CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1La pratique des entretiens de couple, d’abord dans le cadre d’une consultation de gynécologie psychosomatique puis en service psychiatrique à l’intersecteur du couple et de la famille et en centre de thérapie familiale psychanalytique, m’a amené à me confronter à un double paradoxe :

  • le paradoxe de la demande de thérapie de couple, d’une part : « Aidez-nous à changer sans que rien ne change ! », le symptôme étant un mode de résolution de la crise ici conjugale ;
  • le paradoxe du thérapeute dans l’accueil de cette demande : « J’accueille votre symptôme… J’écoute vos ancêtres… ! »
Le lien d’alliance est un symptôme pensé dans sa fonction économique généalogique.

À l’écoute de la paradoxalité fondatrice du lien d’alliance conjugal

2Une lecture se référant de l’approche psychanalytique groupale nous permet d’articuler ce double paradoxe à une nouvelle paradoxalité fondatrice du couple : celle du pacte des loyautés transgénérationnelles. Chacun est concerné par une loyauté généalogique en tant que membre héritier de la transmission psychique familiale.

3Les loyautés transgénérationnelles sont la manifestation de l’identité d’appartenance de chaque partenaire à son groupe familial d’origine. Définissons la dyade-couple comme un tout, une émergence, un Moi-couple, plus que la somme des deux partenaires. C’est ainsi un groupe-couple, avec une certaine stabilité du lien. Il est structuré, avec des règles de fonctionnement et un mode de régulation spécifique.

4Cette nouvelle entité moi-couple groupal, je propose de l’appeler un « grouple ».

5Une des particularités du « grouple » est de conjuguer :

  • des liens d’alliance à un niveau horizontal et synchronique, le groupe-couple actuel proprement dit ;
  • et des liens de filiation l’inscrivant à un niveau vertical et diachronique dans des liens aux ascendants et aux descendants des familles d’origine des deux membres du couple.

Le lien de filiation est sexué

6Pour chaque sujet, le lien de filiation le relie d’une part à la famille d’origine paternelle et d’autre part à la famille d’origine maternelle.

7Le signifiant sexué est donc un signifiant de transmission – sexuée – de filiation du masculin et du féminin.

8Il est aussi un signifiant de transmission de l’alliance sexuée mixte du couple parental de génération en génération. Les fantasmes originaires renvoient ici aux fantasmes généalogiques des origines et à celui d’une scène primitive inconsciente fondatrice.

9Cette lecture concerne les couples hétérosexuels et les couples homosexuels.

10Notre hypothèse est de concevoir la fonction économique du fondement matriciel de l’alliance conjugale comme l’expression d’un maillage généalogique remaillant avec l’émergence du lien de couple, les contenants familiaux de chaque membre du couple.

11Le fondement du lien de couple est analysé comme le résultat d’un pacte d’alliance inconscient entre les deux familles d’origine. L’alliance engage donc, avec chaque partenaire comme sujet, également une alliance inconsciente des deux ensembles généalogiques familiaux.

La dialectique du Sujet : singulier/groupal

12Au-delà d’une lecture anthropologique, nous envisageons, dans cette perspective une conception du Sujet complexe, au sens de la théorie de la complexité selon E. Morin. Le Sujet est pensé dans une dimension dialectique à la fois Sujet singulier et Sujet groupal d’appartenance. Le Sujet singulier est celui plus classique en psychanalyse du Sujet de son Désir. Le sujet groupal est sujet d’appartenance identitaire au groupe familial et communautaire. Il est membre de l’ensemble groupal familial qu’il participe à fonder, et qui le contient.

13L’appareil psychique individuel est au Sujet singulier ce que l’appareil psychique groupal du sujet est au Sujet groupal.

14Le pacte d’alliance du groupe-couple est ainsi un remaillage généalogique réciproque entrecroisant les contenants familiaux d’origine de chaque partenaire.

Filiations parentales masculines et féminines

figure im1

Filiations parentales masculines et féminines

Pacte d’alliance conjugal
Remaillage réciproque des contenants généalogiques des familles d’origine des partenaires A et B

Le pacte d’alliance fondateur du couple

15Cette figuration du lien d’alliance conjugal peut être comparée à la structuration du rêve (c’est dire qu’elle est régie par des processus primaires avec des mécanismes de déplacement et de condensation).

16La saga des comportements du quotidien du couple témoigne du contenu manifeste des relations. La psychanalyse du couple permet une perlaboration du contenu latent des enjeux fondateurs du pacte d’alliance inconscient.

