire au Père Malfreyt ce jugement : « le nom seul vous l’indique […], je suis tombé entre de bonnes mains pour être plumé. Au désert comme à Alger, les enfants d’Israël sont nos amis moyennant finances [17] ». Ils ne peuvent pourtant guère s’installer ailleurs, puisque l’espace ibadite mozabite, considéré comme sacré, leur est interdit. Le rejet de la présence française par les Mozabites semble total, les djemaa disposant d’une arme souveraine envers leurs administrés : l’excommunication [18].

Les Pères Blancs à Ghardaïa avec leurs élèves

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Les Pères Blancs à Ghardaïa avec leurs élèves

Le Père Chenivesse est le deuxième à partir de la gauche.
(Photo Asma-pb.)

6Les débuts missionnaires sont donc difficiles dans le Mzab. Ce n’est pas « dans ce pays aride et désolé, où le fanatisme religieux est poussé jusqu’à ses dernières limites, où […] le ministère apostolique se heurte constamment à des préjugés de toutes sortes que l’Envoyé de Dieu, aidé par la grâce divine, peut faire des merveilles dans les âmes [19] », écrit le Père Chenivesse en 1890. Or, au Sahara comme ailleurs, les missions d’Afrique envisagent leur action dans deux directions, l’enseignement et les soins, dans le but de convertir les indigènes. Aidés par le commandement militaire – encore ce soutien dépend­il des périodes –, les Pères arrivent à remplir, de manière parfois autoritaire, leurs écoles [20]. A contrario, les soins médicaux ne peuvent s’exercer qu’envers des volontaires. Mais « l’entrée de leurs noires et obscures maisons nous est encore, sauf quelques exceptions bien rares, formellement refusée », un véritable désastre pour les œuvres car, souligne le Père, « dans ces réduits infects nous trouverions souvent l’occasion de régénérer dans les eaux saintes du Baptême une foule de petites créatures qui ne tarderaient pas à être dans le ciel des adorateurs fidèles de Dieu et des intercesseurs puissants pour la conversion et le salut de leurs malheureux frères [21] », faisant ici allusion aux baptêmes in articulo mortis dont doivent le plus souvent se contenter les missionnaires en Algérie [22].

7En 1895, toujours selon le Père Chenivesse, la mission en est encore dans sa « période de préparation [23] ». Les missionnaires s’efforcent toujours de gagner la confiance des populations, aidés en cela par les Sœurs, qui ont rejoint leurs confrères en 1893 et s’occupent d’un ouvroir pour jeunes filles, tout en essayant, comme leurs homologues masculins, de soigner les autochtones. Les relations avec les autorités militaires françaises sont alors qualifiées d’excellentes [24]. Après avoir acheté quelques milliers de francs un terrain à la djemaa de Ghardaïa [25], le Père Vandewalle loue par exemple la « complaisance extraordinaire » du colonel Didier, qui invite la Congrégation « à marquer par des bornes [26] » la surface désirée pour l’installation d’une maison destinée aux Sœurs « aussi agréable que celle des Pères [27] ». Il parle ensuite de construire des dépendances à la mission et s’informe auprès de ses supérieurs du coût possible de deux salles capables de contenir chacune 25 à 30 lits afin d’organiser un hôpital indigène, nécessaire selon lui, à l’avenir de la mission [28].

« Ghardaïa quand la rivière y passe »

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« Ghardaïa quand la rivière y passe »

(Source : Chronique des Sœurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, mai 1922, p. 270.)

Le marché de Ghardaïa

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Le marché de Ghardaïa

(Photo Asma-pb.)

Organiser un hôpital indigène : l’hôpital Sainte-Marie-Madeleine

8En 1890, les Pères Blancs n’ont pas assez de rapports avec les indigènes, déplore le Père Barthélémy, surtout avec les Mozabites, « les Nègres et les Arabes [étant] moins rebelles à l’action civilisatrice de la France [29] ». Les visites effectuées par les missionnaires ont en effet peu d’impact sur la population. Une Sœur relate une sortie dans le quartier mozabite de Ghardaïa : « en frappant à une porte, nous avons été surprises d’entendre derrière la porte […] n’entre pas ! Et pourquoi ? […] Non, non, je ne le veux pas, continue ton chemin, tout le monde se porte bien chez moi. » Ses consœurs rencontrent à plusieurs reprises ce type de situation [30] (« on leur fermait les portes ou bien, faisant monter les femmes sur la terrasse de la maison, on les introduisait dans un logis vide [31] ») sans en paraître découragées : « nous voyons de plus en plus combien les excursions sont nécessaires pour nous faire connaître, soit pour dissiper les préjugés défavorables des mzabites [32] », note l’une d’elles en 1898.

9C’est pourquoi s’impose l’idée qu’un petit hôpital pourrait relever « un peu le prestige des missionnaires aux yeux des indigènes du Mzab [33] ». Les missions, qui jouent parfois un rôle supplétif des États coloniaux dans le domaine de la santé, en font un élément essentiel de leur œuvre apostolique, le traitement étant vu comme le moyen de rendre les esprits réceptifs au message de l’Évangile [34]. Les constitutions des missions d’Afrique prévoient donc dans chaque poste des visites aux malades du voisinage et un dispensaire de taille souvent modeste [35] qui, avec l’hôpital, est vu comme un « aimant [36] » destiné à attirer les populations rencontrées vers la religion des missionnaires. Mais le médecin militaire Joseph Huguet, qui s’occupe des soins à la garnison, estime que « c’est surtout dans le but de faire davantage aimer notre pays, de diffuser chez les indigènes les idées françaises, que les hôpitaux et les dispensaires indigènes ont été créés ». Au Mzab plus que partout ailleurs, selon lui, « la fondation d’un établissement de ce genre s’imposait [37] ». Encore son succès dépendra­t­il de la manière dont la mission du Sahara marchera et des dispositions des autorités locales [38]. Jules Cambon, à l’origine du projet, l’encourage évidemment : l’importance du « but humanitaire » à atteindre est soulignée, mais il s’agit également de montrer « que les bienfaits de l’administration française, s’étendent sur tous indistinctement, aussi bien sur les déshérités et les malades que sur les indigènes riches occupant des situations importantes [39] ».

10Le gouvernement général traite donc avec les missions d’Afrique, lesquelles s’occupent des hôpitaux moyennant une subvention et un tarif de journée [40]. Ces établissements sont installés dans des zones où l’armée joue encore, à la fin du xixe siècle, un rôle essentiel. C’est pourquoi, à Ghardaïa, convention est passée le 30 novembre 1895 entre le Procureur de la mission et le général commandant la division d’Alger, par laquelle le Père Livinhac s’engage à faire construite et entretenir un hôpital [41]. L’hôpital Sainte­Marie­Madeleine est situé au sud­ouest de la ville, dans le quartier de Tideft, à l’endroit de la maison des hommes.

11Le vicaire apostolique Anatole Toulotte renâcle d’abord devant le plan proposé en 1895 par le Génie : puisque le terrain est large, on peut bâtir de plain­pied « un seul corps de bâtiment au lieu des deux que porte le plan [42] ».

12Pour la supérieure générale, Sœur Marie­Salomé, l’inconvénient principal du projet est de prévoir six salles de malades :

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« Nous ne pourrons fournir six Sœurs infirmières pour ces salles ; les salles sont petites et une Sœur peut soigner plus de seize malades à la fois ; mais si elle est chargée seule de plusieurs salles, la surveillance si nécessaire dans les hôpitaux indigènes devient impossible [43] »

Mgr Anatole Toulotte (1852­1907)

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Mgr Anatole Toulotte (1852­1907)

14Elle demande également la séparation de la cour des hommes de celle des femmes. Un hôpital comportant deux salles de trente lits pour les indigènes et quelques salles pour les malades européens [44], érigé pour la somme de 37 033 francs, entre finalement en service fin 1897. L’hôpital indigène est conçu comme une pièce maîtresse de la politique missionnaire au Sahara, mais aussi de la politique indigène du gouvernement général. Quelques mois plus tard, il devient, à la demande de l’armée, un hôpital mixte par l’adjonction dans le même bâtiment de salles militaires.

Carte postale de l’hôpital Sainte Marie­Madeleine à Ghardaïa

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Carte postale de l’hôpital Sainte Marie­Madeleine à Ghardaïa

(Asma-pb.)

Transformer l’hôpital indigène en hôpital mixte

15L’hôpital militaire, installé depuis 1883 dans un pavillon situé dans le bordj, au sud de Ghardaïa, contient douze places mais ses besoins s’accroissent avec l’extension donnée à l’occupation de l’extrême sud. Il est jugé à la fois trop grand pour la garnison permanente et les quelques civils qu’il accueille et trop petit pour les époques de relèves. Entre 1894 et 1898, il est plusieurs fois question de l’agrandir en le surélevant ou de le transférer dans le bâtiment occupé par les affaires indigènes [45].

Plans de l’hôpital de Ghardaïa 1899

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Plans de l’hôpital de Ghardaïa 1899

(Asma-pb, 73221.)

16Pour des raisons d’économie, le médecin aide­major Charles Hotchkiss propose finalement en 1899 de faire transformer l’hôpital indigène en hôpital mixte, dans lequel les militaires seront également soignés. L’établissement existant, en effet, « situé sur un terrain rocheux très sain [est] pourvu de tous les locaux accessoires nécessaires au bon fonctionnement pour un nombre de malades très considérable ». Plusieurs salles sont cependant à construire – dont un amphithéâtre – sur la propriété des missions « à cinq mètres en contrebas du sol de la cour de l’hôpital indigène », permettant la séparation physique des deux établissements [46]. Le prix de revient de ces bâtiments serait de 20 000 francs. environ avec une œuvre militaire et de 30 000 francs avec une main­d’œuvre civile difficile à trouver, un « chiffre approximatif qu’il paraît utile de consigner puisque l’écart entre ce chiffre et la somme allouée par l’État aux missions pourra jouer un rôle dans l’établissement du prix de journée [47] ». Les Pères Blancs s’offrent « à construire, moyennant une somme de 15 000 francs au compte de l’État, les salles militaires reconnues nécessaires [48] ». Pour les officiers du Génie, il est clair que si les Pères offrent de construire pour cette somme des installations qui coûteront bien davantage, « c’est donc avec l’intention de contribuer eux-mêmes à payer une partie des dépenses [49] ».

