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Cahiers de l’action

2016/1 (N° 47)


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Introduction

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Inventorier permet à l’homme d’appréhender et d’analyser le monde. Dans le contexte d’un réchauffement climatique [1][1] IPCC report, Climate Change 2014 : Impacts, Adaptation,... et de l’avènement d’une crise écologique [2][2] Barnosky A. D., Matzke N., Tomiya S., Wogan G. O. U.,... majeure, mieux comprendre la nature et sa biodiversité est devenu une nécessité cruciale. Pour améliorer nos connaissances en matière de biologie et d’écologie des espèces peuplant la Terre, l’homme doit passer par un recensement lui permettant de démêler et de distinguer les interactions entre les différents êtres vivants. Les inventaires aident la recherche scientifique et apportent de nouvelles connaissances. La participation du grand public à ces inventaires permet à tout un chacun d’avoir un aperçu plus abordable des connaissances actuelles en matière d’écologie et de biodiversité. En effet, les inventaires de biodiversité permettent aux amateurs de pouvoir se sensibiliser à l’écologie et de participer à la gestion durable des écosystèmes [3][3] Delaney D. G., Sperling C. D., Adams C. S., Leung B.,.... La crise écologique est mondiale, touche toutes les strates sociales, à la campagne comme à la ville. Il est donc important de faire participer les citoyens dans les processus de création de savoir pour mener à des actions locales pertinentes, notamment en milieu urbain.

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À défaut d’une prise de conscience politique et économique sur l’état du climat et des réserves naturelles de la planète, c’est à l’échelle individuelle que va se jouer la résolution du plus gros problème auquel l’homme devra faire face pendant ce siècle. Pour ce faire, toute initiative en matière de protection de l’environnement et de sensibilisation à l’écologie est bienvenue. Au Groupe naturaliste de l’université de Montpellier (GNUM), nous avons mis en place le projet Inventaire fac’ pour valoriser la biodiversité des campus universitaires de Montpellier, avec trois objectifs principaux :

  • sensibiliser à la protection de la biodiversité urbaine ;

  • augmenter les connaissances en écologie sur la faune et la flore vivant en ville ;

  • rendre acteur les étudiants dans la gouvernance de leur campus.

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Notre association, le GNUM, est une association étudiante créée en 2004 avec comme objectif de permettre à tous de découvrir la faune et la flore à travers de nombreux projets, sorties et week-ends naturalistes. L’association compte 170 membres dont une majorité d’étudiants mais aussi du personnel de l’université et des retraités. Dans cet article, nous vous proposons de revenir sur l’histoire de ce projet étudiant, sur les leviers qui ont permis sa réussite et sur les améliorations importantes à apporter à l’avenir pour rendre le projet plus cohérent et répondre aux objectifs que nous venons d’évoquer.

Histoire d’un projet étudiant en trois étapes

Les débuts, un projet étudiant local

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Le projet a vu le jour en 2011 dans notre association. Il a été initié par quelques membres, tous étudiants en licence de biologie ; l’objectif premier était d’inventorier la biodiversité qu’abritait le campus de la faculté des sciences de Montpellier. En effet, nous voulions simplement identifier les différentes espèces pouvant vivre sur le campus. Dans notre parcours universitaire, nous réalisions des inventaires à l’extérieur du campus mais jamais sur celui-ci. Nous trouvions dommage de nous promener à côté de cette biodiversité sans la connaître. L’association, avec l’ensemble des adhérents intéressés, a alors commencé des campagnes de prospection sur le campus et des séances d’identification de la flore et de la faune. Le public était majoritairement composé de naturalistes amateurs éclairés avec un niveau licence. Nous avions des botanistes, des herpétologues, des entomologistes… Au début, nous étions trois à cinq membres par sorties. Celles-ci consistaient simplement à se promener sur le campus avec des instruments pour observer la nature (jumelles, loupes, longue vue…) ; il n’y avait pas de protocole scientifique défini. Par contre, nous avions divisé le campus de la faculté des sciences de Montpellier en grandes zones principales pour pouvoir inscrire les différentes espèces observées facilement et homogénéiser les résultats. De 2011 à 2013, nous avons réalisé cet inventaire sur le campus Triolet de la faculté des sciences de Montpellier, qui s’étend sur 20 hectares dont une importante surface arborée. Au fur et à mesure, par bouche-à-oreille, des bénévoles non spécialistes avec des formations variées ont commencé à participer aux sorties. Avec plus de 60 bénévoles, nous avons pu observer plus de 400 espèces, faune et flore confondues. Vu le nombre plus important de botanistes dans l’équipe, nous avons, bien entendu, décrit plus d’espèces de plantes que d’animaux.