17Le lien d’alliance est une formation psychique entre deux « mi-dire », dire inconscient selon le mot de Lacan.

18Le pacte d’alliance du couple se fonde sur un trépied matriciel. Les trois anneaux enchevêtrés correspondent à :

  • celui de la pulsion libidinale visant à la satisfaction du besoin ;
  • celui de la demande renvoyant en dernière instance à la « demande d’amour » ;
  • celui du respect des loyautés transgénérationnelles.
Le désir s’insinue dans l’écart entre ces différents registres.

19En clinique, nous retrouvons des couples structurés essentiellement sur un des axes du trépied matriciel qu’il soit : besoin, demande d’amour ou loyauté généalogique.

figure im2

20La psychanalyse a montré, sur le modèle du rêve, comment le désir se retrouve dans l’émergence des symptômes.

21Le symptôme interfamilial est ici le pacte d’alliance.

La diffraction des loyautés généalogiques

22Au Besoin, à la Demande et au Désir, tels que Lacan nous en a proposé un décryptage du point de vue du Sujet, voici articulé celui de « Loyauté », expression que j’emprunte à Boszormenyi-Nagy qui évoque, mais dans une autre perspective, la notion de « loyauté invisible ».

23Maillon d’une lignée, le sujet est, pour paraphraser la formule classique de Freud, membre d’appartenance d’un groupe, d’une communauté, d’un lignage, d’une famille.

24L’enfant est héritier dès avant même sa conception de missions inconscientes.

25Ces délégations transmises par les générations précédentes sont diffractées dans le groupe familial. Elles marquent l’identité généalogique d’appartenance.

Notion de transmission diffractée

26Telle la lumière blanche à travers un cristal, l’héritage psychique familial est transmis en intergénérationnel métabolisé de génération en génération ou en transgénérationnel incorporé à travers les générations en se répartissant avec la variété du spectre lumineux des longueurs d’onde de l’infrarouge à l’ultraviolet. Cette diffraction de la transmission du matériel psychique familial permet de saisir la diversité des fonctions, des rôles à tenir par les différents membres d’une même fratrie, mais aussi de la répartition différenciée des missions inconscientes.

27La diffraction généalogique est un mécanisme de défense familial : fécondité ou infécondité, messagers porteurs des traditions, choix du partenaire dans l’alliance, voire identité sexuée, errances, positions sacrificielles… sont des aspects de ces missions, de ces loyautés généalogiques.

28La construction du « grouple » est structurée par le lien d’alliance conjugal. Nous sommes ainsi conviés à une perspective psychanalytique du lien. Nous envisageons le « faire couple » comme une capacité à conjuguer un lien d’alliance remaillant à rebours les failles dans le maillage des contenants familiaux.

29Ces loyautés permettent de maintenir l’intégrité et la continuité du maillage des liens. Les missions participent à assurer la fiabilité de la contenance généalogique familiale et au niveau communautaire ce que nous avons appelé « le contenant généalogique communautaire ».

30Elles sont structurées dans la culture familiale autour de mythes, c’est-à-dire d’ensembles de convictions partagées par des membres d’appartenance du groupe familial ou du groupe communautaire.

31En référence aux travaux de Didier Anzieu sur le « moi-peau » et les « enveloppes psychiques », insistons sur la fonction psychique contenante avec les propriétés délimitantes, de surface, de dépôt psychique et de transformation du « contenant généalogique ».

32La transmission transgénérationnelle, à la différence de celle intergénérationnelle, concerne un matériel transmis en « télescopage » (Faimberg) sur plusieurs générations, sans être métabolisé par l’appareil psychique des générations précédentes. La modalité de cette transmission est alors essentiellement non verbale, pouvant être véhiculée par la répétition de scenarii généalogiques familiaux.

33Chacun est encore héritier des traces abandonnées, c’est-à-dire non transformées psychiquement, de la mémoire familiale. Celles-ci s’inscrivent, comme des empreintes en creux dans l’appareil psychique. Elles sont souvent liées à un travail de deuil non accompli. A. Abraham et M. Torok ont bien décrit ces « fantômes » et « cryptes » qui (selon le titre évocateur de Mijolla, Les visiteurs du Moi) hantent la psyché des héritiers de la mémoire.

34C’est là une transmission psychique des négatifs. Elle est la marque de l’absence, au sens de non révélée, comme en photographie argentique.