17Les travaux sont donc « exécutés par les soins des Pères Blancs et sous le contrôle du service du Génie [50] », car l’hôpital militaire relève du Génie et du Service de Santé. Pour l’un des Pères, il s’agit d’ailleurs d’une « occasion magnifique de [se] débarrasser de bien des soucis [51] » concernant l’entretien du bâtiment, notamment les latrines, « notre croix toute l’année », écrit en 1901 la Mère supérieure, soulagée que l’armée s’empare du problème : « Désormais, on respirera plus à l’aise à l’hôpital, physiquement et moralement [52] ». Elle demande aussi « [de] faire peindre l’hôpital indigène au goudron, comme cela a été fait à Arris », ce qui répondrait mieux aux conditions de propreté exigées [53]. En juin 1900, l’hôpital civil et militaire de Ghardaïa est terminé [54]. Les missionnaires profitent donc de la présence du Génie, qui transforme aussi les conditions sanitaires générales en amenant par exemple l’eau potable par canalisation aux citernes du bordj et de l’hôpital [55].

18Mais l’armée a aussi ses exigences. Elle souhaite ainsi l’aménagement d’une salle d’opération « éclairée par le haut et par le côté » et d’une autre pour les pansements, ce que les Pères Blancs disent ne pouvoir se permettre : « l’hôpital a une salle d’opération qui lui sert depuis de longues années et nous n’y pourrons faire d’amélioration que quand le nombre de nos malades indigènes ou militaires nous aura permis de nous relever de notre déficit considérable [56] ». Les questions de gestion occupent largement les missionnaires, hommes et femmes. Elles font partie de ces dimensions concrètes de la mission qui constituent les ressorts de la narration missionnaire et contribuent à façonner un idéal­type missionnaire que les réalités contribuent à forger tout en les mettant à l’épreuve [57]. Ces contraintes quotidiennes de budget liées à la faiblesse de la clientèle pèsent en effet sur plusieurs aspects du fonctionnement de la mission et particulièrement sur l’hôpital Sainte­Marie­Madeleine.

Ghardaïa : au premier plan, l’hôpital

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Ghardaïa : au premier plan, l’hôpital

(Asma-pb, 73413 s.d.)

Les bâtiments de la mission à Ghardaïa

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Les bâtiments de la mission à Ghardaïa

(Document Asma-pb.)

Quelques pères de la communauté de Ghardaïa

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Quelques pères de la communauté de Ghardaïa

(Document Asma-pb.)

Soignants et soignés : le fonctionnement de l’hôpital

Les missionnaires d’Afrique dans le dispositif de soins hospitaliers

19À l’hôpital indigène, les soins eux-mêmes sont donnés par un médecin militaire désigné par le Général commandant de division moyennant une allocation de 1 200 francs versés par la Société des missionnaires d’Afrique [58], dont le rôle est maintes fois mis en avant dans le fonctionnement des hôpitaux indigènes. Grâce aux Pères Blancs, souligne le juriste Maurice Colin en 1898, « le gouvernement général a pu fonder ses hôpitaux dans des milieux pour ainsi dire préparés ». Quant aux Sœurs blanches, chargées du service intérieur des hôpitaux indigènes, « quelles admirables infirmières [59] ! ».

L’école des Pères Blancs à Ghardaïa

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L’école des Pères Blancs à Ghardaïa

(Document Asma-pb.)

20Le Cardinal Lavigerie cherche dès l’origine à former ses missionnaires pour répondre à la tâche qu’il leur a confiée. Le novice Louis Jamet signale les deux classes de médecine que leur donne chaque semaine en 1873, le docteur Paÿn, à Alger, « ou plutôt les notions nécessaires pour soigner les malades […] afin de pouvoir, par les soins du corps, arriver jusqu’à l’âme des pauvres infidèle [60] ». Tandis que les Pères se consacrent avant tout à l’enseignement, encore ont­ils souvent la charge d’un dispensaire aussi, les Sœurs blanches se spécialisent davantage dans les services de santé. Leur action est d’ailleurs jugée « tout aussi, sinon plus profonde » car elles peuvent – en général – pénétrer plus facilement dans les intérieurs indigènes [61]. Chaque dispensaire établi dans une mission est ainsi placé sous la responsabilité d’une Sœur ayant pris auparavant « quelque teinture des maladies les plus ordinaires dans le pays et de la manière de les soigner [62] ». Elles disposent parfois d’une attestation de secouriste [63] et aux Attafs, les premières Sœurs à servir viennent de « terminer leurs études d’infirmières [64] », encore sommaires dans les années 1870 mais qui se professionnalisent rapidement à partir de la décennie suivante. En 1910, les constitutions des missions d’Afrique précisent qu’on « fera donner des leçons de pharmacie ou de médecine aux Sœurs » destinées aux dispensaires et aux hôpitaux et « on fera prendre au plus grand nombre possible des brevets d’infirmières [65] ».

21Les Pères ne se disent pas pour autant médecins et une Sœur de Ghardaïa remarque qu’au dispensaire, qui fonctionne dès l’arrivée des missions, « Dieu daigne bénir nos efforts par des guérisons en dehors de toutes proportions avec nos connaissances médicales [66] », ce qui ne témoigne pas d’une confiance à toute épreuve en ces dernières. Pourtant, constate un missionnaire, les indigènes s’adresseraient plus facilement à eux qu’au médecin français, « bien qu’ils sachent fort bien que nous n’avons pas la science des médecins [67] ». Le médecin militaire Huguet note lui aussi que, « plus confiant dans le caractère maraboutique des missionnaires », le Mozabite « compte trouver chez eux une discrétion plus grande que chez le médecin et ne craint pas d’aller les ennuyer, sollicitant à la fois des remèdes et des soins [68] ». Cette répartition des rôles n’est pas toujours acceptée : dans son premier poste, le Père Jamet est dénoncé par le médecin aide­major de la garnison pour pratique illégale de la médecine [69].Témoin d’une intéressante mise en concurrence des pouvoirs médicaux français de la part des indigènes, le diaire de Laghouat de 1908 mentionne que les soins donnés par les Sœurs excursionnistes « sont sujets à la critique et plus qu’ailleurs elles doivent faire bien attention, sachant par expérience que très souvent, leurs pratiques vont faire contrôler leurs ordonnances par le docteur [70] ».

22L’hôpital de Ghardaïa fonctionne ainsi grâce au médecin militaire, à l’infirmier militaire mais également aux six Sœurs infirmières, personnel au sein duquel peuvent naître des tensions. La maîtrise des langues locales est l’un des piliers du projet missionnaire de Lavigerie. Sœur Virginie par exemple, « grâce à sa connaissance de la langue arabe », était devenue à Ghardaïa « la Sœur indispensable des indigènes [71] ». Quelques­unes doivent suffisamment maîtriser le berbère que parlent les Mozabites. Une Sœur blanche mentionne notamment la colère provoquée lorsque l’une d’elles s’expliquait aisément dans cette langue « car, elle, étrangère, pénétrait la race qui voulait demeurer fermée [72] ». Les Sœurs s’occupant du service intérieur des hôpitaux, la qualité de leurs relations avec le médecin militaire traitant est essentielle pour la bonne marche de l’établissement. En 1898, le docteur Huguet est décrit comme faisant régulièrement le service et se donnant beaucoup de peine, un excellent chirurgien, qui « opère des cures merveilleuses » : l’établissement compte « grâce à son zèle 20 ou 25 malades [73] ». L’un de ses successeurs en revanche, le docteur Louis Boucabeille, s’écarte sur plusieurs points « de notre manière de voir et il serait temps […] qu’une entente entre vous, les autorités françaises locales et le médecin, vînt pour tout concilier [74] », conseille le Père Chenivesse à la Mère supérieure en 1901. L’officier de santé empiéterait en effet sur les fonctions de la directrice de l’hôpital indigène. Or, la haute direction de l’hôpital de Ghardaïa étant confiée aux missions d’Afrique, le docteur n’en est que le médecin traitant et non le « médecin chef d’un hôpital appartenant à l’État, devant tout gérer et étendant son autorité jusque sur les Sœurs [75] ».

23Un différend entre le médecin et la directrice de l’hôpital, « soit à la suite de la non­exécution des prescriptions médicales ou opposition à une opération, soit parce que le médecin paraît outrepasser ses droits » est porté devant le Commandant supérieur [76], sans toujours beaucoup d’effet : « les misères à l’hôpital continuent de plus belle » se plaint l’une des Sœurs : « la pauvre Mère Saint­Jean ne vit plus que d’épreuves. Après celles qui sont fournies par le médecin, viennent celles de l’infirmier de visite qui malmène les Sœurs de la plus honteuse façon et résiste même à la Mère supérieure ». Les plaintes auprès de la hiérarchie n’y font rien car selon les religieux, l’infirmier serait soutenu par le docteur [77]. Chenivesse témoigne en 1902 dans les Missions d’Afrique d’Alger, d’un rapport excellent avec les autorités militaires et de la nécessité de cet accord pour des raisons politiques : « nous sommes, ici, en spectacle au monde musulman et le défaut d’entente entre enfants de la même patrie ne pourrait que nuire considérablement et à l’influence nationale et à notre œuvre d’évangélisation [78] ». Or, malgré le discours des publications destinées à l’édification du public, cette entente ne semble pas avoir toujours été réelle.

