CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Les analystes se perdent en conjectures afin de deviner si le monde d’après la pandémie de Covid-19 sera différent ou semblable à ce qu’il était avant. L’exercice est un peu vain, car les humains ont la mémoire plus courte que les éléphants et tirent rarement les leçons des malheurs qui ont fondu sur eux, qu’ils aient ou non une part de responsabilité dans ceux-ci. C’est ainsi que dans beaucoup de pays les pentes des volcans sont vite repeuplées après les éruptions meurtrières, les maisons sont reconstruites dans les mêmes sites et sans grandes précautions après les tremblements de terre, les inondations, les tsunamis, les incendies de forêts. Les peuples et leurs gouvernants ont à maintes reprises enchaîné des guerres avec les mêmes voisins pour n’avoir pas su imaginer de bons traités de paix. La France et l’Allemagne en ont fait l’absurde et cruelle démonstration à trois reprises au XIXe et au XXe siècle. La pandémie actuelle a révélé certaines valeurs et forces, mais aussi beaucoup de faiblesses de notre société. Saurons-nous les diagnostiquer et en tirer parti, c’est-à-dire changer nos comportements ?
L’intérêt du télétravail est apparu évident aux salariés et aux chefs des entreprises de certaines branches du secteur des services, mais chacun a aussi compris que cette pratique ne peut remplacer la présence au bureau et la vie sociale qui sont facteurs d’épanouissement, d’efficacité et d’inventivité. Il en est de même en matière éducative. De la maternelle à l’enseignement supérieur, la pandémie et le confinement ont eu des conséquences majeures qui n’ont sans doute pas été suffisamment analysées…

Français

L’examen du bac 2020 a été remplacé par la prise en compte des notes obtenues par les élèves entre septembre 2019 et mars 2020. Avec le rattrapage, cela a abouti à un taux record de succès atteignant 95,7 %, ce qui ôte toute crédibilité à ce diplôme. Cette mascarade n’est que l’un des symptômes de la crise profonde de l’Éducation nationale française. Les filières professionnalisantes du Secondaire et du Supérieur sont insuffisamment développées et beaucoup de filières générales, surtout en lettres et sciences humaines, conduisent de nombreux étudiants à l’abandon, à l’échec, au chômage. Il est temps que l’État impose à tous les établissements qu’il finance de conduire leurs diplômés à l’insertion professionnelle.

Jean-Robert Pitte
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Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques
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Mis en ligne sur Cairn.info le 12/07/2022
https://doi.org/10.3917/admi.267.0065
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