35« Le Négatif ne se laisse entrevoir que dans l’entre-deux du contenable et de l’incontenable… Il ne se donne finalement jamais à nous que par dérobement », nous dit J. Guillaumin. Cela concerne les indicibles, impensables, innommables et inavouables familiaux. Le contenant de secret peut être associé à la règle : « Il est secret qu’il y ait un secret… »

36Ces transmissions valent non tant par le contenu que par leur fonction économique dans la psychodynamique individuelle et familiale.

Psychodynamique et psychopathologie de contenant généalogique. Pathologie de Contenu (Benghozi, 1994a)

37Nous distinguons ici une lecture de la psychopathologie du couple comme pathologie de Contenant distincte d’une pathologie de contenu et expression de la dialectique contenant/contenu, contenable/incontenable.

Nous proposons l’aphorisme : « Le lien n’est pas la relation »

38Les pathologies de contenant sont en rapport avec les problématiques de lien et donc du maillage généalogique et les pathologies de contenu en rapport avec des troubles de la relation.

39L’enjeu du lien, c’est la transmission psychique dont il est le support. L’enjeu de la relation est celui de la communication. Les problématiques de lien dans un couple ne sont pas les conflits relationnels. Le conseil conjugal concerne la guidance informative, éducative à propos de la conflictualité relationnelle dans un couple.

40L’enjeu de la thérapie de couple est le lien, son fondement et les impasses de la transmission. Les accrocs, les trous, voire les déchirures du maillage des liens, sollicitent le remaillage des contenants généalogiques. Le remaillage est également un mécanisme de défense familiale, il concerne la structuration de la trame du maillage-contenant du couple.

41La difficulté des médiations conjugales et familiales est d’espérer améliorer des troubles relationnels alors que l’impasse concerne les liens. Ce qui pose des questions majeures sur la formation des professionnels concernés selon qu’ils interviendront dans l’accueil des couples par le conseil conjugal, la médiation conjugale et familiale, ou la psychothérapie de couple dans une perspective psychanalytique.

42Nous repérons là en thérapie de couple, une problématique concernant les trous de contenant généalogique. Nous pouvons en rapprocher les caractéristiques de l’Image du Corps Familial et de l’Image du Corps Conjugal. Poursuivre ces métaphores, c’est penser une clinique du vide et remarquer qu’un vide concernant un trou ne pourra pas être traité comme s’il y avait contenant intègre.

Mythopoïése et narrativité du roman conjugal

43« La parole tisse un réseau… ou une simple résille des sens sur la blessure… pour cicatriser au dehors ce que l’organisation et l’histoire des désirs n’ont pas permis de traiter suffisamment au-dedans », nous dit encore J. Guillaumin. Le désir est pour Freud « associé avec la trace mnésique de l’excitation résultant du besoin »… Au niveau familial, le besoin concerne la conservation de la chaîne généalogique de l’espèce.

44Avec l’affiliation se trame le remaillage affiliatif. « Toute affiliation et toute alliance se font sur les failles de la filiation » nous dit R. Kaës. Nous rencontrons là l’interaction régénératrice fondamentale entre lien de filiation et lien d’affiliation dans la constitution inconsciente du remaillage des contenants généalogiques. C’est une dimension essentielle dans la capacité résiliente de l’humain à survivre malgré les accidents de liens. Il peut toujours y avoir un remaillage affiliatif, même s’il y a rupture de lien.

45Ainsi, le choix du partenaire cristallise non seulement une « collusion » névrotique interfantasmatique entre les deux partenaires comme dans la proposition de J. Willi, mais également par le fondement du lien d’alliance conjugal, la paradoxalité du maillage des contenants généalogiques. Pacte à la fois de type narcissique et par étayage, il est aussi avec son caractère insistant et redondant, une compulsion loyale vis-à-vis des ancêtres.

46Le couple met en dépôt au niveau du moi-peau conjugal des restes généalogiques, comme on dit des restes diurnes à propos du rêve. Ainsi, avec l’alliance des deux membres du couple, ce sont aussi deux familles qui se maillent. Elles entrecroisent leurs mythes et coconstruisent de nouveaux mythes. C’est la fonction mythopoïétique et narrativopoïétique du travail psychique de remaillage généalogique. Chaque couple se construit et se structure autour de nouveaux récits grâce à sa capacité de narrativité.

Le roman conjugal est un contenant narratif généalogique, une production psychique du Moi-grouple

47Il est étayé sur les mythes fondateurs des familles d’origine. Il va s’enrichir par l’élaboration de nouveaux mythes conjugaux. Nous pouvons en repérer des expressions à travers la ritualisation de ce qu’on appelle des nouveaux couples organisées sur des règles de vie : durée, habitat, fonctions et rôles de chacun des deux partenaires, place de la sexualité, du « faire famille », différents du couple bourgeois occidental traditionnel.

