CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Le vieillissement de la population caractérise si bien ce début de siècle, qu’à la notion de troisième âge succède désormais la notion de quatrième âge. Il s’accompagne de nombreux changements, qui se manifestent tant au niveau social, physique, que psychique.

2Dans ce travail, nous nous intéressons à la capacité des personnes âgées à faire face à ces changements et aux répercussions qu’ils peuvent avoir sur la sphère affective. C’est ainsi que nous traiterons, dans un premier temps, du vieillissement sous l’angle du faire face. Nous considérerons les stratégies d’adaptation et leur évolution avec l’avancée en âge, de même que le devenir émotionnel, dont nous développerons principalement un aspect, l’alexithymie. Puis, dans une seconde partie, nous traiterons du protocole de recherche mis en œuvre et les résultats obtenus, pour conclure sur une discussion concernant le devenir de l’expression émotionnelle dans l’âge.

Vieillir, sous l’angle du faire face : faire face et alexithymie

3Vieillir, en plus d’être synonyme de changements, engage l’individu dans un faire face : à la maladie, à la perte d’autonomie, à la mort. Les personnes âgées auront, chacune, une façon propre d’être dans ce faire face, certains seront dans l’affrontement, c’est-à-dire dans le contrôle, d’autres dans l’évitement, la fuite, d’autres, enfin, seront dans l’émotion. La théorie du désengagement de Cumming (1961) est l’une des illustrations du faire face selon un axe émotionnel, et suppose une perturbation des processus émotionnels comme explication de la tendance au repli social, gouvernée par le repli émotionnel et sensée protéger de la mort.

4Les personnes âgées sont souvent contraintes d’affronter la mise en institution, épreuve difficile, car venant marquer davantage la perte d’autonomie et mettant alors, à l’épreuve, les capacités de faire face de l’individu. Bien souvent, il apparaît que les personnes âgées en institution présentent des difficultés à exprimer leurs affects, cette difficulté émotionnelle pouvant parfois aller jusqu’à un « enfermement ». L’hypothèse de l’autorégulation des émotions (Lawton, Kleban, Rajagopal, Dean, 1992), avance que le développement s’accompagne d’un meilleur contrôle des émotions, d’une stabilité de l’humeur, d’un évitement des stimulations provoquant de hauts niveaux d’activation, de réponses psychophysiologiques moindres, c’est-à-dire des réactions physiologiques (rythme cardiaque, pression sanguine, sudation…) et psychologiques (cognitives et expérientielles) diminuées, du fait d’un évitement ou d’une meilleure gestion de ces dernières, lors de situations à fort caractère émotionnel. Cela pose, donc, la question de savoir ce qui fait que ce meilleur contrôle des émotions peut aller jusqu’à une absence de verbalisation du ressenti, et sur les raisons qui pousseraient certains individus âgés à adopter un fonctionnement tourné vers les évènements factuels et à laisser de côté leurs affects. En ce sens, au sein de la population des âgés, il est indispensable de distinguer ceux qui sont dans le faire face, de ceux qui l’évitent, ceux dont le fonctionnement émotionnel demeure « usuel », de ceux qui resteront dans l’évitement émotionnel. C’est sur cette distinction que va être travaillée l’alexithymie (définie ci-dessous) chez les âgés. Effectivement, ces personnes sont-elles dans l’évitement, parce que leurs ressources émotionnelles ne leur permettent plus ou parce que la vie en institution influence leurs comportements d’évitement, évitement aussi bien émotionnel, que relationnel ? L’alexithymie serait-elle, elle-même, une stratégie de faire face, comme le supposent certains auteurs, tels que Van Hest et coll. (1999), ou Kauhanen (1992) ou serait-elle, à l’inverse, un élément perturbateur dans la mise en place de stratégies d’adaptation ou, encore, l’effet, le résultat d’un échec du faire face ? C’est, donc, en étudiant les rapports entre alexithymie et faire face, entre capacité de verbalisation des émotions et capacité d’élaborer des stratégies d’adaptation face au stress, que cette problématique du faire face va être abordée. Ces interrogations nous ont conduit à poser l’hypothèse suivante : la vie en institution influerait les stratégies de faire face des sujets âgés et, par-là même, l’expression des émotions. L’alexithymie apparaîtrait alors comme la résultante d’une façon de faire face.

Le faire face ou les stratégies de faire face

5Avant de parler de stratégie d’adaptation, il nous faut parler du stress, stress et faire face étant indissociables. Le concept de stress a été défini par Selye (1955) comme « la réponse non spécifique de l’organisme à toute demande de l’environnement, réponse nécessitant un certain effort d’adaptation de la part des individus. » (Richard, Mateev-Dirkx, 2004, p. 98).

