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Nouvelle revue de psychosociologie

2010/2 (n° 10)

  • Pages : 260
  • ISBN : 9782749213217
  • DOI : 10.3917/nrp.010.0011
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

À partir d’une revue de la littérature sur l’émergence de différentes catégories désignant les « maux » du travail, telles que l’usure, le stress, la violence et le harcèlement, nous tentons de repérer à la fois les rémanences dans les modalités de saisie de la problématique santé et travail et la méconnaissance qui les accompagne. La nouvelle catégorie des « risques psychosociaux » s’inscrit dans cet héritage. Elle reproduit et renouvelle partiellement les enjeux associés à ces constructions socio-historiques. En effet, le lien entre la santé et le travail est toujours saisi à travers le prisme des effets délétères de ce dernier : la question de la santé des « sans-travail » et le travail comme source de santé sont occultés. Les jeux d’imputation causale se prolongent opposant les tenants de « l’exposition aux risques » et ceux de la « prédisposition des fragiles ». Face à l’individualisation des questions de santé et à l’amplification des tendances eugénistes, l’omerta sur les difficultés et problèmes de santé « personnels » se développe. Mais ce pourrait être là une forme de résistance contre-productive car elle contribue à l’usure et à la solitude de chacun face à l’expérience inéluctable d’une fragilité qui n’est pas personnelle mais humaine, ontologique.

Mots-clés

  • risques psychosociaux
  • usure
  • stress
  • violence
  • psychopathologie du travail
  • imputation causale
  • fragilité

English

« Psychosocial risks » : between remanence and misappreciationFrom a review of the literature about the emergence of various categories indicating the work « harms », such as attrition, stress, violence and harassment, we try to identify both the remanences in the form of exploration of the issue « health and work » and the ignorance which seems to go along with it. The new « psychosocial risk » category is part of this legacy. It reproduces and partly renews the stakes which are linked to these socio-historical constructions. Indeed the link between health and work is always grasped through its negative and deleterious effects. Thus, it denies the important issues of the health of the « unemployed » as well as work as a source of health. The « games » around causal attribution are still alive between the supporters of the « risk exposure » and those of the proneness to illness of the « fragile » people. As the issues about health appear to be individualized and eugenics trends seem to be growing, it leads to a sort of « omerta » about the question linked to work and health because of the fear of the stigma. Such a silence may be a counterproductive form of resistance as it contribuets to the fatigue and loneliness of each one in front of the unavoidable experience of fragility which is not a personal one but a human one.

Keywords

  • psychosocial risks
  • attrition
  • stress
  • violence
  • work psychopathology
  • causal attribution
  • fragility

Plan de l'article

  1. Figures des maux et mots pour les dire
    1. L’usure au travail et la « fatigue nerveuse »
    2. La figure du stress
    3. Violences au travail
    4. Le dernier né : « les rps »
  2. Les ressources de la psychopathologie du travail
  3. Conclusion

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