48Tout se passe comme si dans la constitution du lien d’alliance chacun des partenaires traite à rebours son contenant généalogique troué, par la formation d’un néocontenant narratif.

49Ce travail psychique du groupe couple est à la fois remaillant à rebours du côté des ascendants et également maillant du côté des descendants, des non encore nés de la filiation. Le « grouple » est matriciel du passage de la dyade-couple à celle du couple parental, et à la famille avec la conception des enfants.

Fantasme d’autoengendrement

50C’est dans les failles de la capacité mythopoïétique à élaborer des origines de la filiation, et en particulier dans la béance de la transmission généalogique d’un signifiant du lien sexué différencié que peuvent se construire des romans conjugaux autour d’un fantasme d’autoengendrement, qui peut être mono ou homoparental.

51La généalogie concerne la filiation des imagos successives, la suite des ancêtres, comme une série de tableaux mythiques depuis l’origine.

52Selon une épistémologie causaliste linéaire, les générations actuelles seraient la résultante, dans une relation de type « cause à effet », des structures des sujets des générations antérieures. La symptomatologie psychopathologique serait alors grossièrement expliquée, comme la conséquence du passé qui se transmettrait selon un modèle analogue à la biologie génétique, en référence à la théorie de Mendel. Nous en constatons les errements avec une pratique réductrice généalogiste déterministe.

Illustrons par un exemple clinique, l’organisateur du lien fondé sur la paradoxalité du pacte d’alliance conjugal et familial

53Hospitalisé en psychiatrie pour des conduites suicidaires et un délire mystique, monsieur Tran fait la grève de la faim en rédemption des malheurs du monde. Les massacres qu’il entend à la télévision s’imposent à lui comme exigence de purification. Il se sent coupable de tout ce qu’annonce de dramatique le journaliste.

54Nous le recevons en entretien de couple. Un grave conflit conjugal avec idée de divorce est évoqué par sa femme. Nous élargissons ces entretiens avec la présence parentale des familles d’origine de chacun.

55Le conflit se résume ainsi pour la femme de monsieur Tran : « Il ne peut pas être mon mari, il est resté un enfant pour sa mère »… Elle reproche à la mère de monsieur Tran de n’avoir jamais accepté leur mariage et d’être omniprésente dans la vie du couple.

56Lors d’une sculpture familiale en thérapie, monsieur Tran présente le psychodrame familial où il est écartelé entre sa mère, sa femme et sa fille. Comment être mari de sa femme, père de sa fille en restant fils de sa mère et enfant de ses ancêtres… ? Il ne peut supporter de choisir une place au détriment d’une autre. En effet, il né au Vietnam de mère chinoise. Culturellement, un enfant chinois doit aide et protection à ses parents dans le besoin avant même de se préoccuper des besoins de son couple.

57Sa femme est aussi originaire du Vietnam, de père réunionnais d’origine européenne, et de mère asiatique. Elle se dit tout à fait assimilée et intégrée dans la culture européenne. Pour elle, le mariage signe une indépendance vis-à-vis de la famille d’origine et un investissement dans son couple. Elle stigmatise la fixation œdipienne de son mari à sa mère. « Si mon mari reste aussi lié et dépendant à sa mère, ce n’est pas un homme ! »

58Donc, le mari se trouve pris dans une double loyauté culturelle et psychique, celles vis-à-vis de sa mère dans son lien de filiation et celles matrimoniales, vis-à-vis de sa femme dans son lien d’alliance. Il se retrouve confronté à deux injonctions simultanées contradictoires et psychiquement vitales pour lui. À cette double contrainte, au sens classique de « double bind », a répondu son épisode délirant et dépressif.

59Nous avons là un premier aspect de la paradoxalité des loyautés vécues du côté du mari : « Comment gérer la loyauté du lien conjugal vis-à-vis de sa femme tout en respectant les exigences de loyauté du lien de filiation comme fils de sa mère, alors que ces deux niveaux sont intériorisés comme psychiquement vitaux et confrontent à un choix indécidable ? »

60« Il n’y a pas de translation pure et simple entre le lien filial et le lien conjugal mais répétition et transformation [2]. »

61Cependant, au cours de l’entretien, nous constatons que madame Tran est vêtue d’un chemisier traditionnel chinois. Nous apprenons que l’une des occasions de dispute conjugale a été la mise à la poubelle de nombreuses peintures modernes qu’a réalisées monsieur Tran, peintre comme son père, alors qu’elle achète des peintures laquées reproduisant des scènes de la vie en Chine, pour décorer son appartement. Et d’autre part, le père de Mme Tran la présente comme la « chinoise » de la famille. Elle est d’ailleurs physiquement l’eurasienne la plus typée parmi ses frères et sœurs.