Une Sœur et des patients sur les marches de l’hôpital de Ghardaïa

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Une Sœur et des patients sur les marches de l’hôpital de Ghardaïa

(Document Asma-pb.)

Qui soigner ?

24À Ghardaïa, les Sœurs s’occupent en fait, dans le même bâtiment, de deux hôpitaux, l’un civil­indigène, l’autre militaire. Dès son ouverture, ce dernier se remplit des malades de la garnison – environ 150 hommes – et des nombreux malades des colonnes participant à la pénétration vers le sud, qui, selon les missions, seraient « heureux de recevoir les bons soins des Sœurs et de pouvoir, entre les bras de nos Missionnaires, se réconcilier avec Dieu et faire une mort chrétienne [79] ». Longtemps omniprésentes dans les hôpitaux civils français [80], les Sœurs se sont aussi vues confier une partie du service intérieur des hôpitaux militaires [81], quand bien même la professionnalisation de l’infirmier militaire réduit cette pratique dans les hôpitaux militaires, du moins en métropole. La formule de l’hôpital mixte semble cependant parfaitement convenir aux autorités militaires d’Algérie puisqu’en 1900, le général du Génie, à son passage à Touggourt et Ouargla, affirme au Père Chenivesse que « si les Pères Blancs voulaient dans ces deux localités construire un hôpital indigène analogue à celui de Ghardaïa, il userait de tout son pouvoir pour faire adjoindre des salles pour les militaires [82] ». L’armée peut aussi demander, comme à Biskra « que des salles de malades civils européens soient créées » dans les hôpitaux indigènes, où le service des Sœurs blanches serait plus simple qu’à l’hôpital militaire [83] qui, en l’absence d’autres établissements, accueille ces malades.

Ghardaïa : les soins aux bébés par les Sœurs

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Ghardaïa : les soins aux bébés par les Sœurs

(Document Asma-pb.)

25L’hôpital indigène de Ghardaïa est donc censé recevoir tous les civils, indigènes des deux sexes et Européens [84]. Ces derniers sont cependant très peu nombreux dans le Sud : en six mois, le médecin Huguet dit n’en avoir traité que trois [85]. La volonté de toucher le plus d’indigènes par l’hospitalisation rend les missionnaires réticents à l’accueil de certains patients. Le Père Guérin refuse ainsi que le médecin continue d’envoyer les filles publiques à l’hôpital car leur présence éloignerait les autres malades [86]. Il obtient d’autant plus facilement leur exclusion qu’un dispensaire leur est destiné depuis 1884 [87]. Mais c’est l’hospitalisation des femmes en général qui pose problème aux missionnaires : la salle des femmes est jugée beaucoup trop proche de celle des hommes, ce qui aurait favorisé la venue de « femmes de mauvaise vie » et éloigné les Mozabites. La suppression provisoire de l’hospitalisation des femmes que le Père Girault demande en 1902 est acceptée par le gouvernement général : ce serait l’occasion « de créer une ou deux salles d’isolement pour contagieux et une salle spéciale pour les M’zabites [88] ». En fait, un local demeure « pour recevoir en petit nombre et à titre exceptionnel, quelques femmes indigènes malades lorsqu’il s’en présente [89] ». Mais le commandement militaire exige, en 1904, en respect de la convention passée, l’établissement d’un service gynécologique pour les femmes indigènes et européennes [90], même si aucune ne vient accoucher à l’hôpital. Contre la volonté du Père Girault, une petite chambre est finalement réservée pour les parturientes européennes et le Gouverneur général accorde une subvention à la commune pour l’achat des quelques instruments de chirurgie nécessaires [91].

26Plusieurs populations se croisent donc à l’hôpital. L’établissement reçoit par exemple une « famille de Nègres, maltraités par ses maîtres [92] ». De nombreux Juifs, selon la Sœur, « s’abattent dans la cour comme une nuée de sauterelles, ayant sans doute compris qu’ils avaient droit aux consultations de l’hôpital et aux médicaments ; ils veulent tous voir le docteur et même passer avant les malades de l’hôpital [93] », indication de la présence d’un dispensaire à l’hôpital. En 1901, les missionnaires parlent du très grand développement pris par l’établissement, notamment par l’affluence plus considérable des indigènes qui « s’y sont trouvés jusqu’à soixante à la fois » mais « presque tous Arabes ou Nègres [94] ». La défiance des Mozabites s’expliquerait, selon les missionnaires, par le fait que le désintéressement leur serait si totalement étranger qu’ils n’auraient « pas encore bien compris celui qui s’offre à eux. Le temps et la patience feront tomber ces préjugés [95] ». Selon Dahbia Abrous, la gratuité, perçue par les Mozabites comme une humiliation [96] serait une des causes essentielles de ce refus.

27Les Sœurs sont censées s’occuper des hommes comme des femmes, mais ces dernières occupent davantage les pages des diaires rédigés par les Sœurs missionnaires, peut-être parce que chaque hospitalisation féminine est une victoire. Le docteur Huguet note déjà qu’au bureau arabe ou lors des visites à domicile, les femmes – et particulièrement les Mozabites – restent presque totalement invisibles [97]. C’est pourquoi l’entrée de la première malade à l’hôpital est dûment consignée [98]. Mais trois jours plus tard, la Sœur écrit :

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« Notre Mzabite s’est échappée ce matin vers 8h. Sœurs Clotilde et Virginie se sont rendues chez les parents accompagnées du frère de notre fugitive qui lui aussi était à l’hôpital ; la maison était pleine de curieux : hommes, femmes et enfants entouraient la coupable non pour la corriger mais bien pour la questionner sur tout ce qui se passe chez les maraboutes [99]. »

29La curiosité passée, la méfiance demeure, même après plusieurs années : une femme peut présenter son bébé souffrant aux Sœurs « mais avant de recevoir nos remèdes, elle veut aller consulter un voisin très entendu pour le soin des malades ; elle promet de revenir mais nous l’attendons en vain [100] ». Le refus catégorique de contact avec l’hôpital des chrétiens semble pourtant s’atténuer : un Mozabite amène par exemple sa femme malade en disant aux Sœurs : « Je vous la donne, soignez­la bien. Si elle meurt, eh bien, elle mourra chez vous. Si elle guérit, gardez­la jusqu’à ce qu’elle soit très bien portante [101]. » Une autre fois, Zrouga, décrite comme « une habituée de l’hôpital », sans que l’on sache si elle travaille à Sainte­Marie­Madeleine ou si elle fréquente seulement l’établissement, « se charge des soins du petit Bayou [102] », un bébé mozabite hospitalisé par son père, qui aurait toute confiance dans les Sœurs. Les diaires précisent les appartenances religieuses et les catégories ethniques des malades et éventuellement les rapports existant entre eux. En juin 1906, une Sœur décrit les sept malades qui composent la salle des femmes :

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« Toutes les races du Mzab s’y sont donné rendez­vous. Voilà deux Juives avec un bébé de quatre ans, plus loin deux Mozabites qui n’aiment guère s’approcher des premières, craignant de se souiller. À l’écart, deux vieilles femmes arabes qui ne se quittent guère ; enfin, voilà une petite mulâtresse d’une dizaine d’années qui rend service aux autres [103]. »

31Les Sœurs disent aussi recevoir l’aide de plusieurs indigènes – sans précision –, non seulement en cuisine, mais également dans les salles de malades.

Les soins aux indigènes hospitalisés

32Les maladies observées par le médecin au bureau arabe et lors des visites à domicile sont nombreuses [104]. Les diaires signalent quelques-unes des affections traitées à l’hôpital indigène, l’opération « d’une tumeur au­dessus de la cuisse [105] » ou celle d’une « énorme tumeur cancéreuse qui avait poussé sur [l’]œil gauche [106] ». Pour un « Nègre en syncope », on fait « la respiration artificielle et une piqûre d’éther [107] ». Une fois, « un homme vient de Gouraia pour sa sœur qui a un énorme abcès au cou [108] ». Comme dans les autres hôpitaux indigènes, la petite chirurgie semble dominer. La vaccination est également pratiquée annuellement par le médecin militaire qui note, passant sous silence les refus opposés à cette pratique dans le Tell [109] : « Contrairement à ce qui se passe dans nos centres civilisés, les Mzabites font tout leur possible pour s’y soustraire [110]. »

33En 1908 cependant, alors qu’une épidémie de typhoïde remplit l’hôpital : « la baignoire est vite installée, mais notre nouveau docteur en use sobrement. Il veut essayer un nouveau remède, la créogynine, qui suppléera aux bains et fait, paraît­il, des miracles [111] », note une Sœur, se faisant l’écho de certains changements thérapeutiques en cours. Le diaire de Laghouat précise cependant en quoi consiste l’essentiel des médicaments – sommaires – utilisés dans les missions : le docteur envoie aux Sœurs « une soixantaine de kilos d’acide borique, des pots de pommades pour les yeux, des porte­crayons au nitrate et au sulfate de cuivre, des pilules de mercure, du coton hydrophile [112] ». Quant à Huguet, il mentionne que le traitement le plus apprécié par les indigènes pour les maladies des yeux est le collyre de nitrate d’argent au 1/100e[113].

34Alors qu’en Kabylie, les médicaments permettaient d’établir un premier contact avec les indigènes, ils seraient refusés dans le Mzab, parce que considérés comme impurs [114]. Ce refus n’a pas dû être si catégorique, si l’on en croit la place qu’ils occupent dans les écrits missionnaires. On reproche notamment au Dr Boucabeille de délivrer des médicaments aux indigènes, qui les emportent chez eux. Cette manière d’agir, selon Chenivesse, « tue absolument l’œuvre de notre hôpital [115] » qui cherche à avoir une influence sur les indigènes par le caractère prolongé du séjour. Le Père Giraut demande donc à la Mère supérieure de cesser ces distributions puisque le gouvernement les a chargés de faire un hôpital, pas une pharmacie [116]. Les médicaments sont aussi source d’inquiétudes pour les gestionnaires que sont également les missionnaires : au dispensaire ou sur présentation d’ordonnances signées du médecin,

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« l’hôpital délivre aux indigènes beaucoup de remèdes pour lesquels il ne lui revient aucune rémunération ». Il ne s’agit pas de regretter les services rendus, mais de veiller à une très grande économie en « essayant le plus possible d’employer les remèdes qui se trouvent à l’hôpital plutôt que de faire venir trop facilement des remèdes nouveaux, au risque de laisser les autres remèdes sans emploi et d’être obligé de les jeter au bout d’un certain temps [117] ».

