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Nouvelle revue de psychosociologie

2011/2 (n° 12)

  • Pages : 304
  • ISBN : 9782749214719
  • DOI : 10.3917/nrp.012.0063
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

Cet article présente les résultats d’une enquête de terrain, transdisciplinaire et engagée, auprès « d’adolescents en exil » : des adolescents migrants ou issus de l’immigration, qui vivent dans des quartiers marqués par la précarisation du nord-ouest de Bruxelles. Nous les avons rencontrés grâce à une observation participante de deux années, dans leurs quartiers et leurs écoles, à forte densité immigrée. Si la capitale de l’Europe est cosmopolite, elle vit aussi d’importants conflits communautaires, et se polarise sur les plans social et « ethnique ». Des adolescents, anciens ou nouveaux arrivants, sont toujours davantage confinés dans des quartiers relégués et des écoles « de seconde zone », qui deviennent monoculturelles. Dans ce contexte, des « nous » radicalisés se constituent autour d’une origine, d’un phénotype, d’un taux de mélanine, d’une condition commune et de morceaux de quartier, aux frontières mouvantes. Ils permettent de se construire des solidarités et une identité fière mais exposent les jeunes à une exacerbation des conflits de territoires et à des violences de genre. Avec ces jeunes, nous avons développé une démarche réflexive en ouvrant des espaces individuels et collectifs d’expression sur eux-mêmes et leurs expériences de la ville (récits de vie, entretiens collectifs dans les groupes-classes...). Ils observent et questionnent le fractionnement de l’espace public ainsi que l’ethnicisation des regroupements de jeunes dans certains quartiers. Ils analysent les discriminations scolaires et les violences sociales auxquelles ils sont confrontés. Ils déploient des résistances et des apprentissages. Les dispositifs créatifs les mobilisent. Ils soutiennent leurs capacités à traduire leur expérience et à s’inventer métissés. En final, leurs analyses conjuguées nous livrent des enseignements concrets pour les pratiques et politiques publiques.

Mots-clés

  • Bruxelles
  • quartiers populaires
  • regroupements d’adolescents migrants ou issus de l’immigration
  • ethnicisation des écoles
  • pistes de prévention

English

Uprooting in the teens’ ageThis article presents the results of a cross disciplinary and committed enquiry amongst uprooted teenagers (« adolescents en exil »), who are migrants or of immigrant origin, living in neighbourhoods characterised by poverty in the North West of Brussels. We met them during a participatory observation process over two years, in their neighbourhoods and in their schools where there is a strong immigrant presence. Whilst the capital of Europe is cosmopolitan, it also encompasses serious conflicts between its communities, and is polarised along social and « ethnic » lines. Adolescents, both longer term or more recent migrants, are mostly confined to marginal neighbourhoods and « second zone » schools which are becoming mono cultural. In this context, they develop radical identities around an origin, a phenotype, a level of melanine, shared conditions or parts of a neighbourhood, with moving frontiers. This allows solidarities to build up, as well as a proud identity, but exposes the young people to an exacerbation of territorial conflicts and to gender-based violence. With these young people we developed a space to reflect, individually and collectively, about themselves and about their experiences of the city (life stories, joint interviews in groups and classes). They observe and question the fragmenting of public space as well as the ethnicisation of groups in certain neighbourhoods. They analyse discrimination in school and the social violence that they are faced with. They demonstrate resistance and learning, and are mobilised by any creative opportunities. They uphold their capacity to translate their experience and to acknowledge their mixed origins. Finally, their combined analysis provides us with practical learning for public practice and policy.

Keywords

  • Brussels
  • disadvantaged neighbourhoods
  • groups of adolescents who are migrants or of immigrant origin
  • ethnicisation of schools
  • prevention

Plan de l'article

  1. Une ethnographie inventive et transdisciplinaire
  2. Bruxelles, son « croissant de pauvreté » et ses conflits communautaires
  3. Ethnicisation des regroupements de jeunes dans l’espace public
  4. Ethnicisation des mondes scolaires
    1. Scolarisation des nouveaux arrivants
    2. Les univers scolaires monoculturels. Une scolarisation « de seconde zone » ?
  5. Conclusions
    1. Défaire l’ethnicisation des écoles et déverrouiller les quartiers
    2. Soutenir les professionnels
    3. Ouvrir aux jeunes des espaces de recherche et de création

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