6Différents auteurs ont proposé des représentations du stress, afin de déterminer sa fonction, sa place. Des auteurs, tel que Selye, l’ont défini comme une réponse de l’organisme ; d’autres, dont Atkinson, Atkinson, Smith et Higard (1987) le décrivent comme un stimulus, le stress étant, alors, un évènement créant un état de tension dans l’organisme, auquel ce dernier doit faire face ; pour d’autres, enfin, tels que Lazarus et Folkman (1984), le stress peut aussi être représenté comme une interaction entre la personne et l’environnement qui l’entoure. Ainsi, le stress fait partie intégrante de la vie de tout être humain et cela de sa naissance à sa mort.

7Lazarus et Folkman (1984) considèrent deux facteurs comme indispensables, afin de jauger le degré de stress engendré par l’interaction personne/ environnement : l’évaluation cognitive, c’est-à-dire l’évaluation de l’impact d’un évènement sur le bien-être d’un individu, ainsi que la manière de faire face à la situation. C’est, donc, par le faire face qu’il sera question, pour les personnes, de s’adapter ; en effet, le faire face s’applique à une situation stressante. Il correspond à la capacité à mettre en place des stratégies pour faire face à un agent stressant. Ce concept, proposé par Lazarus et Launier en 1978, est issu d’une observation de Lazarus. Ce dernier avait remarqué qu’en situation de stress, l’individu pouvait réagir de diverses manières, soit par l’envahissement en se laissant alors submerger par ses émotions, soit par le détachement intellectuel, en intellectualisant la situation, afin de se détacher des émotions suscitées par cette dernière, soit par la négation des réactions de stress, en niant les émotions générées par la situation. Ils définirent, alors, les stratégies de faire face comme « l’ensemble des comportements et cognitions qu’un individu interpose entre lui et un évènement perçu comme menaçant, en vue de maîtriser, tolérer ou diminuer l’impact de celui-ci sur son bien-être physique et psychologique » (Luminet, 2002, p. 45).

8Le faire face exercerait trois fonctions : 1o supprimer ou réduire la demande et accroître les ressources pour la régler, 2o gérer la tension qui est ressentie comme le résultat de l’expérience des demandes, 3o redéfinir les demandes pour les rendre acceptables. En conséquence, aspects conscients et inconscients font partie intégrante du faire face et l’on ne peut considérer ce dernier en dehors de ces deux aspects.

9Pour Lazarus et Folkman (1984), le faire face consistera en des stratégies cognitives, destinées à diminuer le stress et en un comportement adaptatif, afin de gérer le stress sur un versant pouvant être rationnel (centré sur le problème) ou émotionnel (centré sur l’émotion).

10Luminet (2002) ajoute qu’on doit considérer trois éléments primordiaux à la mise en place de stratégies de faire face : les caractéristiques de la situation, qui définissent la nature et l’intensité du danger, celles de l’individu, qui englobent ses expériences passées, ses capacités, sa personnalité et, enfin, l’interaction entre la personne et la situation, et l’évaluation que la personne fait de ses propres capacités, ainsi que de la situation. Le faire face désigne, donc, les moyens mis en œuvre par tout individu pour s’adapter aux évènements stressants, sa principale fonction étant de maintenir, chez la personne, une adaptation psychologique, pendant la période de stress, afin de la rendre supportable. Ainsi, on définit, en général, le faire face, comme pouvant être de trois types : 1o centré sur le problème ; dans ce cas, les efforts se concentrent en vue de résoudre les effets du stress ; 2o centré sur l’évitement, par une mise à l’écart de l’attention à l’égard de l’élément stressant, ainsi que des réactions psychologiques et somatiques qui lui sont liées ; 3o centré sur l’émotion, afin de diminuer la détresse émotionnelle provoquée par l’évènement stressant. Ainsi, les stratégies centrées sur le problème, seront, de préférence, utilisées dans le cas de situations susceptibles d’évoluer ; en revanche, dans le cas de situations incontrôlables, les stratégies centrées sur l’émotion seront privilégiées.

11L’entrée en institution des personnes âgées est généralement consécutive soit à l’incapacité de l’entourage (s’il existe) de prendre en charge la personne soit à la nécessité d’une médicalisation permanente, demandant un suivi continu. Pour la personne âgée, cela signifie, très concrètement, que cette prise en charge par l’institution est irréversible. C’est pourquoi on peut s’attendre à ce que les stratégies de faire face, centrées sur l’émotion, se développent au fur et à mesure que le temps de vie en institution augmente. Dans ce cas, que pourrait traduire une alexithymie ?