62Ainsi, dans son programme officiel, elle rejette comme fixation périmée les règles culturelles traditionnelles de l’organisation de la vie du couple et de la famille asiatique, mais dans son programme officieux, elle affiche une fidélité loyale à ses sources asiatiques.

63Nous ressentons une certaine perplexité par rapport à ces positions apparemment confusément paradoxales.

64La paradoxalité des loyautés se retrouve ici du côté de la femme. La femme reproche à son mari une régression infantile attribuée à un archaïsme culturel et, en même temps, elle se révèle porteuse de références et de valeurs traditionnelles asiatiques. Cela illustre la notion de paradoxalité de l’alliance.

65Ce sont les mêmes paramètres qui apparaissent comme facteurs de rupture qui contiennent les ingrédients fondateurs du pacte d’alliance conjugal. Ce qui peut se formuler en : « Je ne le supporte pas, mais c’est bien parce qu’il est ce qu’il est que je suis avec lui, et s’il était autre, je ne serais pas avec lui… »

66En effet, la demande de changement sur le symptôme de couple fait butée sur les résistances tendant à maintenir la fonction du maillage affiliatif conjugal. « C’est bien parce qu’il était tel, que s’est noué le lien. » Et paradoxalement, s’il changeait, cette alliance ne lui permettant plus de respecter sa loyauté ne serait plus viable. La demande de couple confronte à une double contrainte.

67Nombre de couples ne sont-ils pas cristallisés autour de ce paradoxe, rendant l’union insupportable et la séparation impossible ? Nous pouvons là reconnaître le mouvement oscillatoire décrit par G. Decherf et J.-P. Caillot dans le « narcissisme paradoxal ».

68Dans cet exemple plutôt métaphorique, l’organisateur de l’alliance est illustré par des aspects interculturels. La symptomatologie pathologique n’est pas ici l’expression d’une simple transgression par non-respect des loyautés, c’est en fait le non-respect qui est symptôme traduisant là un accroc dans le maillage du contenant généalogique.

69Nous avons vu qu’un des aménagements de la trame passe par l’affiliation et ici avec la constitution du pacte d’alliance conjugal. Le lien d’alliance conjugal restaure les contenants généalogiques des familles d’origine de chaque partenaire par des néomémoires familiales autorégulant et symboligènes. L’alliance va permettre respectivement une reprise des accrocs et trous des contenants familiaux de chaque famille d’origine. L’entrelacement à rebours situe ce remaillage organisationnel. C’est en quelque sorte un remaillage interfamilial entrecroisant en résonance, le négatif de chaque lignée familiale d’origine.

70Cette notion rejoint, avec « le pacte des négatifs », celle du « pacte dénégatif comme alliance inconsciente », décrit par R. Kaës.

Maillage affiliatif et pacte d’alliance

71On peut parallèlement s’interroger sur ce qui amène un couple à consulter ensemble et un thérapeute et un couple de thérapeutes à accepter cette demande de thérapie de couple, voire même à proposer un recadrage d’une demande individuelle ou d’une demande familiale en un entretien de thérapie de couple.

72Le lien conjugal est un lien affiliatif, comme l’ensemble des liens affiliatifs que la vie nous permet de construire, avec nos amis, nos liens insti­tutionnels professionnels, de croyance, d’activités et autres liens sociaux… Mais le lien conjugal est un lien affiliatif particulier car il est potentiellement générateur de nouveaux liens de filiation.

73Le remaillage des liens est à l’appareil psychique groupal ce que le travail de liaison est à l’appareil intrapsychique. Il suppose des mécanismes défensifs régulateurs et des organisateurs groupaux spécifiques des liens, d’un autre ordre logique. Les mécanismes de défense décrits classiquement (projection, déplacement, refoulement, conversion, isolation, compulsion, déni, clivage…) ont une fonction régulatrice de la psyché singulière.

74Cette régulation permanente par la création de nouveaux liens peut être insuffisante à remailler des contenants généalogiques suffisamment fiables. Or, les symptômes produits ayant cette fonction économique remaillante peuvent être eux-mêmes invalidants ou source de nouvelle souffrance sollicitant alors une demande thérapeutique d’aide et de changement.