La parution d’un ouvrage de médiation scientifique

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En 2013, nous avons décidé de recruter une personne en service civique qui a aidé à la coordination de l’association et aussi à la valorisation des données collectées par les participants. Ainsi, un ouvrage de médiation scientifique a été publié : Le Petit Guide naturaliste de la faculté des sciences de Montpellier. Cet ouvrage collaboratif et collectif a été édité à 1 000 exemplaires et vendu deux euros. Il a eu un grand succès en raison de la qualité de sa réalisation, de son graphisme ludique et de son originalité. En effet, il comprend 85 espèces de plantes et d’animaux pouvant être observées facilement sur le campus Triolet. Pour chaque espèce sont indiquées quelques informations principales sur son mode de vie, son alimentation, si elle a des utilisations médicinales ou autres. D’autre part, pour chaque espèce, une petite carte du campus précise les lieux où elle a été observée. Vu le succès du guide, nous avons eu de nombreux participants qui ont demandé à intégrer les sorties que nous réalisions une à deux fois par mois. Le projet s’est ainsi développé dans un aspect participatif intégrant des étudiants non spécialistes. Une partie du personnel administratif et des professeurs de la faculté des sciences ont participé à la réalisation des inventaires. À l’heure actuelle, sur Montpellier, nous avons augmenté la surface échantillonnée. En effet, avec la fusion de l’université Montpellier II et l’université Montpellier I, nous avons décidé d’étendre le projet à l’ensemble des campus de l’université de Montpellier. Nous avons donc commencé à inventorier certains campus comme celui de pharmacie ou le jardin des plantes de Montpellier, qui fait partie de la faculté de médecine. une personne engagée en service civique a désormais pour mission le développement du projet à Montpellier et l’organisation des sorties une fois par mois.

Vers la mise en place d’outils numériques

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Le dispositif a été victime de son succès et nous avons eu de très nombreuses demandes pour la mise en place du projet sur d’autres campus. Ainsi, pour augmenter l’interactivité entre les participants des différents campus et pour faciliter la collecte des observations, nous avons décidé, en partenariat avec l’équipe Néocampus, de développer une application informatique. De la collaboration entre les laboratoires IRIT et EcoLab est née l’application BiodiverCity, qui a l’avantage de pouvoir être utilisée par n’importe qui sans prérequis en écologie, la possession d’un smartphone android suffisant (développement en cours vers d’autres marques). En tapant le mot clé Biodivercity sur un moteur de recherche, vous pouvez télécharger l’application. Ensuite, il suffit de se promener sur le campus, de prendre une photo de l’espèce ou simplement de rentrer l’observation pour qu’elle soit intégrée directement sur la base de données du dispositif Inventaire fac’. L’application vous propose alors une clé de caractérisation simplifiée à partir des caractéristiques observables sur l’organisme étudié qui permet d’obtenir un classement de l’espèce mais ne permet pas de lui affecter un nom précis ; il est possible, comme sur l’outil de saisie des données de la plateforme internet, d’ajouter des remarques et commentaires sur l’état ou l’habitat de l’espèce observée. Cette application facilite la collecte des données pour augmenter la participation et l’engagement dans l’inventaire. Elle est pour le moment en fin de développement et, en janvier 2017, elle sera disponible pour les participants au dispositif Inventaire fac’ sur les campus participants.