L’alexithymie

12L’étude de patients souffrant de troubles psychosomatiques est à l’origine de la découverte de l’alexithymie. Bien que ce soit Sifneos qui créa ce terme en 1972, d’autres auteurs, avant lui, avaient parlé de dérèglements au niveau du traitement cognitif des émotions. Ainsi, Ruesch (1948) ou encore Mac Lean (1949) avaient remarqué des perturbations de l’expression verbale et de la symbolisation des émotions chez des patients psychosomatiques. Marty et de M’Uzan (1963), reprenant ces travaux, ont introduit la notion de pensée opératoire, pour définir ces personnes dont les pensées sont dépourvues de tout contenu affectif et fantasmatique (Marty, 1990). Pour ces auteurs, la pensée opératoire correspond à un mode de fonctionnement cognitif centré sur les aspects purement factuels de la vie quotidienne (Cosnier, 1994), et serait marquée par une absence d’activité fantasmatique et onirique, à l’origine de perturbations somatiques. McDougall précise que les personnes fonctionnant selon le mode de la pensée opératoire semblent ignorer toutes réactions émotionnelles lors de situations traumatiques ou conflictuelles. Sifneos (1973) propose ce néologisme, alexithymie, (a-lexis-thymos), qui, étymologiquement, signifie « incapacité à exprimer ses émotions par des mots ». Ainsi, la description de la « pensée opératoire », de même que leurs expériences permettront à Sifneos (1973) et Nemiah (1973) de définir et décrire des caractéristiques cognitives et affectives, que présentaient des patients souffrant de troubles psychosomatiques, en distinguant, toutefois, l’alexithymie de la pensée opératoire. Nemiah, Freyberger et Sifneos (1976) précisent que les patients alexithymiques se caractérisent par une incapacité particulière à identifier et à décrire verbalement les sentiments et les émotions, par une activité fantasmatique limitée et par un style cognitif pragmatique, prioritairement orienté vers les symptômes physiques et les éléments factuels extérieurs. Montreuil et Lyon-Caen (1993) ajoutent que l’alexithymie repose sur une interaction entre cognition et émotion et qu’en cela, elle ne représente pas qu’un déficit émotionnel mais comprend également « la pauvreté de certains processus cognitifs et symboliques ». McDougall (1989) précise que l’alexithymie se présenterait comme un mécanisme de défense chez le sujet qui la met en place, en lui permettant de se couper de sa conflictualité psychique et c’est en cela qu’elle devrait se comprendre dans « l’articulation de cette incapacité à l’autre », dans l’incapacité de décrire ce que ressent l’autre.

13À l’heure actuelle, il existe une définition de l’alexithymie réunissant différents auteurs dont Luminet (2002) et qui sera celle retenue ici. Cette définition regroupe quatre dimensions caractéristiques de ce trouble : 1o une difficulté à identifier et à distinguer les états émotionnels ; 2o une difficulté à verbaliser les états émotionnels à autrui ; 3o une vie imaginaire réduite ; 4o un mode de pensée tourné vers les aspects concrets de l’existence, au détriment de leurs aspects affectifs ou « pensée opératoire ».

14Les individus alexithymiques ne se caractérisent donc pas par une incapacité à ressentir des émotions et à les exprimer, mais, plutôt, par une difficulté à les différencier et à les verbaliser : c’est en cela qu’alexithymie et pensée opératoire se distinguent.

15Il faut tout de même préciser que certains auteurs, parmi lesquels Sifneos (1973), ne croient pas en une alexithymie unique, s’inscrivant dans une optique développementale adaptative, mais distinguent deux types d’alexithymie : une alexithymie primaire, et une alexithymie secondaire, résultant toutes deux de causes distinctes. L’alexithymie primaire renverrait à un modèle neurophysiologique et regrouperait des facteurs de vulnérabilité prédisposant à l’expression de pathologies psychosomatiques ; l’alexithymie secondaire serait associée soit à un traumatisme, qui entraînerait une accentuation de mécanismes de défense tels que le déni ou la répression des affects, soit à des facteurs socioculturels. Des auteurs, tels que Cohen, Auld et Brooker (1994) ou Rief, Heuser et Fichter (1996) précisent, concernant l’alexithymie secondaire, qu’elle représenterait une « stratégie d’adaptation » face à des évènements de vie stressants, voire traumatiques. Nous pouvons, donc, penser que les liens entre alexithymie et faire face ne peuvent se résumer à une simple relation de linéarité et l’un de ces concepts ne peut se réduire à l’autre, alexithymie et faire face représentant deux entités à la fois séparées, et intimement intriquées. Mais que représente une non-expression des émotions chez une personne âgée ? Se pourrait-il que l’alexithymie soit une façon de faire face ?