36Les Sœurs sont progressivement appelées à seconder les médecins dans leur tâche, notamment la vaccination. L’indiscipline des patients est parfois soulignée : le « Nègre Rebah », opéré à la cuisse et sorti de l’hôpital avant son entière guérison, « nous a été apporté à l’agonie, la plaie s’est gangrenée [118] ». De manière générale, « la constance manque chez nos chères malades, ce qui rend les guérisons radicales très rares [119] », souligne une Sœur en 1898. Mais pour une de ses consœurs de Biskra :

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« Si ces pauvres gens ne trouvent pas toujours la guérison complète par un séjour plus ou moins prolongé à l’hôpital, ils emportent au moins une bonne impression des soins dont ils ont été l’objet avec l’avantage bien appréciable aussi d’une certaine habitude de propreté qui leur était inconnue auparavant [120]. »

38Le séjour à l’hôpital doit surtout être le moyen de rendre les populations plus réceptives à la parole apostolique. La propagande religieuse est proscrite dans les hôpitaux indigènes [121], mais cela n’élimine pas pour autant toute tentative. Ainsi, en 1908, à Biskra, « Sœur Isidore tente d’instruire le pauvre brûlé qui s’obstine à ne vouloir que Dieu et Mahomet. Nos espérances sont déçues [122] ». Au contraire, au dispensaire de Ghardaïa, en 1916, « Fathma, convertie en Blanche, se meurt. Les parents voudraient l’emmener mais elle refuse. Les visites se succèdent dans le même but […] nous restons près de la malade ; en notre présence, on se tient sur la réserve [123] ». Ce type de notations est rare dans les diaires des missions du Sud – contrairement à ceux de Kabylie – et le total d’enfants régénérés » infime. En 1912, le rédacteur des Missions d’Afrique d’Alger se réjouit de ce qu’« après de longues années de préparation, il semble que le grain évangélique semé par les missionnaires qui se sont succédé au Sahara lève et fait espérer enfin les premiers épis si longtemps désirés [124] ». Or, le Mzab a été particulièrement imperméable à l’évangélisation. L’ibadisme, sur lequel s’est constituée la société mozabite, aurait été le bouclier le plus efficace contre les « incursions », d’ailleurs plus que prudentes, du christianisme [125].

39Soins de l’âme et soins du corps vont de pair mais ces derniers sont aussi vus comme un moyen d’attirer à l’hôpital une clientèle qui lui fait cruellement défaut : les Sœurs espèrent « tirer un petit succès médical » des névralgies dont souffre une femme mozabite, « à la plus grande gloire de Dieu. Si cela pouvait aussi attirer quelques autres Mozabites [126] ! » En effet, alors même que les missionnaires semblent de mieux en mieux acceptés dans la société mozabite, les progrès de l’hospitalisation sont des plus limités, ce qui conduit à une réorganisation des soins proposés par les Français.

Sur une terrasse de Ghardaïa, un Père Blanc, un livre, des enfants…

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Sur une terrasse de Ghardaïa, un Père Blanc, un livre, des enfants…

(Document Asma-pb.)

Les recompositions de l’assistance sanitaire à Ghardaïa

L’extension de l’œuvre missionnaire à Ghardaïa au début du xxe siècle

40L’œuvre missionnaire se développe à Ghardaïa dans plusieurs directions. Les Pères comme les Sœurs s’occupent chacun d’un dispensaire – en plus de l’hôpital – et tentent de réduire la concurrence éventuelle avec d’autres lieux de soin : « Ne peut­on faire supprimer [l]e dispensaire ? » [du Bureau arabe], demande le Père Chenivesse en 1901, même si la fréquentation de cet établissement paraît des plus limitées [127]. À cette époque, le dispensaire des Pères accueillerait de nombreux malades venant « chercher un adoucissement à leurs maux, [et parmi lesquels] il a été possible de régénérer une vingtaine de petits moribonds [128] ». Après que les Juifs ont, semble­t­il, longtemps constitué le gros de leur clientèle, en 1902, les « défiants mzabites sont de beaucoup les plus nombreux parmi les malades soignés [129] ». La même année, le dispensaire des Pères est transféré « dans la rue la plus animée de la ville et ce changement a aussitôt triplé notre clientèle [130] ». Les Sœurs aménagent elles aussi avec succès leur dispensaire et leur ouvroir de filles arabes en plein quartier indigène, sans doute dans le quartier mixte (arabe­mozabite) de La Hoffra, au nord­ouest de la ville. Elles comptent également ouvrir un orphelinat de petites filles, une crèche pour les enfants abandonnés et un ouvroir pour les filles mozabites [131], autant de moyens d’entrer quotidiennement en relation avec un grand nombre de personnes et peu à peu de les « apprivoiser [132] ». Les missionnaires s’implantent plus nettement dans la ville même, ainsi que dans l’oasis à l’ouest de la cité, où les Mozabites passent l’été et où la Société des missions acquiert un pied à terre [133].

41Les Sœurs signalent de nombreux malades dans le quartier israélite, « aussi faisons­nous des tournées fréquentes chez ces pauvres gens [134] » mais ces visites à domicile restent longtemps des échecs : en 1901, encore, après 18 ans de présence, lors d’excursions qui les amènent à visiter tous les quinze jours une des cinq villes du Mzab, les Pères trouvent la plupart du temps porte close [135]. Un an plus tard, l’écho de ces visites sonne différemment : ainsi, à Berrian, à 40 km de Ghardaïa – et peut-être du fait de cet éloignement de la pentapole plus que d’un changement généralisé d’attitude –, le caïd fait annoncer les Pères dans les rues par un de ses chaouches, « ce qui nous permit de soigner 528 malades en un jour. Bien d’autres se présentaient encore, mais notre provision de médicaments était complètement épuisée [136] ». À Ghardaïa, alors qu’en 1903 les religieuses pouvaient « compter les maisons où elles étaient reçues, tant celles-ci étaient rares », quelques mois plus tard, il n’y aurait plus de portes « fermées devant elles » et elles recevraient partout « un accueil bienveillant [137] ». Seule la ville de Beni Isguen demeure fermée, y compris aux Sœurs de l’hôpital, « considérées partout comme des anges auxquels on ouvre toutes les portes. » Or, dans toute une journée consacrée à offrir leurs services aux malades, elles n’ont pu en soigner qu’un seul [138] ». Les Sœurs seraient ainsi cordialement accueillies, les malades réclamant leurs soins. Même la terrible Mama Slimane, à la tête des timsiridines – les laveuses de mort qui encadrent les femmes –, « cette Maraboute redoutée qui autrefois excommuniait sans pitié les femmes ayant fréquenté les Sœurs, disait dernièrement à ses ferventes : “les Sœurs sont des femmes de bon sens et craignant Dieu” [139] », signale Sœur Marie­Achille dans l’entre­deux­guerres.

42L’œuvre ne profiterait pas qu’à la religion : à partir de 1904, le médecin militaire commencerait à être appelé dans plusieurs familles mozabites grâce à « la salutaire influence des religieuses qui l’a introduit dans ces milieux jusqu’alors obstinément fermés [140] », ce que le docteur Huguet nuance : quelques années plus tôt, les Mozabites auraient déjà surmonté leur répugnance ancienne pour venir se confier au médecin européen lors du service médical du bureau arabe ; lui-même serait progressivement arrivé à entrer dans les maisons [141]. De même, Charles Amat, son prédécesseur et premier médecin militaire de l’hôpital en 1883, dit savoir, « par expérience, que, le cas échéant, le Mzabite ne refuse pas les soins [142] ».

La spécificité de l’hôpital indigène

43L’hôpital cependant peine à se développer. À Ghardaïa, on n’aurait pas à se préoccuper comme en d’autres endroits de voir l’hôpital « encombré par des malades moins graves au détriment des malades sérieux [143] ». Le Père Chenivesse s’interroge en 1901 sur la rareté des malades indigènes, « 24 à l’heure présente. Nous ne savons pas ce qui les empêche de venir. On va essayer d’améliorer la pitance […] [144] ». D’après lui, « si tous les soirs, le Saharien malade était sûr de trouver à l’hôpital indigène un bon couscous et un morceau de viande, il m’est d’avis qu’il se précipiterait à l’hôpital : mais les haricots, les lentilles et tous nos légumes secs, il les dédaigne profondément [145] ». Il est aussi question de supprimer l’uniforme de cotonnade rouge « qui ne correspond à rien de connu chez eux et qu’ils ont une très grande répugnance à revêtir [146] ». Tout est fait pour faire tomber les obstacles à l’hospitalisation.

44Les autopsies n’ont quasiment pas cours dans les hôpitaux confiés à la Société des missions d’Afrique et à Ghardaïa, la Mère empêcherait le médecin d’en pratiquer [147]. Pour les Pères, il en va de l’avenir de l’hôpital. Ils ont eu, en effet, « à bien des reprises l’occasion de savoir pertinemment que des indigènes, même très malades, n’ont pas pu se décider à entrer à l’hôpital parce qu’ils avaient peur d’y mourir et surtout d’y être autopsiés ». Comme il ne manque pas au Mzab de gens hostiles à la pénétration française « qui exploitent grandement cette crainte exagérée […] pour écarter de l’hôpital les pauvres malades qui y pourraient trouver guérison, du moins soulagement [148] », il est nécessaire de respecter ce préjugé « si l’on veut voir peu à peu l’œuvre de l’hôpital réussir, malgré les obstacles qu’elle rencontre [149] », dont certains sont d’ordre financier.