Modèles d’action et dimension participative

Les influences des sciences participatives

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Nous nous sommes inspirés des programmes de sciences participatives, de la formation par l’action et de l’éducation intégrative. Avant de réaliser le projet, nous avons pris conscience de l’état de l’art concernant les sciences participatives ou citoyennes en France dans le domaine de la biodiversité. Au sein des sciences citoyennes, il y a de très nombreux projets aux objectifs différents, mais tous ont la volonté de produire des biens communs comme des connaissances scientifiques, des expertises indépendantes ou des innovations à but non lucratif. La méthode est d’allier l’expertise scientifique et citoyenne, c’est un espace de dialogue entre les scientifiques et les citoyens. Alan Irwin [4][4] Irwin A., « Citizen sciences. A study of people, expertise... a défini le concept de citizen science en montrant l’importance de ce mouvement pour une meilleure maîtrise des sciences et des technologies. La volonté affichée de réappropriation citoyenne de la science, du savoir et des techniques, constitue un socle important des sciences citoyennes qui reposent sur des théories du changement social [5][5] Lewin K., Field Theory in Social Science : Selected.... La participation qu’elles impliquent peut être définie comme la mobilisation des citoyens ou des groupes dans la construction de savoirs afin de mieux connaître les phénomènes qui les concernent directement ou indirectement. Nous avons voulu augmenter cette participation et donc donner la possibilité aux citoyens de construire les connaissances pouvant servir à un changement social sur les questions d’environnement urbain. Les programmes français de sciences participatives comme Vigie-nature ou Tela Botanica nous ont permis d’élaborer notre dispositif. C’est dans ce cadre que nous nous sommes dirigés vers les programmes de Tela Botanica. Nous avons rencontré les salariés de cette association pour discuter de la mise en place de notre projet et en particulier du programme « Sauvages de ma rue » qui nous a fourni un très bon modèle puisqu’il a pour objectif de permettre aux citadins de reconnaître les espèces végétales qui croissent dans l’environnement urbain. C’est un programme destiné à un public de néophytes. Nous nous en sommes beaucoup inspirés, en ce qui concerne la mise en place d’outils numériques, l’animation d’une communauté nationale ou la gestion d’un projet de science participative.

Participation et engagement étudiant

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Dans notre projet, nous souhaitons tendre vers une participation la plus importante possible. Grâce à la mise en place d’outils numériques et surtout par la participation des associations étudiantes locales dans l’animation des inventaires, nous avons augmenté la participation des étudiants dans la collecte des données. Cependant, nous aimerions développer un forum qui permettrait d’échanger autour de l’analyse des données mais aussi de former une véritable communauté. Enfin, nous aimerions mettre en place des niveaux de participation pour que les utilisateurs engagés puissent réfléchir à la mise en œuvre du projet à l’échelle nationale, à la publication des résultats et même à la confection d’autres protocoles se basant sur des questionnements scientifiques. L’objectif à long terme est donc d’atteindre le niveau 4 défini par Muki Haklay où scientifiques professionnels et non professionnels s’inscrivent dans une co-construction complète du savoir.

Un projet à consolider

Une approche scientifique à développer

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Comme expliqué précédemment, le projet est en cours de consolidation et de développement. Pour le moment, nous avons atteint un premier palier au niveau de la communication auprès des étudiants. De nombreuses associations étudiantes nous ont rejoints et nous sommes fiers du nombre de participants au projet. Cependant, nous aimerions développer l’aspect scientifique du projet. En effet, pour le moment, malgré la présence d’un comité scientifique, nous n’avons pas eu d’analyse scientifique des observations réalisées par les participants. Nous avons identifié les principales problématiques pour faciliter l’analyse scientifique, notamment l’identification des espèces, certaines observations ne permettant pas l’identification de l’espèce soit parce que la photographie est de mauvaise qualité ou inexistante, soit parce que la photographie ne suffit pas. Nous avons donc un certain nombre de données qui ne sont pas exploitables. Pour pallier ce problème, nous incitons fortement les associations membres du réseau à réaliser les sorties avec un ou des spécialistes afin de vérifier une première fois les données. Par la suite, notre comité scientifique valide une deuxième fois les données sur photographie et description des espèces. Il se heurte à un autre problème : la participation des utilisateurs. En effet, est-il possible de faire participer la communauté des utilisateurs à la validation des données ? Le programme « Sauvage de ma rue » le fait grâce à l’outil IndentiPlante, un forum de validation communautaire pouvant s’appuyer sur une communauté bénévole importante. Dans le cadre de notre projet, nous sommes pour le moment une petite communauté qui a la volonté de s’élargir. Nous avons donc décidé de passer à la validation communautaire des données lorsque nous aurons une communauté suffisante qui permette d’obtenir des données fiables et utilisables dans des analyses scientifiques.

Les grilles de participation à la recherche

S’inspirant de l’échelle d’Arnstein, Michel Pimbert [*], en 2011, a réalisé une grille de participation à la recherche comprenant différents niveaux.

Le premier niveau de plus faible participation correspond à une participation passive : il s’agit de projets où la production de connaissances a déjà eu lieu, correspondant à des actions de communication unilatérale.