L’étude

La population

16Soixante participants, répartis en 4 groupes, ont participé à cette recherche :

  • groupe C : groupe contrôle. Ce groupe est constitué de 15 personnes en activité (de 45 à 60 ans, m = 53,73, ? = 5,45), épanouies dans leur activité et de milieu socio-culturel équivalent aux groupes de personnes âgées ;
  • groupe ÂA : groupe de personnes âgées autonomes. Ces 15 personnes (de 70 à 86 ans, m = 79,73, ? = 5,21,) vivent à domicile. Il faut préciser que la plupart d’entre elles ont une place active dans la société, et participent à des activités diverses, notamment par le biais de club du troisième âge [1].
Pour les groupes suivants, il s’agit de personnes âgées de 75 à 100 ans, vivant dans différentes institutions du Gard et de l’Hérault [2] :
  • groupe ÂE : groupe de 18 personnes (de 77 à 99 ans, m = 89,44, s = 6,65), vivant en institution depuis moins d’1 an et demi ;
  • groupe ÂR : groupe de 14 personnes (de 70 à 99 ans, m = 84,71, ? = 7,53) vivant en institution depuis plus de quatre ans.
Ces différents groupes sont composés d’individus de même niveau socio-professionnel (niveau moyen) et d’âge équivalent. De plus, la population a également été appariée à l’aide d’échelles : le MMSE (Mini mental status examination de Greco), et la HADS (Hospital anxiety depression scale). Cette première étape a permis d’inclure, dans l’étude, uniquement les personnes ne présentant pas de détérioration mentale ou une détérioration légère (30 > MMS > 20) et présentant un score à la HADS ne venant marquer qu’une dépression légère, voire modérée (0 < HADS < 14), les personnes fortement dépressives n’ayant pas été incluses dans l’étude.

Le matériel

L’échelle de faire face : le CISS

17Le Coping inventory for stressful situation (CISS), d’Endler et Parker (1990), est utilisé dans sa version française de l’EPA. C’est un test facile à administrer, une auto-évaluation comprenant 48 items, qui permet de mesurer le faire face multidimensionnel, c’est-à-dire de mettre en évidence les différents styles de faire face : 16 items évaluant le faire face orienté sur la tâche, c’est-à-dire centré sur le problème, 16 évaluant le faire face centré sur l’émotion, et 16 évaluant le faire face centré sur l’évitement, au sein duquel on distingue deux sous-échelles, orientées sur la distraction, qui comprend 8 items et sur la diversion sociale, qui comprend 5 items (les deux sous-échelles de l’évitement ne seront pas prises en compte dans notre recherche).

18Pour répondre au CISS, les participants doivent suivre la consigne suivante : « Il existe un grand nombre de manières de faire face à des situations stressantes et de s’y adapter. On vous demande d’indiquer ce que vous faites ou ressentez habituellement quand vous avez des soucis, quand vous vivez des situations difficiles ou que vous êtes dans une période de stress important. Répondez en entourant le chiffre qui correspond à votre façon de réagir. 1 = ne correspond pas du tout, 5 = correspond tout à fait, 2, 3, 4 permettent de nuancer votre réponse ».

19Le codage nécessite que chaque item ait une réponse et que les réponses ambiguës soient clarifiées. Il faut veiller à ce que moins de 5 items restent sans réponses, afin de pouvoir effectuer les calculs ou, du moins, d’obtenir les points valables. Ainsi, le rang potentiel, pour chacun des trois styles de faire face, est de 16 à 80, et le score, pour la sous-échelle de distraction, est de 8 à 40, celui pour la sous-échelle de diversion sociale étant de 5 à 25.

L’échelle d’alexithymie : la TAS-20

20La Toronto alexithymia scale (TAS) a été mise au point au milieu des années 80 par une équipe de chercheurs de l’université de Toronto. D’abord constituée de 26 items et comprenant cinq dimensions, dont : 1o la difficulté à décrire ses états émotionnels, 2o une difficulté à distinguer entre sentiments subjectifs et sensations corporelles, lors de l’activation émotionnelle, 3o le manque d’introspection, 4o du conformisme social, et 5o l’appauvrissement de la vie fantasmatique et imaginaire, la TAS, établie par Taylor, Ryan et Bagby (1985) a été révisée par Bagby, Parker et Taylor (1994) : la TAS-20. Cette échelle d’autoévaluation, de 20 items, comprend trois dimensions : 1o la difficulté à identifier ses états émotionnels, 2o la difficulté à décrire ses états émotionnels à autrui, et 3o la pensée opératoire. Loas, Otmani, Fremaux, Lecercle, Duflot et Delahousse (1996) ont traduit et validé cette échelle en français. Cette structure, en trois facteurs, se maintient indépendamment du sexe et de l’âge des répondants. De plus, la répartition aléatoire des items permet de contrôler les effets de l’ordre.