45En 1904 par exemple, pour refaire les finances de la commune, le commandant de Ghardaïa cherche à faire rembourser aux indigènes qui le peuvent, via les caïds, les parts attribuées aux communes respectives dans le paiement des prix de journée. Pour les médecins comme pour les Pères, « le rappel de factures oubliées et même ignorées a dû faire beaucoup de mal à l’œuvre [150] ». Ces mesures financières sont rapidement abolies. Les mesures administratives, en revanche, se renforcent. Les malades étaient jusqu’alors admis par la directrice sans autre formalité. L’entrée à l’hôpital se fait désormais sur présentation d’un billet délivré par le bureau des affaires indigènes. Or, selon le Père Girault, « si dans plusieurs villes du Tell la population s’est familiarisée avec la pensée d’entrer à l’hôpital » et demande assez facilement aux autorités administratives ce billet d’admission, « on n’en est pas arrivé encore au même point au Mzab [151] ». Cette nouvelle obligation, dénoncée dans tous les hôpitaux indigènes, « diminuera certainement encore d’une manière très notable le nombre déjà si restreint des malades hospitalisés à Ghardaïa [152] ». Le Père demande donc au commandant d’user de son influence auprès du gouverneur général pour faire comprendre qu’au Mzab, il est nécessaire, « si l’on veut que l’hôpital continue à vivre, de conserver les dispositions précédemment en vigueur pour l’admission des malades [153] ». C’est avant tout l’accès à l’hôpital qu’il faut faciliter, car les « indigènes, au Mzab plus encore qu’ailleurs, ont une souveraine défiance de tout ce qui est formalité administrative [154] ». Le Commandant supérieur estime cependant qu’il lui appartient, en sa qualité d’administrateur de la commune, de prononcer l’admission des malades sur l’avis du médecin [155]. Les modalités du contrôle de la population peuvent ainsi opposer l’armée aux missionnaires.

Le P. Charles Guérin (1872­1910) et une population nomade

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Le P. Charles Guérin (1872­1910) et une population nomade

(Document Asma-pb.)

Une population trop rare : de l’hôpital à l’infirmerie indigène

46Certains jours, les Sœurs signalent des acceptations qui sont autant de victoires : une certaine Bia par exemple accepte une amputation du pied. La famille remercie, « le père surtout appelle sur nos têtes les bénédictions du ciel. Quel changement ! La première fois que nos Sœurs ont pénétré chez lui, il les a mises à la porte, refusant obstinément de laisser soigner sa fille et disant que c’était manque de confiance en Dieu [156] ». Les constats pourtant se répètent. Il y a peu de malades à l’hôpital indigène : « actuellement, deux incurables, un petit cul­de­jatte, un vieil aveugle, tous Nègres. Pourquoi y a­t­il si peu de malades du pays [157] ? » En novembre 1906, on inscrit dans le diaire « six entrées aujourd’hui ; extraordinaire pour l’hôpital de Ghardaïa [158] ». En juillet 1907, l’hôpital compte 27 malades indigènes : « on ne compte sur les registres qu’une douzaine de Mozabites par année ». La plupart des patients sont toujours « des Arabes nomades et des Nègres [159] ». L’hospitalisation des indigènes reste donc difficile. Il peut y avoir pendant quelques semaines un assez grand nombre de malades à la suite d’un passage de nomades, mais « nous nous retrouvons encore avec des salles toutes vides. Trois ou quatre malades depuis 15 jours [160] ». Au total, le nombre d’hospitalisés indigènes est évalué à Ghardaïa à 176 en 1905 et à 250 en 1906 [161] et « rien ne fait prévoir que les préventions soigneusement entretenues par la classe fanatique des tolbas du M’zab soient près de se dissiper [162] », lit­on dans le rapport du Gouvernement général. Huguet, qui assure le service à l’hôpital indigène les six premiers mois, reçoit 57 hommes, 23 femmes, 51 enfants. La curiosité, écrit­il, les a d’abord attirés puis leur nombre se réduit, « aussi les missionnaires ont­ils récemment créé dans les quartiers indigènes deux petits dispensaires où les femmes surtout vont plus facilement se faire donner des soins [163] », des structures modestes qui s’ajoutent à celles existantes. Ce constat souligne l’articulation entre l’hôpital, où le « regard médical » qui scrute le corps du patient désengagerait celui-ci du contexte social et le dispensaire, où le patient serait subjectivé par le « regard communautaire », transformant l’espace physique entre les corps en espace social traversé par le pouvoir [164].

47Le manque de patients pèse sur l’équilibre financier de l’hôpital. En 1901, le déficit de l’hôpital indigène dépassant 18 000 francs, le Père Guérin demande une élévation des prix de la journée, déjà très supérieur à ceux pratiqués ailleurs [165]. En 1907, on est obligé de faire appel de nouveau à la caisse des hôpitaux, en faveur de l’hôpital de Ghardaïa dont le déficit se creuse [166]. L’hospitalisation des femmes, rétablie en 1905, cesse rapidement : en 1908, la salle des femmes sert d’ouvroir [167] tandis que la porte de la cour des femmes, « donnant dans le quartier indigène restera ouverte. C’est par là qu’elles viendront se faire soigner au dispensaire [168] », installé dans le large corridor situé entre la pharmacie et la dépense. Les Pères Blancs envisagent aussi précocement la transformation de l’hôpital indigène en infirmerie indigène, établissement existant dans les Territoires du sud depuis 1903 [169]. Ils déplorent cependant le fait que le gouvernement général ne songe « qu’à les confier à un élément tout laïque », note le Père Guérin, qui espère que les missions pourront être chargées de ces infirmeries « à Ouargla, à El Golea, dans les Oasis [170] », montrant là encore une collaboration entre les pouvoirs qui semble n’être plus aussi étroite qu’auparavant. La question se repose en 1908 : « il y aurait peut-être pour la Commune et pour le gouvernement une manière de faire […] bien suffisante pour le pays et plus économique, ce serait une infirmerie indigène, pour laquelle nous pourrions peut-être faire la cession d’une partie des locaux que nous possédons [171] ». Céder une partie de bâtiments à la commune indigène permettrait de laisser les malades militaires dans les locaux qu’ils occupent actuellement [172]. La commune indigène, défavorable à cette cession, soumet la question au gouverneur général et « comme il est probable que la Société des missionnaires d’Afrique ne renouvellera pas la convention qu’elle a conclue avec le service de santé pour le traitement des malades, convention qui expire le 19 mai 1910, M. le lieutenant­colonel commandant du territoire a jugé urgent d’étudier une solution permettant l’hospitalisation des malades militaires [173] ».

48En 1910, une infirmerie indigène s’organise à Ghardaïa. Si les Mozabites « éprouvent une prévention tenace contre l’hospitalisation, il n’en est pas de même pour la partie arabe de la population, ni des Juifs indigènes qui habitent le Mzab [174] ». Reste à trouver du personnel, à savoir un infirmier et une infirmière. Peu de qualités sont exigées mais « le logement de l’infirmerie est mal placé. À la femme soignant les malades, il faudra passer dans une cour sous les yeux des hommes et pas une femme honnête ne le voudra faire et aucun mari sérieux n’acceptera cela de sa moitié [175] ». Ce problème retarde quelque peu la fermeture définitive de l’hôpital indigène suivie de celle de l’hôpital militaire à cause du départ de la garnison, également en 1910. L’œuvre apostolique des Sœurs se réduit désormais à l’ouvroir, au dispensaire et à la visite des malades à domicile [176], auxquels s’ajoutent l’école et le dispensaire des Pères.

Conclusion

49Le Mzab opposerait à la présence française un rejet catégorique sur plusieurs fronts : celui de la religion, de l’école, de la conscription – à partir de 1913 –, et des médicaments. L’action des missionnaires, plus que prudente, effleure à peine un édifice social « encore parfaitement charpenté et étanche [177] », ce qui différencierait l’attitude des Mozabites de celle d’autres populations d’Algérie. Le difficile apostolat en Afrique du Nord passe par un investissement dans les soins du corps qui se déroulent au domicile des indigènes, dans les dispensaires et dans les hôpitaux indigènes. Il est effectué par des missionnaires dont le nombre est très faible par rapport à l’ambition affichée. En 1907, quatorze missionnaires et treize religieuses sont présents dans l’ensemble du Sahara, s’occupant de six écoles, six dispensaires et deux hôpitaux [178]. Ces hôpitaux ont à traiter toutes les populations du Sahara, civiles et militaires, indigènes ou non. Lieu de coopération entre les autorités, l’hôpital mixte peut aussi se révéler, comme à Ghardaïa, le lieu d’une concurrence entre pouvoir militaire et pouvoir religieux, quant à l’organisation des soins à donner mais aussi – surtout – quant au traitement administratif des populations concernées.

50Les missionnaires sont évidemment des agents de la colonisation, mais la connaissance qu’ils peuvent avoir de leurs patients diffère de celles des médecins, notamment en ce qui concerne les femmes, que les Sœurs peuvent approcher. Au même titre que d’autres catégories, elles sont des « techniciennes de la colonisation [179] » qui, ouvrant les espaces privés et féminins au regard occidental, facilitent l’incursion toujours plus profonde du « regard impérial » au sein du corps social indigène. L’hôpital Sainte­Marie Madeleine doit fermer à cause du faible nombre de patients. Le dispensaire pourtant semble de plus en plus fréquenté et continue de fonctionner au début des années 1920, accueillant une centaine de malades par jour, « bienfait inestimable en ce pays où les mœurs sont réfractaires aux soins du toubib [180] », souligne une voyageuse. Mais c’est surtout par l’ouvroir et l’école que les Sœurs et les Pères marquent leur présence dans la ville et ce jusqu’à la fin de la période coloniale [181].