Un deuxième niveau désigne la participation dans le sens d’un don d’information : les participants remplissent un questionnaire ou une enquête : ils n’ont pas le pouvoir d’influer sur la recherche puisqu’ils ne peuvent analyser les résultats ni participer à la conception du projet.

Un troisième niveau correspond à une participation basée sur une consultation : les scientifiques viennent consulter les participants sur les problèmes à traiter et les solutions à apporter mais ne sont pas obligés de tenir compte de leur avis.

Au quatrième niveau, on trouve une participation intéressée puisqu’il y a un échange matériel ou un paiement pour service : c’est une participation assez faible en fait dans l’activité du chercheur.

Un cinquième niveau correspond à une participation fonctionnelle : les participants forment des groupes pour répondre à certaines problématiques définies au préalable ; ils sont assez autonomes sur la méthode à employer. Un sixième niveau renvoie à la participation interactive avec la formation de groupes interdisciplinaires. Enfin, le septième niveau, le plus intéressant, correspond à la participation autonome et autogérée dans l’activité scientifique, de la définition des problèmes à la publication des résultats.

En 2015, Muki Haklay [**] a proposé à son tour une échelle de la participation à l’intérieur des sciences citoyennes simplifiée. Le niveau 1 de participation qu’il nomme crowdsourcing correspond simplement à la captation des données par les citoyens. Le niveau 2, dans lequel les citoyens peuvent contribuer à l’interprétation des données, s’intitule « intelligence distribuée ». Le niveau 3 correspond concrètement aux sciences participatives puisque les citoyens sont impliqués dans la définition du problème et dans la collecte des données. Enfin, le niveau 4 propose la collaboration complète entre scientifiques-professionnels et non scientifiques-professionnels dans les différentes phases. Ce niveau 4 correspond au niveau 7 de Pimbert.

[*]

Pimbert M., Participatory research and on-farm management of agricultural biodiversity in Europe, IIED, Londres (Royaume-Uni), 2011.

[**]

Haklay M., Citizen Science and Policy : A European Perspective, The Wodrow Wilson Center, Commons Lab., Washington (États-Unis), 2015.

Faire beaucoup avec peu

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Le projet s’est construit rapidement en comptant sur certains membres très engagés. Cependant, pour le moment, à part les deux personnes recrutées en service civique sur le projet (un à l’échelle nationale et un à l’échelle de Montpellier), nous n’avons ni salarié, ni financements suffisants pour un développement plus rapide. En effet, les principaux financements du projet sont tirés des fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) de l’université de Montpellier et d’un budget alloué par le labex CeMEB. Pourtant, nous aimerions obtenir des financements d’autres organismes comme la Fondation de France, la fondation Nature et Découvertes, voire le ministère de l’écologie et du développement durable. Cela permettrait d’avoir des financements pour faciliter la coordination à l’échelle nationale, notamment en envoyant des formateurs dans les universités pour développer le projet. À terme, nous aimerions embaucher un salarié chargé de l’animation de la communauté Inventaire fac’. La mutualisation des connaissances serait ainsi renforcée par la gestion du forum et l’animation des réseaux sociaux. Comme nous l’avons déjà indiqué, le projet rassemble des spécialistes mais aussi des débutants et, lors des sorties, au niveau local, le libre partage des connaissances se met en place de manière spontanée : il y a souvent un animateur des sorties mais il ne décide que du parcours, chaque membre partageant ses connaissances autour des observations réalisées. Dans le même sens et pour faciliter la diffusion des observations, la plateforme internet comprend un onglet avec les cartes des différents campus et les observations réalisées par les participants locaux. Cette diffusion des informations permet de valoriser cette recherche sur la biodiversité auprès des citoyens mais aussi des décideurs publics ou privés. Le dispositif se veut avant tout un outil partagé et donc nous incitons fortement les associations à organiser des soirées, groupes de travail et réunions pour discuter du projet, des observations récoltées et nous faire parvenir leur retour sur ces questions.