21Les participants répondent à cette échelle en respectant la consigne suivante : « Indiquez à quel point vous êtes en accord ou en désaccord avec chacune des affirmations qui suivent. Il suffit de mettre une croix dans la case correspondant à votre choix. Ne donnez qu’une seule réponse pour chaque proposition : (1) désaccord complet, (2) désaccord relatif, (3) ni accord ni désaccord, (4) accord relatif, (5) accord complet ».

22Le codage nécessite que chaque item ait une réponse, le score final étant compris entre 20 et 100. Le score clinique est au-delà de 61.

Résultats et analyse

Le faire face

23– Analyse des résultats (voir graphique 1)

Graphique 1

Score moyen de chaque groupe pour chaque facteur du faire face

Graphique 1

Score moyen de chaque groupe pour chaque facteur du faire face

24Dans l’analyse de nos données, nous avons, tout d’abord, réalisé une Anova sur l’ensemble des groupes, dont les résultats montrent qu’il existe un effet de groupe sur le faire face centré sur le problème (F(3,58) = 4,55, p < .004), mais non sur le faire face centré sur l’évitement (F(3,58) = 1,89, ns), ni sur le faire face centré sur l’émotion (F(3,58) = 2,31, ns).

25Afin d’aller plus avant dans nos résultats, nous avons, ensuite, effectué des comparaisons de moyennes, comparaisons des groupes deux à deux.

26Les comparaisons de moyennes entre les groupes mettent en évidence des différences significatives pour le faire face centré sur le problème : entre les participants du groupe contrôle (C), et ceux du groupe entrant en institution (ÂE) (t(29) = 2,57, p < .01) ; entre le groupe C et les sujets en institution depuis plus de quatre ans (ÂR) (t(29) = 3,34, p < .001) ; de même qu’entre le groupe autonome (ÂA) et le groupe ÂR (t(29) = 2,62, p < .01). Ces résultats montrent que l’avancée en âge, mais surtout la vie en institution, ont une influence négative sur les stratégies de faire face centrées sur le problème.

27Les comparaisons de moyennes entre les groupes montrent également des différences significatives pour le faire face centré sur l’émotion entre le groupe C et le groupe ÂA, (t(29) = 2,22, p < .03). Ces résultats indiquent une tendance plus importante chez les participants du groupe contrôle à utiliser des stratégies centrées sur l’émotion que chez les personnes âgées autonomes.

28Pour ce qui est du faire face centré sur l’évitement, nous observons des différences significatives entre le groupe ÂA et le groupe ÂR (t(29) = 2,49, p < .01) et entre le groupe ÂE et le groupe ÂR (t(29) = 2,03, p < .04). Ces données soulignent que la durée de vie en institution vient diminuer les possibilités d’évasion sociale, de distraction.

29– Pour résumer : les données recueillies mettent en évidence que, dans l’ensemble de la population des personnes âgées, la vie en institution joue principalement un rôle sur le faire face centré sur le problème. Ainsi, nous pouvons dire, au vu des comparaisons de moyennes entre groupes, que les personnes vivant en institution centrent moins leurs stratégies d’adaptation sur le problème, et cela d’autant plus que le nombre d’années de vie en institution est important. Un autre résultat intéressant le faire face émotionnel, qui apparaît comme moins utilisé par les âgés autonomes, ceci pouvant s’expliquer par l’utilisation de conduites sur-apprises chez ces derniers, conduites d’adaptation plus centrées sur le problème ou l’évitement et qui restent accessibles à ces derniers, mais aussi par leur participation active dans la société, qui les empêche d’être trop centrés sur eux-mêmes dans les moments de stress. Enfin, il faut noter concernant les stratégies centrées sur l’évitement, une influence de la durée de vie en institution, les personnes vivant depuis plusieurs années en institution seraient, alors, plus dans la passivité, dans le repli social, que les autres.

Alexithymie

30– Analyse des scores d’alexithymie

31Les scores d’alexithymie sont calculés sur la somme des 3 dimensions. Ils mettent en évidence que, seuls, les individus institutionnalisés présentent une alexithymie (score total >61), trois participants sur 18 en institution depuis moins d’un an et demi et dix sur 14 en institution depuis plus de quatre ans. Ces scores nous permettent de mettre en rapport alexithymie et vie en institution : plus le temps de prise en charge est grand, plus les individus présenteraient une propension à l’alexithymie.

32– Analyse des scores pour chaque dimension (voir graphique 2)

Graphique 2

Scores moyens de chaque groupe pour chaque dimension de l’alexithymie

Graphique 2

Scores moyens de chaque groupe pour chaque dimension de l’alexithymie

33Les résultats montrent qu’il existe un effet de groupe sur chacun des facteurs : 1o difficulté à identifier les émotions (F(3,58) = 22,05, p < .00001) ; 2o incapacité à verbaliser les états émotionnels à autrui (F(3,58) =5,87, p < .001) ; 3o pensée opératoire (F(3,58) = 15,58, p < .00001).