75Le thérapeute individuel ou en couple avec un cothérapeute mobilise une perlaboration de la paradoxalité constitutive de la psyché du couple. Il écoute et reformule en résonance avec ses propres loyautés d’appartenance familiale, communautaire culturelle et scientifique.

76La thérapie de couple est une thérapie du groupe thérapeutique formé par les membres du couple qui consulte et le ou les consultants qui les reçoivent. Le travail thérapeutique est possible en raison de l’asymétrie des positions respectives garanties par le cadre thérapeutique.

77Le cadre pose les aspects du dispositif rendant possible les conditions de la rencontre et du sens. La rencontre thérapeutique est fondée sur la construction d’un lien affiliatif étayé sur le pacte d’alliance inconscient maillant les contenants généalogiques d’appartenance du couple qui consulte et les contenants d’appartenance du thérapeute ou du couple thérapeutique.

78Nous sommes amenés à travailler à coconstruire un nouvel espace psychique avec l’unité dyade couple.

Néocontenant narratif thérapeutique (Benghozi, 1994a, 1994b)

79En thérapie de couple, cela se traduit par la construction d’un scénario alternatif à celui qui, autour du symptôme, assurait déjà une fonction économique d’équilibre. D’où les résistances au changement. Cela suppose un cadre thérapeutique garant de la déconstruction du pacte d’alliance conjugal, et des conditions d’élaboration en thérapie d’un néocontenant narratif conjugal et familial alternatif.

80Ainsi est mise en gestion la liaison intrapsychique et interpersonnelle, mobilisant la fonction alpha (au sens de W. Bion) d’accueil et de contenance de la psyché des thérapeutes.

81Plus qu’un travail d’interprétation d’un matériel psychique refoulé, la capacité d’accueil et de rêverie du thérapeute va ouvrir grâce à un travail de reformulation, l’accès à une narrativité alternative coconstruite dans ce nouvel espace groupal contenant. Le maillage affiliatif thérapeutique permet l’émergence d’un néocontenant narratif groupal.

82L’espace topique mobilisé est ici essentiellement le préconscient. La fonction d’accueil et d’étayage est, en écho à la capacité de rêverie partagée, tissée d’images et d éprouvés par les thérapeutes mais aussi par les partenaires du couple qui consulte.

83En fait, ainsi que P. Aulagnier le précise : « La fonction causale attribuée par les sujets ou leurs parents à certains événements témoigne de tout un travail de reconstruction. »

84La notion de reconstruction est essentielle et suppose un travail permanent de déconstruction de l’histoire des familles pour que se re-construisent des nouvelles historicités narratives. La déconstruction est, dans la perspective de J. Derrida, une nouvelle élaboration de l’écriture d’un texte.

85La pratique des génogrammes, par exemple, en thérapie familiale psychanalytique n’a de sens que dans une épistémologie de la complexité comme l’expression d’une coconstruction créative à partir des associations libérées en séance de groupe et non comme la recherche d’une série d’informations explicatives déterminant un destin avec des stratifications générationnelles fossilisées qui se répéteraient.

86En des termes très différents, H. Atlan nous permet de décrire cette fonction mémoire-généalogique : « Les mécanismes de reproduction seraient plutôt des mémoires ajoutées à des systèmes en état de non-équilibre. » Le programme autoréférentiel des familles que nous pouvons appeler prgf (programme référentiel de groupe familial) contient, comme dans l’intelligence artificielle, cette aptitude à intégrer des nouvelles informations en renouvelant un néoprogramme d’autorégulation. Ce sont des « structures auto-organisatrices de mémoires » (Atlan). Ainsi, la reproduction assurant la continuité généalogique n’est pas avec la constitution du lien d’alliance une simple répétition, mais constitue des néomémoires différentielles.

87Cette épistémologie permet de concevoir une modélisation holographique en thérapie familiale : le porte-symptôme est à la fois un élément de l’hologramme, un extrait du spectre de l’objet, tout en étant une totalité qui représente chaque élément du contexte. Par exemple, nous avons décrit comment un patient à symptomatologie psychotique peut assurer une fonction mémoire phylogénétique et ontogénique de l’ensemble du groupe familial. On retrouve ici la fonction de « l’enfant-ancêtre », décrite en ethnopsychiatrie.

88Le remaillage des contenants troués est structuré autour d’organisateurs du groupement, qui ont pour fonction la capacité de « faire-lien » intra, inter et transpsychique.