Notes

  • [1]
    Je remercie Augustin Jomier (Université du Maine­Cerhio) pour sa lecture, ses conseils et les précisions qu’il a apportées à ce texte, ainsi qu’Hélène Blais (Université de Paris­Ouest Nanterre La Défense­Idhe) et Alain Messaoudi (Ehess-Chsim).
  • [2]
    Jules Cambon, « Les pouvoirs du gouverneur général, discours au Sénat, 30 mai 1893 », Le gouvernement général de l’Algérie (1891-1897), Paris, E. Champion, 1918, 448 p., p. 39.
  • [3]
    Jean­Claude Ceillier, Histoire des missionnaires d’Afrique, Pères Blancs : de la fondation par Mgr Lavigerie à la mort du fondateur (1868-1892), Paris, Karthala, 2008, 303 p. Sur la fondation des Sœurs missionnaires de Notre­Dame d’Afrique, voir François Renault, Le Cardinal Lavigerie (1825-1892). L’Eglise, l’Afrique et la France, Paris, Fayard, 1992, 698 p., p. 500­521.
  • [4]
    Maurice Colin, « L’œuvre des hôpitaux indigènes en Algérie », Revue politique et parlementaire, n° 43, janvier 1898, p. 1­19, p. 12.
  • [5]
    Antony Philippe, Missions des Pères Blancs. Tunisie, Algérie, Kabylie, Sahara, Paris, Dillen et Cie, 1931, 147 p., p. 61. Cambon a d’ailleurs des liens privilégiés avec Lavigerie qu’il a connu enfant lorsque l’ecclésiastique fréquentait le salon de sa mère : Laurent Villate, La République des diplomates : Paul et Jules Cambon, 1843-1935, Paris, Science infuse, 2001, 415 p., p. 7.
  • [6]
    Jules Cambon, Gouvernement général de l’Algérie. Discours à l’ouverture de la session du conseil supérieur de 1897, Alger, P. Fontana, 1897, 22 p., p. 15. Ouvert en 1899, cet établissement ferme en 1902, « en raison de son isolement et du départ définitif du poste militaire », Archives de la Société des missionnaires d’Afrique­Pères Blancs (Rome) (ci-après Asma-pb), Fond Livinhac (ci­après fl), 24295. Lettre du gouverneur général au procureur général des missions d’Afrique, 2 mai 1902.
  • [7]
    Pour un aperçu global de cette question, voir Jacques fremeaux, Le Sahara et la France, Saint­Cloud, soteca, 2010, 315 p.
  • [8]
    En 1901, Rome détache du Vicariat du Sahara et du Soudan la partie située au nord du 20e degré pour en former la préfecture apostolique de Ghardaïa, Missions d’Afrique d’Alger (ci-après Maa), n° 145, 1901, p. 153.
  • [9]
    Maa, n° 145, 1901, p. 49.
  • [10]
    Charles Amat, Le M’Zab et les M’Zabites, Paris, Challamel, 1888, 306 p., p. ii.
  • [11]
    François Brebion (abbé), Le R. P. Alexis Pouplard, des Pères Blancs (1854-1881), Maison Carrée, Missions d’Afrique, 1904, 150 p., p. 63­64.
  • [12]
    Antony Philippe, op. cit., p. 106. Une communauté de religieuses s’installe également la même année mais la rudesse du climat les contraint à repartir quelques mois plus tard ; voir François Renault, op. cit., p. 187.
  • [13]
    Augustin Nicq, Le père Siméon Lourdel, de la Société des Pères Blancs et les premières années de la Mission de l’Ouganda, 2e édition, Maison­Carrée, 1906, 627 p., p. 70.
  • [14]
    Jean­Claude Ceillier, Mgr Anatole-Joseph Toulotte : membre de l’équipe de fondation de Sainte-Anne de Jérusalem, successeur du cardinal Lavigerie comme vicaire apostolique du Sahara-Soudan, Rome, Société des Missionnaires d’Afrique, 2006, 68 p.
  • [15]
    Eugène marin, Algérie, Sahara, Soudan. Vie, travaux, voyages de Mgr Hacquard des Pères Blancs (1860-1901), d’après sa correspondance, Paris­Nancy, Berger­Levrault, 1905, 646 p., p. 114­115. Voir aussi François renault, op. cit., p. 627­628. Dès 1879, Lavigerie avait cherché à recruter des auxiliaires laïcs et à leur faire acquérir la formation nécessaire pour assurer la protection armée des missionnaires. De 1880 à 1885, une quinzaine de ces laïcs, dont quelques anciens zouaves pontificaux, partent avec les missionnaires.
  • [16]
    Service historique de la défense (ci­après Shd), 1H 1026 : Louis Tirman, Instructions du gouverneur général de l’Algérie pour l’organisation du cercle de Ghardaia, 1er novembre 1882.
  • [17]
    Diaire de Ghardaïa, novembre 1883­mars 1884, 4 janvier 1884 et C6 577­619, correspondance du Père Malfreyt au R. P., 23 janvier 1884, cité par Dahbia Abrous, La Société des missionnaires d’Afrique à l’épreuve du mythe berbère (Kabylie, Aurès, Mzab), Paris­Louvain, Peeters, 2007, 151 p., p. 147 et 141.
  • [18]
    Dahbia Abrous, Ibid., p. 93.
  • [19]
    Lettre du R. P. Chenivesse au TRP vicaire général, Ghardaïa, 4 janvier 1890, Maa, n° 80, mars 1890, p. 717.
  • [20]
    Sur les difficultés de fonctionnement des écoles, voir Dahbia abrous, op. cit., p. 95.
  • [21]
    Lettre du R. P. Chenivesse au vicaire général, Ghardaïa, 4 janvier 1890, Maa, n° 80, mars 1890, p. 717.
  • [22]
    Karima Direche, « Convertir les Kabyles : quelles réalités », in Dominique Borne et Benoît Falaize (dir.), Religions et colonisations (Afrique, Asie, Océanie, Amérique) xvie-xxe siècles, Paris, éditions de l’Atelier, 2009, 337 p., p. 153­165, p. 159.
  • [23]
    Maa, n° 109, 1895, p. 4.
  • [24]
    Lettre du R. P. Chenivesse au vicaire général, Ghardaïa, 4 janvier 1890, Maa, 1890, p. 717.
  • [25]
    Asma-pb, fl, 73236, 18 février 1894 ; Asma-pb, fl, 73195, Convention 30 octobre 1894 ; Asma-pb, fl, 73247, Anatole Joseph, 28 février 1895.
  • [26]
    Asma-pb, fl, 73233, Vandewalle, 26 novembre 1893.
  • [27]
    Asma-pb, fl, 73238, 26 février 1894.
  • [28]
    Asma-pb, fl, 73243, Vandewalle au R. P. Chenivesse, 7 octobre 1894.
  • [29]
    Asma-pb, fl, 73257, Barthélémy, 30 novembre 1895.
  • [30]
    Archives des Sœurs de la Société des Missions de Notre­Dame d’Afrique (ci­après Asma-sb), Ghardaïa, Diaire, 6 décembre 1895, p. 528.
  • [31]
    Sœur Marie­Achille, « Le rapprochement des Musulmans pour les soins des malades dans l’Afrique du Nord », Autour du problème de l’Adaptation. Compte-rendu de la 4e semaine de missiologie du Louvain, Louvain, Edition du Museum Lessianum, 1926, 263 p., p. 196­201, p. 196.
  • [32]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 21 janvier 1898, p. 58.
  • [33]
    Asma-pb, fl, 73257, Barthélémy, 30 novembre 1895.
  • [34]
    Jean Pirotte, « Mission et santé du xixe siècle à nos jours. Enjeux et stratégie », in Jean Pirotte et Henri Derroitte (dir.), Église et santé dans le Tiers Monde, hier et aujourd’hui, Leiden Brill, 1991, 176 p., p. 1­13, p. 5.
  • [35]
    François Renault, « Principes missionnaires et action sanitaire des Pères Blancs et Sœurs blanches du Cardinal Lavigerie (1868­1960) », in Jean Pirotte et Henri Derroitte (dir.), op. cit., p. 27­48, p. 29.
  • [36]
    David Hardiman (ed.), Healing Bodies, Saving Souls. Medical Missions in Asia and Africa, Amsterdam­New York, Rodopi, 2006, 348 p., p. 25.
  • [37]
    Joseph Huguet, « Conditions générales de vie au Mzab », Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris, 5e série, t. 4, 1903, p. 219­261, p. 254.
  • [38]
    Asma-pb, fl, 73257, Barthélémy, 30 novembre 1895.
  • [39]
    Asma-pb, fl, 73201, Cambon à Toulotte, 18 avril 1896.
  • [40]
    À Biskra par exemple, la Supérieure des religieuses de Notre­Dame d’Afrique accepte d’acquérir et d’aménager un hôpital pour lequel le gouvernement général alloue une subvention de 40 000 francs et un tarif de journée, Asma-pb, fl, 24071, Cambon à procureur général, 18 septembre 1895.
  • [41]
    Asma-pb, fl, 73198, convention, 30 novembre 1895.
  • [42]
    Asma-pb, fl, 73250, 5 octobre 1895.
  • [43]
    Asma-pb, fl, 73266, Sœur Marie­Salomé, Saint­Charles, 29 novembre 1896.
  • [44]
    Il dispose également d’une grande pharmacie, d’un nombre « très suffisant » de locaux accessoires et d’une salle d’opération ; voir Joseph Huguet, op. cit., p. 250.
  • [45]
    Shd, 1h639, 3/482a, Projet d’agrandissement de l’hôpital militaire, 20 avril 1894 ; Shd, 1h639, 3/539, Rapport du chef de bataillon Laviron, chef du génie, au sujet de l’extension à donner au bordj de Ghardaïa, Laghouat, 7 décembre 1894 ; Shd, 1h640, 3/602, pv de convenance relatif au transfèrement de l’hôpital militaire annexe de Ghardaïa dans les bâtiments de l’ancienne caserne de la Discipline, 15 octobre 1897.
  • [46]
    Shd, 1h641, 3/701, Prangé et Hotschkiss, pv de conférence relative à la transformation de l’hôpital militaire de Ghardaïa en hôpital mixte, 1er mars 1899.
  • [47]
    Ibid.
  • [48]
    Shd, 1h641, lettre du ministre de la guerre au général commandant le 19e corps d’armée, Paris, le 9 janvier 1899.
  • [49]
    Shd, 1h641, 3/701, Complément du pv du 1er mars relatif au transfèrement de l’hôpital militaire dans l’hôpital mixte, 18 mars 1899.
  • [50]
    Shd, 1h641, le colonel directeur du Génie, Alger, 7 avril 1899.
  • [51]
    Asma-pb, fl, 73301, Malfreyt à R. P. Chevinesse, 14 décembre 1899.
  • [52]
    Asma-pb, fl, 73043, 29 juillet 1901.
  • [53]
    Asma-pb, fl, 73022, Chenivesse, 18 mars 1901.
  • [54]
    Asma-pb, fl, 73327, Malfreyt à R. P. Chevinesse, 9 juin 1900. L’ancien hôpital militaire devient en partie infirmerie de garnison, Sdh, 1h641, 3/740, pv de la délibération de la Commission de casernement de la place de Ghardaïa au sujet de l’affectation à donner aux anciens locaux de l’hôpital militaire, 20 juin 1900.
  • [55]
    Shd, 1h641, 3/769, Avant­projet sommaire relatif aux moyens d’améliorer définitivement l’alimentation en eau de la place de Ghardaïa, 22 juin 1901 et 3/792, Rapport du capitaine Goujon en vue d’obtenir l’autorisation de négocier avec la Commune de Ghardaïa l’acquisition des terrains nécessaires à l’établissement d’un puits, d’un manège et d’une conduite d’eau, Laghouat 12 avril 1902. Un rapport précise cependant que « l’hôpital n’étant pas un établissement militaire, il n’y a pas lieu de prévoir des dépenses pour l’alimenter en eau ; toutefois, comme les malades militaires y sont traités, on lui ménagera la faculté de brancher sur notre conduite à établir et d’y puiser de l’eau par une pompe ».
  • [56]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [57]
    Chantal paisant, « Des lettres aux Annales. Les avatars littéraires du temporel dans les écrits de religieuses missionnaires (fin xixe­début xxe s.) », in Jean pirotte, (dir.), Les conditions matérielles de la mission. Contraintes, dépassements et imaginaires xviie-xxe siècles, Paris, Karthala, 2004, 511 p., p. 429­452, p. 435. Sur ces aspects, voir aussi Jean pirotte, « L’espace et le temps vécus en mission. De la gestion du quotidien à la construction symbolique », in Ibid., p. 17­44 et Gérard fontaines, « L’image du missionnaire dans les récits de voyage », in Claude prudhomme (dir.), Une appropriation du monde. Mission et missions xixe-xxe siècles, Paris, Publisud, 2004, 254 p., p. 161­178.
  • [58]
    Cette somme est versée à titre de fonds de secours dans la caisse municipale et dont le montant est ordonnancé au nom du médecin par le Commandant supérieur, Asma-pb, fl, Règlement de l’hôpital indigène de Ghardaïa, signé par le commandant supérieur Marignac le 8 avril 1905 et le Père Girault le 20 avril 1905.
  • [59]
    Maurice Colin, art. cit., p. 17.
  • [60]
    R. P. Louis Jamet, Journal d’un missionnaire. Notes et souvenirs de 45 années de vie apostolique, Nice, J. Ventre, 1921, 66 p., p. 6.
  • [61]
    Antony Philippe, op. cit., p. 68.
  • [62]
    François Renault, « Principes missionnaires… », art. cit., p. 31.
  • [63]