34Les comparaisons de moyennes entre les groupes montrent, pour le facteur « difficulté à identifier les émotions », des différences significatives entre les groupes C et ÂE (t(29) = – 2,09, p < .04), entre les groupes C et ÂR (t(29) = – 7,05, p < .00001), mais également des différences significatives entre les groupes ÂA et ÂE (t(29) = – 2,14, p < .03) et entre les groupes ÂA et ÂR (t(29) = – 7,10, p < .00001), et entre les groupes ÂE et ÂR (t(29) = – 5,30, p < .01). Ces données indiquent que l’avancée en âge, de même que la durée de vie en institution, influencerait la capacité des personnes âgées à identifier leurs émotions.

35Pour le facteur « difficulté à verbaliser les états émotionnels à autrui », la comparaison entre les groupes met en avant une différence significative entre les groupes C et ÂR (t(29) = – 3,60, p < .00001), entre les groupes ÂA et ÂR (t(29) = 2,03, p < .04), et entre les groupes ÂE et ÂR (t(29) = – 3,69, p < .00001). Par conséquent, la durée de vie en institution entraîne une difficulté à verbaliser ses états émotionnels à autrui.

36Pour le facteur « pensée opératoire », les comparaisons entre les groupes donnent des différences significatives entre les groupes C et ÂE (t(29) = – 2,32, p < .02), entre les groupes C et ÂR (t(29) = – 6,38, p < .00001), entre les groupes ÂA et ÂR (t(29 = – 5,37, p < .00001), et entre les groupes ÂE et ÂR (t(29) = – 4,38, p < .00001). Si l’avancée en âge engendre des modifications de la pensée opératoire, la durée de vie en institution de la personne âgée semble encore plus déterminante : la vie imaginaire se réduit pour laisser place à une tendance à se focaliser sur les aspects concrets du quotidien.

37– Pour résumer : au vu de ces résultats, nous pouvons dire que, dans l’ensemble de la population des personnes âgées, la vie en institution a un effet sur la capacité des individus à identifier leurs émotions, mais, également, sur leur capacité à verbaliser leurs états émotionnels à autrui et sur leur capacité à laisser libre cours à leur imagination, ces personnes devenant plus centrées sur les aspects concrets du quotidien. De plus, nous pouvons dire que la vie en institution influence la capacité des individus à identifier leur ressenti. Ainsi, plus ces derniers vivent depuis longtemps en institution, plus il leur serait difficile d’identifier leurs émotions. Mais pas seulement, car plus la durée de vie en institution est importante, plus elle rend difficile la verbalisation des états émotionnels à autrui et plus les personnes âgées présentent une tendance à être dans la pensée opératoire. L’institution jouerait alors un rôle d’obstacle à l’imaginaire, au fantasme et plus le temps de prise en charge par l’institution serait grand, plus la vie des personnes serait centrée sur le factuel de l’existence.

Existe-t-il une corrélation entre faire face et alexithymie dans le vieillissement ?

38La mise en relation des stratégies de faire face et des dimensions de l’alexithymie devrait, d’une part, contribuer à mettre en évidence l’existence ou non d’un lien entre l’avancée en âge et la durée de vie en institution et, d’autre part, nous permettre de connaître la stratégie de faire face dominante dans le cas où il existe une alexithymie. Pour ce faire, nous avons utilisé des coefficients de rangs de Spearman.

39Nous ne retiendrons, ici, que les corrélations significatives (p < .05) pour chaque groupe de participants :

40– Personnes âgées autonomes (ÂA)

41La corrélation positive (0,64) entre le faire face centré sur l’émotion et la dimension pensée opératoire de l’échelle d’alexithymie indique une relation entre ces deux facteurs, qui marque, chez ces personnes, une tendance à se centrer sur l’émotion, afin de diminuer la détresse émotionnelle, et à adopter un comportement centré sur les événements concrets du quotidien. Ainsi, la pensée opératoire serait, pour ces personnes, le moyen de diminuer la détresse émotionnelle ressentie face à la situation stressante.