Maïeutique de la transférance et péritransféralité

89Le transfert en thérapie de couple va réactualiser les paradoxes fondateurs de l’alliance en projections sur les thérapeutes et en résonnance avec les fondements paradoxaux inconscients fondateurs du couple thérapeutique.

90Nous définissons la transférance comme un Tout, un processus interactif, transfert-contretransfert. La transférance est une émergence groupale mettant en résonance l’ensemble des mouvements transférentiels et contre-transférentiels. Elle prend une place particulière en thérapie de couple avec la présence d’un thérapeute et d’un cothérapeute.

91La construction du pacte d’alliance thérapeutique est l’expression des mouvements psychiques de la transférance. De la même manière que la naissance d’un enfant représente non un début mais traduit autour de la périnatalité déjà un aboutissement, engageant avec le désir de chaque partenaire la préconception généalogique du groupe familial, nous avons vu comment le choix du partenaire, et la constitution du lien d’alliance se fonde sur des anticipations projectives inconscientes, semblant véhiculer des signifiants inter et transgénérationnels, non seulement des thérapeutes, mais aussi véhiculés dans l’édifice généalogique du contexte institutionnel.

92À la diffraction des loyautés généalogiques, fait écho « la diffraction des transferts dans le groupe » (Kaës).

93La dynamique transférentielle concernant le processus de la rencontre avec l’analyste et particulièrement la création de l’enveloppe thérapeutique, avec le couple de thérapeute dans son cadre institutionnel, définit ce que nous appelons la péritransféralité en thérapie. La préconception est à la périnatalité ce que le prétransfert est à la péritransféralité.

94L’alliance thérapeutique n’est-elle pas l’accès à une maïeutique ? C’est du métier de sage-femme de sa mère que Socrate s’est inspiré pour fonder sa maïeutique comme l’art de l’accouchement des esprits !

95Nous avons formulé que, paradoxalement, le précontretransfert précéde le transfert. L’accueil est dans le déjà-là… Qu’en est-il des fondements du lien d’alliance thérapeutique ? Qu’en est-il du maillage généalogique fondateur de l’alliance conjugale, dans le pacte d’alliance affiliatif contenant du groupe thérapeutique ?

96Le travail d’intertransfert entre thérapeute et cothérapeute permet de mieux perlaborer les enjeux inconscients dans la généalogie de la rencontre. La rencontre est celle du couple qui consulte, du couple thérapeutique, et la rencontre entre le couple qui consulte avec le couple thérapeutique, dans un cadre institutionnel.

97Parfois, seul un travail de supervision des thérapeutes de couple permet de mieux élaborer les enjeux de l’alliance thérapeute et cothérapeute, et ce qui se remet en scène dans l’espace thérapeutique avec le couple qui est reçu en thérapie. La demande de supervision peut se reformuler parfois comme une demande de thérapie du couple thérapeute et cothérapeute.

98La dyade couple formule une demande complexe à la fois individuelle, couplale, et généalogique, mobilisant ces différents niveaux du prétransfert.

99Lors d’un atelier que nous nous avons animé ensemble au congrès de Toulouse « Thérapie psychanalytique du couple et modernité » en 1987, E. Granjon, commentant l’exemple de cette thérapie précédemment décrite, rapprocha les singularités plurielles occidentales et orientales des familles d’origine, et la double casquette du thérapeute concernant à la fois sa position de psychiatre et de psychothérapeute familial dans la même institution ainsi que sa propre interculturalité. Sont ici repérés des niveaux d’interface et de résonances contre-transférentielles entre la constitution du couple, celle du contenant groupal thérapeutique et le contexte institutionnel. C’est dire l’importance de la dimension pré-contre-transférentielle déjà présente avec la singularité du cadre et la subjectivité des thérapeutes, dans la généalogie du maillage affiliatif thérapeutique.

100Proposer un cadre tel que celui de recevoir les deux membres du couple ensemble lors d’une thérapie de couple, avec notre rituel thérapeutique, en rapport avec notre étayage théorique, n’est-ce pas en effet déjà mettre en acte notre pré-contre-transfert ?

101Cette lecture concerne ici l’analyse du processus de péritransféralité. Parallèlement, c’est par le maintien rigoureux du cadre que sera travaillé un trou de contenant dans une famille, celle-ci se manifestant précisément par des attaques du cadre.

102On peut repérer là, ainsi que l’a proposé J. Bleger, dans son article sur « La psychanalyse du cadre psychanalytique », l’importance au-delà du contenu du discours, de l’aménagement du cadre comme contenant du processus thérapeutique.