    Asma-sb, Marie­Thérèse Freundenreich, tapuscrit, 1989.
  • [64]
    Sœur Marie­André du Sacré­Cœur, Histoire d’origines de la congrégation des Sœurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (1869-1892), Saint­Charles de Kouba, 1946, p. 163.
  • [65]
    François Renault, « Principes missionnaires… », art. cit., p. 34.
  • [66]
    Extrait d’une lettre d’une religieuse de Notre­Dame des Missions d’Afrique, Ghardaïa, 26 mars 1890, Maa, n° 97, 1893, p. 92.
  • [67]
    Asma-pb, fl, 73258, 1er décembre 1895.
  • [68]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 237.
  • [69]
    R. P. Louis Jamet, op. cit., p. 22.
  • [70]
    Asma-sb, Diaire, Laghouat, 12 juin 1908, p. 212.
  • [71]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 17 janvier 1908, p. 63.
  • [72]
    Sœur Marie­Achille, art. cit., p. 197.
  • [73]
    Asma-pb, fl, 71376, Malfreyt, 2 février 1898.
  • [74]
    Asma-pb, fl, 73027, Chenivesse, 1er mai 1901.
  • [75]
    Asma-pb, fl, Chenivesse, 1er mai 1901.
  • [76]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [77]
    Asma-pb, fl, 73041, 19 juin 1901.
  • [78]
    Maa, n° 151, janvier­février 1902, p. 227.
  • [79]
    Maa, n° 146, mars­avril 1901, p. 49.
  • [80]
    Jacques Leonard, « Les religieuses qui soignent en France au xixe siècle », Aesc, n° 5, septembre­octobre 1977, p. 887­907 ; Olivier Faure, « Les religieuses hospitalières entre médecine et religion », in Isabelle von Bueltzingsloewen et Denis Pelletier (dir.), La charité en pratique. Chrétiens français et allemands sur le terrain social : xixe-xxe siècles, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1999, 217 p., p. 53­64.
  • [81]
    Pierre­Augustin Didiot, Code des officiers de santé de l’armée de terre, Paris, V. Rozier, 1863, 992 p., p. 654 et p. 655.
  • [82]
    Asma-pb, fl, 73326, E. Chenivesse, 30 avril 1900.
  • [83]
    Asma-pb, fl, 24267, pv de délibération du Conseil municipal de Biskra, 28 février 1899. On trouve la même demande aux Attafs dans les années 1880, au fur et à mesure que la population du Cheliff grossit, voir Asma-pb, Marie­Thérèse Freundenreich, tapuscrit, 1989.
  • [84]
    Asma-pb, fl, Règlement de l’hôpital indigène de Ghardaïa, signé par le commandant supérieur Marignac, le 8 avril 1905 et le Père Girault, le 20 avril 1905.
  • [85]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 229.
  • [86]
    Asma-pb, fl, 73229, Guérin,2mars 1904. Le règlement de 1905 rappelle donc qu’en aucun cas la direction de l’hôpital n’est tenue d’admettre les filles publiques. Asma-pb, fl, Règlement de l’hôpital indigène de Ghardaïa, signé par le commandant supérieur Marignac le 8 avril 1905 et le Père Girault le 20 avril 1905.
  • [87]
    Huguet compte 56 prostituées à Ghardaïa pendant son séjour, clandestines non comprises, Joseph Huguet, art. cit., p. 248.
  • [88]
    Asma-pb, fl, 73425, le gouverneur général à M. le procureur général des Missions d’Afrique, 12 septembre 1902.
  • [89]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [90]
    Ibid.
  • [91]
    Asma-pb, fl, 73442, le gouverneur général à M. le procureur général de la Société des missions d’Afrique, Alger, le 4 février 1905.
  • [92]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 8 janvier 1903, p. 43.
  • [93]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 20 juillet 1908, p. 213.
  • [94]
    Maa, n° 146, mars­avril 1901, p. 49.
  • [95]
    Maa, n° 139, janvier­février 1900, p. 656.
  • [96]
    Dahbia Abrous, op. cit., p. 94.
  • [97]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 237.
  • [98]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 7 janvier 1898, p. 58.
  • [99]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 10 janvier 1898, p. 58.
  • [100]
    Asma-sb, Diaire de Notre­Dame du Bon Conseil, oasis de Ghardaïa, 28 août 1906, p. 49.
  • [101]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 2 janvier 1903, p. 43.
  • [102]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 7 novembre 1906, p. 163.
  • [103]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 25 juin 1906, p. 42.
  • [104]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 237.
  • [105]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 30 décembre 1898, p. 373.
  • [106]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 20 janvier 1903, p. 44
  • [107]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 21 mai 1903, p. 153.
  • [108]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 25 juillet 1895, p. 375.
  • [109]
    Yvonne Turin, Affrontements culturels dans l’Algérie coloniale. Ecoles, médecines, religion (1830-1880), Paris, Maspero, 1971, 436 p.
  • [110]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 239.
  • [111]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 25 octobre 1908, p. 522. Il s’agit en fait de la cryogénine, découverte par Auguste Lumière en 1902.
  • [112]
    Asma-sb, Diaire, Laghouat, 31 mars 1908, p. 70.
  • [113]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 237­238.
  • [114]
    Dahbia Abrous, op. cit., p. 94.
  • [115]
    Asma-pb, fl, 73027, Chenivesse, 1er mai 1901.
  • [116]
    Asma-pb, fl, 73032, le R. P. Girault à la Mère supérieure, 10 mai 1901.
  • [117]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [118]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 23 juin 1898, p. 186.
  • [119]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 24 juin 1898, p. 186.
  • [120]
    Asma-pb, fl, 24276, Sœur Marie de la Croix, Biskra, 27 février 1897.
  • [121]
    Asma-pb, fl, Règlement de l’hôpital indigène de Ghardaïa, signé par le commandant supérieur Marignac le 8 avril 1905 et le Père Girault le 20 avril 1905.
  • [122]
    Asma-sb, Diaire, Biskra, 17 décembre 1908, p. 492.
  • [123]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 7 mai 1916, p. 70.
  • [124]
    Maa, n° 212, mars­avril 1912, p. 258.
  • [125]
    Dahbia Abrous, op. cit., p. 103.
  • [126]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 2 janvier 1903, p. 43.
  • [127]
    Asma-pb, fl, 73027, Chenivesse, 1er mai 1901.
  • [128]
    Maa, n° 146, mars­avril 1901, p. 49.
  • [129]
    Maa, n° 151, janvier­février 1902, p. 226.
  • [130]
    Maa, n° 157, janvier­février 1903, p. 8
  • [131]
    Ibid.
  • [132]
    Maa, n° 163, janvier­février 1904, p. 232.
  • [133]
    Ibid.
  • [134]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 25 septembre 1906, p. 45.
  • [135]
    Maa, n° 147, mai­juin 1901, p. 106.
  • [136]
    Maa, n° 151, janvier­février 1902, p. 227.
  • [137]
    Asma-pb, fl, 73055, Guérin, 26 janvier 1904, Maa, n° 163, janvier­février 1904, p. 234.
  • [138]
    Maa, n° 151, janvier­février 1902, p. 226.
  • [139]
    Sœur Marie­Achille, art. cit., p. 200.
  • [140]
    Maa, n° 163, janvier­février 1904, p. 234.
  • [141]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 250.
  • [142]
    Charles Amat, op. cit., p. 283.
  • [143]
    Asma-pb, fl, 73229, Guérin, 2 mars 1904.
  • [144]
    Asma-pb, fl, 73022, Chenivesse, 18 mars 1901.
  • [145]
    Asma-pb, fl, 73019, Chenivesse, 22 février 1901. À partir de 1903, la cuisine, désormais faite par des femmes indigènes, propose aux malades une nourriture conforme à leurs habitudes alimentaires, Asma-pb, fl, 73047, 20 octobre 1903.
  • [146]
    Asma-pb, fl, 73047, 20 octobre 1903.
  • [147]
    Asma-pb, fl, 73027, Chenivesse, 1er mai 1901.
  • [148]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [149]
    Ibid.
  • [150]
    Asma-pb, fl, 73053, Guérin, 19 janvier 1904.
  • [151]
    Asma-pb, fl, 73437, le Père Girault, procureur des Pères Blancs à M. le commandant Marignac, commandant du cercle de Ghardaïa, après 1904.
  • [152]
    Ibid.
  • [153]
    Ibid. Les renseignements administratifs concernant les indigènes pourraient être pris comme par le passé par un agent du bureau des affaires indigènes venant régulièrement à l’hôpital pour y prendre les indications nécessaires à l’établissement du billet d’identité.
  • [154]
    Asma-pb, fl, 73229, Guérin, 2 mars 1904.
  • [155]
    Asma-pb, fl, 73442, le gouverneur général à M. le procureur général de la Société des missions d’Afrique, Alger, le 4 février 1905. L’entrée est donc prononcée par le médecin et constatée par l’inscription sur un registre tenu à l’hôpital, lequel est contrôlé et le cas échéant rectifié par l’autorité locale Asma-pb, fl, Règlement de l’hôpital indigène de Ghardaïa, signé par le commandant supérieur Marignac le 8 avril 1905 et le Père Girault le 20 avril 1905. Le registre comprend, pour chaque malade, les renseignements suivants, noms, prénoms, lieu de naissance, sexe, âge, profession, domicile, commune, maladie, date et heure d’admission, date et heure de sortie, décès, observations.
  • [156]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 10 mars et 17 mars 1903.
  • [157]
    Asma-pb, fl, 73053, Guérin, 19 janvier 1904.
  • [158]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 12 novembre 1906.
  • [159]
    Asma-pb, fl, 73090, Sœur Marie­Augustine, 5 août 1907.
  • [160]
    Asma-pb, fl, 73373, 2 mai 1907.
  • [161]
    Charles Jonnart, Exposé de la Situation générale des territoires du sud de l’Algérie, année 1906, Alger, V. Heintz, 1907, 207 p., p. 32.
  • [162]
    Ibid., p. 33.
  • [163]
    Joseph Huguet, art. cit., p. 254.
  • [164]
    David Amstrong, mentionné par Anne Witz, “‘Colonizing Women’ : Female Medical Practice in Colonial India 1880­1890”, in Lawrence Conrad et Anne Hardy, Women and Modern Medicine, Amsterdam­Atlanta­New York, Rodopi, 2001, 293 p., p. 23­52, p. 24.
  • [165]
    Asma-pb, fl, 73359, Guérin, Ghardaïa, 30 novembre 1901.
  • [166]
    Asma-pb, fl, 73087, Guérin, 17 juillet 1907.
  • [167]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 17 octobre 1908.
  • [168]
    Asma-sb, Diaire, Ghardaïa, 7 juin 1908.
  • [169]
    Charles Jonnart, Exposé de la Situation générale des territoires du sud de l’Algérie, année 1905, Alger, V. Heintz, 1906, 103 p., p. 59.
  • [170]
    Asma-pb, fl, 73053, Guérin, 19 janvier 1904.
  • [171]
    Asma-pb, fl, 73105, 15 août 1908.
  • [172]
    Shd, 1h642, Général de division Bailloud, commandant du 19e corps d’armée, à M. le commandant du territoire militaire de Ghardaïa, Note de service, Alger, 5 mars 1909.
  • [173]
    Shd, 1h642, pv de conférence relatif à l’organisation d’une infirmerie hôpital, 31 décembre 1909.
  • [174]
    Charles Jonnart, Exposé de la Situation générale des territoires du sud de l’Algérie, année 1909, Alger, V. Heintz, 1910, p. 23.
  • [175]
    Asma-pb, fl, 73114, Nouet, 31 août 1910.
  • [176]
    Maa, n° 212, mars­avril 1912, p. 258.
  • [177]
    Dahbia Abrous, op. cit., p. 98.
  • [178]
    Maa, n° 181, janvier­février 1907, p. 9.
  • [179]
    Régine Goutalier, « Les États généraux du féminisme à l’exposition coloniale (30­31 mai 1931) », Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, t. XXXVI, avril­juin 1989, p. 266­ 286, p. 272.
  • [180]
    Marie­Anne de Bovet, Alger-Djelfa Laghouat-Ghardaïa et l’Heptapole du M’Zab, Alger, Imprimerie algérienne, 1924, p. 30.
  • [181]
    Voir Charles Kleinknecht, Administrateur civil au Sahara. Une vie au service de l’Algérie et des Territoires du Sud (1942-1962), Paris, L’Harmattan, 2000, 347 p., p. 257.
Français