42– Personnes âgées en institution depuis moins d’un an et demi (ÂE)

43Nous observons trois corrélations significatives. Tout d’abord, une corrélation positive (0,64) entre le faire face émotionnel et la dimension « difficulté à verbaliser les états émotionnels à autrui » de l’échelle d’alexithymie, cette relation venant signifier un rapport entre la tendance de ces personnes à être dans l’émotion lors de situations stressantes et leur capacité à verbaliser leurs émotions en retour, comme si le fait d’avoir un mode de fonctionnement centré sur l’émotion rendait difficile leur verbalisation émotionnelle, et inversement. Nous observons, ensuite, une corrélation positive (0,67) entre la dimension « difficulté d’identification des émotions » et la dimension « difficulté de verbalisation des états émotionnels à autrui » ; cette corrélation marque l’influence que ces deux facteurs exercent l’un sur l’autre. Ainsi, plus la personne aura de mal à identifier son ressenti émotionnel, plus elle aura de difficulté à le verbaliser. Enfin, nous observons une corrélation positive (0,51) entre la dimension « difficulté à identifier les émotions » et la dimension « pensée opératoire ». Cette corrélation met en avant la correspondance entre ces deux facteurs, c’est-à-dire la propension, chez les individus présentant des difficultés à identifier leurs émotions, à s’attacher aux éléments factuels de la vie quotidienne.

44– Personnes âgées vivant en institution depuis plus de quatre ans (ÂR)

45Nous observons 6 corrélations significatives : premièrement une corrélation négative (– 0,55) entre le faire face centré sur le problème et la dimension « difficulté à identifier les émotions », ce qui indiquerait une relation inversée du faire face centré sur le problème et le facteur « identification des émotions », c’est-à-dire que plus la personne serait centrée sur le problème, moins elle présenterait de difficultés à identifier les émotions, et vice versa. Deuxièmement, nous avons une corrélation négative (– 0,64) entre le faire face centré sur le problème et la dimension « difficulté à verbaliser les émotions », qui indique un rapport inversé, un individu présentant un faire face centré sur le problème ne présentant pas de difficultés particulières à verbaliser ses émotions et inversement. Troisièmement, nous obtenons une corrélation négative (– 0,58) entre le faire face centré sur le problème et la dimension « pensée opératoire », qui vient spécifier une relation inversée entre ces deux composantes : un individu centré sur le problème ne s’intéressera pas qu’aux aspects factuels du quotidien, il prendra en compte autant l’abstrait que le concret, et fera autant appel à l’imaginaire qu’au rationnel. Quatrièmement, nous observons une corrélation positive (0,57) entre faire face centré sur l’émotion et la dimension « difficulté à identifier les émotions » : ainsi, il y a une correspondance entre faire face émotionnel et identification des émotions. Cinquièmement, nous notons la présence d’une corrélation positive (0,53) entre le faire face émotionnel et le facteur « difficulté à verbaliser les états émotionnels à autrui », qui vient marquer une influence de ces deux facteurs l’un sur l’autre, le faire face sur l’émotion pouvant altérer la verbalisation des états émotionnels à autrui, et réciproquement. Ainsi, avoir un faire face centré sur l’émotion viendra altérer les capacités des personnes à identifier et à verbaliser leurs émotions. Sixièmement, nous avons une corrélation positive (0,55) entre la dimension « difficulté à identifier les émotions » et la dimension « difficulté à verbaliser les états émotionnels à autrui », ces deux facteurs présentant, donc, une co-variation : ainsi, plus il sera difficile à un individu d’identifier ses émotions, moins il sera capable de trouver les mots pour exprimer ce qu’il ressent.

46– Pour résumer : les sujets privilégieraient des stratégies centrées sur l’émotion ou l’évitement. Cette tendance à être dans l’émotion, face à un stress, viendrait marquer le besoin des personnes âgées de diminuer leur détresse émotionnelle, détresse émotionnelle venant, à la fois, de leur incapacité à identifier leurs émotions, à les verbaliser, mais aussi des éléments stressants. Ainsi, être alexithymique n’empêche en rien la personne d’être centrée sur l’émotion, car l’alexithymie ne marque pas une incapacité à ressentir des émotions, mais une incapacité à les différencier. Tout se passerait, alors, comme si l’individu visait à diminuer la détresse émotionnelle ressentie, en réagissant selon un mode passif, « en attendant que les choses se passent », « en lâchant prise ». En cela, nous pourrions proposer comme hypothèse explicative à l’alexithymie, qu’elle apparaîtrait, alors, comme un mode de réponse à une incompréhension du vécu émotionnel.

Discussion

47La mise en institution représente un moment éprouvant pour les personnes âgées, qui se trouvent confrontées à leur dépendance croissante, mais la vie en institution peut également être vue comme traumatisante car, en plus de couper les personnes du monde extérieur, elle peut aller jusqu’à les éloigner d’elles-mêmes. En conséquence, nous nous sommes intéressés au devenir du faire face (= stratégies de faire face), et à l’expression des émotions dans l’avancée en âge et, plus précisément, nous nous sommes interrogés sur le rapport entre faire face et alexithymie dans le vieillissement. Billings et Moos (1981), en partant du constat que chaque individu réagit de manière différente au stress, mirent en avant trois types de faire face centrés sur le problème, sur l’émotion, et sur l’évitement. Ainsi, on peut supposer qu’en fonction de la stratégie de faire face développée ou non développée, le sujet sera plus ou moins dans l’émotion. Nous avons donc émis comme hypothèse que la vie en institution viendrait modifier les stratégies de faire face des personnes âgées, ce qui aura une influence sur leur expression des émotions.

