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Nouvelle revue de psychosociologie

2013/2 (n° 16)

  • Pages : 268
  • ISBN : 9782749239262
  • DOI : 10.3917/nrp.016.0127
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

Il s’agit dans cet article de montrer que la pensée ne va pas sans l’acte de croire. L’un et l’autre s’attachent à cerner la réalité pour en trouver le sens. Si le sens est une construction du sujet qui ne saisit cette réalité qu’à travers les représentations qu’il s’en donne, il a besoin d’attribuer des intentions à toute réalité dans l’espoir de se la concilier, de la maîtriser ou de se garantir de l’absurde et de l’angoisse que traîne l’absence de raison. Si la science recherche les lois, elle ne délivre pas de signification, les croyances y suppléent et soutiennent toutes les représentations qu’elles soient sociales ou individuelles, raisonnables ou inconscientes ; ce sont les grilles à travers lesquelles on perçoit et on connaît, ce sont les désirs qui nous animent.
Les cultures imposent leurs systèmes avec plus ou moins de force, de violence, jouent sur l’angoisse et excluent avec plus ou moins de violence ceux qui ne semblent pas croire de la même façon. Le désir de croire reste vif, c’est croire le fantasme exaucé, l’angoisse abaissée et une certaine jouissance permise. Derrière toute croyance n’y a-t-il pas la figure du Père ? Freud voit dans le besoin de croire celui d’être guidé et pardonné par celui qui habite nos fantasmes depuis l’orée de l’humanité, fournit de l’idéal du moi en même temps qu’il nourrit l’unité du groupe... aux dépens de l’autonomie du sujet.

Mots-clés

  • construction du sens
  • représentations
  • réalité
  • désir
  • angoisse
  • pouvoir
  • répression
  • figure du Père
  • unité
  • soumission

English

The reasons to believeThis article aims at showing that the thinking process is narrowly linked to the act of believing. Both try to grasp reality in order to discover its meaning. Meaning is a construction of the person which grasps such representations only through his/her representations of it Yet, he/she needs to attach intentions to any reality hoping to win some benefit from it, to master it or to prevent oneself from the absurdity or the anxiety linked to the lack of reason.
When science tries to establish laws, it doesn’t deliver meanings; beliefs stand for them and support all sorts of representations, either social or individual, reasonable or unconscious. Cultures impose their systems with more or less constraints, violence, they tend to exploit anxiety and exclude sometimes violently those who seem not to believe the right way. When the desire remains vivid, the phantasy seems to be granted, anxiety decreases and a kind of “jouissance” is allowed. Isn’t there, behind any belief, the image of the Father?
Within the need to believe, Freud perceived the need to be guided and forgiven by the one who inhabits our phantasies since the beginning of humanity, who creates some kind of ego ideal and feeds the group’s unity... at the expense of the individual’s autonomy.

Keywords

  • construction of the meaning
  • representations and reality
  • desire and anxiety
  • power and repression
  • father’s image
  • unity and obedience

Plan de l'article

  1. La soif de sens
  2. Le désir de croire
  3. Croire, retrouver le père et s’y soumettre
  4. Croyance et société
  5. Pour conclure
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