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La fin de la Seconde Guerre mondiale, porteuse d’espoir pour les populations colonisées, s’avère finalement être source de déception et de frustration. Les débats autour de la citoyenneté, menés par les autorités françaises et les parlementaires français et africains, s’achèvent sur une intégration conditionnelle des colonisés dans la catégorie de citoyen. L’accès au droit de vote est soumis au respect de conditions professionnelles et statutaires précises, et un double collège est instauré. Le premier, composé de citoyens français, vote dans les mêmes conditions qu’en métropole, tandis qu’au sein du second, le droit de suffrage des citoyennes et citoyens dit « de statut personnel » est soumis au respect de conditions particulières. Cette conception de la citoyenneté électorale suscite des mécontentements, parmi les Camerounaises lettrées notamment. Encouragées par des dispositions offrant une relative libéralisation de la vie sociale et politique, à l’instar de l’extension de la loi sur la liberté d’association, cette minorité de femmes instruites essaye de s’organiser au sein d’organisations féminines visant à mobiliser toutes les femmes pour la défense de leurs intérêts, améliorer leur condition socio-économique et faciliter leur accès aux institutions politiques et administratives.
En partant de l’étude de ces organisations créées au Cameroun après 1945, cet article analyse les constructions du genre à l’œuvre pendant la colonisation et les modalités de leur contestation à la veille de l’indépendance…

Français

Durant la décennie qui suit la Seconde Guerre mondiale, le Cameroun sous tutelle française, comme tous les territoires de l’Empire colonial français, connaît une effervescence sociale et politique. Celle-ci se traduit par des mobilisations de Camerounaises et une montée en puissance de revendications nationalistes, face à l’insuffisance des réformes politiques et sociales mises en place. Cet article examine la manière dont, en s’inscrivant dans un paysage politique majoritairement masculin, des Camerounaises essayent de faire entendre leur voix en s’organisant pour défendre leurs intérêts. L’analyse des ressorts sur lesquels reposent les mobilisations féminines au Cameroun, met en évidence la dualité qui régit la présence des femmes sur la scène publique dans le contexte colonial. Dans une certaine mesure, leur démarche se situe dans un prolongement de l’imaginaire social dominant, mettant en avant des valeurs domestiques pour justifier une intervention des femmes sur la scène politique. Mais les mobilisations féminines visent également la défense d’un agenda propre aux femmes, ainsi que l’émergence d’un nouvel imaginaire social régi par l’égalité des sexes.

Rose Ndengue [*]
  • [*]
    Doctorante, Université Paris 7-Diderot, CESSMA.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 12/07/2016
https://doi.org/10.3917/lms.255.0071
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