48Les résultats obtenus mettent en évidence l’importance de la durée de vie en institution sur le faire face, mais aussi sur l’alexithymie. Nous observons, notamment, une diminution de l’utilisation de stratégies d’adaptation centrées sur le problème, allant de pair avec la durée de vie en institution. En outre, plus les personnes âgées vivent longtemps en institution, plus il leur devient difficile d’identifier leurs émotions, de les verbaliser à autrui et plus elles s’attachent aux aspects concrets de la vie quotidienne, comme si l’institution ne laissait plus de place à l’imaginaire. Ainsi, la vie en institution apparaît comme jouant un rôle sur l’adaptation aux stress, les individus âgés se sentant de moins en moins concernés par les évènements de la vie quotidienne, de moins en moins impliqués dans une prise de décision relative à ces évènements, de plus en plus repliés sur eux-mêmes, de plus en plus dépendants d’autrui, ils ne considèrent plus comme nécessaire de s’adapter à la situation pour lui permettre d’évoluer, mais voient le stress comme un élément incontrôlable, auquel ils tâcheront de s’adapter, soit par un faire face centré sur l’émotion, soit par un faire face centré sur l’évitement, afin de réduire la détresse émotionnelle ressentie, de faire abstraction de l’élément stressant par des mécanismes passifs et d’éviter tout ressassement cognitif lié à la dite situation. L’individu réagit, donc, à l’économie, selon un mode passif, « il attend que les évènements se passent », en évitant d’y prendre part activement. Ainsi, la vie en institution révèle un comportement d’adaptation, qui sera axé sur le mode de la soumission. De plus, il nous faut noter que ces individus présentent des difficultés à identifier et exprimer leur ressenti, bien que restant conscients du tumulte émotionnel qui se passe en eux. Leur stratégie de faire face va tâcher de diminuer les tensions émotionnelles, en entraînant les personnes âgées du côté du factuel, du concret. Dès lors, l’alexithymie apparaîtrait comme un mode de réponse spécifique. L’hypothèse explicative que nous pourrions, alors, avancer est que l’alexithymie se déclarerait en réponse à une incompréhension du vécu émotionnel, en suite d’une suractivation des éléments propres à la vie interne de la personne.

Notes

  • [*]
    Université Paul Valéry, LaMéCo - EA 3021, Route de Mende, 34199 Montpellier Cedex 05, <d.dressaire@laposte.net>.
  • [1]
    Nous remercions notamment le club du troisième âge de Lamalou-Les-Bains et tous ses participants.
  • [2]
    Nous tenons également à remercier les directrices et directeurs des maisons de retraite qui nous ont accueillis, de même que les équipes et les résidents : L’Accueil (Ganges, 34), Saint Vincent de Paul (Le Grau du Roi, 30), Les Vignets (Calvisson, 30), et la maison de retraite de l’hôpital local de Lunel, 34.
Français

Résumé

La vieillesse s’accompagne de profonds changements, dont l’entrée en institution, perturbant les capacités d’adaptation au stress des personnes âgées, mais aussi leur devenir émotionnel. L’hypothèse avancée postule que la vie en institution influerait les stratégies d’adaptation (faire face) des personnes âgées et, par là même, l’expression des émotions. L’alexithymie apparaîtrait alors comme la résultante d’une façon de faire face. Cette hypothèse a été testée par la passation d’échelles de faire face (CISS) et d’alexithymie (TAS-20) auprès de 15 personnes âgées autonomes, 18 en institution depuis moins d’un an et demi et 14 depuis plus de quatre ans. L’étude du lien faire face/ alexithymie nous a permis de souligner une influence de la durée de vie en institution, qui agirait sur l’adaptation au stress des individus âgés, ces derniers étant davantage centrés sur l’émotion ou l’évitement, afin de diminuer leurs tensions émotionnelles. Ces personnes manifesteraient une propension à l’alexithymie, un attachement au factuel, qui apparaîtraient comme un mode de réponse spécifique, la personne agissant alors « à l’économie ».

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Déborah Dressaire [*]
  • [*]
    Université Paul Valéry, LaMéCo - EA 3021, Route de Mende, 34199 Montpellier Cedex 05, <d.dressaire@laposte.net>.
Denis Brouillet [*]
  • [*]
    Université Paul Valéry, LaMéCo - EA 3021, Route de Mende, 34199 Montpellier Cedex 05, <d.dressaire@laposte.net>.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 01/02/2012
https://doi.org/10.3917/bupsy.486.0605
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