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Nouvelle revue de psychosociologie

2014/1 (n° 17)

  • Pages : 232
  • ISBN : 9782749241265
  • DOI : 10.3917/nrp.017.0031
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

Les années 1968 en France sont marquées par l’« insubordination ouvrière » et en particulier par les grèves d’ouvrières contre les conditions de travail. Quelquefois, la lutte se déclenche parce que l’une des ouvrières fait une « crise de nerfs ». Si les manifestations de la souffrance au travail de ce type sont fréquentes dans les années 1968, elles sont bien souvent expliquées par la « nature féminine », selon les directions des entreprises, au moment même où des ergonomes établissent que les « crises de nerfs » sont le symptôme de la surcharge mentale des ouvrières, liée à l’organisation du travail et à sa division sexuée. Ainsi, dans les années 1968, cette manifestation est progressivement politisée par les ouvrières qui peuvent aller jusqu’à faire grève, interrogeant leur assignation de genre et de classe. S’il est moins question de « crises de nerfs » dans les décennies suivantes, la « nature » féminine perdure comme élément d’explication de la nouvelle forme prise par la souffrance au travail, les « troubles musculo-squelettiques ».

Mots-clés

  • Crise de nerfs
  • ouvrières
  • troubles musculo-squelettiques (tms)
  • division sexuée du travail
  • politisation
  • genre
  • travail

English

Fanny Gallot, The « nervous breakdown » in France in the 1968’s : politicization of a gendered expression of individual suffering ?The 1968’s in France are marked by the « working insubordination » and in particular by female workers’ strikes against working conditions. Sometimes the fight begins when one of the female workers suffers a « nervous breakdown ». Indeed, this kind of expression of the suffering at work is common in the 1968’s, but it is often explained by the « women nature » according to the management. However, as some ergonomists show, this « nervous breakdowns » are explained by mental workload of female workers linked to the organization of work and its gendered division. Thus, in the 1968’s, the event is gradually politicized by female workers who can strike up, questioning their gender and class assignments. Later, if the « nervous breakdowns » tend to disappear, « women nature » persists as the explanation of the new form of suffering at work, the « Musculoskeletal Disorders ».

Keywords

  • Nervous breakdown
  • female workers
  • musculoskeletal disorders
  • sexual division of work
  • politicization
  • gender
  • work

Plan de l'article

  1. « Quand les ergonomes sont sortis du laboratoire… »
  2. Les crises de nerfs, produits de l’organisation du travail
  3. Les crises de nerfs, un phénomène répété
  4. La politisation des crises de nerfs
  5. Résistances de la « nature » féminine
  6. Conclusion
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