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L’objectif est d’augmenter l’engagement étudiant dans cette action. Cependant, nous sommes conscients des difficultés de la participation et de l’engagement étudiant : selon le rapport pour l’Observatoire de la vie étudiante de 2009, seulement 12 % des étudiants participent à des associations qui ont pour terrain d’action les établissements d’enseignement supérieur [6][6] Côme T., Morder R., Les engagements des étudiants,.... D’autre part, il serait intéressant d’évaluer la montée en compétence des participants aux projets. Nous savons en effet que cette dernière existe, car certains bénévoles commencent sans avoir de connaissances naturalistes importantes, puis ils apprennent et deviennent même des amateurs éclairés. Par exemple, Thomas Raynaud est arrivé dans le projet lorsqu’il était en première année de licence de biologie à l’université de Montpellier. Après deux ans de participation au projet, il souligne que « les sorties réalisées, les discussions avec les autres bénévoles du GNUM [l’]ont éclairé sur [s]es choix professionnels. [Il] sai[t] qu’[il] veu[t] être botaniste maintenant ». Thomas Raynaud est donc devenu un participant très engagé dans le projet Inventaire fac’. De plus, cette expérience positive l’a conforté dans son engagement associatif et il est maintenant représentant du GNUM au sein du REFEDD.

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La montée en compétence se situe donc à plusieurs niveaux. Il y a sans doute une montée en compétence au niveau des connaissances et savoirs naturalistes et écologiques mais aussi au niveau de la prise de responsabilités, de la gestion de projet et du fonctionnement d’une structure associative.

Conclusion

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Nous pensons qu’il faut impliquer particulièrement les étudiants en tant que génération future dans ces réflexions, d’où la création du projet Inventaire fac’. Nous souhaitons voir l’émergence d’une prise de conscience citoyenne à propos des dangers liés au réchauffement climatique, à la destruction des habitats naturels et au rapport entre l’homme et la nature en règle générale. Nous sommes conscients, cependant, de la difficulté importante que l’on rencontre pour intégrer un public non initié dans un projet aussi spécialisé que la biodiversité. Après une étude préliminaire des participants à Inventaire fac’, il semble que 80 % sont dans un cursus autour de la biologie. On constate donc que nos participants n’ont pas un parcours très diversifié. Grâce au développement des outils numériques simples d’utilisation dans notre projet, nous espérons toucher un public amateur et débutant plus varié. D’autre part, une solution intéressante serait de valoriser l’engagement étudiant par une reconnaissance pédagogique. Comme l’indique Animafac, l’engagement associatif étudiant permet d’acquérir des compétences utiles dans la vie professionnelle. Il est donc nécessaire que les établissements d’enseignement supérieur valorisent officiellement cet engagement. L’objectif à long terme est d’avoir un dispositif opérationnel permettant la diffusion des observations fiables et représentatives de la biodiversité sur les campus participants.

Notes

[1]

IPCC report, Climate Change 2014 : Impacts, Adaptation, and Vulnerability, 2014, p. 1-44.

[2]

Barnosky A. D., Matzke N., Tomiya S., Wogan G. O. U., Swartz B., Quental T. B., Ferre E., « Has the Earth’s sixth mass extinction already arrived ? », Nature, 471 (7336), 2011, p. 51-57.

[3]

Delaney D. G., Sperling C. D., Adams C. S., Leung B., « Marine invasive species : validation of citizen science and implications for national monitoring networks », Biological Invasions, 10(1), 2007, p. 117-128.

[4]

Irwin A., « Citizen sciences. A study of people, expertise and sustainable development », Psychology Press, 1995.

[5]

Lewin K., Field Theory in Social Science : Selected Theoretical Papers, Harper and Row, New York (États-Unis), 1951 ; Freire P., Pédagogie des opprimés, suivi de Conscientisation et révolution, Maspero, Paris, 1983 ; Habermas J., Théorie de l’agir communicationnel, Fayard, Paris, 1987.

[6]

Côme T., Morder R., Les engagements des étudiants, formes collectives et organisées d’une identité étudiante, rapport de l’Observatoire de la vie étudiante, 2009.

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Histoire d’un projet étudiant en trois étapes
    1. Les débuts, un projet étudiant local
    2. La parution d’un ouvrage de médiation scientifique
    3. Vers la mise en place d’outils numériques
  3. Modèles d’action et dimension participative
    1. Les influences des sciences participatives
    2. Participation et engagement étudiant
  4. Un projet à consolider
    1. Une approche scientifique à développer
    2. Faire beaucoup avec peu
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Bagnolini Guillaume, « Inventaire fac’ : un programme de science participative sur les campus étudiants », Cahiers de l’action, 1/2016 (N° 47), p. 47-53.

URL : http://www.cairn.info/revue-cahiers-de-l-action-2016-1-page-47.htm


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