Conclusion

103Nous formulons la proposition que toute thérapie de couple amène à déconstruire les loyautés généalogiques paradoxales du pacte d’alliance fondateur du couple. Nous avons ainsi illustré en quoi la paradoxalité est organisatrice des liens d’alliance au niveau du groupe-couple et au niveau du contenant groupal thérapeutique. Cela engage des loyautés généalogiques paradoxales pour chacun des deux partenaires, à la fois Sujet singulier et Sujet groupal d’appartenance. Cette paradoxalité est déconstruite en mettant au travail les enjeux complexes transférentiels et contre-transférentiels de l’alliance thérapeutique.

104Cette réflexion permet d’envisager les paradoxes fondateurs de l’alliance dans une perspective psychanalytique des liens.

105La modernité rejoint, avec les acquisitions dans le champ des nouvelles procréations médicalement assistées, les interrogations concernant le pacte d’alliance conjugal et les loyautés transgénérationnelles. Comment s’inscrit pour le couple parental et pour l’enfant, la filiation par rapport aux lignées généalogiques d’origine ?

106Nous vivons la révolution technologique rendant possible une diffraction de l’étayage biologique du lien de filiation. Il se précise un clivage entre les positions génitrices biologiques et la métonymie des figures psychiques imagoïques du couple parental.

107« Et en effet, pour un bébé-éprouvette avec une mère porteuse, qu’en est-il de l’alliance à l’Ancêtre… ? »

Notes

  • [*]
    Pierre Benghozi, pédopsychiatre psychanalyste, président de l’irp, Service de psychiatrie de l’enfant, de l’adolescent et de la famille, ch Guérin, Pierrefeu, Hyères ; pbenghozi@wanadoo.fr
  • [1]
    Ce texte reprend une version remaniée de l’article de P. Benghozi, « Paradoxalidade do laço de aliança e malha genealogica dos continentes do casal e da familia », publié en portugais dans le livre de M. Ramos, R. Kaës, P. Benghozi (sous la direction de), Casal e familia como paciente (Escuta Ltda, 1994).
  • [2]
    P. Robert, « La thérapie familiale psychanalytique : questions techniques », dans J.-G. Lemaire (sous la direction de), L’inconscient dans la famille : Approches en thérapies familiales psychanalytiques, Paris, Dunod, 2007, p. 64.
Français

Résumé

Le fondement du lien de couple est analysé comme l’expression d’un pacte d’alliance inconscient restaurateur des failles de la transmission psychique généalogique des familles d’origine.
Cela engage des loyautés paradoxales pour chacun des deux partenaires, à la fois Sujet singulier et Sujet groupal d’appartenance. Cette paradoxalité est déconstruite en mettant au travail les enjeux complexes transférentiels et contre-transférentiels de l’alliance thérapeutique en thérapie de couple. Cette réflexion permet d’envisager les paradoxes de l’alliance thérapeutique dans une perspective psychanalytique des liens.

Mots-clés

  • fondement du lien de couple
  • pacte d’alliance
  • paradoxes
  • loyautés inconscientes
  • transmission généalogique
  • transfert
  • thérapie de couple
  • psychanalyse familiale
  • institution
  • contenance
  • narrativité
Español

Paradojalidad del pacto de alianza conyugal y red reciproque des contenedores genealógicos de pareja y de familia

Resumen

La fundación del lazo de pareja está analizada como la expresión de un pacto de alianza inconsciente restaurador de las fallas de la transmisión psíquica genealógica des familias de origen. Eso produce lealtades paradójicas para cada uno de los dos miembros, a la vez.
Sujeto singular y del Sujeto grupal de pertenencia. Esta paradoja está destruida operando las puestas complejas transferenciales et contra-transferenciales de la alianza terapéutica en terapia de pareja. Esta reflexión permite de considerar las paradojas de la alianza terapéutica en una perspectiva sicoanalítica des lazos.

Palabras claves

  • fundación del lazo de pareja
  • pacto de alianza
  • paradojas
  • lealtades inconscientes
  • transmisión genealógica
  • transferencia
  • terapia de pareja
  • psicoanálisis familial
  • institución
  • contenedores
  • narratividad

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Pierre Benghozi [*]
  • [*]
    Pierre Benghozi, pédopsychiatre psychanalyste, président de l’irp, Service de psychiatrie de l’enfant, de l’adolescent et de la famille, ch Guérin, Pierrefeu, Hyères ; pbenghozi@wanadoo.fr
Mis en ligne sur Cairn.info le 11/05/2012
https://doi.org/10.3917/rppg.058.0105
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