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Nouvelle revue de psychosociologie

2013/1 (n° 15)

  • Pages : 336
  • ISBN : 9782749237268
  • DOI : 10.3917/nrp.015.0117
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

En Italie, depuis quelques années, un nouveau métier est né en tant que réponse adaptative au vieillissement de la population : celui des « badanti ». Ce terme populaire désigne les femmes immigrées travaillant au domicile des personnes âgées.Ce phénomène de société concerne quatre millions de personnes, en comptant les assistés et les travailleuses. Ces personnes se trouvent en marge de la société et sont déconsidérées. La disqualification est implicite, inscrite dans la dénomination même. « Badanti » vient du verbe badare, qui signifie « surveiller de près », « garder » : l’empathie inscrite dans les termes « care » ou « aide » n’est pas présente.Ce « welfare » fait maison, qui s’est révélé une ressource face à la carence des services publics, a fait exploser les nombreuses contradictions qui feront l’objet de notre analyse. La chronique des faits divers a fait émerger des délits, des abandons, des litiges lors des successions et aussi des contradictions dans les corps intermédiaires. Par exemple, le syndicat est amené à gérer des guerres entre pauvres : les « badanti » et les vieux retraités. Toutefois, la contradiction la plus saillante se trouve au cœur de l’activité. Le métier présente plusieurs facettes et à côté de l’identification de la « badante » avec l’assisté, nous trouvons l’humiliation et le ressentiment qui résultent des conditions d’exercice de l’activité : la « domesticité » et la « servitude ».

Mots-clés

  • Badanti
  • vieux
  • retraité
  • condition de domesticité
  • servitude
  • juste distance
  • humiliation
  • ressentiment

English

Antonella Marcucci de Vincenti, Old persons and immigrated women marginalization : the case of « badanti » in ItalyDuring the last years a new trade appeared in Italy as an adaptive answer to the problems arising from the ageing process of population : that of « badanti ». This popular term designates the immigrated women working at old persons homes.This social phenomenon concerns four million people, including workers and assisted. These persons are marginalized and discredited. Discredit is implicit in the denomination itself. « Badanti » comes from the verb « badare » that means « to strictly survey », « to control » : the empathy inscribed in the words « care » or « help » is not present.This contribution will analyze this homemade welfare, that, even if it is allowing to face the lack of public services, is disclosing several contradictions. Newspapers are reporting crimes, abandons, arguments for successions, and even contradictions inside mediation organizations. Trade unions have to manage, for example, wars between poor people : « badanti » and old-age pensioners. Anyways, the most sensible contradiction is at the core of the activity. The trade presents several faces and, besides the identification of the « badante » with the assisted person, we find the humiliation and resentment, which result from the conditions of domestic labour and servitude.

Keywords

  • Badanti
  • old person
  • pensioner
  • domestic labour
  • servitude
  • right distance
  • humiliation
  • resentment

Plan de l'article

  1. L’enjeu des emplois familiaux
  2. Des interrogations
  3. Une optique anthropologique
  4. Société archaïque, services archaïques : les raisons d’un choix
  5. La dénomination « badanti » : le signifiant
  6. « Badante » : une condition de vie et de travail
  7. Similitudes et différences entre les métiers des services à la personne
  8. Domesticité et violence
  9. Contradictions et paradoxes
  10. En guise de conclusions
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