Résumé

Après leur installation à Ghardaïa, au cœur du Mzab, les missions d’Afrique ouvrent en 1895 un « hôpital indigène », pierre angulaire de leur apostolat, bientôt transformé en « hôpital mixte » pour civils et militaires. Pouvoirs militaire et religieux ont chacun leurs impératifs, parfois antagonistes, et cela se répercute dans l’organisation de l’espace hospitalier. Personnels médicaux militaires et religieuses infirmières se partagent le service, pas toujours harmonieusement. La rareté de la population visée, les Mozabites, rend de plus difficile l’équilibre financier de l’établissement et entraîne la fermeture de l’hôpital. Le lieu de soin, dont la matérialité renvoie aux difficultés de l’implantation missionnaire, est ainsi un observatoire possible d’un contact entre populations diverses et des rapports entre pouvoirs en situation coloniale.

Mots-clés

  • Société des missions d’Afrique
  • hôpital indigène
  • hôpital mixte
  • Ghardaïa
  • Mzab
  • Algérie
Español

Resumen

Tras su instalación en Gardaïa, en el centro del Mzab, las misiones del África abren, en 1895, un “hospital indígena”, piedra angular de su apostolado, rápidamente transformado en “hospital mixto” para civiles y militares. Los poderes militar y religioso tienen cada uno sus imperativos, a veces antagónicos, y esto se repercuta en la organización del espacio hospitalario. El personal médico militar y las religiosas enfermeras se comparten el servicio, no siempre en forma harmoniosa. La escasez de la población atañida, los Mozabites, vuelve además difícil el equilibrio financiero del establecimiento y conduce al cierre del hospital. El lugar de los cuidados médicos, cuya materialidad remite a las dificultades de la implantación misionera, también es un observatorio posible de un contacto entre poblaciones diversas y relaciones entre poderes en situación colonial.

Palabras claves

  • Sociedad de las misiones de África
  • hospital indígena
  • hospital mixto
  • Ghardaïa
  • Mzab
  • Argelia
English

Abstract

In 1895, after their installation in Ghardaïa, located in the heart of Mzab, the Society of African Missions opened a “hospital for natives”, seen as a cornerstone of their apostolate. Its mission rapidly transformed to treat a mixed group of both civilians and soldiers. Military and religious authorities each had their own imperatives which had repercussions for the organization of space in the hospital. Military medical staffs and religious nurses shared their duties but not always harmoniously. The reluctance of the native population to be treated in the hospital threatened the financial stability of the institution, eventually forcing its closure. Nonetheless, the examination of the hospital’s history and the problems faced by the missionary endeavor offers a vantage point for observing the contact between diverse populations and relationships between different powers in a colonial situation.

Keywords

  • Society of African Missions
  • hospital for natives
  • Ghardaia
  • Mzab
  • Algeria
Claire Fredj
Université Paris-Ouest Nanterre La Défense
Cnrs-Idhe Umr 8533
Mis en ligne sur Cairn.info le 05/02/2013
https://doi.org/10.3917/hmc.022.0055
Pour citer cet article
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